Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario et quelques personnages (ceux que vous ne connaissiez pas avant de commencer à lire) sont à moi et ces ingrats ne me rapportent pas d'argent.
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Note de l'auteur : Salut à tous et merci pour vos reviews ! Dans ce chapitre, on voit le début des cours, et une idée de comment les Serpentard voient Poudlard de leur côté. Bonne lecture !
RàR anonyme : Merci à babette pour sa review. babette, non, rien à voir avec le lobe temporal de Harry.
baronnis, je n'ai pas pu te répondre comme tu as bloqué les MP, mais merci à toi aussi.
Chapitre 5 : Nous entrerons dans la carrière
— Bien, je vous verrai en Potions cet après-midi, pour certains. Les autres, votre cours de Métamorphose va bientôt commencer, dépêchez-vous si vous ne voulez pas être en retard. Bonne journée à tous, salua Slughorn après avoir distribué les emplois du temps des sixièmes années.
Harry avait passé une mauvaise nuit, occupé qu'il était à sursauter au moindre bruit en pensant qu'un des Serpentard avait décidé de l'attaquer dans son sommeil. En désespoir de cause et incapable de se rendormir malgré son épuisement, il avait fini par se lever pour être prêt dès l'ouverture de la Grande Salle, et la douche l'avait un peu réveillé. Ses espoirs de manger tranquillement et surtout seul avaient cependant rapidement été réduits à néant quand il avait réalisé qu'il devait de toute façon attendre son emploi du temps, et maintenant qu'il pouvait enfin s'en aller, il était entouré de tous les autres sixièmes années, après avoir eu le grand plaisir de "rencontrer" Bellatrix Black et Alecto Carrow.
— Il ne lui est pas venu à l'esprit que s'il parlait un peu moins de lui, on aurait moins de chances d'être en retard ? fit remarquer Wilkes.
— Bah, tu le connais. N'empêche, il n'a pas tort, on a intérêt à y aller si on veut de bonnes places. Qui fait Métamorphose ? interrogea Lestrange.
— Pour voir Potter se pavaner encore un peu plus que la normale, non merci, grommela Rogue.
— Moi non plus, ajouta Cooper. McGo n'a pas voulu que je continue avec un D, je ne comprends pas pourquoi.
Sa plaisanterie arracha même un sourire à Harry, malgré sa mauvaise humeur. Il apparut qu'ils n'étaient que cinq à suivre ce cours, et Harry ne trouva pas d'excuse valable quand Lestrange lui proposa de lui montrer le chemin. Grâce à tout le temps où il avait utilisé la carte du Maraudeur, il connaissait probablement plus de raccourcis et de passages secrets dans ce château qu'eux tous réunis, mais il ne pouvait pas en profiter s'il ne voulait pas éveiller les soupçons, c'était frustrant. Enfin, au moins il n'avait pas à supporter Rogue sur le trajet, c'était déjà ça.
— Vous avez des cours de Métamorphose, à Beauxbâtons, Thomas ? lui demanda Amy Rosier qui marchait à côté de lui.
— Transfiguration, ça doit être à peu près la même chose, non ?
— Sans doute. Tu es bon ?
— Ça peut aller, haussa-t-il les épaules. J'ai eu un E aux BUSE.
— Oui, le professeur McGonagall n'accepte personne en dessous de ça.
— Aux BUSE ? intervint son frère. J'avais entendu dire que vous n'aviez des examens qu'après votre sixième année, en France ?
— J'ai passé une équivalence cet été.
À voir les deux Rosier côte-à-côte, on ne pouvait douter qu'ils étaient jumeaux : le même visage en cœur, le même regard bleu marine perçant, les mêmes cheveux châtains, même si la fille les avait plus longs. S'ils n'avaient pas été de sexe différent, ils auraient été tout aussi semblables que Fred et Georges Weasley, même si le frère avait les jambes arquées et que ça lui donnait une démarche un peu chaloupée. Ils s'assirent d'ailleurs ensemble en arrivant en salle de Métamorphose, de même que les préfets qui formaient le futur couple Lestrange, ce qui convint très bien à Harry : même si ce n'était que le temps d'un cours, s'éloigner un peu des serpents lui ferait le plus grand bien. Il regarda autour de lui, mais il n'y avait que quelques Serdaigle déjà arrivés, et aucun d'entre eux n'était à côté d'une place libre.
— Oh, désolée, Thomas, je n'avais pas fait attention que tu serais tout seul ! réalisa Rosier fille. Tu peux te mettre derrière nous, si tu veux.
— Mais laisse-le un peu tranquille, Amy, il devrait survivre à une heure à plus de deux mètres de toi, ton français.
Rosier mâle lui adressa un regard d'avertissement qu'il ne comprit pas en disant ça, mais Harry se surprit à le remercier mentalement.
— J'essaie juste d'être polie parce qu'il ne connaît personne, Evan, rétorqua vertement la jeune fille.
— Merci, Amy, mais ça va aller, intervint Harry. Il faut bien que je commence quelque part pour connaître des gens.
Elle hocha la tête sans cesser de regarder son frère avec humeur, et Harry alla s'asseoir quelques places plus loin, espérant que le fait qu'il se mettait à l'écart était suffisamment clair. La première sonnerie retentit, et à partir de là la salle se remplit rapidement. Harry fut déçu de constater que sa mère ne semblait pas suivre ce cours, mais il eut du mal à rester discret en fixant les trois vrais Maraudeurs –c'est-à-dire sans Pettigrow – quand ils firent leur entrée à leur tour. Il était tellement concentré sur eux qu'il faillit rater la Poufsouffle qui s'assit à côté de lui.
— Salut. C'est toi, le nouveau, Thomas, je crois ? Nancy Zeller, enchantée.
