Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario et quelques personnages (ceux que vous ne connaissiez pas avant de commencer à lire) sont à moi et ces ingrats ne me rapportent pas d'argent.
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Note de l'auteur : Salut à tous et merci pour vos reviews ! En particulier félicitations à Djeday pour la 100ème review de cette fiction ! Tu gagnes… Minute, 100 reviews ? En 5 chapitres O.o ? Wow ben vous êtes vraiment géniaux, merci ! Je sais que j'étais censé le publier hier et que j'ai donc un jour de retard (et même presque deux), mais il est pas venu facilement et c'est encore un retard assez correct. Aujourd'hui on a enfin l'entrée en scène de Miss Lily Evans ! Un peu de Quidditch et de cassage de clichés, aussi (enfin normalement).
Chapitre 6 : Le cadeau de la Salle
Le fait que Harry communiquait désormais de façon plus sociable avec les Serpentard de son année ne passa pas totalement inaperçu dans la maison des vert-et-argent. En l'occurrence, cela faisait moins d'une semaine qu'on le voyait régulièrement en compagnie de Cooper et Rosier –et malheureusement fréquemment du frère de cette dernière– et il se retrouvait déjà dans les tribunes de Serpentard à regarder leurs essais de Quidditch.
— Pourquoi je suis là, déjà ? demanda-t-il à sa voisine.
— Parce que Chelsea voulait absolument que je vienne l'encourager et que comme les français sont galants, tu as décidé de ne pas me laisser venir toute seule.
— Et pourquoi tu n'as pas demandé à ton frère, alors ?
— Il est trop occupé, balaya Rosier comme si ce n'était pas important.
— Moi aussi, j'étais occupé, je te signale.
— Ah oui ? À faire quoi ?
Harry ne pouvant pas vraiment lui expliquer qu'il cherchait tout ce qui pouvait l'aider à rendre Voldemort mortel, il n'eut pas de réponse satisfaisante à lui apporter et se renfrogna en se tournant vers le terrain de Quidditch. Il y avait une bonne vingtaine d'élèves qui attendaient sur le côté pendant que les quatre joueurs de l'équipe actuelle faisaient passer les aspirants poursuiveurs.
— Allez, tu ne vas pas me dire que tu détestes tant que ça le Quidditch, tu es un garçon, non ?
— J'aime jouer au Quidditch, pas le regarder.
— Pourquoi tu ne participes pas aux essais, alors ? répliqua-t-elle.
Parce qu'il gèlera en enfer avant que je joue pour Serpentard.
— Je n'ai pas mon balai. Je t'ai déjà dit que mon Portauloin depuis la France avait eu un accident et que presque toutes mes affaires avaient disparu en route, répéta-t-il l'histoire inventée par Dumbledore pour expliquer son manque de possessions.
— Ah oui. Excuse-moi, j'avais oublié. N'empêche, je maintiens que tu as eu une chance énorme : les accidents de Portauloin sont rares, mais c'est encore plus rare que les passagers ne disparaissent pas avec.
— Oui, j'ai toujours été quelqu'un de très chanceux, fit-il ironiquement.
Si on oubliait les prophéties sur sa naissance, les membres de sa famille qui le détestaient, les mages noirs et les professeurs qui essayaient de le tuer, il ne se trompait pas tant que ça.
— Chelsea candidate pour quel poste, au fait ? demanda-t-il pour éloigner la conversation de ses mensonges chroniques.
— Batteuse. C'est le meilleur moyen de ne pas être choisie, si tu veux mon avis. Il n'y a pratiquement jamais de filles batteuses à Poudlard.
— C'est idiot. Le plus important est de savoir viser et voler, pas de frapper fort.
Et même pour ce qui était de frapper fort, il se rappelait encore d'une histoire que Ginny lui avait racontée sur Gwenog Jones, la capitaine des Harpies de Holyhead. Une fois, avant son premier match en équipe nationale, un journaliste lui avait demandé si elle ne se pensait pas que son manque de force physique serait un frein aux performances de l'équipe. Le pauvre journaliste avait passé la moitié du match à compter ses dents et Jones à briser des os chez ses adversaires à coups de Cognards. Plus personne n'avait remis en cause sa légitimité à son poste. Ou plus personne ne le ferait, plutôt. Harry n'était pas sûr que Gwenog Jones ait déjà mis les pieds à Poudlard à l'époque où il était.
Quelques minutes plus tard, les essais des poursuiveurs durent enfin se terminer, car tous ceux qui volaient redescendirent et ceux qui avaient une robe vert-et-argent se rassemblèrent. Ils allèrent annoncer leur décision aux candidats, et la plupart d'entre eux repartirent vers le château. Il restait à peine cinq personnes pour le poste de batteur, et Harry, malgré la distance, identifia facilement Chelsea qui était effectivement la seule fille restante sur le terrain. Il était trop loin pour entendre ce qui se disait en bas, mais les éclats de rire qui lui parvinrent lui firent penser que sa candidature n'était pas nécessairement prise au sérieux.
— J'espère quand même qu'ils vont lui laisser une chance, fit remarquer Rosier. Chelsea a vraiment envie d'être dans l'équipe.
— Pourquoi elle n'a pas essayé avant, alors ? s'enquit Harry alors que le premier candidat s'envolait pour échanger des Cognards avec le batteur titulaire –qui rappelait vaguement quelqu'un à Harry, mais il n'aurait su dire qui à cette distance.
— Elle voulait se concentrer sur les cours. Maintenant qu'on a passé les BUSE, on a beaucoup plus de temps libre.
