Bonsoir mes chères lectrices !
Surprise, je vous livre le second chapitre de cette fic, qui je le rappelle, est le cadeau de Noël de Louisalibi, dans le cadre du Secret Santa du Collectif NoName ! (Plus d'infos sur mon profil pour les curieuses !), mais bien sûr, il est également pour vous toutes !
Je ne vous remercierai d'ailleurs jamais assez pour vos reviews, dans l'ordre, Kerylos, Adalas, A Nosebleeding Serial Shipper, Elizabeth Mary Holmes, Elie Bluebell, Brooke Crain (guest), Amelia TheFujoshi, Maeva Cerise, Maya Holmes, Louisalibi, Johnny Boy (guest), Gargouilles, Temi-chou, Shinobu24, et Iamjawnlocked ! (Je vous réponds au plus vite, promis !) Ainsi que les favorites et follows ! ça me fait extrêmement plaisir, merci, merci, merci !
Alors petite info pour certaines d'entre vous qui ont été surprises de voir John avec des lunettes. Je me suis basée sur les magnifiques travaux d'Archiaart, qui nous livre un John à lunettes fragile et tellement mignon ! Il me fait totalement craquer, je l'avoue. Désolée si ça vous paraît du coup un peu OOC.
D'autre part, attention, vous allez être surprises ! J'ai remarqué que beaucoup d'entre vous avaient fait l'"erreur" dans le premier chapitre, alors accrochez-vous à vos chaises, ça va déménager.
Maya, pardonne-moi, tu le sais que j'aime l'Histoire.
WARNING : Comme vous vous en doutez certainement déjà, au vu de la fin du premier chapitre, ça manque un peu de consentement des deux parties tout ça... Et ne pas prendre en compte la volonté de son ou sa partenaire, c'est bien évidement mal, dégueulasse, et ça peut entraîner au viol. et NON, rien ne pardonne ce geste hideux. Personne n'est responsable de ce qui lui arrive, dans ces cas là. Et c'est bien ce que je compte vous démontrer par la suite...
Des bisous à toutes, et bonne lecture !
Le monde qui entourait John n'était composé que d'objets flous, lointains. Les sons étaient étouffés, et tout semblait se passer au ralenti alors que ses genoux entrèrent en contact avec le sol dans un léger décalage.
L'arrière de ses cuisses vint épouser le contour de ses mollets, et ses muscles fessiers se posèrent sur ses talons relevés.
James ouvrit son jean.
John, mis à mal par sa vision troublée par les larmes et le malaise qui le saisissait, ne se concentrait plus que sur un point, droit devant lui.
Il avait peur.
Il ne voulait pas.
Non, non, non ! Il ne voulait pas !
Son esprit criait, mais son corps refusait d'obéir.
James commençait à s'approcher.
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Des pas se firent entendre sur le carrelage des toilettes. Au loin, dans son esprit, John ne put que rire amèrement à la risibilité de la scène. Quelqu'un allait réellement soulager sa vessie en même temps, peut-être dans la stalle d'à côté ? S'il avait pu, il aurait ri. De dépit.
Les semelles grinçaient doucement sur le sol, mais ne faisaient pas le bruit caractéristique des baskets.
Elles firent quelques pas, s'arrêtèrent un instant, avant de revenir près de leur cabine.
James ne s'était pas approché plus, préférant éviter tout bruit supplémentaire en attendant que l'intrus ne s'en aille.
Il avait cependant posé une main sur le sommet du crâne de John, lourde, imposante, à la fois l'intimidant, s'assurant que John ne ferait pas non plus de bruit, et lui rappelant également ce pour quoi il était là.
Les semelles grincèrent de nouveau, pivotant sur leurs talons avant de venir se planter juste devant leur porte.
Il y eut une seconde de silence total. John avala difficilement sa salive, la faisant glisser dans sa gorge presque entièrement fermée par l'angoisse. Il était persuadé que les battements de son cœur furent ce qui les fit remarquer.
