Chapitre 3 : Le réveil
« Que s'est-il passé ? »
Il faisait sombre, complètement noir. Son corps était douloureux. Une douleur qu'il n'avait jamais connu auparavant, qui n'avait jamais été si violente. Et il était incapable de la faire ressortir, il était incapable de produire un son, ni même de bouger. Il était prisonnier de son corps, de sa douleur. Il avait la sensation qu'on lui arrachait un à un chaque partie de son corps, puis qu'elle se reformait, et qu'on lui arrachait de nouveau. Il avait l'impression qu'on le transperçait d'une lame froide dans tout son corps, qu'on le brulait à vif. Il avait la sensation que des gens s'amusaient à le torturer. Il aurait tellement aimé mourir, il aurait tellement voulu que son cœur arrête de battre, que son cerveau cesse de fonctionner, et à chaque fois qu'il se sentit définitivement partit, il revenait, tout se remettait en marche, comme si une force extérieure ne voulait pas qu'il disparaisse, qui ne voulait pas qu'il échappe à cet enfer. Et puis il avait faim, et soif aussi, terriblement soif. Au-delà de sa souffrance, il voulait plus que tout boire, simplement boire un liquide qui dessécherait sa gorge. Rien qu'avec cela, il se sentirait entièrement revivre. Mais il était prisonnier de son corps, incapable de faire quoi que ce soit. Il ressentait le contact des autres nains, pas comme un contact chaleureux mais comme un supplice. A chaque fois qu'ils l'attrapaient, le déplaçaient, le touchaient pour le soigner, le portaient, il sentait comme un violent choc sur sa peau, sur ses os, comme si on le frappait violement.
Pourquoi cela devait lui arriver ? Lui qui voulait juste aider son oncle pour la quête, lui qui voulait juste qu'on voit sa valeur pour se faire une place parmi ces grands guerriers nains. Il voulait juste voir enfin cette ville qu'était Erebor, ces richesses dont il avait si souvent entendu parler, quand il était petit, par les comtes ou par les récits de son oncle. Pourquoi avait-il fallu qu'il se retrouve dans un tel état ? Un véritable fardeau pour les autres, un simple poids qu'il fallait maintenant porté. Il n'avait fait que prévenir ses compagnons d'une attaque ennemie. Il ne voulait que les protéger. Et il avait fallu que cette « punition » lui tombe dessus, il lui avait fallu un moment de faiblesse, à cause d'une migraine, d'un mal-être, pour se faire avoir si facilement. Que penseront les autres ? Que penserait son oncle maintenant ? Maintenant qu'ils avaient vu ses piètres performances de guerrier ? Certes, il les avait prévenus, mais il n'avait pas été capable de se protéger. Mais maintenant, tout ça était sans importance. Maintenant, la seule chose qu'il ressentait, qu'il vivait, qui prouvait qu'il était encore dans ce monde, c'était ces incessantes douleurs.
Un soir, il avait senti des gouttes glissées sur son visage. Il avait ressenti la soudaine envie de se réveiller, de boire cette goutte d'eau. Mais c'était au même instant qu'une déchirure atroce se faisait ressentir dans son corps. Le temps qu'elle parte, laissant place à une multitude de douleurs moins fortes, la goutte d'eau avait disparu. Peu à peu, la volonté de Kili se dissipait de plus en plus. Il n'avait plus la force de combattre ce mal qui le submergeait de part en part, ne lui laissant aucun répit. Il désirait plus que tout en voir la fin. Dans la journée où il était porté par Dwalin pour retourner à Fondcombe, il avait rêvé. Il avait rêvé de quelque chose qu'il avait déjà vu auparavant. Il s'agissait du même songe qu'il avait fait autrefois. Celui qui l'avait effrayé à son réveil. Mais pourquoi le revoyait-il trente ans plus tard ? Quelle signification aurait-il ? Quel était son lien avec ces différents évènements ?
Plongé dans son rêve, son corps ne ressentait plus aucune douleur. Il n'avait plus aucun signe de vie, et le jeune nain se perdait au tréfonds du songe, complètement aspiré. Il se perdait, il était complètement perdu. Son rêve l'avait gagné. Cette sensation de calme, la disparition de sa souffrance. Il se sentait bien. Et dès qu'il pensa ainsi, tout espoir disparut.
