Le lendemain de la séance cinéma étant un dimanche, Alya décida de rendre visite à Marinette. Elle était persuadée que la jeune fille passerait sa journée à dessiner au lieu de profiter du soleil. Elle comptait l'entraîner dans un parc pour flâner et discuter. Avec un peu de chance, elles pourraient même organiser un petit pique-nique avec les délicieuses quiches et sandwiches que les parents de Marinette vendaient…

Elle envoya un message à Nino pour l'informer de ses plans, espérant que le jeune homme réussirait à convaincre Adrien de les rejoindre tout à fait par hasard, bien entendu.

Lorsqu'elle arriva chez son amie, elle salua les parents de Marinette et monta directement dans la chambre de Marinette. Alya la trouva encore endormie.

- Allez Marinette ! Il y a un super soleil dehors !

- Hum… Suis fatiguée… Me suis couché tard…

- Marmotte va !

Marinette ouvrit un œil, vit son amie sourire jusqu'aux oreilles. Elle grogna avant de se redresser, cheveux en bataille.

- Ok. Ok. Je te suis, seulement si tu me laisses le temps de passer sous la douche… ça me réveillera.

Le temps que Marinette se préparait, Alya descendit discuter avec Sabine et Tom les parents de son amie. Sabine se montra enthousiaste à l'idée du pique-nique et refusa qu'Alya paie quoi que ce soit. Elle prépara un panier avec tout ce qu'il fallait, prévoyant pour au moins quatre personnes, ayant l'habitude de toujours prévoir plus que nécessaire. Quand Marinette descendit, tout était prêt et les deux amies partirent pour le parc voisin, bras dessus, bras dessous.

Alya connaissait bien Marinette, et elle remarqua rapidement que son amie semblait encore plus dans la lune qu'habituellement.

- Alors Marinette, si tu m'expliquais pourquoi tu es aussi fatiguée ?

- C'est juste que… Et bien j'ai eu du mal à m'endormir…

- Est ce que par hasard ça serait dû au ciné d'hier ?

- C'est toi qui avait prévu tout ça ?

Alya ouvrit de grand yeux innocents.

- Moi ? Prévu quoi ?

Marinette leva les yeux au ciel en souriant.

- Nino et Adrien. Ils ont deviné tout seuls où nous serions ?

- Oh c'est possible que j'ai mentionné ce que nous avions prévu, tout à fait par hasard…

Puis Alya changea rapidement de sujet, parlant de son sujet favori : le ladyblog.

Elles trouvèrent un endroit parfait pour pique-niquer, s'installèrent. Alya commençait juste à sortir tout ce qu'il fallait que Nino arrivait, traînant derrière lui un Adrien légèrement mal à l'aise.

Sans plus de façons, Nino s'installa à côté d'Alya, et ils commencèrent à discuter ensemble comme s'ils étaient seuls. Alya savait que Marinette allait forcément demander aux garçons s'ils voulaient se joindre à elles pour manger. Et elle savait que Nino accepterait sans hésiter…

Tout se passa exactement comme elle l'avait prévu. Elle fit un léger clin d'œil à Nino, qui lui sourit en retour.

Ils mangèrent en discutant. Adrien et Marinette étaient légèrement rouge, mais parlaient ensemble. Sous pretexte de montrer "quelque chose" à Nino, Alya attrapa ce dernier par la main et l'entraîna à distance.

Marinette soupira. Décidément Alya avait vraiment tout prévu pour les rendre mal à l'aise au possible. Elle commença à ranger les reliefs de leur repas, aidée par Adrien. Elle n'osait pas engager à nouveau la conversation craignant de se remettre à bégayer.

Adrien de son côté jetait de fréquents regards à son amie, profitant pleinement de ce moment.

- Alors, Marinette, tu as aimé le film hier ?

- Le film. Oui. Beaucoup. J'ai aimé !

Adrien se mit à rire gentiment.

- j'ai l'impression que je te fais peur, Marinette..

- No... Non.

- Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.

- Je... non ! ça va !

Adrien n'insista pas devant le trouble évident de Marinette. Fort heureusement, c'est le moment que choisirent Alya et Nino pour les rejoindre, l'air de rien. Les quatre amis profitèrent encore un peu du soleil, en discutant paresseusement de tout et de rien. Marinette avait sorti son carnet à croquis et dessinait allongée sur l'herbe, sous le regard attentif d'Adrien, qui ne pouvait qu'admirer le talent de son amie.

Un brusque coup de vent et quelques gouttes de pluie donnèrent le signal du départ. Une fois leurs affaires récupérées, les adolescents se séparèrent. Nino et Alya, habitant dans la même direction partirent ensemble tandis qu'Adrien et Marinette partaient chacun de leur côté.