Deux coups brefs ébranlèrent légèrement la porte de leur cachette.
John laissa échapper bruyamment l'air de ses poumons, se rendant compte en même temps qu'il avait retenu sa respiration sans s'en rendre compte.
Et lorsque la voix de l'autre côté du panneau de bois s'éleva, si reconnaissable pour John, son corps s'effondra sur lui-même, comme dépourvu de muscles et d'articulations.
« John, je te prierai d'abandonner toute activité incessamment, je requiers ton aide pour la rédaction du compte-rendu de TP de chimie. C'est de la plus haute importance, alors même si tu es déjà impliqué dans une activité qui je suis sûr est parfaitement utile et volontaire, merci de sortir immédiatement. J'attends. »
La main de James, auparavant posée sur la tête de John, et qui avait regagné son flanc lorsque celui-ci s'était effondré, s'abattit violement en un poing serré contre le contre-plaqué peint en vert de la porte.
« Dégage de là, abruti ! » exhorta-t-il, rayonnant de colère.
Un léger clic résonna contre les parois carrelées, et la porte qui les séparait de Sherlock s'ouvrit.
« Oh, je dérange, peut-être, Sholto ? »
Le dernier mot fut craché comme un serpent son venin. Sherlock reprit, un air totalement innocent sur le visage.
« Je pense que, de nous trois, ici, l'abruti, c'est toi. Pas que tu aies une dégénérescence du cerveau, ça non, il est parfaitement normal. Tu ne sais juste pas l'utiliser comme une personne moyenne. Je dis bien moyenne. Ennuyeux. Tes parents devaient avoir tellement d'espoir en toi, à une époque. Avant que tu ne leur démontre à quel point ta matière grise s'apparente à une huître. Vraiment, ça en devient lassant, en même pas une minute. John, comment fais-tu pour supporter de rester près d'un idiot pareil ? Il réduit à lui tout seul le Q.I de toute l'école. »
En entendant son nom passer dans la tirade que venait de donner Sherlock, John redressa vivement la tête, faisant craquer une cervicale au passage. Son esprit déjà embrumé par le comportement de James se vida totalement.
Un battement. Deux battements. Trois battements de son cœur, avant que tout ne s'accélère.
James, furieux, se jeta en avant pour attraper Sherlock.
Sherlock, lui, referma brutalement la porte, le visage de James s'écrasant durement contre la surface pleine.
La porte s'ouvrit de nouveau, laissant James terminer sa course contre le sol alors que Sherlock se penchait vers John, saisissant son bras pour le propulser contre ses pieds et le traîner derrière lui, courant hors de la pièce et du bâtiment.
John se laissa mener docilement jusqu'à un angle de l'édifice surplombant un carré d'herbe verte ombragée.
Il stoppa net lorsque Sherlock le lâcha pour agripper les premiers barreaux d'une échelle à crinoline.
« Mais… Qu'est-ce que tu fais ?! C'est interdit ! »
Sherlock le regarda avec une moue désabusée.
« Ah. Tu parles. C'est un avancement dans la gestion du choc émotionnel. John, pour le moment, ni toi, ni moi ne voulons être retrouvés, et pour ça, quoi de mieux qu'un endroit interdit pour John-l'élève-modèle ? Suis-moi. »
Contre toute logique, John obtempéra.
Ils grimpèrent hâtivement l'échelle et atteignirent le toit-terrasse. John suivit alors Sherlock entre les différentes installations aérauliques qui le parsemaient, jusqu'à atteindre une surface plus dégagée.
Sherlock attrapa son sac derrière un bloc de béton avant de s'installer sur celui-ci et sortir une feuille froissée et déjà toute gribouillée de son écriture illisible.
« Sherlock ?...
- Le TP de chimie, John ! »
Sherlock ne releva pas les yeux de sa copie, un stylo coincé entre les dents, et tendit un bras dans sa direction, un mouchoir coincé entre l'index et le majeur.