La douleur se dissipait, il ressentait chacun de ses membres renaitre encore plus puissant qu'avant, ses cinq sens s'étaient bien plus développés, même en gardant les yeux clos, il était capable de deviner où il se trouvait, ce qu'il y avait dans la pièce, il connaissait tous les détails. Mais ce qui le perturba fortement, ce fut cet écho de fleuve qui coulait, propulsé par une certaine force mystérieuse. Ce bruit d'eau qui lui fit rappeler cette sensation de soif. Cette désagréable sensation de soif. Il devait se réveiller cette fois, se lever et aller chercher de l'eau. Maintenant qu'il ne ressentait aucune douleur, la soif se faisait ressentir de plus belle.
Oui, il devait quitter cet état de sommeil et boire.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Thorin, malgré son inquiétude, relata les derniers évènements qui avaient conduit le jeune nain dans cet état. En partant de leur campement au milieu d'un terrain inconnu, Kili qui ne s'endormait pas et qui les prévint d'une attaque, et ce qu'il avait subi par l'ennemi inconnu. Ce dernier gardait cet air songeur qui ne rassura aucun des deux membres de la famille. Puis il inspecta de nouveau du regard, le jeune nain. Il reposa à nouveau sa main sur son front et cette fois-ci, il ne put contrôler sa surprise. Quelque chose en lui avait irrémédiablement changé en lui. Une transformation. Il n'était plus cet inexplicable mourant, mais… il avait aussi perdu quelque chose qui, avant cette histoire, faisait de lui ce qu'il était. Même lui, Elrond, ne pouvait savoir de quoi il s'agissait exactement. Et à qui il devrait parler pour avoir un avis intéressant ? Evidemment, quelqu'un d'aussi sage que lui, et ses pensées se dirigèrent vers Gandalf.
« Je crains devoir demander de l'aide à Gandalf. Le cas de ce jeune nain dépasse mes connaissances.
-Vous voulez dire que vous êtes incapable de sauver mon frère ?
-J'ignore ce qu'il se passe, mais je peux vous dire que son état a soudainement changé entre la première fois que j'ai regardé et maintenant. Je n'ai jamais vu pareille chose jusqu'ici. »
Fili avait encore l'intention de protester, mais son oncle l'en empêcha. Après tout, à quoi cela pouvait bien servir : Elrond a été clair, il ne pourrait soigner Kili seul. La meilleure chose à faire était donc de le laisser chercher Gandalf, et de veiller sur le jeune nain en attendant. Thorin fit signe à Dwalin d'aller prévenir les autres et de demander au hobbit de venir, car il était persuadé que même si médicalement parlant, le hobbit n'aurait pas une très grande utilité, sa présence pourrait les aider, au moins pour Fili. Dwalin s'exécuta de suite, ne posant aucune question par respect pour son prince, son futur roi d'Erebor.
« Mon oncle… Croyez-vous qu'on pourra vraiment sauver Kili, il a l'air tellement endormi profondément, à un tel point qu'il ne se réveillera plus.
-Ne pense pas ainsi, Fili. Tu connais ton frère mieux que quiconque, crois-tu vraiment qu'il va abandonner pour une simple raison qu'il est sagement endormi dans un profond sommeil ? Non, il préfère encore s'amuser avec énergie, faire de mauvaises blagues, prouver sa valeur au combat, en aucun cas il sera intéressé par la proposition d'un sommeil éternel. »
Fili garda le silence, espérant sincèrement que son oncle avait raison. Quelques minutes plus tard, le hobbit rentra dans la pièce. Les deux nains avaient d'abord espéré que ce soit l'arrivée de Gandalf et d'Elrond mais ce n'était pas le cas. Pas encore. Le hobbit s'avança lentement et doucement, ne voulant pas déranger les deux nains. Et timidement, il parla.
« Vous m'avez demandé ?
-Oui, je désire que tu veilles sur Kili. Peut-être que ta présence pourrait être bénéfique, et je dois avouer que malgré tout, tu nous as sortie du problème des trolls.
-Et bien, je ne pense pas être très utile mais si c'est votre demande, j'accepte bien.
-Merci… »
Bilbo fut surpris. Certainement que c'était la première fois que le prince entêté d'Erebor le remercia, et avec un sourire. Décidément, la condition de Kili devait le mettre dans tous ses états pour qu'il agisse si gentiment avec lui. Il avait même avoué qu'il les avait sauvés du pétrin avec les trolls.
Le hobbit se ressaisit, ce n'était pas le moment de divaguer là-dessus. Il veillerait sur Kili en compagnie des deux autres nains.
