Chapitre V
« Act of Peace »
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7 septembre 1977 — Bureau des Préfets, Poudlard, Écosse
Installée dans un fauteuil molletonné du bureau des préfets, Lily finissait de lire le chapitre sur les Patronus que le professeur Oblivion Ward leur avait demandé de lire avant le cours de la semaine suivante. Il n'était pas encore vingt-et-une heures et elle pensait avoir au moins une demi-heure devant elle avant de voir James débarquer dans le bureau pour leur ronde, mais lorsque la porte s'ouvrit un quart d'heure plus tôt qu'elle ne s'y attendait, laissant entrer un James Potter essoufflé, Lily sursauta, son livre glissant de ses genoux avant de venir s'écraser sur le sol.
— Oh, Evans, s'étonna le jeune homme en passant une main dans ses cheveux.
Il pénétra dans la pièce en adoptant un air détaché et desserra sa cravate, déjà lâchement nouée autour de son col de chemise défait.
— Je ne pensais pas que tu serais déjà là, ajouta-t-il avec un sourire tendu.
Il vint s'asseoir dans le fauteuil en face du sien, son sac s'écrasant sur le parquet avec un bruit sourd lorsqu'il le laissa tomber à ses pieds, ce qui attira l'attention de Lily qui s'était penchée pour ramasser son livre.
— Qu'est-ce tu trimballes là-dedans ? Demanda-t-elle en haussant un sourcil suspicieux avant de glisser un marque-page dans son livre et de le ranger dans son sac.
James se contenta de hausser les épaules et d'ignorer sa question, tout en jetant un coup d'œil à la montre enroulée autour de son poignet ; un cadeau de ses parents pour son dix-septième anniversaire et qui avait appartenu à son père avant lui et à son grand-père avant ça.
— Je ne suis pas en retard n'est-ce pas ?
— Non, répondit Lily en secouant la tête. Étonnamment, ajouta-t-elle avec un sourire avant de s'enfoncer dans son fauteuil et d'étouffer un bâillement.
— Tu pensais que je serais en retard ? Demanda-t-il sans pouvoir dissimuler un certain agacement, malgré le sourire forcé qui étirait ses lèvres et se voulait ostentatoirement désinvolte.
Lily comprit au ton délibérément détaché qu'il employait qu'elle l'avait vexé et se retint de pousser un soupir de frustration. Comme toujours, l'égo de James Potter ne supportait pas la moindre éraflure. Mais à l'inverse de James, qui recherchait constamment la confrontation, Lily, elle, préférait éviter toute joute verbale avec lui. Aussi, elle préféra changer de sujet et adopta un ton plus neutre ;
— Plusieurs élèves se sont déjà inscrits pour des cours de soutien. Tu penses avoir un peu de temps ?
Voyant le regard de James s'assombrir aussitôt, Lily leva les deux mains en l'air et ajouta d'une voix plus douce ;
— Je sais que tu dois gérer des entraînements de Quidditch, Potter. Alors si jamais tu manquais de temps, je ne…
— J'ai du temps, l'interrompit aussitôt le jeune homme, son regard noisette illuminé par un éclair meurtri. Je ferai en sorte de réserver le terrain les dimanches matins et les jeudis soirs, avant le dîner, poursuivit-il en haussant les épaules. Nos rondes sont le mercredi soir et la réunion hebdomadaire des préfets est prévue le vendredi, je me trompe ?
Lily secoua la tête, mais ne prononça pas le moindre mot. Elle se contenta d'observer James avec un mélange de surprise et de méfiance ;
— Ce qui me laisse une bonne partie du week-end, ainsi que les lundis et mardis soirs de libres, conclut-il avec nonchalance en plantant son regard dans celui de Lily.
La jeune fille se mordit l'intérieur de la joue, une vague de culpabilité envahissant sa poitrine. Dès le départ, elle avait estimé que James ne prendrait pas ses responsabilités au sérieux, et même après lui avoir assuré qu'elle lui laisserait une chance, elle n'avait pu s'empêcher de penser qu'il se fichait pas mal du badge qui lui avait été donné. Seulement, elle avait omis de prendre en considération le fait que James Potter était la personne la plus obstinée et déterminée qu'elle n'ait jamais rencontrée. Il n'y avait qu'à voir la manière dont il se comportait sur un terrain de Quidditch. S'il prenait presque tout à la légère, une fois qu'il avait décidé de se consacrer à un projet quelconque, il y mettait tout son cœur, toute son énergie et il ne baissait pas les bras. Il n'abandonnait jamais. Il s'investissait rarement, mais lorsqu'il décidait de le faire, il le faisait avec une détermination farouche.
Lily réprima son élan de culpabilité et parcourut sa liste des yeux.
—Tu pourrais t'occuper d'Eloi Morris, proposa-t-elle après plusieurs secondes. C'est un élève de deuxième année. Son tuteur était en septième année l'an dernier alors il se retrouve tout seul. Il a de grandes difficultés en Sortilèges et en Métamorphose, donc je pense que tu serais parfait pour lui… Tu pourrais le retrouver une ou deux heures par semaine, en fonction de vos emplois du temps respectifs.
Elle releva les yeux vers et croisa le regard de James avec appréhension, avant d'ajouter ;
— Il est à Serpentard.