Parce que John pleurait à chaudes larmes, sans s'en rendre compte. De lourdes perles salées roulaient en abondance sur ses joues.
De désespoir. De peur. De soulagement. De reconnaissance.
Sherlock écrivait, ne prêtant pas attention à lui. Ou le feignant avec beaucoup de talent.
Le cœur douloureux de tant d'émotions, mais l'esprit soudainement plus léger, John se laissa aller tout son soûl.
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« Messieurs, comment pensez-vous justifier votre retard, exactement ? » vociféra leur professeur de mathématiques – encore – lorsqu'ils passèrent la porte. Je ne suis pas étonné par Monsieur Holmes, mais vous, Monsieur Watson ! À votre place, j'aurais honte ! Vraiment, moi qui pensais pouvoir compter sur vous !
- C'est de ma faute. » l'interrompit Sherlock.
John, qui jusque-là avait baissé le nez de honte – ça ne lui était effectivement jamais arrivé d'être en retard, il mettait même un point d'honneur à être en avance – se redressa pour contempler Sherlock, les sourcils haussés de surprise.
« Je le savais ! On ne peut décidément pas vous faire confiance ! J'attends toujours une explication !
- J'ai demandé à John de m'expliquer un exercice que je n'avais pas compris, et n'ai pas vu l'heure passer. Lorsque la sonnerie a retentit, nous étions en plein milieu d'un raisonnement, alors je lui ai demandé de le terminer avant de ranger nos affaires, et accourir ici. »
Le professeur regarda Sherlock avec des yeux plissés de scepticisme, mais sembla finalement convaincu.
John se contenta de cligner bêtement des yeux. Sherlock était vraiment un professionnel du mensonge – en même temps, comment expliquer à un membre peu amène du corps professoral qu'ils avaient attendu dans un lieu interdit que l'ensemble des élèves soient en cours pour s'assurer de ne pas croiser un autre étudiant ?
En s'asseyant à sa place, John laissa échapper un petit soupir de soulagement. Contre toute attente, Sherlock l'avait sorti de deux situations épineuses en l'espace d'une heure, et John lui en était extrêmement reconnaissant.
Le brun avait réussi à le consoler à sa manière, sur le toit. Il était loin d'être sorti de cette histoire, car il faudrait bien confronter James à un moment ou à un autre, mais il n'en avait pas la force. Pas maintenant. Pas après… ça.
Mais Sherlock lui avait permis d'éviter le pire, et n'avait pas tenté de faire parler John ensuite.
Il parvint finalement à se concentrer suffisamment sur les cours pour suivre ce que ses différents professeurs de l'après-midi racontèrent, laissant ses problèmes de côté.
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Après s'être assuré que James n'était plus dans les parages lorsqu'il sortit des cours, toujours flanqué de Sherlock, il s'apprêta à rentrer à pieds, mais une berline noire glissa silencieusement dans leur périphérie avant de s'arrêter devant eux.
Sherlock fit rouler ses yeux dans leurs orbites, et John se tourna vers lui, surpris.
Avant qu'il ne puisse le questionner sur le sujet, la fenêtre arrière s'ouvrit, laissant apercevoir le visage d'un homme.
Un homme, le reconnut immédiatement John, qu'il avait vu le jour de l'arrivée de Sherlock. Ne fixant que le brun, celui-ci prit la parole :
« Cher frère, déjà en train de causer des ennuis ?
- Occupe-toi de tes oignons – ou plutôt de tes cupcakes, Mycroft ! »
L'homme dans la voiture laissa échapper un petit rire sans joie, son regard ne montrant rien d'autre que de l'ennui.
« Montez. »
Levant une nouvelle fois les yeux au ciel, Sherlock contourna le véhicule pour en ouvrir la seconde portière passagère, et fit signe à John de monter.
Une fois les ceintures bouclées, la voiture se remit en mouvement.
John se retrouvait coincé sur le siège du milieu, ses cuisses touchant chacune des deux personnes malgré ses efforts, et le silence était de plomb. Plus que mal à l'aise dans cette ambiance, John rentra la tête dans son cou et se fit le plus petit possible.