« Fili, je dois m'absenter un bref moment, je dois voir quelques détails avec Balin. Reste avec ton frère et le Hobbit. »
Fili fit un léger signe d'acquiescement. Thorin pouvait faire ce qu'il voulait, seul son frère l'intéressait. Bilbo s'assit de l'autre côté du lit. Il se sentait vraiment mal-à-l'aise, Fili semblait vraiment de plus en plus inquiet. Et pâle et fatigué aussi. Combien de temps s'était passé depuis qu'il avait dormi correctement ? Combien de temps n'avait-il pas mangé ? Voyant la corbeille de fruit juste à côté, le Hobbit eu l'idée d'éplucher une pomme pour Fili. Il ne devait pas se mettre dans le même état que son frère, il devait faire des efforts lui aussi, s'il voulait revoir le sourire de son frère.
Bilbo sortit un petit couteau qu'il avait gardé dans sa poche pour la cuisine et éplucha le fruit. Le jeune héritier ne faisait vraiment pas attention au reste. Enfin si, quand il entendit un « Aïe » de Bilbo, qui venait tout juste de se couper.
« Que faites-vous, Bilbo ?
-J'étais en train de vous préparer une pomme. Cela fait un moment que vous ne vous êtes pas nourri.
-Ne prends pas cette peine, je n'ai pas faim.
-Vous devez vous nourrir. Votre frère n'aimerais pas vous revoir en mauvaise santé et faible. Alors prenez cette pomme, faites-moi plaisir. Que je ne me sois pas coupé pour rien. »
Fili sourit légèrement. L'attention et la gentillesse de Bilbo le touchait et accepta combien même il ne voulait pas manger, cette pomme.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Il l'avait ressenti. Oui, cette odeur alléchante. Il en avait tellement envie, tellement besoin. Il ne suffirait que d'ouvrir les yeux et de se lever. Un si bien maigre effort, comparé aux douleurs qu'il avait ressenti plus tôt. Maintenant que son corps, physiquement parlant, se sentait encore mieux qu'avant, il n'avait plus qu'à avoir la volonté de sortir de son sommeil. Et cette volonté, plus l'odeur continuait de taquiner ses narines, augmentait.
Et il ouvrit enfin les yeux
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Fili, qui venait tout juste d'attraper la pomme, venait d'apercevoir les yeux de son frère s'ouvrir. Son frère venait de se réveiller, et ne faisant plus attention à la pomme, il s'approcha de son frère pour lui demander comment il allait. Le hobbit, ayant vu le réveil du nain un peu après, fut tout aussi heureux de son réveil, et eut l'idée d'aller prévenir Thorin et les autres nains du réveil de Kili.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
La lumière qu'il n'avait pas vue depuis quelques jours déjà l'éblouissait. Puis soudainement, on lui sautait presque au cou et l'assaillit de question. Seulement, ce n'était pas ça qu'il voulait. Il voulait boire, seulement boire. Il entendait encore dans ses tympans, les pulsions de ce fleuve. Et étrangement, il ne le voyait pas dans les parages. Mais une soudaine autre sensation vint remplacer le bruit d'un fleuve, l'odeur de ce liquide qu'il avait tout autant l'intention de boire, et il sentait qu'elle s'éloignait. Et ça non, il ne pouvait pas la laisser disparaître alors qu'il était sorti de son sommeil. Il se leva brusquement, repoussant le pauvre Fili, qui ne comprit pas ce qu'il lui arrivait jusqu'à se retrouver projeter contre un mur. Et attrapa la main de Bilbo, celle victime de sa précédente coupure. Il la porta jusqu'à ses lèvres et la lécha.
Il avait tellement soif de ce liquide chaud et rougeâtre, il en voulait encore plus, cette goutte était loin de satisfaire sa soif.
Bilbo, qui ne comprenait pas non plus ce qu'il se passait, savait une chose : Kili n'était certainement pas dans son état normal. Surtout lorsqu'il le vit porter son doigt à ses lèvres pour en boire les quelques gouttes de sang. Et puis, lorsqu'il vit les pupilles de ce dernier, il n'y avait plus rien à voir à celles d'avant, maintenant, elle prenait une forme féline. Et la couleur de ses yeux alors ! Même si la teinte n'avait pas spécialement changé, ils brillaient, mais pas comme les yeux brillent à la lumière, non c'était différent.
« Que vous arrive-t-il, Kili ! Vous devez vous reprendre, on s'est tous inquiété ! »
Bilbo n'eut pas le temps de rajouter quoique ce soit d'autre que le jeune nain serra sa prise encore fermement, arrachant un petit cri de douleur de la part du hobbit. Sa proie complètement immobilisée, Kili approcha son visage au cou du hobbit. C'était là que les pulsions du fleuve étaient les plus fortes, c'était à cet endroit qu'il trouverait de quoi satisfaire sa soif. Et alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres du coup, Kili se sentit soudainement happé par quelque chose et se retrouva contre un mur. C'était Fili, il venait de sauver le hobbit d'une mort certaine in extremis.