James haussa les épaules avec nonchalance et balaya sa dernière remarque d'un geste de la main.
— Ça ne me pose aucun problème, si c'est ta question, répondit-il d'un ton plus sec qu'il ne l'avait espéré.
— Ça l'était, admit Lily avec un sourire coupable qui s'adoucit lorsqu'elle ajouta ; mais je suis contente de voir que tu ne laisses pas ton… animosité à l'égard de certains d'entre eux t'empêcher de remplir ton rôle de préfet. Je sais que malgré tes innombrables défauts, tu es quelqu'un de formidablement droit et honnête, termina-t-elle d'une voix douce avant de pousser un léger soupir.
Alors qu'elle baissait les yeux sur sa montre, James sentit son cœur faire des loopings dans sa poitrine, ses yeux rivés sur la jeune fille en face de lui avec une hébétude qui lui fit momentanément oublier toute autre chose.
— On devrait y aller, fit Lily dont les joues avaient inexplicablement rosi, comme si elle s'était rendue compte de ce qu'elle venait de dire et en éprouvait un certain embarras.
James se contenta de hocher la tête et se leva, ses genoux craquant lorsqu'il se retrouva debout. Il se défit de sa robe de sorcier et abandonna son sac là où il était, mais vérifia que sa baguette était toujours dans la poche de son pantalon avant de se diriger vers la porte. Il laissa poliment passer Lily, qui le remercia d'un sourire gêné. Il sortit à son tour et laissa la jeune fille fermer la porte à clé, les mains enfouies dans le fond des poches de son pantalon, comme pour contenir l'émotion qui faisait trembler ses doigts. Lorsque Lily se tourna vers lui en souriant nerveusement, la main gauche de James s'échappa aussitôt de sa prison pour venir s'emmêler dans ses cheveux et un sourire identique à celui de la jeune fille vint étirer timidement ses lèvres avant qu'il ne s'éclaircisse maladroitement la gorge ;
— Donc tout ce qu'on a à faire c'est déambuler dans les couloirs et faire semblant de réprimander quelques élèves, c'est ça ? Fit James, alors qu'ils prenaient le chemin de l'aile Sud, sans lâcher le regard de Lily une seconde, se délectant de l'éclair d'amusement qui vint déchirer ses iris émeraude.
— Ai-je jamais fait semblant de te réprimander, Potter ? Demanda-t-elle en arquant un sourcil sceptique. Je ne compte même plus le nombre de retenues que je t'ai données parce que toi et tes amis vous baladiez dans les couloirs après le couvre-feu.
James éclata du rire grave et chaleureux que Lily avait entendu résonner un million de fois déjà au cours des années et dont la familiarité avait quelque chose d'étrangement réconfortant, et se pencha légèrement vers la jeune fille, son regard noisette dansant avec amusement derrière les verres de ses lunettes ;
— Une fois, l'an dernier.
— Ça m'étonnerait beaucoup, fit Lily en fronçant les sourcils, un petit pli se formant sur son front alors qu'elle tentait de se remémorer une telle chose.
Mais James hocha la tête et poursuivit ;
— Tu m'as surpris près de l'infirmerie, un soir où Sirius y était après avoir bu tout un verre de jus de limace parce qu'il avait perdu un pari contre Peter et qu'il s'était brûlé l'estomac, tu te souviens ? Tu t'es laissée attendrir — un moment d'égarement, sûrement — et tu as fermé les yeux sur mon « escapade » parce que j'avais l'air « terriblement inquiet » pour mon meilleur ami…
— Ah oui ! Se rappela finalement la jeune fille en secouant la tête, un rire amusé échappant à la barrière de ses lèvres. Attends un peu, fit-elle en fronçant à nouveau les sourcils avec suspicion, tu veux dire que tu m'as menti ?
Le sourire moqueur qui se dessina sur les lèvres de James fut la seule réponse dont Lily eut besoin, et elle étouffa un grognement, se sentant stupide de s'être laissée berner aussi facilement par James Potter.
— Et je peux savoir ce que tu faisais vraiment ce soir-là ? Grommela-t-elle en coinçant une mèche de cheveux roux foncé derrière son oreille.
— Rien de bien méchant… j'étais sur mon chemin pour retourner à la Salle Commune après avoir raccompagné Camilla Johnson à son dortoir. Tu sais, Camilla ? Une petite brune aux yeux verts… à peu près ta taille, fit-il en amenant une main à sa hauteur. Elle était en septième année l'an dernier, alors tu ne te souviens peut-être pas d'elle, ajouta-t-il avec un sourire arrogant qui indiquait qu'il savait pertinemment qu'elle savait de qui il s'agissait.
Camilla Johnson avait été Préfète-en-Chef l'année précédente et était connue pour appliquer le règlement avec un zèle qui frôlait la cruauté d'Argus Rusard.
— Tu veux dire que tu as réussi à convaincre Camilla de s'enfermer dans un placard à balais avec toi après le couvre-feu ?
