Fandom : HP

Disclamer : Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling

Personnage : Rusard

Résumé : Par un coup de maladresse, Argus Rusard se retrouve confronté à son passé et livre ses souvenirs à une Miss Teigne attentive. Plongez, vous aussi, dans l'univers de ce personnage énigmatique...

Titre : Errance

Chapitre 5 : Rusard – 11 ans


Sortant à peine de ses pensées, Miss Teigne poussa une photo vers Rusard en ronronnant. Le concierge prit la photo avec émotion. Sur cette dernière on pouvait voir Cassandre tenant fièrement une baguette dans sa main.

Après une nuit très courte et un réveil difficile, Argus dut à nouveau suivre les rituels et habitudes du pensionnat, mais tout cela commençait déjà à lui peser. Il n'avait qu'une idée en tête : débuter les cours et apprendre enfin de nouvelles choses passionnantes.

Il trouva une nouvelle technique pour ne pas être constamment perdu : suivre Junior partout. En effet, le jeune garçon avait les mêmes cours que lui et semblait l'accepter dans son entourage, même s'il ne lui adressait pas beaucoup la parole. Il lui proposa néanmoins de s'assoir sur le pupitre voisin du sien dans la salle de classe.

La directrice passa leur apporter leurs emplois de temps. Et prit la parole devant toute la classe :

- Bienvenue à tous à Brighton Secondary School. J'espère que cette année sera riche pour vous sur bien des points. Que vous apprendrez les règles de notre école et que aurez à cœur de réussir. Pour ceux dont les dossiers ne sont pas complets, M. Rusard et M. Smith, pensez à me faire parvenir les pièces manquantes dans les plus brefs délais. Merci et bonne année à tous.

Quand la directrice quitta la salle, un brouhaha s'installa. Les enfants commentaient leur emploi du temps. Argus, lui, le lisait incrédule : il ne savait même pas à quoi certaines matières correspondaient : que pouvait bien signifier « algèbre » ou encore « géographie ». Le petit garçon commençait à prendre conscience que le monde des moldus en plus d'être hostile et effrayant était aussi complètement différent du sien, et que rien de ce qu'il n'avait appris auparavant ne lui serait utile parmi ses nouveaux camarades.

Heureusement pour lui, la journée commençait par de l'anglais, et il parlait très bien anglais. Il pensa que ce cours ne serait pas celui qui lui poserait le plus de soucis.

L'institutrice entra dans la salle et tous les élèves se levèrent, suivit par Argus avec un temps de retard. Elle avait un air sévère, des traits tirés et un chignon bien serré qui couronnait sa tête. Elle fit très rapidement l'appel puis leur donna tout de suite du travail :

- Ce matin nous allons travailler les rédactions. Vous allez donc rédiger un texte de 20 lignes sur vos vacances, que vous lirez ensuite devant toute la classe. Ca nous permettra de mieux se connaitre. Vous avez une heure pour faire cela.

Argus ouvrit donc son pupitre pour prendre son matériel et commencer sa rédaction. Il fut surpris de ne pas y trouver de parchemin, mais il imita ses voisins qui avaient pris un drôle d'objet assez fin et de couleur bleue. En l'ouvrant il comprit qu'il s'agissait d'une sorte de livre mais avec du parchemin vierge à l'intérieur. Et ce parchemin possédait des lignes. Quelque chose de bien étrange. Puis il trouva une sorte de plume et un encrier. Cela lui rappela les cours avec sa maman et Cassandre.

Une fois tout le matériel sorti, il se demanda de quoi il allait bien pouvoir parler. Il savait qu'il ne pouvait pas aborder la magie en face des moldus sous peine d'avoir de gros soucis avec le ministère. Mais comment pouvait-il raconter ses vacances sans parler de sa vie et de son monde. Ce cours s'annonçait finalement bien plus difficile que prévu.

Au bout d'une heure, l'enseignante demanda à chacun de lire son devoir à tour de rôle. Argus écoutait à peine ce qu'il se disait, il était bien trop stressé à l'idée de devoir prendre la parole pour lire ce qu'il avait écrit sur sa feuille. Ce fut enfin à son tour de s'exprimer :

- Mes Vacances… Cette année je n'ai pas vraiment eu de vacances. Je suis restée au manoir avec ma mère et ma petite sœur. Le matin nous devions faire des devoirs et travailler sous la surveillance de ma mère. Et l'après-midi, je jouais avec ma sœur. Le soir, mon papa rentrait tard du travail et on devait l'attendre pour manger… Euh… C'est tout.

- C'est un petit peu trop court M. Rusard. Il faudra refaire ce devoir pour le prochain cours.

- Mais je ne sais pas quoi dire d'autre.

- Vous pouvez décrire les jeux auxquels vous jouiez avec votre petite sœur. Ou encore raconter un moment marquant de vos deux mois d'été.

Argus n'écouta pas plus ses autres camarades trop stressé par ce devoir supplémentaire. Il ne savait vraiment pas comment décrire des choses qu'il n'avait pas le droit de raconter. Et surtout, il ne savait pas ce qui existait chez les moldus. Comment, dans ces conditions, réussir son devoir ?

A la fin du cours, Argus était tellement inquiet et stressé qu'il ne remarqua même pas que ses camarades s'étaient tournés vers lui.

- C'est quoi ton nom déjà, demanda un garçon plus petit que lui.

- Je m'appelle Argus, et toi ?

- Je m'appelle James. C'est bizarre Argus comme prénom. T'as déjà fait du cheval toi ? Moi j'en ai fait pendant les vacances avec mon cousin, c'était trop bien.