« Que fais-tu, petit frère ! Ne nous reconnais-tu pas ? », essaya désespérément Fili.
Mais Kili ne lui répondit pas. Il était incapable de former une phrase. Non, il restait même silencieux. Tout ce qu'il désirait, s'était de boire, quiconque se mettait en travers de son chemin allait le payer au prix fort. Le jeune nain se rapprocha lentement, tel un félin devant ses proies qui n'ont aucune chance de lui échapper à présent. Il se trouvait entre la porte et ses proies, il s'était débrouillé en attrapant le hobbit d'échanger leur position. Un sourire s'afficha sur ses lèvres. Il allait enfin pouvoir se satisfaire et revivre. Et alors que Bilbo et Fili ne voyaient plus d'espoir pour échapper à la folie de Kili, car Fili avait bien constaté l'impressionnante force de son frère, la porte s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître un Thorin inquiet, ainsi que Gandalf et Elrond. Sans perdre une seconde dans l'analyse de la situation, Thorin assomma son neveu, celui même qu'ils avaient tant attendu le réveil et laissa Gandalf finaliser la sieste improvisée du jeune nain.
Bilbo, à bout de souffle, questionna alors les trois nouveaux arrivants :
« Qu…que s'est-il passé ? Pourquoi Kili est-il devenu incontrôlable ? On aurait dit une bête sauvage.
-Mon oncle, savez-vous quelque chose !
-Moi non, mais Gandalf a une idée à propos de son état. En tout cas, on a été avertie par ses bruits de fracas. Tu n'as rien Fili ?
-Non, ça va, juste un bleu qui ne devrait pas tarder à apparaître après mon choc contre le mur… Mais que pouvons-nous faire pour Kili ?
-Déjà, commença calmement Gandalf, nous devrions l'attacher bien fermement. Je ne pense pas qu'il restera bien sagement couché dans son lit, le temps qu'on trouve un moyen de le guérir. Ensuite nous parlerons. »
Tous acquiescèrent, Thorin demanda à quelques nains en renfort de bien attacher Kili, tout en leur expliquant brièvement la situation. Cela fait, ils quittèrent la pièce où dormait une nouvelle fois le jeune nain. Tous les membres de la compagnie se réunirent dans une autre salle, prêt à entendre Gandalf tout expliquer. Le magicien, se mettant devant tout le monde, se racla d'abord la gorge avant de commencer à parler.
« Mes chers amis, il me semble que je dois vous parler de Kili, plus précisément de son état qui nous préoccupe tous. Le seigneur Elrond m'a raconté exactement ce que vous lui avez dit, dit Gandalf en parlant plus précisément à Thorin et Fili. Et je dois vous dire que l'état de Kili est beaucoup plus grave que ce que vous pensez.
-De quoi voulez-vous parlé, Gandalf ? Quand nous l'avons emmené jusqu'ici, il était comme mort, maintenant, on a constaté qu'il était bel et bien vivant !
-Gloïn, être réveillé ne veut pas dire aller mieux. Fili, tu as du bien voir que ton frère n'était nullement ton véritable frère, seul l'apparence était de lui.
-Vous voulez dire qu'une étrange créature aurait remplacé Kili en prenant son apparence ? Demanda Thorin, ne comprenant pas du tout comment cette éventualité aurait pu arriver, puisqu'ils ne l'avaient pas lâché d'une semelle depuis la dernière attaque qu'ils avaient subie.
-Ce n'est pas exactement ça, Thorin. Il s'agirait plutôt d'une créature qui s'est installée dans votre neveu. Il s'agit encore de Kili, seulement, il a complètement changé de nature. »
Suite à cette déclaration, les nains restèrent silencieux. Y avait-il un remède pour les transformations de ce type ? Cette question avait de suite effleuré l'esprit de Fili, qui se préoccupait plus de retrouver son frère, que de connaître le pourquoi du comment.
« Gandalf, pouvez-vous le sauver ? »
Le magicien regarda tristement Fili. Bien sûr, il y avait un moyen, mais il était loin d'être simple, et lui-même ne pouvait faire grand-chose pour les aider. Mais avant, il préféra quand même tout leur expliquer. Ils devaient savoir qui était maintenant Kili et comment il l'était devenu, car ce genre de transformation ne se fait pas en une seule soirée.