La voiture fit une halte, et c'est à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il était devant chez lui.
Sherlock s'extirpa de son siège pour le laisser sortir, et ils se fixèrent un instant sans savoir quoi se dire, jusqu'à ce que John ne se racle légèrement la gorge par réflexe.
« Hmm, merci, Sherlock, je vais y…
- En fait, John, j'aimerais bien rester un peu plus longtemps avec toi, si ça ne te gêne pas. Je préfèrerais que tu ne sois pas seul quand James viendra, et j'en profiterai pour copier sur ton devoir d'histoire.
- James ? Tu crois qu'il … ?
- Ne mens pas, je sais que tu l'as terminé il y a deux jours. Et tu sais à quel point je trouve cette matière inutile pour mon fonctionnement. Trop de place nécessaire dans le disque dur.
- Mais Sherlock…
- Vraiment, John ? Je déteste me répéter. Devoir. D'histoire. »
Ayant compris que le brun ne lâcherait rien, John affaissa les épaules de dépit, avant de se raisonner.
Au moins, il aurait une distraction pour l'empêcher de broyer du noir toute la soirée comme il avait prévu de le faire.
Il aurait pu, il aurait dû, se rebiffer, expliquer à ce malpoli qu'on ne pouvait pas s'inviter chez les gens comme ça, mais il n'en avait au final ni la force, ni l'envie.
Après tout, Sherlock faisait ça pour lui, et il n'en était plus à un geste près…
Soupirant, il le regarda enfin dans les yeux.
« Très bien, mais s'il te plaît, comporte-toi bien devant mes parents ! »
Après un « Mais pour qui me prends-tu ? » offusqué de la part de Sherlock, le chauffeur du véhicule se remit en route, emportant avec lui Mycroft Holmes. Ils restèrent un instant sur le pas de la porte, avant que John ne s'ébranle finalement et l'ouvre, annonçant sa présence à sa mère qui était déjà rentrée.
Elle apparut dans l'encadrement de la porte menant à la cuisine, s'essuyant les mains sur un torchon.
« Bonjour John, déjà rentré ? Oh, tu nous as amené un ami ? Enchantée, je suis Anna, la maman de John. » termina-t-elle en lui tendant la main.
Sherlock la serra avec un doux sourire aux lèvres.
« Et moi Sherlock, enchanté également. Je vois que vous êtes en train de cuisiner, je peux vous aider pour quelque chose ? »
John eut du mal à faire un lien entre le Sherlock qu'il a rapidement appris à connaître (vil, mesquin, aux paroles brutales), et celui qui se tenait devant sa mère (l'air doux, souriant, poli… poli !).
Il offrit un sourire à sa mère lorsque celle-ci le regarda de nouveau.
« Eh bien, John, sois un bon hôte, ne laisse pas ton ami dans l'entrée, propose-lui quelque chose à boire !
- Oui, oui, tout de suite ! »
Ses joues s'empourprèrent d'embarras, et il se dirigeait déjà vers la cuisine quand un doux rire atteignit ses oreilles. Il se retourna brusquement pour voir un large sourire disparaître derrière la main gantée de Sherlock.
« Ça ira, Madame Watson…
- Anna, le coupa-t-elle.
- Anna. Je n'ai pas soif, merci. En revanche, sans vouloir paraître malpoli, nous avons un devoir d'histoire à remettre dans les plus brefs délais et… laissa-t-il traîner.
- Oui, oui, je comprends, bien sûr ! Filez !
- Merci maman ! » termina John.
Il fit un signe de la main à Sherlock en direction des escaliers, et celui-ci se mit en marche, passant devant le blond qui comptait à la base lui montrer le chemin.
Sur le palier, John put voir Sherlock scanner rapidement chaque porte avant d'en choisir une, et de se diriger sans hésitation vers celle-ci.