Il lui serra la main en plissant les yeux, essayant de se souvenir de qui elle lui rappelait. Où avait-il déjà vu ce ruban violet ?
— Tu ne serais pas la vendeuse de la boutique de duel ? réalisa-t-il.
— Si, comment tu… Oh ! je me souviens de toi ! Il me semblait bien que ta tête me disait quelque chose hier soir. Je n'aurais jamais cru que tu étais encore élève quand tu es passé cet été, tu fais plus vieux que la plupart des septièmes années.
— Miss Zeller, l'interdiction de bavarder pendant mon cours n'a pas été levée pendant cet été. Veuillez éviter de corrompre votre voisin dès son premier jour ici, s'il-vous-plaît.
Il y eut quelques rires dans la salle tandis que Nancy s'excusait, permettant au professeur McGonagall de commencer son cours. Harry se rendit rapidement compte que le programme n'avait pas beaucoup changé en vingt ans, et qu'il avait déjà étudié la plupart des sujets qu'elle annonça pour l'année. Elle donna ensuite quelques transformations à faire pour réviser, et vint directement vers lui et sa voisine bavarde.
— Professeur, commença d'ailleurs la Poufsouffle, vous n'allez pas me coller juste pour une ou deux phrases ? Je n'avais pas vu que vous étiez arrivée !
— Taisez-vous et faites vos révisions, Miss Zeller, soupira McGonagall, ou je vais changer d'avis et vous donner cette retenue que vous semblez absolument rechercher. Mr Paret, je voulais simplement vous dire de ne pas hésiter à me le dire si je parle d'un sujet que vous n'avez pas étudié les années précédentes. Normalement, il ne devrait pas y avoir de problèmes au vu de vos résultats aux BUSE, mais sait-on jamais.
— Merci madame, mais pour l'instant, ça va.
Son ancienne directrice de maison hocha la tête et s'éloigna pour distribuer conseils et réprimandes, selon les personnes.
— Alors, comment tu as trouvé le livre que je t'ai conseillé ? murmura Nancy sans le regarder, en apparence très concentrée sur son travail.
— Pas mal. J'aime beaucoup la liste de sorts à la fin. Ça fait longtemps que tu travailles là-bas ?
— Deux ans, depuis que j'en ai eu marre de devoir acheter mes affaires avec la bourse de Poudlard. Le proprio est mon voisin depuis que je suis toute petite, alors je connaissais déjà son magasin par cœur. C'était la suite logique, je suppose, acheva-t-elle en souriant.
— Bien, je vois que vous n'avez pas trop perdu vos talents depuis l'année dernière, les interrompit McGonagall quelques minutes plus tard d'une voix forte. Maintenant, nous allons commencer à travailler sur la métamorphose humaine, qui présente beaucoup plus de difficultés…
Harry cessa rapidement de prêter attention au cours qu'il avait déjà suivi moins d'un an auparavant, même si les rappels de la théorie n'étaient jamais inutiles en ce qui le concernait. Il partagea son temps entre répondre aux murmures presque incessants de sa voisine –qui était définitivement une passionnée du duel sous toutes ses formes–, vérifier de temps à autre que le professeur ne l'interrogeait pas, et observer son père le plus discrètement possible. James et Sirius semblaient absorbés dans une conversation sur parchemin, ou peut-être une partie de pendu vu l'attention qu'ils y portaient.
— Potter, quand vous aurez fini de vous amuser, vous pourrez peut-être me dire la principale différence entre transformer un chien en loup et vous changer, vous, en singe ? S'il y a encore quelque chose à changer, bien sûr.
Harry sourit alors qu'une bonne partie de la classe riait à la plaisanterie du professeur. Ses lèvres à elle ne se courbèrent cependant pas alors qu'elle fixait James avec les yeux légèrement plissés. Celui-ci ne parut ni gêné ni embarrassé de la boutade lancée à ses dépens, et répondit en prenant à peine un instant de réflexion :
— Facile, madame. Les humains sont plus difficiles à métamorphoser parce qu'ils ont une magie interne qui résiste à la transformation. Même les moldus en ont un peu. Si on essaie de se métamorphoser soi-même, il faut en plus surpasser l'image mentale qu'on a de soi. C'est pour ça, par exemple, que seuls les plus grands experts en Métamorphose arrivent à devenir Animagus.
— La flatterie ne vous mènera nulle part, Mr Potter, admonesta-t-elle légèrement, mais en souriant légèrement quand même. Vous avez quelque chose à ajouter, Miss Rosier ?
— Juste que c'est la même chose pour les créatures magiques, répondit la Serpentard qui avait levé la main. C'est plus dur d'ensorceler une salamandre qu'un lézard ordinaire, parce qu'elles sont magiques.
— C'est même un excellent moyen d'identifier certaines créatures, il suffit d'essayer de transformer une de leurs pattes, ajouta James du tac-au-tac, et si on a du mal, c'est que ce n'est pas un animal non magique.
— Ça ira comme ça, les arrêta McGonagall alors que Rosier s'apprêtait visiblement à rétorquer. Excellentes réponses pour tous les deux, ce qui vous fera cinq points chacun. Maintenant, revenons-en aux principes de…
— Ils sont toujours comme ça ? chuchota Harry à sa voisine, son regard alternant entre son –futur– père, qui avait l'air passablement content de lui, et sa nouvelle condisciple qui, elle, semblait renfrognée.
— Aucune idée, c'est la première fois que j'ai cours avec eux deux en même temps. Par contre, je peux te dire qu'ils sont de très loin les deux meilleurs élèves de notre année en Métamorphose. Amy est un peu meilleure sur la théorie, mais James est imbattable sur la pratique. Ça ne m'étonne pas qu'ils soient un peu rivaux.
