12.

La neige s'était remise à tomber, et en plus du froid cinglant, Alguérande avait pris une des voitures électriques fermées pour emmener Alveyron admirer les formes magnifiques du parc sous son manteau blanc.

Il avait arrêté le petit véhicule devant l'étang gelé.

- Quand tu auras encore un an de plus, je t'apprendrai à patiner. Et il est même possible que je t'emmène au chalet en montagne pour le ski !

- Chouette !

Alguérande passa la main dans les boucles de miel de l'aîné de ses enfants.

- C'était notre dernière sortie ensemble avant longtemps, tu te rappelles ? reprit-il.

- Oui, papa.

Le garçonnet se frotta le bout du nez.

- Je reste à l'école ici ? Je ne peux pas retourner là-haut ?

- « là-haut », sur la station, tu veux dire ?

- Amis.

- Oui, tous tes copains sont là-haut, je sais. Mais ta grand-mère doit rester ici. Ta tante Alcéllya va avoir bientôt son bébé et mamy va devoir se partager entre vous tous ! Sinon, elle aurait été avec vous tous sur la station… à attendre le retour de maman. Il va falloir être patient, mon petit bonhomme.

- Reste ! pria Alveyron, de l'espoir dans ses prunelles vert émeraude.

- Ce n'est pas possible, Alfie. J'ai des responsabilités, des obligations… Enfin, je vais essayer, je ne suis pas sûr d'y arriver, pas sûr du tout d'ailleurs une fois que j'aurai fait mon escale sur Terra IV !

Alveyron n'avait rien compris mais il ne dit rien, se contentant d'attendre.

- Il se pourrait que je revienne très tôt, attendre ici ta maman avec toi. Je ne te promettrai rien, mon petit guerrier, car je n'ai aucune idée de quoi demain sera fait ! Tu m'attendras aussi, Alveyron ?

- Oui, avec mamy !

- Tu veilleras sur tes cadets ?

- Oui, papa ! Je suis grand !

- Tu es un courageux bonhomme, je suis très fier de toi !

- Reste, tenta encore une fois le garçonnet.

- Je le pourrais, mais à demeurer ici, à tourner en rond, c'est là que je vais finir par complètement perdre la boule ! Mais ce n'est pas parce que je ne suis pas là que je t'aime moins, ainsi que tes cadets. Je vous aime à l'infini !

Pouchy prit la théière qui avait été apportée et remplit les tasses, en tendit une à son aîné à la chevelure méchée.

- Alveyron a compris ?

- Les mots, la plupart lui ont échappé, mais son intuition lui a fait saisir l'essentiel. Oui, il sait que je repars et que lui demeure au château avec son frère et ses petites sœurs.

- C'est un crève-cœur !

- A qui le dis-tu ! gémit Alguérande. Tu veux bien séjourner encore un peu ici, Pouch' ?

Le jeune homme blond inclina positivement la tête.

- Je saurai qu


and ton Pharaon sera en approche de Terra IV, je m'y téléporterai à ce moment-là. Entre temps, je veillerai sur tes petits !

- Merci, mon Pouch', tu es un amour !

Une ombre de tristesse passa dans les prunelles marron de Pouchy.

- Terswhine et moi n'aurons jamais d'enfants. C'est un bonheur de prendre soin des tiens, de celui d'Alhannis, de celui que notre sœur va avoir ! Votre confiance m'honore. Et, durant ces mois, c'est toi qui a le plus grand besoin que l'on t'aide et que l'on te permette de pouvoir continuer à avancer dans la vie.

Alguérande serra les poings.

- Il faut que je sois auprès de l'Arbre de Vie au plus vite. Il faut que tâche de savoir quelque chose !

Pouchy allait rappeler que rien ne filtrait de l'Arbre, mais il ravala ses paroles.

Confortablement installé dans la nursery, Alguérande avait ses quatre enfants autour de lui. Les jumelles étaient sur ses genoux. Alveyron était à sa droite et Oralys à gauche.

Le jeune homme leur disait au revoir, à voix basse et très douces, des mots qui n'étaient entendus que d'eux, et l'intense affection en retour qu'il lisait dans les quatre regards lui faisait un bien infini.

Depuis le seuil de la pièce où elle se tenait avec son époux, Salmanille glissa sa main dans la sienne.

- Tu ne lâches pas notre fils, tu l'as promis ! ?

- Je ne serai jamais loin de lui. J'ai obtenu une autorisation de vol du général Hurmonde, pour une fois un Pirate pourra renifler les réacteurs d'un cuirassé militaire !

- J'en suis soulagée. Au fait, est-ce que tu sais si cette Shynovaé Kordenbach a encore tenté d'entrer en contact avec Algie ?

- Disons que Toshiro a intercepté quelques messages qu'elle lui envoyait ! jeta sourdement Albator.