Bonjour tout le monde ! :D
Voici la suite un peu en avance ;) j'ai deux chapitres prêts à être postés (en plus du onzième),
si vous le voulez faites le moi savoir en commentaire et je les publierais dans la foulée ;)
Autre chose, je corrige mes chapitres à nouveau toute seule, donc je compte sur votre indulgence mais n'hésitez pas
à me faire remarquer si vous voyez quelque chose qui m'aurait échapper ;)
Sur ce, je remercie une nouvelle fois Myra :D Sache que j'attends toujours ton commentaire avec impatience! Et tu vas vite voir que tout n'est
jamais simple avec Thorïn :p
Allez, je vous laisse lire, bonne lecture ! :P
Chapitre 10 : Sacrifice
Après avoir vérifiée que tout le monde allait bien, la petite troupe descendit de la montagne sur laquelle les aigles les avaient déposés. Le temps qu'ils arrivent en bas, le soleil avait déjà disparu à l'horizon et les deux journées sans dormir commencèrent à se faire sentir sur la compagnie qui était déjà fatiguée plus que de raison. Mais, ils ne pouvaient pas se résoudre à monter leur camp dans une des grottes qu'ils croisèrent, le souvenir récent de la dernière qu'ils avaient visitée les rendaient légèrement allergique à ce type d'habitation. Ils continuèrent donc leur descente jusqu'à atteindre le pied de la montagne qui était recouvert d'une forêt dense.
-On monte le camps ici, ordonna Thorïn une fois qu'ils se furent suffisamment enfoncés sous la frondaison des arbres.
Les autres acquiescèrent, de toute façon ils ne rêvaient plus que d'une chose : dormir, peu importait où et comment.
Tandis que tout le monde se chargeait de dresser le camps, un silence plutôt lourd régnait et même s'il était dû en grande partie à la fatigue, Níniel avait bien compris qu'il était aussi dû à ses origines qui avaient été involontairement dévoilées par Bilbon. La jeune elfe devinait bien qu'elle allait devoir s'expliquer, mais elle préférait attendre que tout le monde soit installé avant de se lancer dans l'explication de sa vie, de plus si elle devait s'expliquer elle souhaitait savoir aussi pourquoi elle risquait sa vie à peu près trois fois par jour. Même si la raison importait peu, elle appréciait assez les nains pour vouloir savoir pourquoi eux aussi ils étaient prêts à sacrifier leurs vies aussi facilement.
Une heure plus tard, le camps était dressé, Bombur s'occupait de préparer de quoi manger avec ce que Kili venait de chasser tandis que Nori allumait un feu pour réchauffer tout le monde, car même si il faisait plutôt chaud en journée, les nuits étaient froides en cette saison.
Níniel était assise sur un rondin de bois qui lui servait de banc, face au feu, à côté d'elle, Aslinn attendait aussi avec intérêt la conversation qui allait suivre. Et autour d'elles, les autres nains s'étaient installés, l'air de rien mais les oreilles à l'affût. Thorïn, quant à lui, s'était adossé à un arbre un peu à l'écart, le regard dans le vague mais le visage fermé, il n'avait toujours pas digéré la nouvelle nature de Níniel. Quant à celle-ci, elle regardait Balïn allumer sa pipe sans se presser, une fois que celle-ci laissa échapper une épaisse fumée blanche, il se tourna vers elle.
-Alors jeune fille, que voulais-tu savoir ? Lui demanda-t-il.
Níniel qui s'était attendue à d'abords devoir rendre des comptes fut légèrement surprise de la question, mais elle se ressaisit rapidement.
-J'aimerais savoir pourquoi on vous poursuit ainsi, et qu'est-ce qui vous pousse à risquer votre vie ainsi. Je n'ai pas peur de risquer ma vie, et je serais prête à la donner pour sauver l'un d'entre vous sans même hésiter car je vous apprécie tous, mais j'aimerais savoir pourquoi on se bat. Que je puisse partager avec vous ce qui vous préoccupe tant.
