Et le deuxième chapitre ;)


Chapitre 29 : Comment ce jour finira t-il ?


Kili et Fili se tenaient près de la porte, les bruits de la bataille raisonnaient fort dans leurs oreilles et faisaient battre leurs sangs à l'unisson. Ils tenaient fermement leurs armes dans leurs poings serrés sans pouvoir intervenir, tenaillés entre leurs devoirs et l'appel du sang, et un autre appel, bien plus fort, celui de l'amitié. Car ils savaient, oui ils savaient que dehors, Bilbon et Níniel se battaient au péril de leurs vies !

Un silence de mort régnait dans la grand hall à moitié détruite. Ils avaient amassés tout ce qu'ils avaient trouvé devant la porte pour éviter aux assaillants d'entrer, qui qu'ils soient. Les autres nains étaient assis à même le sol, les visages inexpressifs mais les fronts plissaient par l'inquiétude, leurs armes inutiles pendaient le long de leurs jambes.

Thorïn était dans le fond, à moitié dissimulé par l'ombre, il n'était pas assis, il n'avait pas bougé depuis qu'elle était partit. Depuis qu'elle l'avait abandonnée, il n'avait pas bougé, pas parlé, ni mangé, ni même bu. Seule sa rancœur était plus que visible, la haine avait fait place à tout les sentiments qu'il avait pu avoir pour Bilbon ou Níniel, son désir d'obtenir l'arkenstone avait effacé tout ce qu'il y avait pu avoir dans son cœur. Ne restait que ce sentiment profond qui l'oppressait et rendait le monde étrange, et ce noir qui pulsait en lui et prenait toute la place.

Bombur arriva brusquement dans la salle, il avait couru au vu de ses joues rouges et il avait bien du mal à reprendre son souffle. A son arrivée, tout les nains avaient tourné la tête vers lui, Kili et Fili s'étaient retournés sur le qui-vive, prêt à prendre part à la guerre qui se déroulait sans eux.

-Elle...

-Qui ça elle ? Demanda brusquement Dwalïn qui n'en pouvait plus d'attendre.

-Níniel ! Elle est au milieu du champs de bataille et elle se bat ! Cria Bombur.

-Oncle Thorïn ! Nous devons aller l'aider ! Supplia Kili.

Thorïn sortit lentement de l'ombre, son regard faisait froid dans le dos, il n'avait plus rien à voir avec le regard bleuté nostalgique et fière, il n'était plus qu'un regard sombre ou seule la haine et la rancœur luisaient méchamment.

-Elle nous a trahit, nous ne l'aiderons pas.

Sa déclaration sonnait comme une sentence de mort, personne n'osa protester, Kili sembla hésiter puis il baissa la tête, l'air abattu. Ils savaient tous que Thorïn n'allait pas bien, mais personnes n'osait bouger car il était leur roi avant toute autres choses. Et quand ils étaient partis pour reconquérir Erebor ils lui avaient tous juré allégeance.

C'est pour ça que quand la gifle résonna dans le hall lugubre, tout le monde crû qu'ils allaient faire une crise cardiaque.

-Thorïn ! Appela Aslinn d'une voix forte.

-Pour qui tu te prends ! Rétorqua Thorïn le regard enflammé.

Il y avait une telle noirceur dans le regard qu'il lui lança que les autres reculèrent et eurent soudain peur qu'il ne se jette sur leur amie comme il l'avait fait avec Bilbo. Mais, Aslinn ne recula pas, elle ne bougea pas d'un pouce et affronta le regard de Thorïn sans sourciller.

-C'est toi qui te prends pour qui ? Le Thorïn qui boude dans son coin j'connais ! Mais là ! Tu crois quoi ?! Qu'un putain de diamant est plus important que la vie d'un de tes amis ?!

-Ne me parles pas sur ce ton ! Menaça Thorïn.

-Je n'ai pas peur de toi ! Je ne suis pas un de tes sujets ! Je suis Aslinn ! Je suis l'amie de Bilbon ! Je suis l'amie de Níniel !

-Alors pars toi aussi ! Abandonnes nous comme eux ! Trahis nous toi aussi !

-Non... Tu te trompes Thorïn, Aslinn n'avait pas crié sa voix avait presque était un murmure, un regret. C'est toi qui nous a trahit, c'est toi qui a abandonné ceux qui te suivent. Tu les as trahis dès l'instant où tu leur a préféré l'arkenstone à leurs vies.

