PARTIE 2: GUERRE DES GANGS
Chapitre 6: Brûlures

Bruce était retourné à la bat-cave dés son réveil, la Ligue des assassins s'était enfuie. Il était assis torse nu sur un tabouret devant un miroir pendant qu'Alfred faisait tout son possible pour recoudre les plaies infligées par David Cain. La frustration du justicier calmait la douleur, jamais quelqu'un même le Joker ne lui avait inspiré autant de rancune que son ancien mentor, cet homme avait le don pour pousser son élève à bout. Sa supériorité faisait passer Bruce pour quelqu'un d'insignifiant, il n'y avait aucun doute là dessus. Si Batman ne peut pas arrêter David Cain alors ce n'est pas lui qui vaincra Ra's al Ghul... Gotham n'avait pas trouvé son héros, et celui en qui elle avait placé sa confiance allait la détruire. Il n'y a pas de pire trahison.

- Je ne comprends pas pourquoi tout ce qui arrive à la ville est toujours forcément votre faute maître Bruce, murmura Alfred en passant l'aiguille dans la plaie de droite. Vous n'êtes pas le seul responsable de la ville, il serait tant de comprendre que vous pouvez compter sur des alliés... Et ce n'est pas parce que vous ne parvenez pas à achever votre ancien mentor que tout est perdu...

Bruce se leva, sa plaie de droite à demie cousue seulement, et rejoint l'ascenseur qui lui permettait de rejoindre le Manoir Wayne mais son majordome le retint en arrière.

- Maître Bruce, MAITRE BRUCE !

Le milliardaire se stoppa et tourna lentement sa tête inexpressive vers Alfred qui tentait tant bien que mal avec son âge de courir vers lui.

- Ce n'est pas en baissant les bras sur un seul échec que cette ville sera sauvée, le réprima le vieil homme.

Bruce s'avança vers son majordome et se surprit à le prendre de haut. Celui-ci ne se fit pas intimider.

- Oui, maître Bruce. Ce n'est pas en pleurnichant que vous arrêterez la Ligue des assassins, et votre mentor puisque cela vous tient tant à cœur.

- Que... ? demanda Bruce interloqué.

- Je vois très bien que c'est cela qui vous inquiète. Au fond de vous c'est ne pas avoir prouvé à Cain que vous êtes meilleurs que lui... Ce n'est pas la justice qui vous a animé... C'est la fierté et l'honneur...

Soudain l'écran bleuté du bat-ordinateur s'alluma laissant voir une carte de Gotham City. Un bâtiment situé au centre-ville clignotait en rouge. Bruce couru vers sa base de donnée et analysa la situation. Il pirata les coordonnées et les fréquences radios ce qui lui permit de constater ce qu'il se passait.

- Que se passe t-il, demanda Alfred qui apparut derrière son maître.

- Quelque chose de grave, lui répondit simplement Wayne qui se précipitait déjà vers le costume du chevalier noir.

En se rapprochant de celui-ci une vive douleur s'installa dans son rein droit mais il continua son avancée vers l'armurerie, où il enfila, non sans peines l'armure de justicier. Il ramassa ses divers gadgets sur l'établi situé derrière le rangement du costume de Batman et les accrocha à sa ceinture, puis il avança vers la batwing qui était posé sur la piste d'atterrissage. Alfred le suivait en criant.

- Maître Bruce ce n'est pas raisonnable d'y aller dans cet état vous aller...

La vitre de la batwing empêcha Wayne d'entendre ce que son majordome avait d'autre à dire. Sans plus attendre, il démarra le moteur de son jet et mit les voiles sur la Mairie de Gotham.

La Mairie de Gotham était plongée sous un profond chaos. Garfield Lynns, alias Firefly avait prit le contrôle du bâtiment avec une bonne trentaine d'hommes armés de lances-flamme et d'armures pyrotechniques. Une jeune femme d'origine asiatique l'avait libéré de sa cellule sous haute protection de l'asile d'Arkham en échange de quelques distractions, et prendre la mairie de Gotham d'assaut était un bon moyen d'attirer l'attention. Cette femme lui avait également donné des troupes et des armes pyrotechniques de manière à satisfaire le maniaque du feu. Firefly se tenait debout au centre du hall, les bruits de pas dans on armure en métal rouge sous forme de luciole résonnants sur le sol de marbre. La chaleur était épouvantable et les quinze otages n'en pouvaient plus de transpirer. Les criminels pressaient leurs canons de lance-flamme sur leurs tempes, carbonisant leur peau en leur faisant souffrir le martyre. Le gigantesque chandelier s'était écrouler sur le sol lors de l'attaque et les morceaux de verres éparpillés sur le sol s'enfonçaient dans les genoux des pauvres victimes.

- Personne n'a l'air de venir, murmura Lynns. Très bien nous allons passer au niveau supérieur... Les gars !

Il fit un signe de main à deux de ses hommes, situés près de la porte principale à une dizaine de mètres de Firefly de ramasser deux bidons d'essence, que le criminel avait apporté, et de les verser autour des otages.

- Pitié non ! hurla une jeune femme.

C'était une petite femme blonde âgé de la trentaine qui protégeait autour de ses bras deux petits garçons âgés de huit et dix ans. Firefly tourna la tête vers elle et eu un petit rire sarcastique avant de sortir un briquet d'un des rangements arrière de son armure. Il l'approcha des cheveux blonds de l'un des deux gamins (le plus jeune) avant de l'attraper avec l'autre bras.

- Non ! hurla sa mère qui tentait de se lever malgré les criminels qui la retenait en arrière. Pas mon fils ! Prenez-moi ! Prenez-moi !

Les deux hommes qui avaient les bidons d'essences s'approchèrent et versèrent un petit peu du contenu incolore sur le sol de marbre, en dessous de l'endroit où Firefly agrippait le gamin qui se débattait ardemment. Lynns le fit tremper dans l'essence avant de le soulever et de recommencer, tête la première cette fois dans la flaque. Puis, il empoigna son briquet et fit sortir une flamme à quarante centimètres du visage du garçon qui pleurait.

- Non ! hurlait sa mère.

Il y eu une explosion de verre provenant de la fenêtre au dessus de Firefly, puis une explosion de balle fumigène provoqua un bruit sourd avant de propager dans tout le hall une masse de gaz qui masquait la vue des criminels.

Lorsque la fumée se dissipa, les otages avaient disparus et Batman était là, debout devant Garfield Lynns.

A suivre...