Le cours se poursuivit sans autre évènement notable, à part la lutte entre James et Rosier à chaque fois que McGonagall posait une question. Au final, Gryffondor et Serpentard avaient chacune gagné une vingtaine de points, ce qui n'était pas sans rappeler à Harry les performances de Hermione à son époque. D'ailleurs il éprouvait une certaine nostalgie en voyant le bras de Rosier se lever invariablement à chaque interrogation, même si McGonagall avait tendance à interroger les autres élèves quand elle en avait l'occasion. Il essaya d'imaginer ce qu'aurait fait sa meilleure amie si elle avait été là, et sourit en se disant qu'elle aurait sans doute été surexcitée d'avoir un peu de concurrence. Quand la cloche sonna la fin de la séance, Harry fut pratiquement le seul à ne pas être abasourdi par la quantité astronomique de devoirs que leur donna la directrice adjointe, ayant eu le temps de s'y habituer pendant l'année précédente.
— Vous préparez vos ASPIC, jeunes gens ; si vous vouliez vous tourner les pouces, il ne fallait pas choisir de continuer la Métamorphose. J'attends un mètre de parchemin pour le cours de jeudi prochain. Et maintenant, tout le monde dehors, j'aimerais profiter de la pause, moi aussi.
— Ouh, elle est mauvaise humeur, il vaut mieux y aller, conseilla Nancy à voix basse. Je suppose que tu es aussi en Défense après la récré ?
— Oui. Il paraît que vous avez eu un prof différent tous les ans dans cette matière ? demanda-t-il pour essayer de savoir ce qu'avaient valu les précédents.
— Ouais, le poste est maudit d'après la rumeur. Si tu veux mon avis c'est plutôt que les gens doués en Défense se font recruter autre part pour aider à combattre Voldemort.
C'était une possibilité que Harry n'avait jamais envisagée, mais il la balaya rapidement : il était bien placé pour savoir que les professeurs de Défense ne rejoignaient pas tous l'Ordre du Phénix. Et qu'ils n'étaient pas tous doués en Défense, mais c'était un autre problème… Harry suivit la Poufsouffle en direction de la salle de Défense, la plupart des élèves passant habituellement la récréation à changer tranquillement de salle sans avoir besoin de traverser la moitié du château en courant pour ne pas être en retard, surtout quand il pleuvait à verse comme ce jour-là.
Quand ils arrivèrent devant la salle, Nancy le laissa pour rejoindre des amis qui n'avaient pas été là en Métamorphose, et Harry fut pour son grand malheur accosté par Wilkes et Rosier mâle :
— Alors, tu as fait la connaissance de Zeller, on dirait, commença Wilkes en lui posant le bras sur les épaules. Fais attention, Evan va finir par être jaloux.
— La ferme, Gueule d'ange, grommela l'autre alors que Harry se dégageait. Nancy est peut-être douée en duel, mais c'est une pipelette de Poufsouffle. Comme si j'allais sortir avec quelqu'un qui habite sur le Chemin de Traverse.
— Je plaisante, Evan, pas la peine de t'énerver comme un griffie. Sinon, vous avez fait quoi en Métamorphose, à part apprendre que Paret n'est pas aussi asocial qu'il veut nous le faire croire depuis hier ? Qui a gagné, cette fois, Potter ou Amy ?
— Potter, évidemment, il trouve toujours une raison de la ramener quelle que soit la réponse d'Amy.
— Et je ne suis pas asocial, répliqua Harry qui les avait jusque-là écoutés sans rien dire, faute d'avoir autre chose à faire.
— Tu fais bien semblant, alors, je ne t'ai pas entendu nous dire une phrase entière depuis que tu es arrivé. Tu es juste timide, ou les français ne parlent qu'aux filles ? demanda franchement Wilkes alors que la cloche sonnait et que le professeur faisait rentrer les élèves.
Harry et les deux Serpentard restèrent légèrement en arrière, Wilkes et lui ne se quittant pas du regard. Devait-il clairement leur dire qu'il n'avait aucune intention de jouer aux petits serpents le temps qu'il serait là, au risque de grandement compliquer sa vie à cette époque, ou fallait-il plutôt qu'il essaie de garder des rapports à peu près cordiaux avec eux pour qu'ils le laissent tranquille ? Comme la file d'élèves se réduisait rapidement, Harry opta pour la seconde solution. S'ils se montraient vraiment trop collants, il serait toujours temps de leur fausser compagnie plus tard.
— Je ne suis ni asocial ni timide, j'étais juste crevé hier soir et j'ai mal dormi donc je n'avais pas envie de parler.
— Tu n'avais pas l'air d'avoir de problèmes avec ma sœur ou Zeller, fit remarquer Rosier.
— Tu as déjà essayé de faire taire une fille de seize ans ? rétorqua Harry. Moi oui, et c'est moins fatiguant de hocher la tête en faisant semblant d'écouter. Maintenant, on peut rentrer ou on attend de gagner une retenue ?
— Toi, je sens que tu vas me plaire, sourit Wilkes en se retournant le premier pour passer devant le regard légèrement froncé du professeur.
Bien entendu, ils furent les derniers à entrer et Harry fut donc obligé de s'asseoir à côté de ses "camarades" pour le cours. Il regarda autour de lui et vit que comme à son époque, l'ensemble des élèves de leur année, ou presque, devait être rassemblé dans la salle de classe, si les effectifs n'avaient pas trop changé. Il semblait que quelle que soit l'époque, Voldemort avait au moins une influence positive sur la popularité de ce cours. Il remarqua quand même que le futur couple Lestrange n'était pas là, pensant probablement qu'ils s'entendaient trop bien avec les Forces du Mal pour avoir besoin de s'en défendre.