-Tais toi !

L'ordre avait claqué, mais la voix c'était brisée, comme assaillit de doutes.

-Je ne veux plus t'entendre !

-Si. Et tu vas m'entendre jusqu'au bout ! Je refuse de regarder mes amis mourir sans bouger. Tu te souviens de Bilbon ? C'est lui qui t'as sauvé la vie, c'est lui qui a affronté Smaug à ta place, lui rappela t-elle.

-FERMES LA !

-Et Níniel ? La demi-elfe, celle qui s'est sacrifiée tellement de fois pour sauver l'un d'entre nous ? Celle qui t'aime ! Celle qui t'aurais suivis jusqu'au bout du monde !

Thorïn se prit sa tête dans ses mains, gémissant comme s'il luttait contre lui-même. Comme si chaque mot que prononçait Aslinn était comme un coups de poignard.

-Tu ne t'es pas demandée quelles raisons auraient pu la pousser à partir ? Elle qui aurait donné sa vie pour nous ? Est-ce que tu te l'ais demandé seulement une fois Thorïn Okanshield !?

La voix d'Aslinn n'était plus qu'un murmure doucereux, l'accent de la vérité et sa détermination faisait pâlir les autres nains qui n'auraient jamais osé dire le quart de ce qu'elle venait de déclamer sans la moindre peur ou incertitude. Pourtant, elle, elle le faisait, car elle n'était pas une naine, mais une humaine qui vivait pour ceux qu'elle aimait et elle savait aussi que l'amitié c'était dire la vérité même quand elle faisait mal.

Thorïn se recula comme pour tenter d'échapper à l'emprise d'Aslinn. Mais elle l'attrapa par les épaules et le força à la regarder encore.

-Regardes autour de toi ! Ton peuple t'attends ! Ils ont toujours confiance en toi, et ce n'est pas un diamant qui y changeras quelque chose ! Ils t'ont suivis avant, et continuerons de le faire, il te suffit de leur montrer la voie !

Mais Thorïn ne répondit rien, il semblait comme éteint. Aslinn le relâcha avec dédain, puis elle se redressa lentement, son regard se posa sur chacun des nains présents, c'était un regard emprunt de détermination, de fierté, et d'amitié.

-Je pars, je vais me joindre à cette bataille et je vais botter les fesses à ces saletés d'orcs ! Je vais me battre aux côtés de mes amis et je vais vaincre ou mourir à leurs côtés !

Et elle s'avança résolument vers la muraille improvisée, commençant à défaire un à un les objets qu'ils avaient entassés devant seulement quelques heures au paravent.

Le hall était encore plus silencieux maintenant, seuls résonnaient les bruits des objets retombant sur le sol à chaque fois qu'Aslinn en retirait un. Les nains se regardaient entre eux, sans savoir quel chemin choisir. Leur cœur était encore plus tiraillée par leur loyauté et leur devoir, ils voulaient tous se battre mais aucun n'osait désobéir à Thorïn.

Soudain, Fili toussota, gêné.

-Je suis désolé, fit-il en regardant son frère. Mais, où elle va, je vais.

Et le nain blond alla rejoindre celle qu'il aimait.

-Tu crois vraiment que je vais te laisser faire ça tout seul ? Fit Kili en riant.

-Je suis peut-être trop jeune, mais je veux me battre aux côtés de ceux qui comptent, déclara maladroitement Ori en rejoignant les trois autres les joues rouges.

Et, finalement, ce fut toute la compagnie qui se joignit à Aslinn pour retirer tout les objets qui leurs bloquaient encore le chemin. Une fois que la porte fut libéré, ils l'ouvrirent en grand, et sortirent à l'air libre sans se retourner, l'arme à la main et déterminés.

Mais, alors qu'ils allaient s'élancer dans la bataille, une voix retentit derrière eux.

-Vous croyez vraiment pouvoir vous passer de moi ? Fit Thorïn en venant se placer devant eux.

Il ne portait plus la stupide couronne entièrement en or massif qui devait peser dix kilos, disparu le lourd manteau de fourrure, les bijoux en diamants purs et en argent, il n'était plus vêtu que de ces vêtements en cuir et d'une simple cotte de mailles naine. Son regard avait retrouvé sa clarté d'antan, et un sourire mystérieux flottait sur ses lèvres.

-Thorïn, soupira Balïn visiblement soulagé.