Les aspirants batteurs passèrent chacun à leur tour, Amy se plaignant à chaque fois que l'un d'eux redescendait et que ce n'était pas son amie qui décollait pour prendre sa place. Il semblait à Harry que les autres membres de l'équipe espéraient trouver un candidat suffisamment bon pour ne pas avoir besoin de lui faire passer les essais, mais les autres batteurs n'avaient rien d'exceptionnel.
— Vas-y, Chelsea ! se mit à hurler sa voisine sans avertissement quand la rouquine prit enfin son envol en bonne dernière.
— Ouais, c'est ça, démolis-le, marmonna Harry en se frottant l'oreille gauche.
Ce que faisaient les deux joueurs était un échauffement de batteurs classique : ils volaient en cercle, chacun à l'opposé de l'autre, et s'envoyaient un Cognard de façon à ce que l'autre change de rythme le moins possible –et surtout n'ait pas besoin de faire demi-tour. Chelsea et l'autre réduisirent graduellement la taille du cercle, jusqu'au point où ils n'avaient pratiquement plus le temps de se déplacer entre les passes et où le titulaire fit signe qu'ils avaient fini. Harry ne trouvait personnellement pas que c'était un bon exercice pour tester le talent d'un batteur, parce que la réussite dépendait surtout de l'entente entre les deux et de leur coordination, et ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait obtenir en volant pour la première fois ensemble.
— Chelsea s'est mieux débrouillée que les autres, tu ne trouves pas ? Scrimgeour changeait sans arrêt de vitesse pour la déstabiliser.
— Elle n'était pas mauvaise, mais j'ai connu meilleur qu'elle. Meilleur qu'eux deux, en fait, haussa-t-il les épaules en se rappelant avoir vu les jumeaux Weasley effectuer cet exercice en particulier.
Il réalisa avec un temps de retard le nom que Rosier avait donné et se tourna de nouveau vers l'équipe de Serpentard. Maintenant qu'elle le lui avait dit, il comprit pourquoi l'autre batteur lui avait paru familier, mais comment aurait-il pu savoir que Rufus Scrimgeour, futur chef du Bureau des Aurors et futur ministre de la Magie, avait été élève à Serpentard ? À moins que ce ne soit un autre sorcier de la même famille, mais la coïncidence serait troublante.
— C'est qui, ce Scrimgeour ? demanda-t-il quand même, espérant que Rosier le détrompe.
— Rufus Scrimgeour, capitaine et batteur, c'est sa dernière année ici. Tu as peut-être entendu parler de son cousin Brutus, il est aussi batteur, pour les Pies de Montrose, je crois.
Autant pour les maigres espoirs de Harry… Au moins, cela expliquait pourquoi Scrimgeour avait été aussi prompt à essayer de se servir de lui pour améliorer la réputation du ministère pendant sa sixième année au lieu de faire quelque chose de concret contre Voldemort. Quand même, Harry se demandait si le septième année avait déjà l'intention de devenir chasseur de mages noirs, et surtout s'il savait que ça l'amènerait probablement à croiser nombre de ses camarades de classe sur le champ de bataille dans les années à venir.
Les membres de l'équipe de Quidditch semblaient ne pas être d'accord à propos de quelque chose, et comme les essais étaient terminés, de toute façon, Harry proposa de descendre des gradins pour rejoindre Chelsea, et Rosier accepta, impatiente de savoir si sa meilleure amie avait été sélectionnée. Ils arrivèrent au niveau du terrain juste après que Scrimgeour ait annoncé sa décision, apparemment –vu de près, Harry reconnaissait sans le moindre doute le futur Auror, même si ses cheveux fauves avaient bien sûr beaucoup moins de gris.
— Mais Rufus, tu n'es pas sérieux ! se plaignait un septième année blond à la carrure impressionnante. Regarde-la, elle n'a aucun muscle, elle n'a aucune chance comme batteuse !
— Donne-moi une batte, et tu verras ce qu'ils te disent, mes muscles ! répliqua Chelsea en foudroyant le râleur du regard.
— Désolé, Sullivan, mais la décision est prise. Tu tapes les Cognards plus fort, mais si tu les envoies à côté de la cible à chaque fois ça ne sert à rien. Cooper est dans l'équipe, alors les quatre autres, vous dégagez.
Il y eut encore quelques protestations, mais Scrimgeour et un autre septième année sortirent leur baguette et ceux qui n'étaient pas dans l'équipe se dispersèrent rapidement, ne laissant sur le terrain que les sept joueurs, Rosier, Harry, et deux autres élèves plus jeunes qui attendaient sans doute un ami.
— Bon, encore bravo aux deux nouveaux, reprit le capitaine, et merci aux autres d'être venus. Le premier entraînement sera jeudi à dix-sept heures. Cooper, je veux que tu viennes une demi-heure plus tôt pour t'entraîner un peu plus. C'est vrai que tu as moins de force que les autres batteurs, mais j'ai bien l'intention de changer ça d'ici le match contre les griffies. Compris ?
— OK, ça me va.
— Alors à jeudi, tout le monde, et ne soyez pas en retard.
Les joueurs se dispersèrent et Chelsea se tourna vers eux, son sourire menaçant de dépasser de son visage. Harry ne sut déterminer laquelle des deux filles se jeta dans les bras de l'autre la première, mais le temps de cligner des yeux et elles s'étreignaient avant de se mettre à discuter.
— Je savais que tu allais y arriver, Chels' ! Scrimgeour a été beaucoup plus dur avec toi qu'avec les autres et tu as quand même été la meilleure ! C'est dégueulasse de t'obliger à venir en avance aux entraînements.
— Non, c'est normal, il a raison s'il veut que je sois au niveau pour le premier match. Merci d'être venus m'encourager, tous les deux. Tu as pensé quoi des essais, Thomas ?