La porte claqua et tout le monde reporta son attention sur le professeur. Vu de près, Harry se rendait compte à présent que celui-ci était au moins aussi grand que Ron, mais avec un regard sombre beaucoup plus dur. Il avait des cheveux brun foncé qui tombaient sur les épaules et quand il prit la parole pour se présenter, sa voix était grave et sèche :
— Bien, bonjour à tous. Comme vous l'a dit le directeur hier soir, je suis le professeur Kenterton, et je vais vous enseigner la Défense contre les Forces du Mal pendant vos deux années d'ASPIC. Oui, j'ai bien dit deux années, j'ai l'intention de déroger à la tradition et de ne pas partir en juin prochain.
— Dix gallions qu'il finit à Mangouste, chuchota Wilkes à côté de Harry.
— Tenu, je suis sûr qu'il va démissionner, il a l'air trop confiant, répondit Rosier en lui serrant la main.
— Taisez-vous, au fond ! Ça fera cinq points de moins pour Serpentard, et c'est la dernière fois que je vous reprends. La situation actuelle ne laisse pas de place aux bavardages dans ce cours, mais vous devez être plus au courant que moi, Mr Rosier ? insinua Kenterton.
Il y eut quelques ricanements que l'enseignant fit taire d'un regard, alors que Rosier serrait la mâchoire, comme la plupart des Serpentard présents. Kenterton n'y fit pas attention et continua son discours d'introduction en balayant la classe de son regard sévère :
— Comme vous venez de vous rendre compte, je serai intransigeant avec la discipline dans ma classe. Je suis payé pour enseigner à des élèves presque majeurs et qui ont choisi de suivre ce cours, je ne tolérerai donc que le plus grand sérieux. Je vais maintenant faire l'appel et en profiter pour voir où vous en êtes.
Kenterton appela un par un les élèves, posant à chacun une question au programme des BUSE. Harry vit Lupin pâlir quand Sirius dut donner la meilleure façon de neutraliser un loup-garou, mais à part cela tout se déroula sans encombre, la plupart des élèves donnant une réponse correcte que Kenterton complétait.
— Paret, Thomas ?
— Présent.
— C'est vous le français, c'est ça ? questionna-t-il en levant les yeux de son parchemin pour enregistrer son visage.
— C'est moi.
— Vous n'avez pas un accent très fort, fit remarquer le professeur en français sans cesser de le fixer d'un regard perçant.
Harry sentit les battements de son cœur accélérer et dut faire un effort conscient pour que son stress subit ne se voie pas alors que certains élèves se tournaient vers lui, sans doute étonnés de ne pas avoir compris les mots de Kenterton. Remerciant mentalement Dumbledore de lui avoir trouvé un professeur de français aussi exigeant que Nicolas, Harry répondit d'une voix qu'il espérait calme et posée :
— Ma mère était anglaise, j'ai grandi en apprenant les deux langues. Et les autres élèves vont se poser des questions si ils ne comprennent pas ce que nous disons.
— Je vois. Quel est l'avantage des sorts informulés dans un duel, et quel est le meilleur moyen de les contrer ?
Harry arqua un sourcil, n'était-ce pas justement la première chose qu'ils étudiaient en sixième année ? Peut-être que les programmes avaient évolué en vingt ans, finalement. Enfin, il semblait avoir passé le test du français, et il connaissait la réponse à cette question, donc son pouls reprit progressivement un rythme normal.
— Comme l'adversaire n'entend pas la formule qu'on utilise, ça nous donne un léger temps d'avance sur lui, et c'est plus difficile de se défendre sans savoir ce qui nous arrive dessus. Et pour les contrer, ce n'est pas facile de reconnaître les mouvements de baguette, donc il faut utiliser des boucliers génériques. Ou la Légilimancie, ajouta-t-il d'un ton plus sombre.
— La Légilimancie est illégale dans ce pays, répondit simplement Kenterton. Pettigrow, Peter ?
— L'enfoiré, murmura Wilkes en faisant attention de ne pas se faire repérer. Les sorts informulés ne sont pas au programme avant la sixième année, et il ne te donne aucun point !
— Il n'a donné aucun point à personne jusqu'ici, haussa-t-il les épaules.
— Qu'est-ce qu'il t'a demandé, avant ? C'était du français, non ?
— Oui. Il me félicitait juste pour mon accent.
— Excellent, Potter, félicita le professeur à ce moment. Cinq points pour Gryffondor. Qumtal, Julian ?
— Tu disais quoi, à l'instant ? fit amèrement Gueule d'ange.
Après avoir terminé l'appel, Kenterton passa le reste du cours à présenter ce qu'il prévoyait de leur faire étudier pendant l'année, avec un premier semestre presque entièrement consacré aux sorts de protection et aux contre-maléfices, "parce que c'est là que vous avez le plus de lacunes". Il eut ensuite juste le temps de leur donner un essai sur les sorts informulés pour le prochain cours avant la sonnerie.
— Je hais déjà ce prof, grommela Rosier mâle.
— Pourquoi ? On va passer trois mois sur le duel, ça devrait te plaire, non ? argua Cooper.
— Fais pas semblant de ne pas avoir remarqué, Chelsea ! répliqua la deuxième Rosier. Il n'a pas posé une question dans le programme à un Serpentard, et il donne des points à Potter pour savoir ce que c'est qu'un Inferius !
— Personnellement, je ne le savais pas, mentit Harry purement pour les contredire.
— Toi peut-être, mais ici on en a parlé en cours pas plus tard que l'an dernier, expliqua-t-elle. Alors que toi, tu donnes une réponse plus complète que notre manuel sur un sujet complètement hors programme, et il ne te donne aucun point, ça ne te dégoûte pas ?
