Et voici le chapitre 2 de ma petite fanfiction. En principe, je mettrais un chapitre par semaine (si je n'oublie pas de le faire ~)
Bonne lecture (aucun des personnages ne m'appartiennent encore une fois)
Chapitre 2 : Retour à Fondcombe
« Comment va-t-il, Balin
-Je ne perçois aucun changement, son corps semble toujours à l'arrêt, comme mort. »
Balin et Thorin étaient côte à côte, parlant le plus faiblement possible. La Compagnie s'était installée dans un endroit bien plus paisible, sans bruits étranges ou inquiétants. Ils voulaient éviter une nouvelle attaque dont ils avaient déjà été victimes. Chacun leur tour, ils montaient la garde, restant sur la défensive. Ils ne voulaient pas répéter leur erreur, surtout pas. Ils étaient déjà en train de perdre l'un des leur. Tous craignaient que Kili n'ouvre plus les yeux.
Ils étaient surpris au départ. Surpris que Kili soit dans un si terrible état, alors qu'aucune blessure grave n'était visible. Le jeune nain ne semblait pas souffrir, il ne semblait même plus vivre. Mais Fili était persuadé qu'il était encore vivant. Il le ressentait, en tant que grand frère, que la vie n'avait pas encore quitté son frère. Et Bilbo, ce jeune hobbit partit dans l'aventure était du même avis. Il avait d'ailleurs surpris les nains, lorsqu'il avait donné son opinion. Il n'était pas médecin, cela été sûr. Mais il avait vu Kili respirer. Très faiblement et très lentement. Mais il l'avait vu. Son cycle respiratoire n'avait plus rien de celui d'un nain. Il n'avait tout simplement aucun rapport avec n'importe quel être vivant, mais le plus important c'était qu'il respirait, et cela permit de redonner espoir à Thorin, et apaiser légèrement le cœur de Fili, qui avait eu raison de croire encore à la vie de son frère. Mais personne, même pas Bilbo, ne pouvait comprendre pourquoi Kili se trouvait dans un tel état ressemblant à la mort, ni pourquoi il ne se réveillait pas.
« Que faisons-nous, Thorin ? Rester ici plus longtemps est dangereux, nous devons éviter d'encourir se risque.
-Mais nous ne pouvons pas transporter Kili jusqu'à Erebor, ou même ailleurs. Et il est hors de question que d'abandonner l'un des notre. »
La Compagnie était coincée. Quel que soit leur envie de reconquérir Erebor, aucun d'entre eux ne pensait partir en laissant un compagnon derrière. C'était hors de question. Surtout lorsqu'il s'agissait du plus jeune. Bilbo et Fili, depuis le début, restaient prêt de Kili, sensible au moindre bruit de sa part, qui pourrait montrer un changement dans l'état du jeune nain. Mais rien. Jamais il n'avait montré un peu de réconfort au hobbit, qui avait appris à apprécier chacun de la Compagnie, et à Fili, qui ne pouvait supporter de voir son frère dans cet état.
Balin partit, faisant part de ses observations au reste du groupe, tous aussi curieux de savoir s'il y avait une amélioration. Il restait alors plus que Thorin et les deux personnes qui gardaient Fili.
« Thorin, il va aller mieux, n'est-ce pas ? Il ne va pas tout le temps rester dans cet état ?
-Fili… Nous n'avons toujours aucune idée de ce qu'il va lui arriver, et on ne peut rien faire tant qu'on ne découvre pas son mal.
-On devrait retourner à Fondcombe, voir les elfes. Peut-être n'ont-ils pas une quelconque idée de l'état de Kili. »
Thorin jeta un regard noir au hobbit. Même après l'hospitalité des elfes, et l'aide d'Elrond pour déchiffrer les runes lunaires de la carte, son animosité était toujours vives envers cette race, qui les avait abandonné, quelques temps plutôt, lors de l'attaque du dragon sur Erebor. Mais Fili, n'ayant jamais vécu ceci, était en parfait accord avec le hobbit. S'il y avait encore l'espoir que les elfes puissent les aider à guérir Kili, alors il serait prêt à tout pour les retrouver, même à se disputer avec son oncle, se séparer de la Compagnie, ou quoique ce soit d'autre. Mais même si Thorin n'aurait pas voulu retourner chez les elfes, il avait acquis depuis, un brin de sagesse, étant prêt à mettre son orgueil et sa haine envers les elfes de côté pour le bien de son plus jeune neveu.