James parut tout à coup offensé et esquissa une grimace dégoûtée ;
— Un placard à balais ? Evans… si mon manque de goût est la seule raison pour laquelle tu as refusé de sortir avec moi pendant tout ce temps, alors ce n'est plus la peine de t'inquiéter, je suis beaucoup plus romantique et original que ça. Tu me prends pour qui ? Ce troll de Magnus Schmidt ? Ajouta-t-il en feignant un frisson rebuté.
Alors qu'ils empruntaient les escaliers du troisième étage et évitaient tous deux soigneusement la marche mordeuse, Lily posa les poings sur les hanches, sans pouvoir réprimer le sourire amusé qui prenait possession de ses lèvres et trahissait le regard noir qu'elle tentait de lui adresser ;
— Je croyais que pour que ça puisse marcher, tu devais t'abstenir de faire la moindre allusion à ce sujet… ?
— C'est plus fort que moi apparemment, se contenta de répondre le jeune homme, ses yeux plantés dans ceux de Lily avec un sérieux contrastant avec l'attitude moqueuse qu'il affichait quelques secondes plus tôt.
Lily détourna aussitôt le regard, l'embarras colorant ses joues, et se morigéna intérieurement de ne pas s'être contentée d'ignorer sa remarque comme elle aurait dû le faire. James poussa aussitôt un soupir et passa une main dans ses cheveux, soudain plus tendu.
Puis, lentement, il gonfla à nouveau ses poumons d'air et attrapa doucement le bras de la jeune fille pour la forcer à s'arrêter et lui faire face.
— Écoute, Evans. J'ai des sentiments pour toi et un jour ou l'autre, il faudra bien que tu t'y fasses. J'ai promis de ne plus te les imposer, et je m'y tiendrai. Je veux que ça marche, qu'on puisse s'entendre et faire du bon boulot cette année parce que, qu'on le veuille ou non, on est forcés de travailler ensemble. Mais ça n'empêche pas le fait que chaque fois que tu daignes m'adresser un regard je…
Il s'interrompit et poussa un nouveau soupir de frustration sous le regard de Lily, qui le fixait, interdite, les yeux écarquillés et les joues empourprées par l'embarras qui venait de s'enrouler autour de son cœur comme une écharpe.
— Tu sais ce que j'ai fait, cet été ? Reprit-il soudain, en prenant Lily au dépourvu, son regard gravé dans le sien avec un sérieux et une résignation qu'elle ne parvenait pas tout à fait à comprendre.
— N-non, balbutia-t-elle, mal à l'aise sous l'intensité du regard de James.
— Je suis sorti avec Bonnie Brocklehurst, répondit-il en grimaçant. Parce que Sirius et Peter ne cessaient de me répéter que mon obsession pour toi devenait franchement ridicule. Et avant Bonnie, c'était Camilla. Et encore avant ça, c'était Judith Elbows.
— Je ne…
Mais James l'interrompit en levant une main ;
— Et je sais que tu penses que j'essaye seulement de prouver quelque chose ou que c'est juste mon égo qui parle parce que je ne suis pas habitué à ce qu'on me dise non, mais ce n'est pas le cas, d'accord ? Crois-moi, j'ai bien essayé de… je ne sais pas, passer à autre chose, lâcha-t-il en passant pour la énième fois une main dans ses cheveux avec contrariété. Mais il se trouve que je n'en suis pas capable. Ça ne sert à rien que je m'acharne. Tu ne retournes pas mes sentiments, et je dois vivre avec, alors vis avec le fait que j'en ai pour toi.
Interdite, Lily fixait James, ses mots se frayant un chemin dans son esprit pour s'y imprimer à l'encre noire, son rythme cardiaque plus rapide qu'il n'aurait dû l'être. Pendant plusieurs secondes qui s'étirèrent en minutes, James et Lily s'étudièrent mutuellement du regard, mais une barrière invisible semblait subsister entre eux, les empêchant de se comprendre vraiment.
— Je… je ne sais pas quoi dire, répondit finalement la jeune fille en rompant le silence d'une voix fragile.
— Il n'y a pas grand-chose à dire. Terminons juste cette ronde, d'accord ? Ajouta-t-il avec un sourire gêné.
Lily hocha la tête et ils se remirent en route, le bruit de leurs pas sur les dalles en pierre faisant écho derrière eux. Ils arpentèrent les couloirs de l'aile Sud, côte à côte, dans un silence permettant à leur embarras de s'épanouir. Lorsque leurs regards se croisaient par accident, il fallait plusieurs secondes à la Préfète-en-Chef pour pouvoir détourner les yeux, de petites tâches rouges s'étalant sur ses joues.
Mais si Lily, de nature plus silencieuse et plus patiente que James, avait pu laisser la soirée se terminer sans prononcer le moindre mot, ce n'était pas le cas du jeune homme qui avait toujours détesté le silence. Depuis qu'il était enfant, il avait toujours fait de son mieux pour combler le vide d'autant de bruit qu'il le pouvait, car le silence l'avait toujours rendu nerveux et le faisait se sentir plus seul qu'il ne l'était vraiment.
C'est pourquoi il rompit le silence, sa voix grave et basse résonnant dans le couloir désert dans lequel ils se trouvaient, ses yeux glissant nerveusement vers Lily ;
— Tu es déjà allée au Ministère ?
La voix de James arracha Lily aux pensées moroses qui commençaient déjà à s'empiler dans sa tête et elle sursauta avant de se tourner vers lui en clignant des yeux, surprise par sa question.