Evidemment, il avait correctement deviné laquelle était la sienne, malgré l'absence d'indices visibles par le commun des mortels.
Sherlock ouvrit la porte et s'installa immédiatement sur le lit de John, à ses aises. Celui-ci feignit un soupir exaspéré, avant de retirer sa veste, de la suspendre à sa place, et de s'installer à son bureau en ouvrant son sac.
« Bon, pour ton devoir d'histoire. Je peux te donner les grands axes que j'ai développé, mais pour le reste, tu te débrouilles, mémoire effacée ou non.
- John.
- Non, je n'ai jamais laissé quelqu'un me copier bêtement dessus, je ne vais pas commencer maintenant.
- John.
- Sherlock. Ce n'est pas difficile. Tu as juste à réorganiser ton argumentaire avec les points vus en cours.
- John.
- Quoi ?! » demanda-t-il, légèrement excédé. Sherlock pouvait insister autant qu'il voulait…
Sherlock, justement, s'était redressé de sa position avachie et s'était rapproché du bord du lit, près de lui.
Ses yeux gris (bleus ? verts ? Même de près, il était incapable de choisir une couleur pour les définir) le fixaient d'un air grave.
« Sherlock ? » demanda-t-il doucement, soudainement conscient de leur proximité relative.
Le brun prit encore quelques secondes pour l'observer avant de prendre la parole.
« Tes bras. Tu ferais mieux de les couvrir, si tu ne veux pas que tes parents remarquent quelque chose. »
Surpris, le regard de John plongea, observant attentivement ses mains et ses bras.
« Pourquoi tu dis… »
Là. En haut de son biceps. A moitié masqué par la manche de son tee-shirt.
Juste là, sur sa peau blanche, une marque, deux, quatre marques distinctes se démarquent de leur bleu violacé.
Doucement, refusant d'y croire réellement, il tourna son bras sur lui-même, dévoilant à la lumière de son plafonnier, une cinquième marque, opposée aux autres.
Des traces de doigts. Les doigts de James, enfoncés dans sa chair au point de briser les capillaires et de créer des hématomes flagrants…
John sentit une avalanche emporter son estomac, la réalité le frappant de plein fouet, se rappelant à lui sous la forme de ces bleus laissés par la personne qu'il chérissait…
Doucement, mais sûrement, sa gorge s'obstrua, et ses yeux s'embuèrent, son esprit s'envolant quelques heures en arrière…
James…
Il avait tenté d'oublier, tenté de s'occuper sur autre chose, mais au final l'effort était inutile, la douleur revenant au galop contre son cœur.
Il sentit une main aux longs doigts chauds se glisser sur la sienne, qui reposait sur son genou. Sherlock, d'une légère pression, lui rappela sa présence à ses côtés.
De son autre main, John retira ses lunettes avant de se frotter les yeux, tentant de retenir ses larmes.
Sherlock se pencha vers lui, murmurant son prénom d'une voix douce.
La porte s'ouvrit brutalement, pivotant sur ses gonds avant de rencontrer avec fracas son mur porteur.
« James ?! »
Stupéfait, John se leva de sa chaise à la vue de son petit ami fulminant dans l'encadrement de la porte.
« Eh bien, je vois qu'on ne perd pas de temps !
- Non James, ce n'est pas ce que tu crois !
- Et qu'est-ce que je dois croire, exactement ? Explosa-t-il. Tu te barres avec ce mec alors que tu étais avec moi, tu disparais toute l'après-midi, et quand finalement je te trouve, tu es déjà en train de le tripoter !
- Mais, James… tenta difficilement John.
- Te fous pas de ma gueule ! Après tout ce que tu as dit sur lui, tu fais maintenant ami-ami ? Mon pauvre, il doit vraiment te manquer quelque chose pour essayer de te faire ce taré ! Ou alors non, c'est lui qui te paye pour tapiner ? Fallait le dire si tu aimes ça à ce point, je suis sûr qu'on aurait trouvé un arrangement, tous les trois, pour satisfaire ta soif de petite pute ! »
John recula aux mots venimeux de James, blessé et tremblant. Ses genoux rencontrèrent sa chaise de bureau et il faillit tomber, se rattrapant au dernier moment sur son bureau, dont plusieurs classeurs tombèrent en éparpillant leur contenu.