« Le hobbit a raison. Je ne peux laisser Kili dans cet état. Et si les connaissances naines ne suffisent pas pour le soigner, alors nous devrons nous fier à celle des elfes, que j'espère, suffiront pour le sauver et le ramener parmi nous. Mais j'aurais préféré que Gandalf soit là, peut-être aurait-il eu son idée à lui. Car à mes yeux, ce qu'a fait cet homme, ressemblait à un sort plutôt étrange. »
Fili était heureux. Heureux que son oncle accepte de rebrousser chemin pour retourner chez les elfes, à Fondcombe. Heureux qu'il passe Kili avant quoique ce soit, avant même la reconquête d'Erebor. Et il remerciait en son for intérieur le hobbit, d'avoir eu l'idée de retourner chez les elfes. Thorin partit à son tour, annoncer aux autres nains qu'ils allaient rebrousser chemin et revenir dans la maison d'Elrond. Bilbo et Fili restèrent encore près de Kili. Ils restèrent silencieux, chacun gardant leur pensée pour eux-mêmes. Puis Fili finit par le rompre.
« C'est ma faute… ».
Bilbo releva la tête, observant Fili d'un air interrogateur. Il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle Fili se sentait responsable, sachant qu'il avait fait tout ce qu'il pouvait pour sauver son frère. Mais il semblait que cela le travail. Et très durement.
« Pourquoi dites-vous ça ? c'est la faute de ces créatures à forme humaine que Kili soit grièvement blessé.
-J'aurais dû rester auprès de Kili dès le début. Je savais qu'il n'était pas au meilleur de sa forme cette nuit-là. Il n'arrivait pas à dormir et ne sentait pas bien, j'aurais dû veiller sur lui, comme un bon grand frère... »
Bilbo compatissait. Que pouvait-il dire à Fili ? Certes, tout le monde savait qu'il n'y était pour rien, mais un grand frère s'inquiétera toujours pour son petit frère, il le sait, même s'il n'est pas lui-même un ainé, il peut le comprendre. Alors Bilbo tenta malgré tout, de rassurer Fili.
« Fili, vous ne devez pas vous sentir responsable. Même si vous le voulez, vous ne pourrez pas toujours rester derrière votre petit frère pour ainsi veiller à sa santé et à sa sécurité. Il me semble que si Kili ai pu venir, c'est que Thorin a dû penser qu'il serait assez grand et fort pour se débrouiller de lui-même, et c'est vrai, votre frère a son talent. Et s'il se sentait mal cette nuit, vous ne pouvez pas deviné qu'on allait se faire attaquer. Vous avez aussi besoin de vous reposer, car sinon, vous serait aussi utile qu'un déjeuner moisi. Alors arrêter de vous blâmer. Ceux à qui il faut rejeter la faute sont ces créatures qui nous ont attaqués pile au moment où Kili n'était pas bien.