Elle avait prononcé son petit discours sans honte ni hésitation mais elle appréhendait tout de même un peu la réaction de la compagnie face à sa déclaration. Les nains n'étaient pas spécialement connus pour leurs épanchements. Pourtant, Balïn lui dédia un grand sourire avec un regard brillant que Níniel ne sut pas comment interpréter.
-Nous aussi on t'apprécie ma fille, avoua Balïn, même si on n'en a pas forcement tous l'air, ajouta-t-il avec un clin d'œil vers son frère à la mine renfrognée qui fit comme s'il ne se sentait pas visé.
Níniel tiqua, c'était bien la première fois que quelqu'un l'appelait affectueusement « ma fille », la seule personne à jamais l'avoir désignée ainsi c'était Gandalf. Elle dû se retenir de faire un câlin à Balïn tellement elle était heureuse qu'il la considère ainsi et que tout le monde l'apprécie malgré sa vraie nature. Être enfin accepté quelque part pour ce qu'elle était vraiment été un sentiment autant nouveau que tout simplement merveilleux.
-Si nous sommes partis ainsi sur des routes dangereuses, c'est pour une raison bien particulière, commença Balïn. Est-ce que tu connais l'histoire d'Erebor ?
-La montagne solitaire ? Celle de l'empire nain qui a été détruite il y a longtemps par un dragon, demanda Níniel pas très sûr d'elle, elle avait toujours été coupée du monde entier donc elle n'était pas très au courant des choses qui s'y passaient.
Mais elle comprit au regard emplit de nostalgie de Balïn qu'elle avait touché juste.
-C'était notre montagne, nous avons tout perdu ce jour-là et nous avons dû errer pendant des années sans l'aide de personne. Si nous sommes encore en vie aujourd'hui, c'est grâce à Thorïn, et maintenant il est temps pour nous de reprendre ce qui nous a été enlevé. Il existe une légende qui dit que nous pourrions reprendre nos terres, et c'est maintenant. Alors oui, nous ferons tout pour reprendre notre foyer, même si nous devons tous en mourir.
Aslinn regarda Níniel, elles se comprenaient d'un regard, leur explication était plus qu'amplement suffisante, et leur cause était plus qu'assez juste pour qu'elles n'hésitent pas à se sacrifier pour elle.
-J'imagine, que maintenant c'est à mon tour de m'expliquer, soupira Níniel.
-Tu n'y es pas obligée, personne ne te demande de tout nous dire, la rassura Balïn de son regard amical et bienveillant.
-Merci. En réalité, je n'ai pas grand-chose à vous dire. Je ne suis même pas une vraie elfe, ça se voit sûrement à la taille d'ailleurs, elle fusilla du regard Fili qui rigolait, mon père était un elfe, ma mère une humaine, ils se sont aimés... Et me voilà... Je suis désolée de vous avoir caché ça tout ce temps mais je me doutais bien que vous apprécierez peu de recevoir une elfe dans votre compagnie.
Níniel sentit un flot d'émotions lui monter à la gorge et lui piquer les yeux en redoutant la réaction de ses amis. Elle tenta de juguler ce surplus d'émotions mais elle sentait qu'elle allait craquer, évoquer ne serait-ce qu'un peu son passé la rendait triste et la situation actuelle ne l'aidait pas. Elle se releva précipitamment, s'excusa auprès des autres et s'éloigna rapidement entre les arbres.
-Moi, je m'en fiche qu'elle soit une elfe ou autre chose, déclara Kili sûr de lui et sa phrase n'admettait aucune contradiction.
Son frère à ses côtés hocha la tête avec ferveur pour l'approuver sous le regard amusé de Balïn et d'Aslinn. Malheureusement, la décision ne leur revenait pas à eux mais bien au chef de la compagnie, autrement dis à Thorïn.