— Euh… n-non, jamais, répondit-elle sans comprendre où il voulait en venir. Toi oui, j'imagine ?
— Plusieurs fois, répondit James en hochant la tête. La première fois, j'avais cinq ans. Mon père m'a emmené avec lui parce qu'il devait y récupérer des documents.
Lily observa James sans trop savoir quoi penser, les sourcils froncés au-dessus de ses grands yeux verts en amande. Il regardait droit devant lui, les mains plongées dans les poches de son pantalon, et un sourire tranquille était dessiné sur ses lèvres légèrement gercées.
— Je devais l'attendre dans son bureau le temps qu'il descende aux archives, mais…
— Laisse-moi deviner, tu as délibérément enfreint un ordre donné par un adulte ? Se moqua Lily en levant les yeux au ciel, bien qu'un sourire amusé dansait sur ses lèvres.
— Disons qu'au bout de cinq minutes, l'intérieur du bureau de mon père était venu à bout de mon imagination, alors j'ai décidé de partir à l'aventure et d'explorer l'inconnu, continua-t-il, ses yeux pétillant derrière ses lunettes lorsqu'il tourna enfin son regard noisette vers elle.
— Tu t'es perdu, c'est ça ? Devina encore Lily.
James laissa échapper un éclat de rire rauque et hocha la tête.
Lorsque James Potter riait, c'était toute sa personne qui riait ; son visage, de ses iris noisette à la commissure de ses lèvres, mais aussi son cœur, trahi par les gestes presque imperceptibles qui accompagnaient son rire.
Le sourire de la jeune fille s'étira davantage encore et tout son corps se détendit, comme si elle avait bu une longue gorgée d'un filtre apaisant. Quelques minutes plus tôt, les aveux de James l'avaient plongée dans l'embarras et la gêne la rongeait davantage à chacun des pas qu'ils faisaient dans le silence, mais James, avec sa nonchalance habituelle, l'avait arrachée à sa bulle.
Et soudain, c'était comme si rien ne s'était passé. Comme s'ils étaient simplement deux préfets échangeant leurs histoires pour rompre avec la monotonie de leur ronde.
— Je me suis retrouvé dans le bureau d'Alastor Maugrey, reprit le jeune homme avec un sourire contagieux ; et je peux t'assurer que cet homme-là fout la trousse. Si mon père ne m'avait pas retrouvé, je crois qu'il m'aurait emmené directement en salle d'interrogatoire et fait enfermer à Azkaban pour espionnage.
Lily éclata de rire mais secoua la tête avec suspicion ;
— Je ne te crois pas.
— Ah non ? Rétorqua James, dont le sourire creusait désormais une fossette dans chacune de ses joues.
Lily fit à nouveau non de la tête.
— Ça c'est parce que tu n'as jamais rencontré Maugrey. Et à vrai dire, ajouta-t-il après une seconde de réflexion ; je ne te le souhaite pas.
La jeune fille leva les yeux au ciel, certaine que James en faisait des tonnes, comme toujours.
— C'est un Auror ? Demanda-t-elle. Comme ton père ?
James hocha la tête et Lily ne manqua pas l'éclair de fierté qui déchira le regard du jeune homme. Il aimait son père — ça ne faisait absolument aucun doute — et Lily ne put s'empêcher de sourire, parce que James Potter parlait de son père comme il parlait des gens qu'il aime, avec le même respect et la même loyauté dont il faisait preuve envers ses meilleurs amis.
— Et toi ? Demanda-t-il soudain, alors qu'ils passaient devant la statue de Stolz le Borgne.
— Moi ? S'étonna Lily en fronçant les sourcils.
— Ton père, qu'est-ce qu'il fait ?
Lily cligna des yeux et pendant plusieurs secondes, elle fixa le jeune homme sans pouvoir dissimuler sa surprise.
Puis, lentement, un sourire gracia ses lèvres. C'était la première fois que James Potter lui posait une question aussi personnelle et anodine à la fois. Jamais encore il ne lui avait demandé quoi que ce soit sur sa famille et elle avait supposé que comme les autres, ses racines moldues n'avaient pas beaucoup d'intérêt pour quelqu'un qui avait été entouré par la magie toute son enfance.
Pourtant, l'intérêt qu'elle lut dans ses yeux n'était pas feint et pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, Lily ne douta pas de la curiosité sincère que James lui portait, aussi étrange soit-elle.
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Deux heures plus tard, les deux Préfets-en-Chef se séparèrent à l'entrée de la Salle Commune de Gryffondor après avoir arpenté les couloirs du château sans croiser une seule âme vivante. James rejoignit ses amis, qui avaient entamé une partie de bataille explosive dans un coin de la pièce, et Lily lui adressa un dernier sourire avant de regagner le dortoir des filles. Lorsqu'elle poussa la porte de la chambre que se partageaient les quatre jeunes filles de Gryffondor de septième année, elle ne fut pas surprise de voir qu'aucune d'entre elles n'était encore couchée.
— Alors ? Lui demanda aussitôt Mary, assise en tailleur sur son lit, un roman policier moldu ouvert sur les genoux.