-Bilbo… je te remercie vraiment de vouloir me rassurer… Mais… Je n'y peux rien, pour moi, Kili restera toujours ce fichu gamin, insouciant qui fait attention à rien, et encore moins à lui-même. »
Des larmes commençaient à couler sur le visage du nain. Lui qui s'était gardé de pleurer par fierté, pour ne montrer aucune faiblesse de sa part, il n'était plus capable de les garder pour lui. Il se rendait de plus en plus compte, en parlant avec Bilbo, à quel point il avait été un mauvais frère. Il aurait dû mieux s'occuper de lui, faire plus attention à sa santé, avoir refusé qu'il vienne lui aussi à la quête d'Erebor. Jamais tout cela n'aurait dû arriver s'il avait pris soin de son frère. Bilbo, lui, regardait impuissant le nain pleurer. Dire qu'il voulait rassurer le nain, le seul résultat qu'il pu avoir, fut de faire couler les larmes du blond. Mais était-ce mal ? L'hobbit savait pertinemment qu'il était mieux ainsi. Il fallait faire sortir toutes ces émotions qu'on retenait en nous, et après, ça allait mieux, généralement. Il était venu à l'aventure parce qu'il avait pensé, malgré les risques, malgré le dragon, que cela pouvait être marrant, mais jamais il n'avait pensé que cela pouvait être si difficile à supporter de temps à autre. Toutefois, il ne regretta pas d'être venu, il appréciait chacun des nains, tous différents des uns des autres, et maintenant, il avait plus que tout envie de les aider, même si son foyer le manquait.
« Fili, ne vous inquiétez pas, je suis sûr que les elfes vont pouvoir sauver votre frère. »
C'était tout ce qu'il avait pu trouver pour rassurer une dernière fois le jeune nain.
Les nains dormirent à l'endroit où il se trouvait, mais prêt à repartir le lendemain matin, en marche arrière. Si c'était pour sauver Kili, l'un des leurs, alors tant pis si la quête prendrait plus de temps que prévu. Ils devaient le ramener à eux.
Fili s'endormit d'un coup, épuisé de garder son frère. La nuit passa pour une fois assez vite, la Compagnie se remit en route, tous dans l'espoir que les elfes pourraient leur être d'un grand secours. Ce fut Dwalin qui porta Kili sur ses épaules. Pour ce nain guerrier, Kili, qui n'était déjà pas bien gros, était un véritable poids plume, et il dit même en rigolant :
« Thorin, faudrait que tu nourrisses ce brave petit ! J'ai l'impression de porter une feuille, tu m'étonnes après, pourquoi il n'est pas très doué avec une hache en main, et préfère les arcs. Tu veux le transformer en elfe, c'est ça ?
-Je n'y suis pour rien si Kili n'est pas épais. La nourriture, ce n'est pas ce qu'il manque chez nous.
-Ne t'inquiète pas, Dwalin, je peux te rassurer que mon frère se nourrit bien tous les jours, il ne saute aucun repas ! Rajouta Fili, qui se sentait mieux que la veille déjà.
-Eh bien, une fois que cette aventure se termine, je m'occuperais de ce petit Kili, tu verras Thorin, qu'il saura manier la hache comme tout bon nain. »
La compagnie rigola ensemble. Cela faisait bien longtemps qu'ils ne l'avaient plus fait, et même Bilbo rigolait avec eux. Oui, il fallait penser à l'avenir, il fallait penser qu'ils seraient tous ensemble, chez eux, à Erebor. Il fallait penser qu'ils reprendront une vie normale de nain, chacun à leur occupation, tout en ayant la fierté d'avoir reconquit le royaume gardé par un dragon. Et lui, le petit hobbit, rentrerait à sa Comté, tout en revoyant de temps à autres chaque membre de la Compagnie. Oui tout irait bien, tout ira mieux.
La Compagnie avait accéléré le pas. Ils connaissaient déjà le chemin, étant passé par là récemment. Ils n'avaient eu aucun ennui, pas d'orques en vue, pas d'êtres étranges non plus. Et ça convenait parfaitement aux nains et au hobbit. Fondcombe leur fut visible au bout d'une journée entière de marche. Et ils en étaient bien contents. Thorin espérait maintenant qu'ils n'avaient pas fait marche arrière pour rien, et que le seigneur Elrond serait capable de soigner Kili. A côté de Fili, il lui tapa l'épaule.
« Ne t'inquiète pas, ton frère se portera mieux maintenant, une fois dans la demeure d'Elrond, et une fois qu'il sera guéri, on le retrouvera en pleine forme. Il nous dira de se dépêcher pour reprendre la route vers Erebor. Nous serons tous heureux de le voir comme on l'a toujours vu, un jeune nain débordant d'énergie
-Oui, tu as raison. Kili redeviendra le Kili qu'on a toujours connu », répéta Fili, un léger sourire au visage.