De son point de vue, un professeur qui favorisait un peu Gryffondor, ce n'était qu'un juste retour des choses. Si seulement il n'avait pas été une nouvelle fois du mauvais côté de l'équation, il aurait été aux anges, mais il ne pouvait pas vraiment dire ça.
— Il n'y avait pas de maisons à Beauxbâtons, donc je ne suis pas habitué à ce système de points, expliqua-t-il à la place alors qu'ils entraient dans la Grande Salle. C'est si important que ça ?
— Non, c'est pas si grave, on a largement le temps de se rattraper. Amy est juste de mauvaise humeur parce que Potter n'est pas devenu mauvais en Métamorphose pendant les vacances.
Rosier s'assit devant une assiette en marmonnant quelque chose d'incompréhensible à propos de chouchou et de chat idiot. Ou du moins c'était ce qu'il sembla à Harry.
-~~O~~-
Les jours qui suivirent, Harry fit de son mieux pour passer le plus de temps possible hors des quartiers Serpentard. Fidèle à ce qu'il avait décidé, il restait cordial avec ceux qui lui parlaient, mais il ne cherchait ni leur conversation, ni leur compagnie. Il avait essayé un moment de tomber "par hasard" sur les Maraudeurs en se baladant dans les couloirs, mais sans succès pour l'instant. De la même façon, il avait espéré croiser sa mère à la bibliothèque pendant qu'il faisait des recherches dans la section Défense, mais avait été déçu.
Il commençait à se demander comment il serait accueilli s'il s'asseyait innocemment à côté de l'un d'eux en cours, comme il avait notamment vu que Lily n'avait pas de partenaire en Potions –ce qui ne semblait pas la ralentir outre-mesure, vu les éloges qu'elle recevait de Slughorn. Ce serait probablement vu comme une déclaration de guerre ouverte par les autres Serpentard, mais tant pis pour eux, du moment que ses parents ne le prenaient pas pour un Mangemort.
Le lundi midi suivant la rentrée, il descendit de la bibliothèque pour aller manger et emprunta le livre qu'il était en train de lire. Il n'avait toujours rien trouvé sur les Horcruxes ou comment les détruire –ce qui ne l'étonnait pas vraiment, puisque même Hermione avait fait chou blanc–, mais il venait de trouver un livre qui parlait de la détection des enchantements utilisés quelque part. Il avait beaucoup réfléchi pendant ses errances dans le château –et pas au meilleur moyen de convaincre Ron et Hermione de le laisser partir seul comme il l'avait fait à Privet Drive– et était arrivé à la conclusion que même s'il réussissait à découvrir ce qu'étaient les Horcruxes restants et où ils étaient, ça ne lui servirait pas à grand-chose s'il n'était pas capable de repérer les sorts de protection.
Dumbledore avait pu déchiffrer comment entrer dans la grotte sans même utiliser sa baguette, et Harry avait résolu de comprendre comment il avait fait. Ou au moins les bases. Pour devenir un vrai briseur de maléfices, il fallait de solides connaissances en Arithmancie, mais Harry espérait qu'il pourrait au moins déchiffrer les enchantements de Voldemort sans ça, quitte à devoir jouer selon les règles du mage noir pour les passer, à défaut de les détruire. Ce n'était pas ce qu'il y avait de plus prudent, mais c'était tout ce qu'il pouvait faire.
Harry était en train de se demander si Bill Weasley accepterait de l'aider sans savoir ce qu'il cherchait quand il entendit un bruissement suspect juste derrière lui. Il se retourna, la baguette déjà dans sa main par réflexe, mais fut touché par un sortilège informulé qu'il reconnut comme un maléfice d'Entrave. Forcé de bouger au ralenti, il ne put rien faire pour se défendre des sortilèges qui suivirent. Il ne vit personne, mais reconnut parfaitement les quatre voix qui étaient en train de prononcer les sorts, et il en serrait les dents de colère et de chagrin. Finalement, quand ils semblèrent en avoir terminé, il les entendit s'éloigner en riant, mais il dut encore attendre plusieurs minutes avant de retrouver le contrôle de son corps. Sachant que ses "agresseurs" étaient déjà loin, il baissa les yeux pour constater l'ampleur des dégâts et jura en voyant que sa robe était passée aux couleurs de la France.
Ou du moins, il essaya de jurer, parce qu'à l'instant où il ouvrit la bouche, il ne put s'empêcher de hurler en français :
— Allons enfants de la patri-i-e, le jour de gloire est arrivé !
Il dut pratiquement forcer sa mâchoire à se refermer avec ses mains pour se taire, et se sentit rougir d'embarras. Apparemment il ne pouvait pas ouvrir la bouche sans se mettre à crier ce qu'il reconnaissait vaguement de ses leçons estivales comme l'hymne national français. En plus, il commençait à entendre des voix qui se rapprochaient, sans doute attirées par ses cris. Harry s'éloigna rapidement en gardant les lèvres soigneusement closes et rejoignit l'infirmerie sans même s'arrêter pour identifier les élèves qui riaient sur son passage. Quand elle le vit, Pomfresh eut un sourire avant de lui déclarer :
— Mr Paret, je suppose. C'est beau de votre part de vouloir vous intégrer à votre nouvelle maison, mais ce n'était pas la peine de vous donner autant de peine.
Harry serra les dents en la foudroyant du regard. Ne pouvait-elle pas simplement le débarrasser de ces sortilèges, et qu'on en finisse, au lieu de se moquer de lui ? Et qu'est-ce que c'était que cette histoire de s'intégrer à sa maison ? Son uniforme ressemblait au drapeau français, il ne voyait pas le rapport avec Serpentard. Pris d'un doute soudain, il jeta un coup d'œil dans la vitre d'une des armoires de l'infirmerie, et vit immédiatement le problème : ses cheveux étaient devenus argentés, mais le pire était que sa peau était à présent écailleuse et verdâtre.