Lily sentit aussitôt les regards de ses quatre autres camarades se poser sur elle avec le même mélange de curiosité et d'appréhension que Mary, et elle ne put s'empêcher de rougir ; elle n'avait jamais particulièrement aimé être le centre de l'attention. Lily évita soigneusement le regard de ses amies et se dirigea vers son lit en haussant les épaules ;
— On ne s'est pas entre-tués, si c'est ta question.
Elle entendit Mary laisser échapper un grognement sarcastique et vit Amanda et Gena échanger un regard du coin de l'œil, avant de retourner à leur occupation, à savoir le devoir de Défense contre les Forces du Mal qu'ils devaient rendre pour le lendemain matin.
— Pour être honnête, reprit Lily en soupirant tandis qu'elle sortait son pyjama ; un vieux pantalon de jogging et un tee-shirt aux couleurs de Gryffondor ; ça s'est très bien passé. Je pense que James est sérieux cette fois, ajouta-t-elle en haussant les épaules.
Mary arqua un sourcil et se leva pour venir s'asseoir sur le lit de sa meilleure amie qui avait déjà commencé à se changer.
— Quand il dit qu'il va faire des efforts, tu veux dire ? Demanda-t-elle, dubitative.
Lily hocha la tête et repoussa sa couette pour se glisser dans son lit, forçant Mary à se décaler.
— Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Continua la jeune fille devant le silence de son amie.
— Je ne sais, admit-elle. C'est la première fois que je suis forcée de passer autant de temps seule avec James, et finalement j'en ai appris plus sur lui en deux heures qu'en six ans. Je ne crois pas aux miracles, mais peut-être qu'il y a de l'espoir. S'il s'en donne les moyens, il pourrait être un très bon Préfet-en-Chef.
— James ? Répéta Mary, un sourire surpris se glissant sur ses lèvres.
Lily leva les yeux au ciel, un sourire identique accroché aux siennes.
— Bonne nuit, Mary.
La jeune fille poussa un râle exagérément bruyant mais se leva et retourna dans son lit.
— Vous avez entendu Maman ? Grommela-t-elle à l'attention de Gena et Amanda ; Extinction des feux.
Lily pointa sa baguette en direction du lit de sa meilleure amie et fit exploser son oreiller, faisant virevolter les plumes qu'il contenait autour d'elle.
— Salle gosse, bâilla-t-elle avec un sourire moqueur avant de fermer les rideaux autour de son lit d'un second mouvement du poignet.
Elle entendit les trois jeunes filles éclater de rire et glissa sa baguette sous son propre oreiller avant de s'allonger dans son lit en poussant un soupir de contentement. La journée avait été longue et elle commençait à se rendre compte que ses obligations de Préfète-en-Chef pesaient davantage chaque jour sur ses épaules. Pourtant ce soir, pour la première fois depuis longtemps, Lily s'était sentie légère. Pendant presque deux heures, elle avait oublié que le monde ne se limitait pas aux couloirs du château qu'elle avait arpentés avec James Potter, et maintenant qu'elle était seule, plongée dans le noir, elle se prenait presque à regretter la présence du jeune homme, sa voix grave, son rire contagieux, et ses histoires toutes plus farfelues les unes que les autres, car elles lui offraient une distraction dont elle avait besoin chaque fois que ses pensées s'assombrissaient, ce qui était le cas chaque fois qu'elle se retrouvait seule.
Le cœur serré, Lily plongea son visage dans son oreiller et inspira profondément, refusant de céder à la panique qui commençait déjà à la submerger. Mais lorsque le visage de sa mère se dessina sous ses paupières closes, une larme roula sur sa joue, aussitôt absorbée par le tissu de sa taie d'oreiller.
Comme toujours, il avait suffi d'une demi-seconde à peine pour que son cœur chavire complètement et que la nuit emporte avec elle les derniers échos du rire de James Potter et sème les graines des cauchemars qui ne manqueraient pas de hanter son sommeil comme c'était le cas depuis des mois.
11 septembre 1977 — Grande Salle, Poudlard, Écosse
Ce matin-là, et bien que ce fut un dimanche, les Gryffondor avaient envahi la Grande Salle et les bancs de la table aux couleurs de leur Maison étaient pleins à craquer. Si d'ordinaire Lily aimait profiter du calme qui régnait dans la salle avant que la plupart des élèves n'aient quitté leur lit pour prendre son petit-déjeuner, celle-ci était présentement plongée dans un chaos d'excitation et de bonne humeur qui ne parvenait pas à gagner la jeune fille, que les nouvelles apportées par la Gazette du Sorcier avaient assombrie. À côté d'elle, Mary, qui profitait habituellement du dimanche matin pour traîner au lit et était rarement de bonne humeur avant d'avoir ingurgiter six litres de thé, ne tenait pas en place.
Les yeux rivés sur la page six de la Gazette, Lily avait peine à avaler le morceau de toast dans lequel elle venait de croquer, et rien, pas même l'excitation de sa meilleure amie ou du reste des élèves de Gryffondor pour les sélections de Quidditch de leur équipe, ne réussissait à chasser les cadavres qui s'empilaient dans son imagination et lui donnaient mal au cœur.