Les deux nains de la lignée de Durin restèrent silencieux. Imaginant chacun le futur à leur façon. L'un revoyait la richesse d'Erebor, entouré de sa plus proche famille et de ses chers amis, l'autre se voyait avec son cher frère, devenu de véritable guerriers nains, mais toujours aussi farceur et jeune. Puis Thorin coupa le silence.
« Fili, il faut que je te dise… Hier soir, je t'ai entendu parler avec Bilbo… »
La mine de Fili devint subitement grave, un regard marqué par la tristesse. Thorin le vit, et cette fois, pausa sa main sur la tête, et la lui frotta.
« Ne t'inquiète pas. Tu n'es pas responsable, qui aurait pu se douter de cela ? Personne ne connait l'avenir, et si tu te sens responsable de ton frère, sache que je le suis pour vous deux.
-Non, tu ne dois pas l'être, tu es…
-Je suis votre oncle, je dois m'occuper de vous comme votre propre père. Je l'ai promis à Dis. »
Le silence revint prendre place entre l'oncle et le neveu. Ce dernier finit par soupirer. Il devait avouer qu'il avait raison. S'il y avait des fautifs, ça serait tous les deux. Mais ils n'étaient pas non plus entièrement responsables de l'état de Kili. Le véritable fautif était celui qui l'avait rendu ainsi, comme le lui avait dit Bilbo.
« C'est bon, tu as raison, mais évite de me prendre comme ça, je ne suis plus un enfant. »
Oui, Fili voulait garder encore un peu de fierté. Si son oncle se comportait avec lui comme s'il était avec un enfant, son image de nain guerrier commencerait déjà à s'envoler. La compagnie descendit le chemin qui menait à Fondcombe. Ils y étaient presque, il n'y avait plus qu'à demander à Elrond s'il pouvait sauver Kili et ils repartiraient comme ils étaient partit la première fois.
Thorin s'avança parmi la compagnie pour faire face aux gardes elfes.
« Nous sommes les nains que vous avez hébergé récemment, il y a deux jours. Je vous prie, nous avons besoin d'aide. »
La réponse ne se fit pas attendre. Elrond, qui n'était guère loin, avait reconnu la voix de Thorin Ecu-de-Chêne. Il se fit apparaître devant la Compagnie, et au début, voyant les nains, il fronça les sourcils se demandant pourquoi ils étaient de retour alors qu'ils étaient partit sans le faire savoir (mais qui devait faire partit du plan de Gandalf vu leur réunion après). Puis, quand il vit le nain sur le dos de Dwalin, il comprit. Il comprit qu'ils n'arrivaient pas à guérir ce jeune nain, à le sortir de son sommeil, non pas encore éternel.
« Venez, Compagnie de Thorin Ecu-de-Chêne. Je vous invite une seconde fois dans ma demeure. Thorin, et vous Dwalin, suivez-moi, nous l'emmenons dans l'une de nos chambres. »
Les deux nains hochèrent la tête. Ils laissèrent la Compagnie aux mains des elfes, et suivirent Elrond qui les guidait dans ses appartements. Fili, qui ne voulait surtout pas être séparé de son frère ainsi, les suivit. Elrond ne le manqua pas, et d'abord jetant un regard dur au nain pas convié, il finit par accepter qu'il vienne aussi, comprenant qu'il s'agissait du grand frère de Kili. Arrivés dans l'une des grandes chambres de la demeure d'Elrond, Dwalin posa Kili sur le lit, doucement, malgré son aspect bourru.
Elrond s'avança, posa à peine sa main au-dessus de sa tête, fermant les yeux en même temps, murmurant des paroles elfiques. Puis le seigneur elfe s'arrêta et aurait blêmit d'un coup s'il ne savait pas se contrôler. Il se retourna vers les trois nains, un air grave au visage.
« Que s'est-il passé ? »