Ils virent tous le vieux nain essuyer discrètement une larme, et ils imaginaient tous à quel point cela avait dû être dur pour lui d'abandonner celui qu'il avait toujours considéré comme son propre fils.

-Mes amis, je n'ai qu'une chose à vous dire, déclara solennellement Thorïn. En AVANT !

S'en suivit une charge historique qui resta gravée dans les mémoires, certains dirent qu'en entendant les cris de guerre des nains les troupes en contre-bas s'arrêtèrent un instant pour les voir descendre, d'autres jurèrent avoir vu un halo divin entourer la compagnie de Thorïn Okanshiel qui s'élançait. Mais, ce qui était sûr, c'est qu'ils n'avaient jamais été aussi unie, rassemblé par la même volonté de vaincre.

Même s'ils mourraient, même si dans quelques centaines d'années leurs noms seraient oubliés, même si le monde continuerait de tourner longtemps encore après leurs morts, ce jour là : le temps s'était arrêté pour les regarder passer.

Niniel était à l'autre bout du champs de bataille quand elle vit les nains d'Erebor faire une percée dans les lignes ennemies. Un grand sourire étira ses lèvres quand elle réalisa que c'était ses amis qu'elle voyait hurler comme des damnés en brandissant des haches et des épées en tout genre, un grand éclat de rire sortit de sa gorge quand elle remarqua la silhouette si familière de Thorïn. Et son cœur se mit à battre tellement fort qu'elle se crû pendant un instant invulnérable. Elle se mit à hurler comme eux et se jeta sur l'orc qui approchait trop près d'elle. Un coup d'épée plus tard il gisait mort au sol.

Tandis qu'elle tranchait, coupait, frappait, Níniel faisait son petit marché et ramassait les flèches qu'elle trouvait, celles encore utilisables elle les mettait dans son carquois, les autres lui servaient souvent à l'improvisation. A un moment, elle entendit un grognement rauque dans son dos, elle n'attendit pas que son ennemi l'attaque pour se retourner et elle le frappa avec ce qu'elle avait à la main : à cet instant là ce fut une flèche brisée qu'elle enfonça profondément dans l'œil de l'orc qui avait voulu la prendre par derrière. Elle ignora le cri de douleur de l'autre et abrégea ses souffrances en enfonçant son épée dans son ventre. Elle dû mettre un pied dessus ensuite pour retirer sa lame qui était maintenant couverte de sang noir.

-Pff c'est dégueulasse un orc, râle t-elle.

Soudain, un ennemi autrement plus coriace se mit à courir vers elle à tout allure.

-Niniiiiiiiel !

La jeune femme sursauta, prit une flèche, banda son arc et vit sa meilleure amie foncer sur elle en ignorant les orcs et les elfes qui s'étripaient joyeusement. Elle pensa un instant à prendre la fuite mais c'était peine perdue. En quelques secondes la rousse l'eut rejoint et la prit dans ses bras au beau milieu de la bataille.

-Tu m'as manquée !

-Toi aussi, mais...

-Sérieux j'ai cru que tu t'étais vraiment cassée, l'interrompis Aslinn sans lui lancer le temps de dire un seul mot.

-Tu sais, on est sur un champs de bataille, lui fit remarquer Niniel.

-Un quoi ? Répliqua innocemment la rousse.

Soudain elle fit claquer son fouet et un orc poussa un cri en se frottant le poignet tandis que son arme tombait au sol. Níniel lui trancha la gorge dans un rapide mouvement qui ne lui laissa même pas une chance.

-Un champs de bataille, tu sais les endroit où on fait la guerre et qui sont super dangereux, expliqua t-elle avec patience à son amie.

-Plus dangereux que les mines des gobelins ? Répliqua Aslinn peu convaincu.

-Hm... ça dépend du point de vu, c'est sur qu'ici tu ne risques pas de mourir des oreilles, mais disons que c'est quand même très dangereux.

-Bon d'accord, finit par accepter Aslinn. En tout cas je voulais te dire que Fili, Kili et ton Thorïn ont décidé d'aller liquider l'orc blanc là qui donne les ordres.

-On les suit, déclara Níniel dès que son amie eut fini.

-J'en étais sur, fit Aslinn avec un sourire goguenard.