— Lily, dépêche-toi, la pria Mary en grimaçant pour la énième fois, ses doigts tapotant nerveusement le rebord de la table, son regard glissant vers James Potter, assis plus loin avec ses amis, alors qu'il se levait et quittait la Grande Salle, aussitôt suivi par une ribambelle d'élèves, toutes années confondues.
La jeune Préfète-en-Chef adressa un sourire indulgent à sa meilleure amie, consciente que sa nervosité ne tenait qu'au fait que Roy MacDonald, son petit frère, un Gryffondor de cinquième année, avait décidé de passer les sélections cette année-là et que Mary avait promis d'être là pour le soutenir.
— Tu n'as qu'à y aller, je te rejoins dans cinq minutes, la rassura-t-elle en levant les yeux au ciel.
— Tu es sûre ? Lui demanda Mary en rabattant nerveusement une mèche de cheveux noir corbeau derrière son oreille.
Lily se contenta de hocher la tête et Mary sauta sur ses deux jambes ;
— Je te garde une place !
Lily la regarda s'éloigner en courant presque et poussa un bref soupir avant de reporter son regard sur l'article de la Gazette, qu'elle avait déjà lu trois fois. Les mots « DISPARUS : PRÉSUMÉS ASSASSINÉS » s'étalaient à l'encre noire au-dessus des photos des deux familles ; au-dessus des sourires heureux d'Elizabeth et Aldy Smith, nés-moldus, et de leurs deux jumelles, au-dessus des regards amoureux qu'échangeaient Jared Wiz et sa femme, une petite moldue au visage en forme de cœur et au regard doux et chaleureux.
Sur la table, les mains de Lily se mirent à trembler et elle laissa retomber dans son assiette le toast qu'elle avait entamé. Elle replia ses poings sur ses genoux et inspira profondément, les paupières closes sur ses yeux verts, avant de repousser son assiette, d'attraper son journal et de le jeter dans son sac, et de se lever pour rejoindre Mary, abandonnant le reste de son petit-déjeuner. Elle traversa la Grande Salle les yeux rivés sur le bout de ses chaussures, le cœur au bord des lèvres, et n'entendit pas Bonnie Brocklehurst lui dire bonjour lorsqu'elles se croisèrent devant les gigantesques portes en bois qui gardaient l'entrée.
La tête pleine à craquer des noms qu'elle avait vus imprimés dans le journal ces derniers mois, elle quitta le château et traversa le parc pour rejoindre le stade, guidée par les exclamations enthousiastes et les rires excités des Gryffondor venus encourager leur camarades.
Lorsqu'elle arriva enfin au pied des gradins, elle leva les yeux et chercha Mary du regard, installée près des buts avec Remus Lupin et Peter Petigrow. Elle inspira profondément, força un sourire à étirer ses lèvres sèches et fit un geste de la main à sa meilleure amie lorsque celle-ci agita les bras pour signaler sa présence. Lily les rejoignit en enjambant les gradins et alla s'asseoir à côté de Remus, qui semblait plus pâle, plus fatigué que d'ordinaire.
— Ça va ? Demanda-t-elle avec douceur.
Remus hocha la tête avec un sourire tranquille, mais Lily n'était pas dupe ; des cernes violets creusaient son regard éteint et la pâleur de son teint accentuait sa structure osseuse, lui donnant l'air plus malade qu'il ne l'était probablement. Pour autant, elle n'insista pas et se contenta de poser une main sur son épaule avec un sourire encourageant. Aussitôt, elle vit le regard de Remus s'adoucir et il sembla se détendre, même si le changement était tout juste perceptible.
— Black n'est pas avec vous ? S'étonna-t-elle après plusieurs secondes de silence, offrant à Remus la possibilité de changer de sujet.
Ce dernier secoua la tête, mais ce fut Peter qui répondit ;
— Non. James l'a convaincu de reprendre sa place de batteur. Tu en veux ? Ajouta-t-il en tendant à la jeune fille une Patacitrouille qu'elle refusa poliment.
— Je croyais qu'il ne voulait plus jouer après ce qu'il s'est passé avec son frère ?
Lorsqu'ils étaient en cinquième année, Regulus avait rejoint l'équipe de Serpentard au poste d'attrapeur. Au cours du dernier match de la saison opposant Gryffondor et Serpentard, Sirius avait frappé un Cognard destiné à déstabiliser Regulus, mais ce n'était pas parvenu à l'éviter à temps. Il avait dû passer plus d'une semaine à l'infirmerie après avoir reçu le Cognard en pleine tête, et Sirius ne se l'était jamais pardonné. L'année suivante, alors même que James venait d'être nommé capitaine, il avait catégoriquement refusé de reprendre son poste de batteur dans l'équipe de Gryffondor.
— Non, répondit Peter avec une moue peinée. Mais comme Pierce et Alvis ont quitté Poudlard, il doit trouver deux batteurs et il sait que ça va être compliqué, alors Sirius a fini par accepter…
— Sans compter qu'il a aussi perdu ses deux poursuiveurs puisque Hestia a passé ses ASPIC l'an dernier et que les parents de Grim ont refusé qu'il continue à jouer dans l'équipe après qu'ils aient reçu ses résultats de BUSE, ajouta Remus en grimaçant.