Harry était en train de se demander comment s'éclipser discrètement pour aller continuer ses recherches sur les Horcruxes, aussi il sursauta légèrement quand on lui demanda son avis :
— Moi ? Oh, tu as bien joué. Tu aurais sans doute pu faire encore mieux si tu étais plus habituée aux changements de rythme, mais c'était pas mal.
— Oh, mais quel rabat-joie, celui-là ! le réprimanda Rosier. Ne l'écoute pas, Chelsea, tu as été géniale et vous allez mettre une raclée à Gryffondor. Surtout, n'oublie pas de virer Potter de son balai de ma part.
— Avec plaisir, et je ferai attention pour qu'il tombe pile sur Evans. Avec un peu de chance elle lui mettra la première gifle de l'année.
— Tu rigoles ? J'espère qu'elle ne va pas attendre aussi longtemps, j'ai parié cinq gallions avec Alecto qu'il s'en prenait une avant la fin du mois.
— Est-ce qu'il y a une chose sur laquelle vous ne pariez pas, à la fin ? déplora Harry.
— Oui, les matches de Quidditch. Ça n'aurait pas d'intérêt puisque personne ne mettrait une Noise contre notre maison.
— Je croyais que les Gryffondor avaient la coupe depuis trois ans ? fit-il remarquer non sans une once de fierté.
— Deux, se renfrogna Chelsea. Et c'est une question de logique, tu ne vas pas parier contre ta propre équipe, ce serait un suicide social. Pourquoi, ça te tentait ?
— Parier contre ma maison ? Bien sûr que non !
Évidemment, Harry pensait à Gryffondor en disant cela, mais aucune des deux n'était censée le savoir. Les trois étudiants remontèrent vers le château en continuant de parler de Quidditch –et notamment, dans le cas de Harry, des deux jumeaux qu'il connaissait et qui étaient pratiquement capables de s'échanger des Cognards les yeux fermés– et de là se dirigèrent vers la bibliothèque, les deux filles planchant sur leur devoir d'Arithmancie pendant que Harry continuait de lire des livres de détection d'enchantements. C'était tout ce qu'il pouvait étudier avec sûreté quand il était accompagné, et tester l'efficacité des enchantements qu'il avait trouvés commençait à le démanger.
— Tu es vraiment sûr que tu ne veux pas devenir briseur de sorts ou archéologue, Thomas ? s'enquit Chelsea.
— C'est important pour un Auror de pouvoir trouver les cachettes magiques, répondit-il distraitement.
— Si tu le dis. Par le plus grand des hasards, dans tes livres ils ne disent pas comment on fait pour calculer l'heure idéale pour effectuer un rituel ? La date, c'est facile, mais l'heure…
— Désolé, il n'y a rien là-dessus et je n'ai jamais fait d'Arithmancie. Il y a une heure pour faire de la magie ?
— C'est une question de détail, expliqua Rosier. Un rituel parfaitement exécuté marchera n'importe quand, mais ce sera plus efficace si tu choisis bien ton moment, et ça peut même permettre quelques imprécisions.
— C'est sans espoir, il y a beaucoup trop de variables ! se plaignit Chelsea. On ne va quand même pas demander de l'aide à Pettigrow ?
— Pourquoi vous voulez demander de l'aide à ce crétin ?
— C'est le meilleur de notre année en Arithmancie. Je sais, ça parait étonnant quand on voit qu'il sait à peine se servir d'une baguette, mais il n'est pas si mauvais sur la théorie. Et il est super fort avec les chiffres. Pourquoi tu le détestes autant, de toute façon ? Même Potter et Black, tu trouves le moyen de les défendre, alors qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Harry haussa les épaules, n'ayant pas la moindre envie de s'étendre sur son passif avec Pettigrow. Les autres pouvaient bien s'imaginer les raisons qu'ils voulaient pour expliquer que la tête du rat ne lui revenait pas, ça lui était complètement égal. Moins il le voyait et mieux il se portait.
-~~O~~-
Harry venait de s'asseoir derrière son chaudron quand Slughorn sortit de la réserve d'ingrédients attenante d'un pas plus vif que d'habitude. Le volumineux professeur leva la tête, fronça les sourcils, et lança sèchement :
— Mr Rogue, il faut être deux pour la potion d'aujourd'hui, alors asseyez-vous à côté de Miss Evans. Mr Paret, allez avec…
— Non, monsieur, coupa la jeune fille rousse à la surprise générale. Je ne veux pas travailler avec Rogue.
Le Rogue en question s'était déjà levé à l'appel de son nom et se figea au ton froid de Lily. Harry aurait presque eu pitié de l'air d'espoir qu'il avait brièvement eu sur le visage. Presque. S'il ne s'était pas appelé Severus Rogue et que la fille qu'il regardait ainsi n'était pas destinée à devenir la mère de Harry.
— Allons Lily, vous n'aviez aucun problème à travailler ensemble jusqu'à l'an dernier.
— Je sais, professeur, mais ce serait injuste de forcer Rogue à travailler avec une Sang-de-bourbe comme moi.
Cela suscita un tollé du côté Gryffondor de la salle –venant principalement de la table de James et Queudver, les autres maraudeurs ne suivant pas ce cours– et Harry serra les poings en se rappelant l'ingratitude de Rogue quand Lily avait essayé de l'aider après ses BUSE. Depuis son arrivée à cette époque, il avait appris avec beaucoup de scepticisme que les deux avaient été très bons amis depuis avant leur arrivée à Poudlard, et que le Serpentard aurait bien voulu aller plus loin. Ça ne l'avait pas aidé à cacher sa haine pour son futur professeur, loin de là. Imaginer Rogue avec sa mère lui donnait envie de vomir.