Elles se mirent toutes les deux en chemin pour rejoindre le poste d'observation duquel Azog donnait les ordres pour guider ses troupes. Les orcs sur leur passage ne devenaient qu'un cadavre encore chaud et tout le monde pu voir deux furies femelles faire un vrai carnage pour rejoindre leurs hommes.

-Il va falloir escalader, observa Niniel.

-Tiens.

Aslinn lui envoya deux dagues et elles commencèrent à escalader les roches en plantant leurs dagues dans les interstices. Ainsi, plutôt que de faire un large détour en grimpant, elles purent monter tout droit et atterrirent les deux pieds sur la glace assez rapidement. Mais, apparemment, les nains avaient du les devancer. Elles virent les ruines à quelques mètres mais soudain des cris retentirent. Sans avoir besoin de se concerter elles se mirent à courir et débarquèrent au milieu d'un affrontement entre Thorïn et Dwalïn contre des espèces de gobelins en armures qui faisaient de drôle de bruits. Les deux femmes se jetèrent dans la mêlés en hurlant en khuzdul (qui était devenue leur lange favorite).

En quelques instants, ils parvinrent à tuer tout leurs ennemis, Níniel essuya sa lame elfique sur le cadavre d'une des bestioles avant de se tourner vers Thorïn. Quand leurs regards se croisèrent, la jeune semi-elfe sentit son cœur s'emballer et battre tellement fort qu'elle crû qu'elle allait s'évanouir, elle du serrer sa garde de toutes ses forces pour ne pas flancher. Le silence s'était fait et personne n'osait le briser, Aslinn tentait de faire signes à Dwalïn qu'ils feraient mieux de s'éloigner le temps qu'ils s'expliquent. Alors que Thorïn marchait vers Níniel sans la quitter une seule seconde du regard, Bilbo apparut derrière eux.

-Thorïn ! S'exclama t-il visiblement essoufflé.

-Bilbo ?

-Il faut vous en aller, déclara le hobbit, Azog a une autre armée qui attaque par le Nord, cette tour va être totalement encerclée, il n'y aura aucunes issues !

-Cette saleté d'orcs est là-dedans ! Il faut continuer, insista Dwalïn emporté par sa soif de vengeance et de sang.

-Non, refusa Thorïn, c'est ce qu'il veux. Il veut qu'on y rentre. C'est un piège. Trouves Fili et Kili, je vais les retenir.

-Tu es sur ? Demanda Dwalïn.

-Nous survivrons pour nous battre encore, promit t-il.

-Je reste avec toi, déclara Níniel qui refusait de rester en retrait pendant que ses amis se battaient.

-Merci.

Dwalïn prit la direction du lac de glace qu'il lui fallait traverser pour rejoindre la deuxième tour tandis que Bilbo, Thorïn et elle partaient plus haut pour attendre l'armée ennemie qui risquait de leur tomber dessus à tout moment. Soudain, des bruits de tambours se firent entendre, ils venaient de l'autre côté, c'était comme si une armé s'apprêtait à surgir ou si les orcs avaient quelque chose à fêter. Ils se tournèrent tous vers là-bas, retenant leur souffle, tendu dans l'attente de ce qui n'allait pas tarder à surgir. Ils pressentaient tous que quelque chose allait se produire, que ce quelque chose ne serait plaisant pour personne, mais ils étaient prêt à affronter n'importe quel ennemi.

Mais personne ne s'attendit à ce qui sortit soudain du tréfonds de cette tour. Azog tenait Fili par un bras, le nain semblait en bien piètre état, son visage et un de ses bras étaient en sang et il ne semblait pas pouvoir tenir seul sur ses jambes. Thorïn se précipita vers eux dès qu'il aperçu le visage de son neveu, mais Níniel savait qu'il n'arriverait jamais à temps. Elle sentit sa gorge se serrait tandis que Dwalïn détournait les yeux, incapable de regarder la mise à mort de Fili.
Soudain, la semi-elfe réalisa quelque chose.

-Mais où est Aslinn ? Se demanda t-elle en voyant la rousse nul part.

Azog brandit son épée en hurlant des insultes en langue noir, les autres orcs se mirent à rire à gorge déployer tandis que Thorïn voyait son monde s'écrouler.

-Ne le touches pas espèce de gros tas de merde albinos, gronda une voix qui résonna jusqu'à leurs oreilles.