Marinette n'était qu'à mi chemin de chez elle quand la pluie se mit à tomber violemment. Elle s'abrita rapidement sous une porte cochère, maudissant sa malchance...

Une silhouette noire se précipita contre elle la faisant sursauter.

- Arg !Je déteste la pluie !

- Chat Noir ? Mais... que fais tu ici ?

Ses yeux verts pétillant de malice, le félin le plus célèbre de la capitale lui sourit d'un air charmeur.

- Je venais voir si tu allais bien, Princesse ! Mais cette maudite pluie m'a pris par surprise...

Marinette rit, amusée.

- Et le pauvre chaton a peur de l'eau...

- Toi aussi tu es à l'abri. Enfin. J'ai repéré un petit coin au sec sur le toit. Tu veux venir ? On pourra s'asseoir et attendre que cette maudite averse cesse.

- Pourquoi pas ? Ici, on ne peut pas s'asseoir... Je préviens juste mes parents que je suis à l'abri pour ne pas qu'ils s'inquiètent.

Marinette appela rapidement pour les rassurer, leur promettant de rentrer dès que la pluie aurait cessé. Puis, une fois qu'elle eut raccroché elle se tourna vers son partenaire.

- Alors ? Par où passe t'on ?

Avec un sourire malicieux, Chat l'enlaça et s'élança avant qu'elle n'ait eu le temps de protester. Ils n'eurent à peine le temps de se mouiller qu'ils étaient déjà serrés l'un contre l'autre dans l'abri promis par Chat.

Il se frotta la nuque, ébouriffant davantage ses cheveux en s'excusant :

- Désolé Princesse. J'étais persuadé qu'il y avait bien plus de place !

- Ce n'est pas grave. Au moins, on se tiendra chaud !

- Alors, ma Princesse, que faisais tu dehors sous ce temps ?

Riant, Marinette lui raconta qu'Alya était venue la tirer du lit pour l'embarquer dans un pique-nique improvisé. Elle raconta brièvement son début d'après-midi.

- Je pense qu'elle a pour projet de forcer un rapprochement avec un garçon de ma classe...

Chat sentit sa gorge se serrer à ces mots, ayant l'impression que la jeune fille n'avait pas vraiment envie de se rapprocher de lui... Il ne put s'empêcher cependant de poser des questions.

- Et il est si horrible que ça, ce garçon ?

- Quoi ? Oh non ! Il est... parfait. Adorable, gentil. Tout...

- Où est le problème alors ?

Marinette haussa les épaules, comme si c'était une évidence.

- Il est tellement génial alors que moi... je suis ... Juste Marinette.

Chat Noir réagit sans même réfléchir.

- Juste toi ? Mais tu es géniale, Marinette. Tu es courageuse, gentille, attachante, loyale, talentueuse... Tu ne te rends pas compte à quel point.

Marinette le fixait, yeux ronds. Face à ses yeux d'azur, il rougit mais continua, en baissant légèrement la voix.

- Tu devrais avoir plus confiance en toi, Princesse.

Émue, Marinette se pencha vers lui et l'embrassa sur la joue.

- Merci, Chat. Tu es vraiment adorable.

Elle se blottit contre son chaton, restant silencieuse, essayant de digérer ce qu'il venait de lui dire. Chat l'enlaça et profita de sa chaleur et de sa douceur, humant son parfum fruité avec délices. Il s'était laissé déborder par ses émotions, mais pour avoir vu à quelle point la jeune fille avait été touchée de son éclat, il ne regrettait pas.

Au final, quand il s'était transformé juste après l'avoir quittée, se retrouvant piégé sous l'averse, il avait pensé qu'il faisait une erreur et que c'était une très mauvaise idée. Mais la curiosité avait été plus forte, il voulait savoir pourquoi Marinette semblait tellement mal à l'aise avec Adrien... et pourquoi elle avait l'air plus détendue avec Chat.

Il n'avait pas réfléchi quand il lui avait proposé un abri sur le toit, pressé de se retrouver collé à la jeune fille.

Il aurait aimé que la pluie dure indéfiniment, pour qu'ils puissent rester dans leur bulle. En quelques jours à peine, la douce Marinette avait chamboulé toutes ses certitudes, se faisant une place de choix dans son cœur.

Il se surprenait à penser à elle constamment, peut être parce qu'ils avaient beaucoup de goûts communs. Elle envahissait doucement son quotidien, sa douceur, sa gentillesse, le bleu de ses yeux, les nuances de rouge qui envahissaient ses joues, son parfum...