— Bien moins soucieux de leur…
Harry referma rapidement la bouche, qu'il avait sans le faire exprès entrouverte de surprise en voyant son visage.
— Je vois que votre problème est un peu plus sérieux qu'une simple métamorphose, déclara pensivement Pomfresh en agitant sa baguette, ce qui rendit à sa robe d'uniforme sa couleur noire habituelle. Venez vous allonger ici que je vous examine. Vous avez vu qui vous a fait ça ?
Harry hésita à peine une fraction de seconde avant de bouger la tête en signe de dénégation. Le Choixpeau avait peut-être eu l'idée saugrenue de l'envoyer dans la maison des fourbes et des délateurs, mais ce n'était pas pour ça qu'il allait subitement se mettre à dénoncer des Gryffondor. Pomfresh le regarda pensivement un moment, et agita sa baguette vers son visage en murmurant un sortilège qui était sûrement un contresort pour les métamorphoses humaines. Harry fut brusquement pris de panique en se demandant si les enchantements de Dumbledore allaient tenir, mais apparemment il n'y eut aucun problème.
— Répondez-moi en hochant simplement la tête. Vous ne pouvez pas ouvrir la bouche du tout sans vous mettre à chanter en français ? Vous contrôlez votre mâchoire quand vous chantez ? Est-ce que vous pensez au moins pouvoir avaler une potion ?
Harry répondit "non" à chaque question : d'après ce qui venait de se passer, respirer par la bouche suffirait à déclencher un nouveau couplet, et essayer de boire dans ces conditions ne servirait qu'à le faire avaler de travers.
— Bon, dans ce cas je vais vous jeter un sort de Mutisme et voir ce que ça donne, mais il est possible que vous deviez simplement attendre que ça passe. Ne me regardez pas comme ça, essayer de défaire ce genre de sortilèges sans savoir exactement comment il agit pourrait vous rendre complètement muet, vous voulez prendre le risque ? Non ? C'est bien ce que je pensais. Silencio. Ouvrez la bouche, maintenant.
Harry s'exécuta et sentit aussitôt le sortilège faire effet, même si aucun mot ne vint lui casser les oreilles. Pomfresh lui tint la mâchoire inférieure d'une main plus ferme que sa silhouette menue laissait présager, et regarda au fond de sa gorge en murmurant des formules magiques. Elle finit par se retirer et lui indiqua que c'était bon.
— Malheureusement, c'est comme je le craignais, déclara-t-elle. Les sortilèges les plus simples ne fonctionnent pas, et quoi que ce soit de plus complexe risquerait de réagir de façon imprévisible. Et comme vous donner une potion reviendrait à vous noyer, il n'y a plus qu'à patienter. Je vais laisser le sortilège de Mutisme pour épargner votre gorge. Essayez de temps en temps pour voir si le sortilège cesse de faire effet.
Harry essaya sans grand succès de mimer une question, et l'infirmière fit apparaître un morceau de parchemin et de quoi écrire pour lui permettre de communiquer :
Pourquoi je ne peux pas sortir ? demanda-t-il directement.
— Comment voulez-vous faire cours dans votre état ? Les élèves qui sont dispensés pour raisons médicales restent à l'infirmerie, c'est la règle.
Heureusement qu'elle n'avait pas été aussi stricte pendant l'épidémie d'ombragite en fin de cinquième année, l'infirmerie aurait probablement dû emprunter toutes les salles de l'étage pour caser tout le monde.
Vous pensez que ça va prendre combien de temps ?
— Aucune idée. D'après mon expérience avec ce genre de "blague", si on peut encore appeler ça comme ça, vous devriez en être débarrassé d'ici demain. Ne vous inquiétez pas, si jamais ce n'est pas parti au dîner, j'ai des potions de Nutrition à application cutanée. D'ailleurs, vous n'avez pas encore mangé, je suppose ? Je vais vous chercher ça, ajouta-t-elle en s'éloignant quand il lui eut fait signe que non.
Harry retomba sur les oreillers, soupirant de dépit. Pourquoi les Maraudeurs avaient-ils fait ça ? Ce n'était pas comme s'il les avait provoqués, il ne leur avait même pas encore parlé. Peut-être qu'ils accueillaient tous les nouveaux comme ça, ou même juste les Serpentard ? Oui, c'était sûrement ça, se dit-il. Mais alors, pourquoi les premières années n'avaient-ils rien eu ? Ce n'était pas qu'il leur souhaitait de passer une journée à manquer les cours sans pouvoir parler, mais ça l'aurait en quelque sorte rassuré. Il n'avait pas envie de se dire qu'il avait été la cible privilégiée de son père et de ses amis.
Il cessa de se torturer l'esprit à ce sujet en voyant Pomfresh revenir avec un plateau qui contenait uniquement l'équivalent d'un pot de yaourt d'une espèce de pâte gélatineuse bleuâtre translucide. La substance oscillait vaguement avec les mouvements de l'infirmière et ne lui inspirait absolument pas confiance. Comme presque tout ce qu'elle lui amenait et qu'il fallait ingérer d'une façon ou d'une autre.
— Voilà pour vous. Il faut juste vous étaler ça sur l'estomac et laisser agir quelques minutes. Vous pouvez tirer les rideaux si vous voulez. Ne vous en faites pas, ce genre de plaisanteries d'un goût douteux n'arrive pas souvent à Poudlard. On pourrait croire que la plupart des élèves sont trop matures pour ce genre d'enfantillages, mais ce n'est pas à vous que je vais expliquer la mentalité des adolescents. Bon, je vous laisse, si vous avez la moindre question, je serai dans mon bureau. Et ne vous avisez pas de vous enfuir, je le saurais, ajouta-t-elle d'un ton soudain menaçant.