Azog se retourna, visiblement surpris de ce faire interrompre par qui que ce soit. Quand son regard tomba sur une jeune humaine aux cheveux roux et à l'air remonté il se mit à ricaner comme si quelqu'un lui faisait une bonne blague. Jusqu'à ce qu'un coup de fouet claque dans l'air et lui fasse lâcher son arme qui tomba au sol dans un bruit sinistre. Il aurait dû réagir plus vite, mais sa certitude sur sa supériorité lui fit faire l'erreur de sous-estimer son ennemie. Celle-ci envoya un puissant coup de pieds dans sa main qui tenait le nain blond et par réflexe il le lâcha dans le vide. Fili se mit à hurler avec le peu de forces qui lui restaient tandis qu'Azog éclatait d'un rire gras de celui qui se savait vainqueur dans tout les cas.

-Kili à toi ! Hurla Aslinn.

Azog tique et regarda dans le vide par acquis de conscience, au moment où le nain blond aller s'écraser au sol, un autre nain surgit de la tour et rattrapa le premier au vol avant de rouler bouler ensemble dans la neige. L'orc pâle sentit la colère et la haine monter en lui comme un feu destructeur et il se retourna avec hargne vers l'humaine qui avait osé sauver le nain et le défier lui. Mais son regard ne rencontra que le vide. Aslinn, pas folle, n'avait pas attendu de voir la réussite de sa mission suicide pour se faire la malle aussi rapidement que possible.

Si Azog avait eu la présence d'esprit de regarder en-bas, il aurait vu la rousse accrochée en contre-bas, mais tout ce qu'il l'obnubilait c'était de ce venger du roi sous la montagne. Il donna ses ordres en langue noir avant de se lancer à la poursuite des nains qui avaient osé le défier.

Dans l'autre tour, Níniel se sentit soudain extrêmement soulagée, mais elle savait que c'était loin d'être finit. Azog ne lâcherait pas aussi facilement l'affaire et il n'était pas seul, ils pouvaient être sur que cette tour devait bien encore contenir plusieurs dizaines d'orcs assoiffés de sang. La jeune femme se précipita vers le bords et sauta sans hésiter. Elle se réceptionna par une galipette maladroite mais grâce à sa chance elle ne se cassa pas la cheville, sans se retourner elle se mit à courir en direction de la tour, elle savait que Thorïn et Dwalïn allaient arriver. Un fois qu'elle eut traversée le lac gelé elle trouva Fili et Kili à quelques pas de la tour.

-Kili ! Fili ! S'exclama t-elle en se précipitant vers eux.

Kili la vit venir mais il s'écroula avant qu'elle n'arrive, Fili ne bougeait plus.

-Est-ce qu'il est vivant ? Demanda Níniel.

-Oui, mais il est gravement blessé, avoua Kili le visage anxieux.

-Je vais t'aider à le porter.

Soudain, un grand bruit les firent se retourner dans un même mouvement, dégainant tout les deux leurs épées dans la crainte d'un ennemi.

-Je suis vivante ! S'exclama Aslinn.

-Tu viens d'où ? Demanda Níniel abasourdi.

Aslinn lui montra le haut de la tour avec un air entendu, ses joues et mains égratignées leurs laissèrent deviner ce qu'il s'était passé.

-Bon, je m'occupe du mien, toi va t'occuper du tien, y a du grabuge là-dedans, débita rapidement Aslinn en se précipitant sur Fili.

Aidé de Kili ils arrivèrent à soutenir le nain blessé et ils entreprirent de l'emmener plus à l'abri pour soigner ses blessures. La semi-elfe hésita un instant puis elle se réalisa soudainement qu'elle pouvait compter sur eux, maintenant c'était à elle de jouer et d'aller aider Thorïn. Elle se précipita à l'intérieur de la tour pour le retrouver. Elle tira d'abords tout les orcs qui sortirent pour attaquer, puis quand il ne lui resta plus de flèches ni de cibles elle s'engouffra à l'intérieur sans hésiter. Sa lame buvait du sang noir à flot mais elle ne trouvait toujours pas Thorïn. Níniel croisa une elfe rousse qui semblait chercher quelqu'un. Elles se regardèrent sans se reconnaître et toutes les deux s'arrêtèrent, surprises de se croiser dans un pareil endroit.

-Que faites vous là ? Demanda Níniel.

-Je chercher... Kili, avoua Tauriel.

-Il est dehors, avec Aslinn. Vous n'avez pas vu Thorïn ?

-Si, dehors aussi entrain de se battre sur la glace.