Il détourna le regard, ne voulant voir ni la colère de James, ni le dégout de Sherlock.
Ses yeux s'humidifièrent encore une fois, et bon dieu, quand allait-il enfin arrêter de pleurer ? Il était plus fort que ça ! Il se gifla mentalement d'être aussi faible, de ne pas arriver à ce que James le supporte…
« Sholto. » cracha froidement Sherlock.
John redressa brusquement la tête au son de sa voix, pour voir que Sherlock était debout, quelques pas devant lui, et qu'il semblait être tout sauf de bonne humeur.
Sa voix grave retentit de nouveau, vibrante sur les bords.
« D'une part, je pense qu'après tout ce que tu as fait, John mériterait un peu plus de respect, même venant d'un lâche comme toi ! D'autre part, je ne serais pas là avec lui s'il pouvait compter sur toi au lieu de te redouter, mais il semblerait que tu sois incapable de réagir autrement que par la haine. Désolé, mais une relation, ce n'est pas ça. Tu ne mérites pas l'amour que te porte John. Tu ne mérites personne, à vrai dire. Quand comprendras-tu que blesser la seule personne qui tient à toi encore et encore ne t'apportera rien de plus que la solitude ? Je plains les gens aussi faibles que toi. Tellement faibles qu'ils ont le besoin de rabaisser les autres. John n'a rien fait qui méritait une « correction ». Tu as décidé de lui en donner une quand même, pour te prouver que tu es fort. Personne n'a de droit sur personne. Surtout pas des gens aussi vils et malsains que toi. Tu me dégoutes ! »
James sembla mettre quelques secondes à accuser la tirade que venait de lui servir Sherlock.
John put voir différentes émotions traverser son visage (étonnement, stupéfaction, puis colère, rage). Il put voir le moment où James choisit de laisser tomber les mots pour l'action.
John fit un brusque pas en avant, dont la foulée le porta presque aux côtés de Sherlock.
« Pars, James. » s'entendit-il dire.
Son esprit était vide, blanc. Il était calme, apaisé. Il savait ce qu'il devait faire.
Il répéta :
« Pars. Je ne veux plus te voir. Tu m'as fait trop de mal, et j'aurais dû me rendre compte bien plus tôt que tu étais nocif pour moi. J'étais naïf, j'étais amoureux. Mais tu as tué cette personne, James. Il est temps pour moi de me reconstruire. D'être à nouveau moi-même. Pars. Va-t'en. Ne m'approche plus jamais. »
Le visage de James perdit toute couleur devant eux.
Après quelques instants d'hésitation, il commença finalement à faire demi-tour, mais s'arrêta sur le pas de la porte, fixant John d'une détermination froide et meurtrière.
« On règlera ça une autre fois. Et crois-moi, tu auras des comptes à me rendre. »
Et James partit. Ils l'entendirent dévaler les escaliers puis parcourir le couloir avant de claquer violement la porte d'entrée.
Soudainement faible, John s'effondra en position assise sur son lit, avant que ses genoux tremblants ne le lâchent. Sa gorge se serra de nouveau, et cette fois-ci, les sanglots ne purent être retenus. C'est en larmes que le découvrit sa mère un instant plus tard, montée, inquiète, voir ce qu'il s'était passé après le grabuge qu'avait fait James en partant.
Sherlock, lui, s'était reculé d'une grande distance, fixant le sol pendant qu'Anna serrait John dans ses bras.
Parmi le flot de larmes, John réussit à souffler :
« Je crois que je viens de quitter James… ».
Alors, vous vous êtes remises de vos crises cardiaques ? Promis, l'angst, c'est bientôt fini. Bientôt. Niehehehe *oups*