« Avant de te donner cette réponse, Fili, je dois d'abord commencer par le début. Vous devez savoir à quoi vous avez à faire maintenant. Les créatures qui vous ont attaqué sont dénommées par les hommes, des vampires. Physiquement, ils n'ont aucune différence avec leur ancienne nature. Car oui, les vampires, mis à part les tous premiers, provenaient tous d'une autre espèce, comme Kili. Leur force et leurs sens se voient décupler. Leur longévité aussi, si ce n'est pas pour dire qu'ils sont immortels. Et le seul besoin qu'ils ressentent, c'est la soif de sang, et au sens propre. C'est pour cela qu'il s'est réveillé, quand Bilbo s'est coupé, il a ressenti l'odeur et a senti la nécessité absolue de se réveiller et de se nourrir. L'un de leur rare point faible est le soleil et la lumière du jour en général. Ils ne brûlent pas à son contact, mais la craignent tout simplement.
-Et comment un vampire peut transformer une personne en l'un des siens ? Questionna Balin, intrigué.
-Thorin, vous avez raconté au seigneur Elrond, l'étrange « magie » qu'a opéré le vampire sur Kili ? Et bien c'est de cette manière. Il suffit de contaminer le sang de leur victime par un sort maléfique que seul ceux de leur espèce sont capable de faire. Le pire sort que peut recevoir un être vivant, la souffrance est incroyablement douloureuse, et seul deux choix s'offre à lui, rester dans un sommeil éternel en ne trouvant pas la force nécessaire pour se réveiller, condamner à rester ainsi pour l'éternité sans mourir, ou se réveiller et perdre sa propre raison pour satisfaire sa faim et son instinct primaire.
- Et pour le soigner, que faut-il faire ? Reprit Thorin, désirant plus que tout ramené son neveu à son état normal.
-Cette étape est loin d'être simple. Qu'il s'agisse du parcours ou du reste.
-Que voulez-vous dire », dit cette fois-ci Bilbo, très inquiet de la nouvelle étape à passer.
Gandalf prit une bouffée du tabac de sa pipe. Il hésitait à dévoiler entièrement les étapes du parcours, ou seulement leur donner la direction et la démarche à faire. Après une courte pause, le magicien se décida. Mieux valait gardait le silence sur les détails.
« Le chemin n'est pas très long, géographiquement parlant, mais sa traversée est très périlleuse. Il vous faut aller plus au nord de Fondcombe, en direction d'Angmar. Votre destination est à mi-chemin, où vous trouverez un temple en ruine. Je pourrais m'occuper des préparatifs, mais le plus dur sera certainement d'y aller en compagnie de Kili. Car nous devrons voyager avec lui, dorénavant.
-Est-ce que Kili… conserve toujours des souvenirs de nous ?
-Oui, mais sa soif fera fie de tous ces liens qui vous unie et la nature sauvage d'un vampire prendra le dessus. »
Quoique dise Gandalf, Fili avait une idée. Le tout était de savoir comment s'y prendre pour l'exécuter, car il suffisait que Kili n'ait pas faim durant leur voyage, et surtout, qu'ils puissent lui expliquer ce qu'il avait pour l'instant.
Thorin était tout aussi déterminé à aller dans ce temple, même s'ils devaient faire un détour dans leur chemin initial. Si c'était pour sauver son neveu, alors il le ferait. Tous les autres nains étaient du même avis, mais avant que chacun s'apprête à partir, Gandalf rajouta un dernier détail.
« J'ai un dernier conseil, il serait plus prudent de partir en petit nombre. C'est pour cela que Thorin, Bilbo et moi iront seuls amener Kili dans ce temps.
-Je viens aussi ! Rugit Fili, mécontent d'être laissé de côté alors qu'il s'agissait de son propre frère.
-Fili, je ne peux permettre que vous veniez aussi…
-Quoiqu'il en coûte, j'irais. Kili est mon frère, et c'est à moi de prendre soin de lui. »
Devant l'insistance du nain, Gandalf dû plier l'échine, décidément, l'entêtement des nains tenait à sa réputation. Le magicien annonça qu'ils partiraient le lendemain, en attendant, ils devaient tous se reposer.
*Je voulais juste vous dire que j'ai inventé en partie, quelques détails à propos des vampires pour changer la vision qu'on avait d'eux généralement. Enfin, non pas vraiment, mais vous avez bien vu, j'ai changé des détails (comme la façon de devenir vampire…)