Les deux jeunes femmes se sourirent dans une complicité toutes particulières puis elles reprirent leurs routes séparées. Níniel se jeta sur la première ouverture qu'elle trouva, en se débarrassant des orcs qui y étaient puis elle observa la glace avec attention. Il y régnait un brouillard épais qui gênait la vue, il lui semblait entendre des bruits de combats, de lames et des râles mais comment savoir d'où ils venaient. Elle en entendait qui venait de partout, c'était la guerre ici et ils étaient trop peu nombreux pour les contrer. Pourtant, et d'une façon assez étrange, le silence se fit peu à peu comme si les orcs étaient tués lentement mais sûrement.

Finalement, il ne resta plus que le bruit qui venait de la tour d'en face. Níniel sortit et se mit à courir vers elle en priant pour arriver à temps et que personne ne soit mort avant qu'elle n'arrive. Elle était à mi-chemin quand quelque chose la fit s'arrêter. Elle ne sût jamais ce qui la fit se retourner à cet instant précis. Pourtant, elle se retourna dans la direction des chutes de glaces gelées. Et elle le vit, son cœur bondit dans sa poitrine : il était debout face à Erebor. Son visage s'éclaircit et elle ouvrit la bouche pour l'appeler quand elle le vit s'écrouler au sol.

Il y eut un drôle de bruit et elle fut soudaine saisit d'un drôle de frisson. Elle aperçu Bilbo au loin qui se jetait sur Thorïn en criant comme un damné. Ses pieds refusaient de bouger, sa gorge était désespérément sèche et son regard trop trouble pour qu'elle voit clairement ce qu'il se passait. Pourtant, elle se força à faire un pas de plus, puis un autre et encore un autre. Quand elle parvient enfin devant Thorïn, son regard refusa d'abords de sa baisser, il était définitivement ancré sur les gigantesques statues qui encadraient les portes d'Erebor. Sans trop savoir pourquoi elle remarqua que l'une d'elle ressemblait un peu à Thorïn quand il portait une armure naine.

-Níniel, souffla Bilbo dont le visage était ravagé par les larmes. Thorïn il est...

-NE LE DIS PAS.

Elle avait hurlé, pourtant elle n'en avait pas eu l'impression, c'est le regard que lui lança Bilbo qui le lui fit comprendre. Ses genoux la lâchèrent soudain et son regard fut obligé de tomber sur Thorïn, il ne bougeait pas et ses yeux étaient fermés. Peut-être qu'il dormait ? Oui, c'était sûrement ça, son combat contre Azog avait été éprouvant, il devait se reposer. Ensuite il se réveillerait et la prendrait dans ses bras comme il le faisait avant. Elle lui annoncerait qu'elle était enceinte et il l'embrasserait en pleurant de joie. Et ils vivraient heureux à Erebor comme dans les contes de fées qui se terminent toujours bien qu'elle lisait quand elle était encore dans un bordel. Avant qu'elle ne rencontre Thorïn et qu'elle vive le conte de fée pour de vrai.

Níniel embrassa tendrement les lèvres de Thorïn pour le réveiller, mais elles étaient froides, terriblement froides et sans vie. Sa main se mit à trembler quand elle l'approcha du visage de son amant, elle caressa tant bien que mal sa joue tandis que sa vue se brouillait et que des larmes commençaient à couler le long de ses joues.

-Thorïn, appela t-elle d'une voix tremblante. Réveilles-toi mon amour.

Mais il ne se réveilla pas. Et soudain, comme si elle venait de recevoir une gifle en plein visage elle se rendit compte qu'il était mort. Mort, mort, mort, mort, mort, mort, MORT. Níniel s'effondra sur son torse dans lequel ne battait plus son cœur et elle se mit à pleurer sans réussir à se contenir.

-Thorïn ! Ne m'abandonnes pas ! Supplia t-elle. Ne me laisses pas seule ! J'ai tellement besoin de toi ! !

Bilbo mit une main sur sa bouche en observant la scène, la détresse de Níniel était affreuse et des larmes se mirent à couleur aussi sur ses joues tandis qu'il la voyait serrer dans ses bras le cœur sans vie de Thorïn.


Ainsi, mourût Thorin, fils de Thrain, fils de Thror.

Qu'en avez-vous pensé? Dites moi tout :D

La semaine dernière ce sera les deux dernières chapitres de cette fanfic! Enfin... En quelques sortes ;)