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Harry n'arrivait pas à se concentrer sur son livre. Il avait les yeux figés sur la même ligne depuis plusieurs heures, ressassant son humiliation aux mains des Maraudeurs. Devait-il faire comme si de rien n'était et essayer quand même de leur parler, ou les éviter comme la peste pour éviter qu'ils recommencent ? Et pourquoi lui avaient-ils fait ça à lui ? Est-ce que ça ne se voyait pas qu'il n'avait aucune envie d'être à Serpentard, qu'il aurait donné presque n'importe quoi pour être avec eux à Gryffondor ? Il avait menti sur son année pour les côtoyer plus longtemps, pas pour subir plus de leurs blagues. Pourquoi… pourquoi est-ce qu'ils ne pouvaient pas le traiter comme le fils de James qu'il était ? finit-il par penser, parfaitement conscient de l'injustice d'un tel souhait.
— Salut, Thomas. Est-ce que tout va bien ?
Harry sursauta ; tout à son apitoiement sur lui-même, il n'avait pas entendu la porte de l'infirmerie s'ouvrir et Cooper entrer. Il fronça aussitôt les sourcils, se préparant déjà à une des habituelles basses moqueries que les Serpentard réservaient aux pensionnaires de l'infirmerie.
— Je suis passée t'amener les devoirs de Sortilèges, continua-t-elle en s'asseyant sur la chaise à côté de son lit. Il faudra que tu voies avec les autres pour la Métamorphose, comme je ne fais pas ce cours. Qu'est-ce qui t'arrive, pourquoi tu ne dis rien ?
Parce que je ne peux pas parler, évidemment, pourquoi tu crois que je suis là ? écrivit-il rapidement sur le morceau de parchemin que lui avait donné Pomfresh.
— Pas la peine d'être aussi cassant, je voulais juste t'aider, répliqua-t-elle d'une voix nettement plus froide que précédemment. Flitwick nous a seulement dit que tu étais à l'infirmerie sans préciser pourquoi. Il paraît que tu avais été changé en serpent, aussi, c'est vrai ?
Oui, Pomfresh a dit que j'étais très bien déguisé pour m'intégrer dans ma maison. Dommage qu'elle ne t'ait pas gardé une photo, tu aurais pu rigoler avec les autres.
— Écoute, Paret, je ne sais pas ce que c'est, ton problème, mais au cas où tu n'aurais pas remarqué, les Serpentard sont à peu près les seuls à être dans ton camp, ici.
Dans mon camp ? Je suis Sang-mêlé, je te rappelle, gribouilla-t-il avec mauvaise humeur, alors je ne vois pas comment je peux être dans votre camp.
— D'accord, tu le prends comme ça. Laisse-moi deviner, tu as croisé un imbécile cet été et il a été te dire que tous les Serpentard sont des Mangemorts fanatiques du Sang-pur, et tu nous as catalogués avant même de venir à Poudlard, c'est ça ? Crétin ! éructa-t-elle, le surprenant. Ma mère est née-moldue, et mon père est un ami d'enfance qu'elle n'a pas arrêté de voir quand elle est venue à Poudlard ! Mon propre frère est moldu, tu crois vraiment que je soutiens un cinglé qui passe son temps à chercher les familles des nés-moldus pour les tuer ? Je hais Voldemort et tout ce qu'il représente !
Harry était bouche bée, c'était la première fois, même en comptant son époque, qu'il entendait quelqu'un prononcer le nom du mage noir avec autant de mépris et de colère. D'habitude, les gens se retenaient par peur que cela remonte aux oreilles de Voldemort et qu'il se venge.
— Et je vais te dire une bonne chose, tu ne sais peut-être pas qui t'a envoyé à l'infirmerie, mais tout le monde dans le château sait qu'une blague aussi pitoyable ne peut venir que de Potter et Black. Et comme ce sont les chouchous de Dumbledore, tu peux rêver pour qu'ils se fassent punir.
Tu exagères, Dumbledore…, commença-t-il à écrire.
— Je sais, tu vas me dire que Dumbledore était un ami de ta mère, que c'est un héros, bla bla bla, c'est ça ? Eh bien c'est aussi un très bon ami de la famille Potter, il s'est battu avec le père de Potter dans la guerre contre Grindelwald. Ça t'étonne, hein ? Et puis, réfléchis, s'il était si impartial que ça, tu crois vraiment qu'il t'aurait laissé là tout l'après-midi alors qu'il pourrait te rendre ta voix en trente secondes ?
Harry entendit à peine sa question. Dumbledore était un ami de son grand-père ? Comment se faisait-il qu'il ne l'ait jamais su ? Son ébahissement devait se voir sur son visage, parce que la jeune fille se calma un peu en continuant :
— Ne fais pas cette tête, une fois qu'on le sait ce n'est pas si terrible. Il suffit de te mettre dans le crâne que Potter et ses copains ne seront jamais vraiment punis tant qu'ils ne feront pas leurs blagues juste sous le nez des profs, et que personne d'autre que Pomfresh ne fera le moindre effort pour annuler ce qu'ils font. Maintenant, tu es prévenu, conclut-elle en se levant, alors tu fais comme tu veux : si tu veux continuer à faire bande à part, personne à Serpentard ne t'en empêchera. Mais ne viens pas te plaindre si ces crétins en profitent encore pour t'attaquer dans le dos à quatre contre un.