Celui-ci s'était rapproché du feu et avait plongé son regard dedans, comme hypnotisé, il ne fallait pas être très intelligent pour comprendre ce qu'il y voyait. Et Balïn était intelligent. Il se leva et se positionna aux côtés de celui qu'il avait vu naître et grandir, celui qu'il avait toujours considéré comme son propre fils.
-Thorïn, appela-t-il doucement.
Le nain sursauta, avant de plonger son regard dans celui de Balïn, le plus vieux vit qu'il était perdu. Partagé entre ce qu'il ressentait et le poids de son devoir qui lui faisait ployer l'échine.
-Tu devrais la rejoindre.
-Je... Je ne sais pas si c'est une bonne idée, soupira Thorïn.
-Thorïn, écoutes-moi, tu as à peine deux cent ans, il est bien trop tôt pour que tu t'enfermes tout seul dans ton désespoir. Ne fais pas la même erreur que ton grand-père et ton père ont faite avant toi. S'il te plaît, vie tant que tu le peux encore.
Le regard de Thorïn sembla vaciller un instant, il ne voulait pas devenir comme son père ou son grand-père, les mots qu'il avait entendus à Rivendell lui revenaient en mémoire et lui faisaient plus peur que ce qu'il aurait voulu. Thorïn hocha brièvement la tête, la seule manière qu'il trouva pour remercier Balïn, puis il partit en direction de là où s'était éclipsée Níniel.
La jeune demi-elfe s'était appuyée à un arbre, même si Balïn l'avait rassurée en lui disant que personne ne lui en voulait pour ses origines, rien que le fait de les évoquer l'avait mise dans tous ses états. Elle avait bien aperçu le regard de Gandalf, le vieux mage n'était pas fou : il avait compris qu'elle avait élucidé tout son passé et qu'elle en était toujours troublée. Pourtant, il n'était pas venu la voir, la laissant affronter ses démons toute seule.
Elle revivait tout le désespoir qu'avait été sa vie d'avant, et malgré la présence, à quelques mètres, du camp où elle savait qu'elle avait des amis, tout ce qu'elle parvenait à penser c'était que de toute façon Thorïn la haïssait et qu'elle l'avait bien mérité au final. Elle n'était rien et personne ne l'aimerait jamais, elle n'aurait jamais dû essayer de se lier avec quelqu'un car elle savait que c'était voué à l'échec. Pourtant... Elle n'avait pas pu s'empêcher de tomber amoureuse de lui, elle ne savait pas vraiment pourquoi, il n'était pas gentil, ni romantique et encore moins galant. Pourtant, dès qu'elle l'avait vu, elle avait su qu'il pourrait la comprendre, qu'eux deux pouvaient vraiment avoir un avenir. Qu'elle n'aurait plus jamais à affronter ses démons toute seule...
Mais c'était une mauvaise idée et maintenant il la détestait. Elle n'avait pas besoin de le voir pour le savoir. Elle connaissait assez l'histoire d'Erebor pour savoir que Thorïn Ecu-de-chêne, en était l'héritier et que le jour où la montagne était tombée les Elfes avaient laissé les nains périr sans intervenir.
Elle haïssait ses origines, et elle se haïssait elle-même.
-Níniel, une voix l'appelait.
La jeune elfe se retourna vivement en essuyant les larmes qui coulaient le long de ses joues pour ne pas les montrer à celui qui venait de la rejoindre. Elle crû d'abord que c'était Kili, ou Aslinn, qui était venu la réconforter mais elle se rendit compte, non pas sans surprise, que c'était Thorïn qui se tenait juste devant elle.
-Thorïn, laissa-t-elle échapper à la fois surprise et gênée qu'il la surprenne dans cet état.
-Au moins tu te souviens de mon prénom, fit-il remarquer dans une piètre tentative d'humour.