Argus se demanda comment on pouvait faire un cheval. Mais, les moldus lui semblaient tellement étrange qu'il ne releva pas cette information. Il n'eut pas le temps de répondre que Junior prenait la parole.

- Moi aussi j'ai fait du cheval cet été. On était sur la plage de Brighton. C'était super, et je suis même pas tombé.

Les deux garçons se mirent à discuter avec animation sous le regard intrigué d'Argus qui tentait de comprendre ce que c'était que cette histoire. Il en vint à la conclusion que cela ne consistait pas à fabriquer un cheval et que c'était plutôt dangereux, mais il n'était pas prêt d'élucider ce mystère puisque le professeur suivant venait d'arriver.

- Bonjour, je suis Mrs Quick, votre professeur d'algèbre. Pour ce premier cours, je vais vous faire passer un test assez simple pour voir votre niveau dans la classe.

Elle commença à écrire une série de chiffres au tableau entrecoupée de symboles étranges pour le petit Argus. Autours de lui, il observait ses camarades qui complétaient les trous sans difficultés apparentes. Il décida de recopier au moins ce qui figurait au tableau et mis des nombre au hasard en guise de réponse. Jamais au manoir, il n'avait observé de telles choses. La dernière question néanmoins ne lui posa aucune difficulté : un « problème ». Cela ressemblait à un énoncé de potion où on demandait de calculer des quantités pour faire un gâteau.

Bien évidemment, il eut fini avant tout le monde. Cela étonna beaucoup son professeur, mais cela laissa le temps à Argus de réfléchir à son devoir de français.

L'après-midi, au grand plaisir du jeune cracmol, était consacré à la pratique sportive et il se plia aux exercices sans comprendre grand-chose. Mais, pour une fois, il n'avait pas de gros écart de niveau par rapport aux autres.

Le soir, alors qu'il planchait sur son devoir de français tout en pensant à ces mystérieux signes en algèbre, un surveillant vint le chercher dans le dortoir.

- Mr Rusard, une jeune personne vous attend dans le hall. Je vous rappelle que les visites sont interdites pendant la semaine. Veillez à ce que ça ne se reproduise plus.

Argus acquiesça et se dépêcha de rejoindre le hall. L'identité de son visiteur l'intriguait et l'inquiétait en même temps. Peut-être était-ce un représentant de Poudlard s'étonnant de ne pas l'avoir vu au banquet, son hibou aillant eu beaucoup de retard. Ou bien encore sa mère, s'excusant pour la mauvaise blague et le ramenant chez eux. Ou bien, sa tante Hermitrude qui…

Mais quand il arriva dans le hall, c'est la silhouette de sa sœur qu'il reconnut. Elle l'attendait, un peu penaude au milieu du grand hall hostile.

- Sandy ! Qu'est ce que tu fais là ?

- Il fallait que je te voie pour te montrer quelque chose !

- Comment as-tu fait pour venir ?

- J'ai appelé le magicobus.

- Il faut une baguette pour appeler le magicobus Sandy !

- Justement, tu as un endroit tranquille ?

Argus la conduisit vers sa salle de classe le plus discrètement possible. Une fois sur place, il ferma la porte et se tourna vers sa petite sœur.

- C'est quoi cette histoire de baguette ? Si tu as pris celle de papa, il va être furieux !

- Non, regarde !

Cassandre sortit une baguette de son sac. Une baguette en bois sombre et plutôt courte, bien différente de celle de leur père.

- Tu as… tu as une baguette !

- Oui, je suis allée l'achetée ce matin avec maman. Je voulais absolument te la montrer.

- Mais c'est génial ! Il faut que je prenne une photo.

- Une photo ? Tu peux pas, on est chez les moldus je te rappelle.

- J'aurais du mal à l'oublier. J'ai passé une journée horrible. Mais j'ai un appareil moldu, cadeau de maman aussi.

Argus sortit l'appareil de son sac et prit sa petite sœur en photo. Elle était rayonnante avec sa baguette fièrement pointée devant elle. Le jeune garçon était heureux de voir sa sœur avec un si beau sourire.

- Cassandre, tu me manques beaucoup, c'est dur la vie ici tu sais. Je ne comprends pas grand-chose et j'ai du mal à discuter avec les autres garçons.

- Je pourrais venir te voir souvent. Et on discutera tous les deux comme ce soir.

- Non Sandy, c'est trop dangereux pour toi. Tu n'as pas le droit de faire de la magie, ni de partir du manoir ainsi. En plus, je n'ai pas le droit de recevoir de la visite en semaine, ça m'attirerait des ennuis.

- D'accord, mais je t'enverrai des hiboux.

- Tu ne peux pas envoyer de hiboux non plus, on est chez les moldus ici.

- C'est compliqué tout ça.

- Oui, c'est compliqué. On en reparlera aux vacances.

Argus raccompagna sa sœur jusqu'à la porte de l'école le cœur serré. Quand il regagna le dortoir ses petits camarades l'attendaient.

- Gugus a une petite copineuh ! Gugus a une petite copineuh !

Il eut beau tenter de leur expliquer qu'il s'agissait de sa sœur, rien y faisait et Argus passa le reste de la soirée dans son coin à les ignorer, pensant juste à la joie de sa sœur et au plaisir de l'avoir revue.

Alors qu'il reposait la photo de sa sœur avec émotion, Rusard chercha des yeux une autre photo qui semblait lui tenir autant à cœur. Quand il eut mis la main dessus, il soupira avec lassitude. Il s'agissait d'une photo d'un paquet grossièrement emballé dans du papier kraft et posé sur une petite table.


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