Soudain, un bruit de pétard mit fin aux balbutiements de Slughorn et fit sursauter toute la classe, Harry y compris. Il ne comprit pas pourquoi tout le monde se tourna vers lui jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que sa baguette était tombée par terre. Il la ramassa immédiatement et c'est en la remettant dans son holster qu'il réalisa ce qui s'était passé. Apparemment, il allait devoir perdre son habitude de serrer les poings quand il était en colère, parce que son nouvel étui considérait que c'était suffisant pour éjecter sa baguette. Et celle-ci n'avait pas apprécié d'être jetée sur un sol en pierre.
— Désolé, ma baguette m'a échappé, s'excusa-t-il.
— Ce n'est pas grave, Mr Paret, ça arrive à tout le monde. Bon, eh bien si vous êtes sûre de vous, Lily, vous n'avez qu'à travailler avec Mr Paret. Severus, allez vous asseoir avec Miss Kennigan et Miss Silvins.
— Mais professeur, Lily pourrait… commença James.
— Ça suffit, maintenant, intervint Slughorn avec force. Mettez-vous au travail ou vous n'aurez jamais le temps de terminer vos potions. Les garçons, dépêchez-vous de changer de place pour pouvoir commencer. Allez, tout le monde au travail ou je serai obligé de vous mettre en retenue.
Slughorn savait se faire respecter de temps à autre, apparemment, parce que les sixièmes années se mirent rapidement à verser les ingrédients dans leur chaudron sans protester. Harry emmena ses affaires à l'avant de la salle en essayant de contrôler son appréhension à l'idée de parler pour la première fois avec celle qui le mettrait au monde dans maintenant moins de quatre ans. Il remarqua à peine le regard à la fois envieux et méfiant que lui jetait James.
— Salut, entama-t-il avec éloquence. Je suis Thomas Paret, enchanté.
— Lily Evans. Tu peux t'occuper de la première potion intermédiaire ? Je ferai la deuxième, comme il faut absolument les faire en même temps étape par étape.
— D'accord. Je vais essayer de ne pas trop te ralentir, alors. Tu es toujours la première à finir depuis le début de l'année.
Lily sourit légèrement mais ne répondit que par un haussement d'épaules gêné, occupée à doser la bile de corbeau à verser dans sa partie de la potion. Harry se mit également à travailler sur la sienne, et le cours se passa calmement. Ils travaillaient séparément, leur coopération n'étant vraiment nécessaire que pour synchroniser la préparation des deux potions et tout à la fin, quand les potions devraient être mélangées puis qu'ils devaient jeter plusieurs sorts sur la mixture en même temps. Entre-temps, Harry essaya d'engager la conversation, mais Lily se contentait de répondre par monosyllabes quand il ne parlait pas de leur travail.
— N'essaie pas de couper les tentacules de Murlap en morceaux trop fins, le prévint-elle alors qu'il sortait son couteau d'argent pendant que les deux concoctions chauffaient.
— Oui, je sais, il faut surtout qu'ils soient bien égaux, pas forcément les plus petits possibles, répondit-il machinalement.
En tout cas, c'était un des détails dont il se souvenait parmi les ajouts du Prince à son livre de Potions, donc il supposait que c'était une information fiable. Il ne se rendit compte qu'en relevant la tête après avoir fini de découper les tentacules que Lily n'avait pas cessé de le regarder d'un air surpris.
— Qu'est-ce qu'il y a, tu as déjà fini ? Désolé, je t'avais dit que j'allais te ralentir.
— Ce n'est pas ça. Comment tu sais, pour le Murlap ? Tous les experts recommandent de couper en tout petits morceaux, on ne s'est aperçus que l'an dernier avec Severus que la taille ne comptait pas !
— Euh…
Comment avait-il pu être assez bête pour croire que personne ne serait suspicieux des raccourcis du Prince avec le vrai Prince de Sang-mêlé dans la salle ? Et puis, Slughorn avait bien dit que les modifications avaient été le genre d'innovations dont était capable Lily, alors il aurait dû se douter qu'elles ne pourraient pas passer inaperçues. Heureusement pour lui, il n'eut pas à inventer une explication, parce que leur discussion fut interrompue par un concert de gloussements venant des deux filles derrière eux :
— Hé, Evans, la taille ne compte pas avec Rogue, mais ça ne t'a pas empêché de le laisser tomber, on dirait ! lança la Serdaigle.
— Quoi ? De quoi… ? Non ! balbutia Lily, soudain écarlate. On parlait des tentacules de Murlap, pas de… On n'a jamais…
— Des tentacules de Murlap, c'est comme que vous appelez ça entre vous ? répliqua la même fille en bougeant ses sourcils d'un air suggestif alors que sa voisine Poufsouffle éclatait de nouveau de rire.
— Que se passe-t-il ici ? intervint la voix de Slughorn alors qu'il faufilait son ventre imposant jusqu'à eux. Miss Gudgeon, pourquoi riez-vous ?
— Pour rien, professeur. Evans expliquait juste à Paret que d'après son expérience avec Rogue, la taille ne compte pas.
Toute la salle, ou presque, éclata d'un rire bruyant. Même Slughorn semblait avoir du mal à retenir les coins de ses lèvres de se courber vers le haut. En fait, Harry ne comptait, à part lui-même, que trois personnes qui n'étaient pas hilares. Lily, plus écarlate que jamais, essayait courageusement d'expliquer le quiproquo, mais James Potter et Severus Rogue avaient pour une fois l'air d'accord sur la réaction à voir : ils étaient tous les deux livides de rage en foudroyant Harry du regard. Personne ne semblait se rendre compte du teint verdâtre de Harry, qui se demandait sérieusement s'il pouvait mettre sa cape et disparaître sans que personne ne s'en aperçoive.