Níniel regarda le nain sans trop comprendre. Pourquoi était-il venu la voir ? Sans s'en rendre compte elle agrippa une de ses oreilles et commença à la tordre entre ses doigts.
Quant à lui, Thorïn se sentait mal à l'aise, il ne savait pas quoi lui dire et il avait la désagréable impression qu'elle n'arrivait pas à croire qu'il puisse juste vouloir être gentil avec elle. Ce qui l'énervait, pourquoi est-ce qu'il passait toujours pour le méchant ? Et puis tant pis, il avait une quête à remplir, quoi que puisse dire Balïn, rien n'était plus important que la reconquête d'Erebor.
-Je voulais juste te dire que ce n'est pas grave que tu sois... une... Enfin, tu m'as compris, fit Thorïn de plus en plus mal à l'aise. Bref, tu peux rester avec nous, aucun problème.
Thorïn tourna les talons, incapable de supporter une minute de plus le regard emplit d'incompréhension de Níniel. Il se haïssait de la trouver encore plus belle avec des oreilles d'elfes, le visage et ses cheveux ainsi libérés du bandeau qu'elle portait tout le temps d'ordinaire.
Soudain, une main agrippa la sienne : il se retourna pour tomber nez à nez avec Níniel qui se mordillait la lèvre inférieur d'une façon tellement adorable que durant une fraction de seconde il crût qu'il allait l'embrasser.
-Merci, dit-elle son regard azur planté dans le sien.
Elle était sincère, il le savait. Il hocha la tête et repartit quand même vers le camp, s'il restait une minute de plus il ne pourrait plus résister à la force de ce qu'il ressentait. Il n'était pas fou, il avait bien compris qu'il était amoureux d'elle, et apparemment Balïn aussi, mais il ne pouvait se résoudre à lui avouer ses sentiments, il aurait eu l'impression de trahir ceux qui étaient mort à cause des elfes. Et même pour ses compagnons actuels qui passaient leur temps à se battre pour lui, pour sa cause quasiment irréalisable, s'il perdait son temps à une amourette, alors il ne serait plus digne de leur confiance.
-Tu viens ? Lui demanda-t-il tout de même, désireux de la voir reprendre sa place dans leur compagnie.
-Pas tout de suite, mais je vais venir oui, promis Níniel en lui souriant.
Thorïn la laissa donc seule avec ses pensées. La jeune elfe le regarda partir avec une pointe de regret, mais tant qu'ils ne se feraient pas mutuellement confiance elle ne pourrait pas se laisser aller devant lui. Elle essuya une nouvelle larme qui coulait sur sa joue et laissa son regard errer dans la forêt. Elle aimait bien les forêts, les arbres avec leurs tailles immenses lui donnaient toujours l'impression d'anciens et puissants gardiens qui la protégeaient tandis que leurs feuilles et leurs fruits étaient toujours là pour aider quiconque en avait le besoin.
Níniel s'assit et se laissa aller, oubliant tout le reste, et se contentant de faire le vide en elle. Thorïn l'acceptait, la compagnie l'acceptait. Elle avait une vraie famille, tout ce qu'elle avait jamais désirée posséder un jour.
Pourtant, quand elle sentit un contact froid tout contre son cou, elle sut que le bel équilibre qu'elle avait depuis quelques minutes venait d'être brisé.
-Lèves toi doucement et pas de gestes brusques, ordonna une voix rauque.
Níniel écarta les mains pour montrer qu'elle n'avait pas d'armes sur elle et se tourna lentement pour faire face à son adversaire : c'était un orc. Faisait-il parti de ceux qui les avaient attaqués à la sortie de la mine des gobelins ? Impossible de le savoir. En tout cas, elle était en très mauvaise posture.
-Allez, maintenant tu vas me montrer où se trouve votre camp. Tu sais qu'il y a une jolie prime sur ton copain le nain, fit-il en riant de façon sadique et visiblement très content de lui.