Lily échangea un regard avec Mary, qui ne pouvait contenir son excitation. Roy, son petit frère, convoitait une position de poursuiveur dans l'équipe, et le fait que James ait besoin de deux nouveaux joueurs à ce poste multipliait par deux ses chances d'être sélectionné.
Du regard, Lily parcourut le terrain de Quidditch qui s'étalait sous ses yeux, quelques mètres plus bas et lâcha une exclamation de surprise en voyant James s'adresser à une fillette minuscule au sourire resplendissant. Une batte dans la main gauche et un balai dans la main droite, Elizabeth Broomwood se tenait fièrement devant le capitaine de l'équipe de Gryffondor.
— James ne compte pas vraiment la prendre dans l'équipe, si ? Demanda-t-elle, la panique faisant légèrement trembler sa voix.
Mary arbora la même expression affolée que son amie, mais Remus poussa un long soupir, les bras croisés sur sa poitrine.
— Si, répondit-il en grimaçant. Si c'est la meilleure, il la prendra.
— Mais…
— James pense que tout le monde doit avoir sa chance, intervint Peter en haussant les épaules avec résignation, bien que son regard brillait avec une fierté et un respect farouche.
— Mais… au poste de batteur, vraiment ? Bredouilla Lily.
— Il ne voit pas les choses comme ça, soupira Remus, le fantôme d'un sourire se dessinant sur ses lèvres.
Lily fronça les sourcils sans comprendre et le jeune homme poursuivit ;
— Il refuse de ne pas lui laisser sa chance seulement parce qu'elle serait… différente, s'étrangla-t-il en détourant les yeux avant d'inspirer et de reprendre ; il considère que tout le monde doit avoir une chance de prouver ce qu'il vaut et que ce n'est pas ce qu'on est qui compte, mais ce qu'on veut être.
Lily se mordit l'intérieur de la joue mais demeura silencieuse. Son regard se posa sur James et une foule de sentiments contradictoires l'envahit.
— Espérons qu'elle ne passe pas les sélections, dans ce cas, soupira Mary en resserrant son écharpe autour du coup.
Ses trois camarades hochèrent la tête, pensifs, et bientôt, les sélections commencèrent, James hurlant d'un bout à l'autre du terrain des instructions aux quelques batteurs et poursuiveurs qui rêvaient de faire partie de l'équipe.
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Il fallut un peu plus de deux heures à James pour finaliser son équipe, mais après avoir recruté Roy McDonald et Emmeline Vance, deux élèves de cinquième année, il se décida finalement à faire d'Elizabeth Broomwood son deuxième batteur, aux côtés de Sirius qui promit de veiller sur elle avec un sourire qui trahissait un respect qu'il n'attribuait pas à la légère.
Du haut des gradins, Lily, Mary, Remus et Peter regardèrent les joueurs et le reste des candidats quitter le terrain et se diriger vers les vestiaires et ils se levèrent à leur tour.
— Vous m'excusez, fit Mary dont le sourire excité fendait le visage en deux, mais j'ai un petit frère à aller embarrasser…!
Lily éclata de rire et regarda son amie dégringoler les gradins en secouant la tête. Accompagnée de Remus et Peter, elle reprit la direction du château. Ils passèrent en revue les sélections auxquelles ils venaient d'assister et furent forcés de constater qu'Elizabeth avait été — et de loin — la meilleure candidate de la matinée au poste de batteur, même si ça les chagrinait de le reconnaître. Aucun d'eux n'était pressé de la voir en face des molosses qui servaient de batteurs à l'équipe de Serpentard. Bâtis comme des trolls des cavernes, Brutus Urquhart et Theodore Nott n'hésitaient pas à envoyer leurs adversaires à l'infirmerie dans des boîtes d'allumettes.
— James ne laissera rien lui arriver, fit Peter pour tenter de rassurer Lily.
La jeune fille poussa un soupir, tout en rajustant la bretelle de son sac sur son épaule.
— Je sais bien, mais…
Elle ne termina pas sa phrase cependant, et secoua la tête avec résignation.
— Je vous laisse-là, bafouilla soudain Remus alors qu'ils arrivaient au premier étage. Il faut que je passe à l'infirmerie, je crois que je couve encore un rhume, ajouta-t-il en toussotant faiblement.
Lily fronça les sourcils et fut sur le point de dire quelque chose lorsque Peter prit la parole ;
— Tu penses en avoir pour longtemps ? Demanda-t-il en adressant un regard inquiet à son ami.
— Je ne sais pas, je… Oh ! J'avais promis de t'aider à t'entraîner à reproduire le sortilège qu'on a vu avec Flitwick mercredi ! Se rappela Remus.
— Non, non ! Ne t'en fais pas, sourit Peter en secouant la tête. Je vais me débrouiller. Tu me rejoindras quand tu te seras reposé, ça ne presse pas !
Lily, qui ne manqua pas de voir la culpabilité se dessiner sur le visage de Remus, leva une main timide ;
— Euh… si tu veux, je peux t'aider, moi ? Proposa-t-elle.
Peter cligna des yeux ;
— Tu es sûre ? Demanda-t-il avec une moue embarrassée. Je ne voudrais pas…
— Ça ne me pose absolument aucun problème, le rassura Lily avant de reporter son attention vers Remus, dont le visage s'était éclairé avec gratitude.