— Allons, Lily, je passe l'éponge pour cette fois, mais faites attention à être plus discrète pour vos conversations personnelles à l'avenir, conseilla Slughorn avec toujours un sourire aux lèvres.
— Mais…
— Tout le monde au travail, vous n'avez plus que cinq minutes et ces potions ne vont pas se terminer toutes seules ! Et Mr Paret, recoupez-moi ça, les morceaux sont beaucoup trop gros pour une potion aussi subtile.
Il y eut encore quelques rires après ça –et toujours autant de regards haineux dirigés vers Harry venant des deux noirauds à chaque bout de la salle–, mais les autres élèves recommencèrent dans l'ensemble à travailler sans faire attention à lui. Était-il possible de mourir de honte ? Harry espérait que non, parce que si c'était le cas, ça n'allait pas tarder à lui arriver, et la prophétie de Trelawney deviendrait officiellement un tissu d'inepties. Il ne sut pas exactement comment, mais il réussit à lancer les sorts pour terminer la potion dans les temps sans même lever les yeux vers sa coéquipière. Quand la cloche sonna, il marmonna à peine un "au revoir" avant de partir précipitamment. Il monta dans les étages à grands pas sans but précis autre que s'éloigner le plus possible des cachots.
Pourquoi est-ce que ça devait lui arriver à lui ? Il s'était fait une joie de pouvoir connaître ses parents en arrivant à cette époque, et il avait fallu que ce maudit Choixpeau l'envoie à Serpentard et que ses parents le jugent là-dessus. Il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir vu la brochette de mages noirs qu'ils avaient dans leur année, mais quand même… Qu'avait-il bien pu faire dans une vie antérieure pour mériter ça ? Il comprenait la farce de "bienvenue" des Maraudeurs, vu leur réputation, mais il aurait cru que sa mère au moins lui aurait laissé le bénéfice du doute. Et maintenant ça… À coup sûr, James allait le détester encore plus en croyant qu'il avait essayé de draguer Lily –un comble– et il allait perdre le peu de répit qu'il avait pu avoir à Serpentard.
Et tout ça parce que ce sale Mangemort de Rogue avait été ami avec sa mère et qu'il n'avait pas trouvé de meilleur endroit pour laisser ses notes de potions qu'un livre donné au premier élève venu. Tout était encore de la faute de Rogue, conclut-il en ignorant la petite voix intérieure –celle qui ressemblait à Hermione– qui lui reprochait de se montrer injuste. Il savait que ce n'était pas vraiment à cause du traître graisseux, mais en cet instant il avait besoin d'un coupable autre que le maudit destin tordu de Harry-Potter-renommé-Thomas-Paret. Même sa résistance supérieure à la normale envers les évènements menaçant sa vie ou sa santé mentale commençait à saturer.
Alors que Harry commençait à se calmer et se sentir prêt à retourner aux cachots et à faire face aux rumeurs, il prit conscience de ce qui l'entourait et remarqua que ses pas l'avaient machinalement amené là où était cachée la Salle sur Demande. Sur un coup de tête, il vérifia que personne d'autre ne se trouvait dans le couloir et fit les trois allers-retours nécessaires pour y entrer. Il ne savait pas à quoi s'attendre en poussant la porte –un moyen miracle de retourner à son époque, la salle commune de Gryffondor, des portraits de Ron grimaçant à sa nouvelle maison ou de Hermione lui récitant tout ce qu'elle avait lu des voyages temporels, voire même les quatre Horcruxes restants dans un paquet-cadeau–, mais il n'aurait pas cru se retrouver dans la grande salle où il avait caché le manuel de Potions du Prince.
— Qu'est-ce que… ? C'est une blague ! cria-t-il à la salle elle-même. Tu crois que j'ai besoin de ce fichu bouquin maintenant ?
Évidemment, il ne reçut pas d'autre réponse que l'écho de ses mots dans le gigantesque débarras. À bien y réfléchir, il ne pouvait de toute façon pas trouver le livre de Rogue puisqu'il ne l'y avait pas encore déposé. À moins que le moyen miracle de voyager dans le futur auquel il avait pensé ne se trouve quelque part dans la pièce ? N'ayant pour l'instant rien de mieux à faire que d'essayer, Harry décida d'explorer un peu et de voir s'il ne trouvait rien d'intéressant.
-~~O~~-
Harry ne savait pas combien de temps il passa à déambuler dans la Salle des Objets Cachés, mais après avoir déniché deux sabliers qu'il pensait être des Retourneurs de Temps cassés, d'innombrables ossements de créatures pas toujours identifiables et des livres écrits dans des langues inconnues ou juste trop tachés et abimés pour être lisibles, il avait fini par tomber sur ce qu'il pensait que la salle voulait lui montrer. Il ne savait pas ce que cet objet faisait là, mais c'était la seule solution plausible. Cela faisait plus de cinq ans qu'il ne l'avait pas vu, mais il reconnut immédiatement le cadre d'or ouvragé, et l'inscription qui y était portée : « Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. »
Curieux, Harry s'approcha du miroir du Riséd. Peut-être allait-il se voir en train de trouver les Horcruxes, et donc savoir où ils étaient cachés ? songea-t-il avec espoir en se plaçant face à son reflet. Il ne vit pas ce qu'il voulait, mais sa déception ne dura que le temps d'assimiler vraiment ce qu'il avait sous les yeux. Comme pendant sa première année, il était en compagnie de ses parents et les anciennes générations des familles Potter et Evans lui souriaient en arrière-plan, mais ce n'était pas tout : Ron, Hermione, Ginny, et même Sirius les avaient rejoints. Ce n'était plus seulement sa famille que Harry contemplait dans le miroir, c'était tous les gens qui lui étaient chers, comprit-il alors que le Harry Potter du reflet prenait la main de Ginny en lui faisant un clin d'œil.