Cooper partit en laissant les devoirs du professeur Flitwick sur sa table de nuit, et Harry resta plongé dans ses pensées, méditant sur les paroles de la Serpentard. Elle lui avait déjà dit qu'elle était de Sang-mêlé le jour de la rentrée, mais il n'y avait pas prêté beaucoup d'importance, elle aurait très bien pu être faite du même bois que Voldemort lui-même et Rogue, qui avaient tous les deux un père moldu. Mais apparemment, ce n'était pas le cas, ce qui montait à deux le nombre de Serpentard potentiellement supportables dans sa classe, s'il comptait cette Silvins à qui il n'avait toujours pas eu l'occasion de parler. Peut-être qu'il pouvait faire un effort en ce qui la concernait ?
Il y avait aussi la révélation de l'amitié entre Dumbledore et son grand-père qui le travaillait, mais une fois le choc passé, Harry n'était pas vraiment surpris. On avait passé la majeure partie de sa vie à lui cacher son histoire et celle de sa famille, volontairement ou non. Après les mensonges des Dursley, l'histoire de Sirius et Queudver ou l'existence de la prophétie, il commençait à être habitué à apprendre la vérité après tout le monde.
Quelques temps plus tard, Pomfresh vint lui demander s'il y avait une amélioration, et il découvrit que le sortilège était levé et qu'il pouvait de nouveau bouger la mâchoire normalement. Elle annula son sort de Mutisme et l'examina une dernière fois avant de le déclarer apte à partir. N'ayant jamais eu besoin de se faire prier pour quitter l'infirmerie, il vérifia rapidement qu'il n'oubliait rien avant de redescendre aux cachots. Dans la salle commune, il vit que ceux qui faisaient Métamorphose étaient revenus de cours, et Cooper et Rosier étaient assises dans un coin en train de faire leurs devoirs. Décidant que le plus tôt était le mieux, Harry se dirigea vers elles d'un pas résolu :
— Cooper ? Excuse-moi pour tout-à-l'heure. La blague m'a énervé, mais tu n'y étais pour rien, je n'aurais pas dû t'agresser comme ça. Ni sauter aux conclusions.
— Hum, répondit-elle en le dévisageant. Ça va, mais n'insinue plus jamais que je suis une sang-puriste, ou ce n'est pas pour une extinction de voix que tu iras à l'infirmerie.
— Je serais toi, je ferais attention, Chelsea peut très inventive pour ce qui est des maléfices, mentionna Rosier sans lever la tête de son parchemin de Défense.
— J'essaierai de m'en rappeler. Vous avez fait quoi, en Métamorphose, Rosier ?
— De la théorie. Tu peux regarder mes notes, si tu veux, mais c'est plus détaillé dans le livre. Et McGo n'a rien donné en plus de son devoir de l'autre jour.
— Merci. Je peux m'asseoir avec vous ?
— Dis Thomas, commença Cooper après qu'elles aient acquiescé. J'ai vu que tu lisais un livre sur les Barrières, à l'infirmerie, tu veux faire briseur de maléfices ?
— Non, c'était juste par curiosité. Je veux devenir Auror.
— Auror ? s'intéressa enfin Rosier en levant les yeux.
— Oui. C'est bien comme ça qu'on appelle les chasseurs de mages noirs, en Angleterre ?
— C'est bien ça. Pourquoi Auror ?
Comment expliquer ça sans parler de Voldemort et du fait qu'il n'avait pas vraiment le choix, qu'il devait l'affronter et l'arrêter ?
— Je suis plutôt doué pour élucider les mystères quand j'en vois, choisit-il de dire. Et la Défense est ma meilleure matière, donc ça m'a paru logique.
— C'est vrai, ça, comment tu es aussi doué pour les sorts informulés ? intervint Cooper. Tu les as déjà étudiés ?
— Un peu. Mais Kenterton explique beaucoup mieux que mon ancien prof.
C'était un euphémisme. Harry en était à se demander si Rogue faisait exprès d'être un enseignant aussi mauvais ou si leurs façons de penser respectives étaient simplement totalement incompatibles. En ajoutant le fait qu'il avait déjà suivi ces cours un an auparavant –en tout cas de son point de vue–, ses cours de sixième année s'annonçaient ennuyeux et plutôt faciles. Harry passa le reste de la soirée avec les deux filles, et ils furent rejoints après le repas par l'autre Rosier et Wilkes. Il n'avait toujours pas l'intention d'être plus que froidement poli avec ceux qu'il savait être sur le point de devenir des Mangemorts, mais sa soirée fut relativement tranquille et il s'autorisa pour la première fois à retirer son holster pour la nuit.
Et de 5 ! Histoire de changer, mon blabla de fin de chapitre :
- Concernant le titre, vous aurez bien sûr tous reconnu un vers de La Marseillaise, vers qui je trouve va bien au chapitre qui marque la vraie entrée de Harry à Serpentard. Un petit chapitre "cocorico" parce que je le vaux bien.
- Pour le coup de Dumbledore ami avec la famille Potter ce n'est pas seulement un cliché que je reprends par principe, c'était logique à partir du background que j'ai décidé pour les Potter, et qui sera explicité un peu plus tard (bon, beaucoup plus tard, en fait)
- Enfin, pour ceux qui pensent que Harry change d'avis rapidement concernant les Serpentard : vous vous trompez.
- Pour le petit jeu, personne n'a trouvé exactement ce que signifiait la chaleur dans la tête de Harry au moment où le Fidelitas est lancé, même si plusieurs personnes sont passées près. Du coup, comme je n'ai plus d'indice sous la main, je maintiens le challenge en place une dernière fois si certains ont d'autres idées, et je donnerai dans tous les cas la réponse au prochain chapitre (ou par MP pour les plus impatients).
Voilà, sur ce à bientôt pour la suite !
Goten Askil