— Merci, soupira-t-il.
Lily balaya ses remerciements d'un geste de la main et lui adressa un sourire rassurant.
— T'en fais pas pour ça.
Remus lui adressa un dernier regard reconnaissant et tourna les talons.
Peter et Lily le regardèrent s'éloigner avant de se retourner l'un vers l'autre et d'échanger un regard gêné.
— On y va ? Demanda la jeune fille.
Peter hocha la tête et ils reprirent le chemin de la Tour Gryffondor en silence, jusqu'à ce que ce dernier rompe le silence d'une voix mal assurée ;
— Il… Remus a une santé fragile, c'est pour ça.
Lily hocha la tête.
— Il a de la chance de vous avoir, fit-elle, songeuse, un sourire triste graciant ses lèvres.
— Pourquoi tu dis ça ? Répondit Peter d'une voix tremblante qui trahissait une légère panique.
— Je me souviens de… je me souviens des premiers mois qu'on a passés ici. Remus ne parlait à personne. Il semblait terrorisé… et triste, se rappela Lily en soupirant. Mais petit à petit il s'est ouvert.
Un sourire fendit le visage de Peter alors qu'ils approchaient du portrait de la Grosse Dame.
— C'est James. Strangulot, ajouta-t-il à l'attention de la Grosse Dame qui les laissa aussitôt entrer dans la Salle Commune de Gryffondor.
Lily fronça les sourcils tout en passant l'ouverture, suivie du jeune homme.
— Comment ça ? Demanda-t-elle sans comprendre.
Peter haussa les épaules et reprit ;
— Sans James, tu crois que l'un de nous serait ami ? Il n'y a pas plus différents que Sirius, Remus et moi. Sirius est… disons que Sirius est compliqué, d'accord ? Fit-il en laissant échapper un faible éclat de rire. Remus est de nature solitaire, renfermée. Il ne fait confiance à personne et a toujours tendance à penser le pire de lui-même, ce qui l'empêche d'aller vers les autres et de s'ouvrir. Et moi… enfin, regarde-moi, fit-il en haussant les épaules.
— Peter tu n'es pas…
Mais le jeune homme l'interrompit d'un geste de la main et lui adressa un sourire penaud avant de désigner une table dans un coin de la pièce.
— On s'assoit là ?
Lily hocha la tête et suivit Peter.
— James, reprit-t-il avec un sourire marqué par le respect et la loyauté qu'il éprouvait à l'égard de son ami, se fiche de nos différences. C'est comme avec Elizabeth. Je sais que… je sais qu'il peut se montrer un peu… je sais que vous ne vous entendez pas toujours très bien, acheva-t-il en riant nerveusement, mais c'est quelqu'un de bien. Tu n'as pas idée de ce que c'est de l'avoir pour ami…
Le jeune homme baissa les yeux et ils s'installèrent en silence.
Et parce que Lily ne sut quoi répondre, elle se contenta d'adresser un sourire confus au jeune homme assis en face d'elle et de sortir ses affaires.
N/A : Bonjour à tous ! :) J'espère que vous avez tous passé une bonne semaine, même si certains d'entre vous passaient des épreuves du BAC ou avaient des partiels...
Ce chapitre est un peu (d'accord, disons beaucoup) cheesy, je plaide coupable. Et puis bon, ils sont bien sympa Remus et Peter, mais un peu lourd, hein, à vanter les louanges de leur pote. Enfin, je prie pour que ça ne vous ait pas fait fuir en courant et que vous aurez quand même envie de revenir voir vendredi prochain si j'ai bien publié la suite.
Encore une fois, un grand merci à vous, de lire cette histoire chaque semaine, et à Delfine, qui prend le temps de corriger les horreurs que je peux parfois laisser dans ces chapitres. Je vous souhaite à tous une très bonne semaine et je vous dis à vendredi prochain ! :)
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RàR : à Nyx ; Bienvenue ! Eh bien un grand merci pour ta review ! Je suis très contente que tu apprécies mes histoires ^^ Oui, de l'imagination, merci, j'en aurais bien besoin si je veux finir cette histoire sans que ça tourne au cliché... Ce qui malheureusement risque d'être le cas, vu que je suis une grande amatrice de guimauve... Bref. Encore merci, à bientôt ^^
à Valentine ; Hé ! :D Ah, moi aussi, j'ai un faible pour la petite batteuse qui a donc intégré l'équipe dans ce chapitre ^^ Mais Sirius sera là pour veiller sur elle, donc pas de soucis à se faire, elle finira pas à l'infirmerie dans une boite d'allumette... :p Merci de prendre le temps de lire cette histoire :) Bon week-end ;)
à Mea95Gryffondor ; Bonjour ! ^^ Ah, tu as recommencé à lire les bouquins ? Personnellement, je les ai commencé quand j'avais huit ans, j'en ai vingt-deux aujourd'hui, et pourtant, je ne peux pas ne pas mettre au moins le premier tome dans ma valise quand je pars en vacances. C'est vital. / Mais qui ne craque pas pour James, de toute façon ? :o Allez, je te souhaite un bon week-end, et une fois encore, un grand merci, pour tout ;)