Harry aurait pu rester devant cette scène pendant des heures, heureux de voir enfin ses parents lui sourire, mais il entendit au loin une cloche sonner et compta onze coups. Il écarquilla les yeux, étonné d'avoir sauté le repas sans même s'en apercevoir, et regarda une dernière fois sa famille élargie réunie. Était-ce la façon dont la Salle-sur-Demande exauçait son désir de revoir ses amis ? C'était à eux qu'il pensait en entrant, après tout. Touchant une dernière fois le verre du bout des doigts, Harry se retourna et essaya de rejoindre la porte dans le dédale de bric-à-brac entreposé là depuis des siècles. Quand il y parvint, il pensa à enfiler sa cape d'Invisibilité avant d'ouvrir la porte et de se retrouver de nouveau face à Barnabas.
Il fut surpris de constater qu'il se sentait beaucoup moins perturbé que quand il était entré. Voir dans le miroir tous ceux qui comptaient pour lui avait en quelque sorte rappelé ce qui était sa réalité : ses amis et sa petite amie qui se battaient de leur côté contre Voldemort et qu'il ne devait pas laisser tomber, et ses parents et son parrain dont il ne pouvait pas gâcher le sacrifice. Les adolescents qui étaient à cette époque n'étaient pas encore les adultes qui allaient mourir pour lui, donc ça ne servait à rien de se morfondre sur leur comportement. Il devait s'efforcer de les traiter comme n'importe quels élèves et se concentrer sur sa mission, parce que c'était tout ce qui comptait pour ceux qui attendaient son retour. Rasséréné, Harry descendit les étages d'un bon pas, toujours caché par sa cape par mesure de précaution. Il ne croisa personne avant d'entendre des voix au troisième étage. S'arrêtant brusquement, il vérifia que la cape le recouvrait totalement et se plaqua au mur pour écouter :
— Tu es sûr qu'il n'y a personne, Patmol ? J'ai cru entendre quelqu'un dans ce couloir.
— Mais non, j'ai regardé la carte avant de partir et même Rusard est parti se coucher. Ça doit juste être Peeves qui écrit des trucs sur le tableau de Flitwick, c'est tout.
Harry sentit les battements de son cœur accélérer en reconnaissant les voix de son père et de son parrain. C'était bien sa chance de tomber sur les seules autres personnes à part lui qui pouvaient se balader invisibles dans le château –du moins à sa connaissance. Si jamais ils avaient la carte avec eux et qu'ils voyaient qu'il était là, il risquait d'avoir des ennuis. Heureusement pour lui, ils semblaient être partis alors qu'il était toujours dans la Salle-sur-Demande et ne pas surveiller régulièrement leur carte, donc ils ne savaient pas qu'il leur tenait compagnie.
— Il n'empêche, on devrait se dépêcher, entendit-il Lupin conseiller. Rusard pourrait sortir à tout moment.
— Ne t'en fais pas, Lunard, ce pauvre concierge ne va pas quitter son bureau de sitôt, répondit Sirius avant d'éclater de son habituel rire ressemblant à un aboiement.
Ses deux amis le firent taire en passant devant Harry, et celui-ci réfléchit à ce qu'il avait entendu. Voulaient-ils enfermer Rusard dans son bureau ? C'était très risqué, même avec une cape d'Invisibilité, surtout si le concierge était déjà assisté de Miss Teigne. Il décida de suivre les Gryffondor, au moins le temps que c'était son chemin. Il avait le pressentiment que jouer un tour à Rusard n'était pas leur seule raison de sortir cette nuit, et dans le cas où il serait de nouveau une de leurs cibles, il préférait le savoir en avance.
— Au fait, Cornedrue, reprit justement Sirius, on fait quoi pour punir Paret de t'avoir piqué ta Lily chérie ?
— Il ne m'a rien piqué du tout.
— Vraiment ? C'est pas ce que disait Queudver quand il racontait votre cours de Potions.
Un petit couinement vint appuyer la moquerie de Sirius, et Harry comprit que le traître était avec les trois autres sous la cape, s'étant sans doute transformé pour avoir la place de tous rentrer.
— Lily n'est pas du genre à sortir avec un gars après à peine deux semaines, affirma James. Si elle dit que les filles derrière eux ont mal compris, je la crois.
— C'est beau, l'amour.
— Et puis, c'est un Serpentard, continua James avec dégoût. Aucune chance qu'elle sorte avec lui.
Harry grimaça de se voir traiter de Serpentard –même si les apparences étaient pour l'instant contre lui–, mais était dans l'ensemble plutôt satisfait de la conclusion à laquelle arrivait son père. Il continua de les suivre jusqu'au hall d'entrée, ou comme prévu il entendit leurs pas se diriger vers le couloir où se trouvait le bureau de Rusard. Il hésita un instant puis la curiosité l'emporta et il se posta à l'entrée du couloir pour "voir" ce qu'ils allaient faire. Ce ne fut qu'en voyant les nombreuses armures alignées le long du mur qu'il eut une inspiration subite. Après tout, ils avaient commencé en le clouant à l'infirmerie tout un après-midi, alors rien ne s'opposait à ce qu'il réplique, non ? Et s'ils n'avaient pas le temps de regarder sur la carte, ils ne sauraient jamais qui les avait piégés.
Prenant sa décision, Harry sortit vivement sa baguette et se concentra pour lancer un sort de Lévitation informulé. Il fit flotter une des armures les plus proches de la porte au-dessus de ses voisines, et la laissa tomber. Elle entraîna pratiquement toute la rangée dans sa chute, et le vacarme qui en résulta réveilla probablement tout le monde jusqu'à la tour de Gryffondor. Harry se retint de rire en entendant les trois garçons devant lui se disputer :
— Bordel, Sirius, fais attention ! lui reprocha James.