Níniel bouillait à l'intérieur d'elle-même. Que ce vaurien ait pu la surprendre et la mettre dans une telle situation la mettait hors d'elle, en partie contre lui et surtout contre elle-même. En plus, elle était complètement désarmée, ayant laissée son épée au campement comme l'idiote qu'elle était !
-Allez où je te tue ! Grogna l'orc pas très patient.
-Si tu fais ça, tu ne pourras plus compter sur le fait que je t'aide pour trouver notre campement, lui fit judicieusement remarquer Níniel.
L'orc lui envoya un regard mauvais et appuya le fil de son épée contre son cou, y dessinant un mince fil rougeâtre.
-Ok j'ai compris, marmonna Níniel. Je vais te montrer le camp, accepta-t-elle de bonne grâce.
Tandis qu'elle faisait mine de rejoindre le campement, elle réfléchissait à comment se débarrasser de l'orc qui continuait de la menacer avec son épée, un air supérieur collé sur son visage. Níniel lui lança un regard méprisant qu'il ignora royalement tandis qu'il la suivait d'un peu trop près à son goût. La jeune elfe commença un large détour pour lui laisser le temps de réfléchir à une solution digne de ce nom à l'embarras dans lequel elle se trouvait actuellement.
Le problème étant surtout que pour l'instant elle ne pouvait pas se débarrasser de lui, n'ayant pas d'armes et elle pouvait encore moins s'amuser à appeler à l'aide puisque qu'elle se doutait bien qu'un orc était loin de s'encombrer d'état d'âme à tuer un otage qui fait trop de bruit. Níniel attrapa une de ses oreilles sans s'en rendre compte et commença à la triturer tout en réfléchissant.
-Hé, tu ne serais pas en train de te foutre de moi là ? Demanda l'orc qui avait l'air de s'énerver.
-Non pourquoi ? Demanda la jeune femme le plus innocemment du monde.
-ça fait déjà deux fois qu'on passe par ici...
-Je ne connais pas très bien le chemin, tenta Níniel.
-Maintenant t'arrêtes de te foutre de moi ! S'énerva t-il pour de bon.
Níniel sentit le métal froid s'enfoncer dans sa peau et elle crût qu'il allait la tuer mais finalement il sembla se raviser.
-Montres-moi le chemin, ordonna-t-il une nouvelle fois.
-D'accord.
Bon, elle n'avait plus le choix. Níniel prit donc le chemin du campement en priant pour qu'ils aient posté des vigiles devant au cas où ils auraient des visiteurs inopportuns, comme c'était actuellement le cas.
-Et sinon vous venez du même groupe que l'orc pâle ? Demanda Níniel pour essayer de faire du bruit et attirer l'attention de ses amis au campement.
L'orc la regarda l'air méfiant, mais elle lui fit un regard tellement dénué de mauvaises intentions qu'il se laissa avoir.
-Non, mais tout le monde sait qu'il y a une prime sur sa tête, grogna-t-il en réponse.
-Géniaaaale, pourquoi est-ce qu'il veut tant sa tête ?
Níniel qui avait toujours eu l'habitude de marcher silencieusement, ne serait-ce que par habitude, et même sans s'en rendre compte, s'appliquait actuellement à faire le plus de bruits possible. Avec un peu de chance cet orc était assez bête pour ne pas savoir que les elfes n'étaient pas censés être aussi bruyant, surtout dans une forêt.
-Mais t'as fait quoi ces trente dernières années ? Demanda l'orc qui avait l'air blasé par sa dernière question, ce qui lui donnait d'ailleurs aussi l'air très (enfin plus que d'habitude) bête.
-J'dormais, persifla Níniel.
-Thorïn écu-de-chêne a failli tuer Azog, il veut donc se venger, et puis c'est un nain, cracha l'orc en crachant effectivement par terre.
-D'accoooord.