— Mais c'est pas moi, je n'ai…
— On s'en fiche de qui c'est ! interrompit Lupin. Rusard va rappliquer, on se tire d'ici !
Harry s'écarta de l'encadrement juste à temps pour que les trois Gryffondor puissent quitter le couloir en courant, et dut se mordre le poing pour qu'ils ne l'entendent pas glousser quand il vit leurs trois paires de pieds apparaître sous la cape, qu'ils ne pouvaient pas maintenir en place en fuyant à toutes jambes. Quand Rusard sortit de son bureau en vitupérant contre "ces sales petits délinquants irrespectueux" et en ordonnant à sa chatte de partir à la chasse aux dits délinquants, Harry estima que le moment était venu de partir et prit le chemin des cachots, un large sourire toujours affiché sur son visage invisible.
Certes, il se sentait légèrement coupable d'avoir ainsi piégé son père et ses amis, mais ils n'avaient pas été pris, donc ce n'était pas grave. Après l'histoire de l'hymne français, il estimait qu'ils étaient quittes. Et il devait bien avouer que le visage de Rusard quand il avait vu l'état de son couloir valait largement le coup. Il retira sa cape en arrivant devant l'entrée de la salle commune avant de donner le mot de passe, ayant la ferme intention d'aller directement se coucher après cette soirée mouvementée. Il ne s'attendait pas à trouver un Serpentard encore levé à cette heure, mais un de ses camarades de classe travaillait encore. Wilkes leva les yeux en entendant le mur revenir en place et le regarda d'un air étonné :
— Thomas ? Où tu étais à une heure pareille ?
— Je me baladais, répondit Harry dont la bonne humeur n'avait pas encore disparu.
— Vraiment ? Tu n'étais pas plutôt avec ta nouvelle petite amie ?
— Il n'y a rien avec Evans, répliqua Harry, agacé.
— Hé, ça va, le prends pas comme ça, je plaisantais. Et puis ce n'est pas une insulte, ce serait une plutôt belle prise.
Le visiteur du futur crut avoir mal entendu. Un Serpentard, futur Mangemort avéré, qui faisait un compliment à une née-moldue ? Il y avait anguille sous roche.
— Une belle prise ? répéta-t-il avec hésitation en s'approchant pour s'asseoir.
— C'est pas mon truc, les rousses, mais elle est pas mal quand même. Après évidemment, elle est née-moldue, donc ça ne pourrait jamais être sérieux, mais au moins elle vit à la sorcière.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Elle essaie de faire partie du monde magique, pas de tout changer sans comprendre. Il n'y a rien qui m'énerve plus que des nés-moldus qui ne cherchent pas à comprendre les traditions et qui veulent tout changer pour faire comme les moldus. Tout ça parce que le monde moldu est soi-disant plus moderne et que les sorciers font tout comme au XVe siècle. Qu'est-ce que ça peut faire si on n'a pas changé notre façon de faire ? Ce n'est pas parce que c'est ancien que c'est mauvais ! Désolé, ajouta-t-il quelques instants après son éclat, je m'emporte tout le temps quand je parle de ça.
— Tu dis que les nés-moldus ne cherchent pas à comprendre, mais la plupart des Sang-purs sont incapables de différencier un vélo d'un avion, et ils se croient supérieurs. C'est la même chose.
— Peut-être, mais on ne cherche pas à faire partie de leur monde et à changer leurs traditions, nous.
— Alors quoi, les nés-moldus ont juste le droit de se taire et d'obéir ? répliqua Harry. Ils se font insulter, ils se font tuer par les Mangemorts, ils n'ont pratiquement aucun moyen d'avoir un bon boulot, et ils ne devraient rien dire ?
— Je n'ai pas dit ça. Je n'ai rien contre les nés-moldus à la base, je pense juste que quand on veut changer des règles, on essaie d'abord de comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont. Prends l'exemple des elfes de maison. La plupart des nés-moldus arrivent et disent qu'il faut arrêter de les traiter en esclave, alors qu'ils ne savent même pas pourquoi ils sont liés à une famille pour commencer.
— Et pourquoi ils le sont, justement ?
— Je ne suis pas certain des détails, mais il me semble que leur race a été victime d'un mage noir il y a des siècles, qui les a rendus incapables d'utiliser leur magie sans avoir un maître. Je crois que certains sorciers au Département des Mystères essaient d'annuler leur malédiction, mais ça doit être difficile de ne pas finir par leur supprimer leur magie complètement. C'est pour ça qu'ils sont presque prêts à tout pour ne pas perdre leur maître.
— Ce n'est pas une raison pour les traiter comme des déchets.
— Et quand les moldus ont un serviteur ils le traitent mieux ? On a étudié les guerres de "conolies" en Étude des Moldus, j'ai bien vu que certains Moldus traitaient les autres comme des moins que rien.
Harry ouvrit la bouche pour le contredire, mais s'aperçut qu'il n'avait rien à redire à ça. Quand il avait été à l'école primaire moldue, les colonies britanniques avaient pratiquement toutes disparu, mais à cette époque, les elfes de maison n'avaient rien à envier aux esclaves colonisés. Ça le vexait profondément, mais il avait l'impression qu'il venait de perdre un débat sur les nés-moldus avec un futur Mangemort. Hermione aurait sûrement pu trouver des arguments pour prouver à Wilkes qu'il avait tort, mais l'argumentation théorique n'était pas son genre, loin de là. Il savait instinctivement différencier ce qui était juste de ce qui était mal, mais il aurait été bien en peine de devoir l'expliquer ou prouver ce qu'il pensait.