Soudain, elle aperçut le feu du campement, mais il était déjà trop tard : l'orc l'avait aussi aperçu. Il la poussa brusquement au milieu tout en maintenant son épée sous son cou pour bien montrer qu'elle était en son pouvoir et qu'au moindre geste suspect il la tuerait sans hésiter.
-Jetez vos armes à terre ! Ordonna l'orc.
Tous les nains présents se figèrent dans leurs activités et se retournèrent vers eux. Dwalïn avait saisi sa hache par automatisme mais en voyant la position de Níniel il dû se résoudre à la reposer par terre.
-Maintenant mettez-vous tous en en ligne !
Les nains n'ayant pas vraiment le choix obéirent en se contentant de lui lancer des regards mauvais. Níniel aperçu Thorïn, leurs regards se croisèrent, elle crût une fraction de seconde y voir une étincelle d'inquiétude mais elle disparut aussitôt.
Elle s'en voulait d'être aussi impuissante.
-Maintenant on échange : Ecu-de-chêne avance !
Thorïn, qui appréciait peu le ton sur lequel il lui parlait dû quand même se plier à son ordre, il avait très bien vu la marque sanguinolente sur le cou de Níniel et il ne pouvait se résoudre à la sacrifier.
Une fois qu'il se retrouva à la hauteur de l'orc, celui-ci poussa Níniel parmi les autres nains, sauf que tout s'enchaîna rapidement et soudain tous virent Ori lancer un cailloux sur l'orc avec sa fronde.
Il y eut comme un flottement. Puis, l'orc brandit son épée, prêt à abattre le jeune nain mais Níniel s'interposa entre eux. Ori se retrouva par terre sans comprendre ce qu'il s'était passé, quand il rouvrit les yeux il vit Níniel debout devant lui en train de se battre à main nue contre un orc armé d'une épée tranchante en acier.
-Níniel ! S'écria-t-il mais Oïn le fit taire d'un coup de pied.
La jeune femme menait un combat dont tous connaissaient l'issue, et ils savaient tous que le moindre instant de déconcentration lui serait fatale. Thorïn se tenait juste à côté, ne sachant quoi faire, ayant trop peur de causer la perte de la seule femme qui ait su le rendre un peu meilleur. Il ne pouvait que se contenter de la suivre des yeux et de sentir son cœur s'arrêter de battre à chaque fois que l'orc portait un nouveau coup. Il était Thorïn Ecu-de-chêne et il la regardait mourir sans rien pouvoir tenter.
Níniel avait fait une folie, elle s'en rendait compte maintenant qu'elle voyait la lame étinceler un peu trop près d'elle à son goût, mais c'était trop tard. De toute façon, elle ne le regrettait pas, et elle le referait si elle devait le refaire. Si elle ne s'était pas interposée ce serait le corps sans vie d'Ori qu'elle aurait été en train de regarder impuissante au lieu de la face repoussante de l'orc.
Elle devait se concentrer, elle exclut tous les sons qui l'entouraient, plus rien n'existait à part la lame qui brillait devant elle. Elle était à main nue, mais elle était une arme elle aussi, dansante et mortelle. Du plat de la main elle déviât légèrement la lame, se pencha pour l'éviter, tenta un coup de pied que l'orc évita, puis revient sur ses bases. Ne pas prendre de risques, le laisser faire une erreur, l'accompagner dans tous ses gestes.
Mais elle était à bout, elle ne pouvait pas tenir à un tel rythme à l'infini. L'orc ne lui laissait aucun moment de répit, la forçant à toujours rester en mouvement. La lame s'approcha à nouveau, elle la vit arriver, appliquer sa main contre la lame pour la repousser, sauf que soudain, le sol se déroba sous ses pieds. Elle vit l'épée arriver à toute allure vers elle.
Níniel ferma les yeux.
Fin de chapitre tendue! Heureusement la suite vous attends juste après! :D
Dites moi ce que vous en avez pensé ;) Review? :3