— Enfin bon, pour en revenir à Evans, tu aurais pu trouver pire, reprit Gueule d'Ange en se penchant de nouveau sur son devoir. Tu auras de la concurrence, par contre.
— Je t'ai dit qu'elle ne m'intéresse pas.
Il n'aurait pas cru en entrant qu'il considérerait ce sujet comme plus sûr que quoi que ce soit, mais il en était venu à préférer parler du quiproquo avec sa mère que des problèmes de tolérance dans le monde sorcier. Au moins, il était certain de savoir ce qu'il disait et d'avoir raison.
— Cool, c'est Severus qui sera content.
— Je croyais que c'était lui qui l'avait traitée de Sang-de-bourbe ? C'est pas vraiment la meilleure technique de drague que je connaisse, lança-t-il en plissant les yeux.
— C'est clair. J'ai jamais compris pourquoi il était ami avec elle, de toute façon. Il est plus puriste que la moitié des Sang-purs de l'école, c'était obligé de péter à un moment ou un autre.
— Il voulait sans doute simplement la piéger pour se débarrasser d'une Sang-de-bourbe, suggéra Harry d'un ton amer.
Et il avait fini par réussir, en rapportant le début de prophétie à son maître, songea-t-il sombrement.
— Tu détestes vraiment Severus, toi. C'est comme Pettigrow, je ne sais pas pourquoi mais tu ne peux pas le sentir.
Wilkes n'avait pas levé les yeux de ses cours, il n'avait pas changé de ton, et pourtant Harry sentit qu'il était plus curieux qu'il ne le montrait. Il savait bien que sa haine envers Queudver, Rogue et Bellatrix pouvait paraître irrationnelle, mais il ne ferait pas de compromis avec ces trois assassins. Il faisait déjà suffisamment d'efforts pour ne pas leur envoyer de maléfices à chaque fois qu'il les voyait.
— Je ne sais pas trop, leur tête ne me revient pas. Je les ai peut-être connus dans une autre vie, qui sait ?
— Mmmh, fit Wilkes sans conviction. Toujours pas décidé à dire où tu étais depuis votre cours de Potions ? Evan commençait à se demander si la bande à Potter ne t'avait pas eu une deuxième fois, justement.
— Non, quand je suis tombé sur eux, ils essayaient de faire quelque chose à la porte de Rusard. Je les ai entendus faire tomber tout un tas d'armures et partir en courant après.
— J'espère qu'ils se sont fait attraper, ça changerait de d'habitude.
— Je crois pas, ils avaient de l'avance. Bon, ce n'est pas tout ça, mais on a cours demain, je vais me coucher, salua Harry en se levant.
— Ouais, bonne nuit. Je finis ça et je te suis, je ne devrais plus en avoir pour longtemps.
— C'est quoi, d'ailleurs ?
— De l'Étude des Moldus. Je suis le seul Serpentard à en faire avec Vera, donc ça met forcément plus de temps que quand on s'y prend à deux.
— Tu fais de l'Étude des Moldus ?
— C'est pour quand je reprendrai l'entreprise familiale. On fait aussi du commerce de leur côté, donc c'est bien de connaître les bases pour ne pas passer pour des idiots.
Décidément, Harry allait de surprise en surprise avec Wilkes, ce soir. Il ne semblait pas très radical vis-à-vis des nés-moldus et des moldus en général, il suivait le cours d'Étude des Moldus et sa famille faisait des affaires dans les deux mondes ? Wilkes ne lui avait pas paru particulièrement violent ou hostile depuis qu'il était arrivé à cette époque, mais il n'aurait pas cru qu'il était aussi "ouvert".
Comment un type comme lui avait-il pu finir par devenir Mangemort et, s'il se souvenait bien ce qu'avait dit Sirius, par se faire tuer en résistant à l'arrestation ?
Et voilà le sixième !
- D'abord, rendons à César ce qui est à César : l'idée de l'accident de Portauloin me vient d'une fic anglaise, Vitam Paramus de TheEndless7. Je ne peux d'ailleurs que vous la conseiller si les Harry/Gabrielle (elle est majeure, je précise) en anglais ne vous dérangent pas (elle est dans mes favoris).
- Ensuite, je vous rassure, je ne suis pas en train de cautionner l'action des Mangemorts et encore moins l'esclavage à travers Wilkes. Tous n'ont pas la même mentalité que lui.
- Ça y est, cette histoire a une image de couverture ! Qu'est-ce que vous en pensez ?
- Dernières nouvelles du jeu-concours : au final personne n'a trouvé donc voilà l'explication. Alors comme beaucoup l'ont deviné, l'hippocampe cité dans l'indice est une glande du cerveau intervenant dans le processus de la mémoire (ne m'en demandez pas plus, je ne suis pas biologiste). Et si le sortilège de Fidelitas provoque une sensation de chaleur au niveau de cet hippocampe, c'est parce que dans ma conception (ça n'a rien d'officiel), il est impossible pour un Gardien du Secret d'oublier le secret qu'il protège, que ce soit par mauvaise mémoire, accident, ou à cause d'un sortilège. Le Gardien pourrait oublier jusqu'à son nom qu'il se rappellerait toujours du secret. Voilà, c'était tout simplement ça ^^ Je répète que ça n'aura aucune incidence dans cette fic (c'est un point important d'un de mes autres projets) et que c'est une invention de ma part. Pour la petite histoire, je me suis simplement demandé à un moment donné ce qui se passerait si un tête-en-l'air comme Neville devenait un Gardien du Secret et pour éviter ce genre de complications, j'ai pris cette décision.
Voilà, sur ce, à dans trois semaines pour la suite (normalement) !
Goten Askil
