Hiiii, hi, hi, hiiiii ! Joyeux Halloween, mes petits morveux ! Préparez les friandises, invitez vos amis morts-vivants et faites tourner la potion ! Ce soir, c'est moi qui régale !

Et nous voici réunis pour l'ultime suspense ! Que va-t-il se passer ? Nos amis réussiront-ils à sauver le monde avant minuit ? C'est ce que vous allez savoir tout de suite !

Disclameur : Les vidéastes présents sont ici en tant que personnages. Les autres découlant de leur univers leur appartiennent et ceux du Visiteur du Futur sont à François Descraques.

Et maintenant, tous en balai volant !


Chapitre 5 : Poudre de perlimpinpin

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Nos amis ont réussi à semer les loups-garous et ont retrouvé Mathieu et Jeanne dans le portable d'Antoine. Après avoir traversé un boulevard des plus effervescents, ils arrivent enfin à destination. Mais ils ne sont pas au bout de leurs peines.

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Adossés à côté de l'entrée, trois adolescents, deux filles et un garçons, semblent ne rien inspirer de bon.

Le petit groupe s'arrête de suite.

- Croyez-vous qu'ils sont contaminés ? chuchote Mathieu.

- Je ne sais pas, avoue le Visiteur. Je propose que l'un de nous aille les voir pour vérifier qu'ils sont bien pacifiques.

Parmi eux, on pourrait entendre une mouche voler.

- Bien, bien... soupire le clochard. Nous devons donc faire un pierre-feuille-ciseaux.

- Moi, j'aurais bien aimé me rendre utile, déclare leur ami virtuel, mais là où je suis, je ne peux pas faire grand chose.

Le jeu du sort (Jedusor /SBAFF/) est lancé. Antoine gagne la première manche avec pierre contre ciseaux. Le résultat est égal pour la deuxième avec deux feuilles. C'est finalement Links qui perd la troisième en faisant pierre contre feuille.

- Chai ! le nargue son adversaire.

Peu rassuré, le mal-aimé du destin se dirige d'un pas hésitant vers les trois jeunes gens devant la grille du cimetière. Mais à peine est-il arrivé à mi-chemin qu'il s'arrête, se retourne puis revient à son point de départ.

- Vous... Vous voulez vraiment que j'y...

- Mais OUI ! s'irrite le chef des opérations en tapant du pied. Dépêche-toi d'y aller parce que tu es vraiment ridicule, là. Et je me permets de te rappeler que, s'il y a un petit zizi ici, c'est...

Il s'interrompt, papillonne des yeux à la recherche d'un argument, puis il bafouille :

- Bah, déjà... C'est... Ce n'est pas moi, hein ? Tout le monde le sait très bien.

Il se tourne vers Antoine en quête d'un geste altruiste de sa part. Mais voyant qu'il ne reçoit aucun appuie ni de lui ni des autres, il crache alors :

- Mais c'est toi, le petit zizi ! Alors tu y vas, maintenant !

C'est en rechignant qu'Alexis fait demi-tour d'un pas traînant pour se rendre à la hauteur des trois jeunes.

- Bon... Bonjour, entonne-t-il à leur adresse.

- Bonsoir, lui répondent les trois autres d'une voix traînante.

Mais il n'a pas le loisir de s'en offusquer.

- Ce... Euh... C'est bien le cimetière du Montparnasse ?

Les trois adolescents le regardent avec une expression indéchiffrable qui le met mal à l'aise. Toujours en le fixant et sans piper mot, deux d'entre eux pointent du doigt une plaque dorée fixée en évidence sur la grille avec écrit en gros caractères « Cimetière du Montparnasse ».

- Ah oui... Oui, bien sûr... B-Bien... Merci, bafouille Links qui peine à masquer les tremblotements de sa voix.

« Ouf ! Ils sont inoffensifs, ceux-là ! » se rassure-t-il.

Et le vidéaste fait un signe à ses camarades qui avancent, néanmoins méfiants. C'est alors que l'un des jeunes sort son portable de sa poche et sélectionne une playlist. S'ensuit une voix bien familière qui s'élève dans le calme de la nuit :

« J'étais censé t'aimer mais j'ai vu l'a-avèrse. J'ai cligné des yeux tu n'étais plus la-a mê-ême... »

« Noooon ! » pense Links, abattu.

Piétinant sur place, il fait signe à ses camarades de se dépêcher et tous les cinq, avec Mathieu et Jeanne, entrent dans le cimetière tandis que l'écho de la voix du chanteur s'amenuise :

« Est-ce que je t'ai-aime ? J'sais pas si je-e t'aime. Est-ce que tu m'ai-aimes ? J'sais pas si je-e t'aime... »

- Ça va, Alex ? Tu es étrangement pâle, s'inquiète Antoine tandis qu'ils cheminent entre les premières pierres tombales de l'allée.

- Oui, oui... Je... Je crois bien que j'ai un peu trop couru, affirme Links d'une voix tremblante.

Habitué au boucan qui règne en ville, le silence religieux dans le cimetière les met paradoxalement tous mal à l'aise.

- Où devons-nous nous rendre, au juste ? questionne alors Mathieu.

- Je ne sais pas exactement, lui répond l'homme du futur qui ouvre la marche. J'ai entendu dire que l'objet que nous cherchons se trouve au pied d'un grand arbre.

- Mais des grands arbres, il y en a partout ! s'irrite Antoine. Ça pourrait être celui-là (il en désigne un d'un index presque dénonciateur) ou bien celui-ci !...

- Du calme, tout va bien se passer. Nous n'avons qu'à...

- Oh non ! s'insurge Alexis, soudain revigoré par cette idée. Nous n'allons pas le faire du type film d'horreur en nous séparant ! Les gens qui font encore ça aujourd'hui n'ont toujours pas compris que c'est la pire connerie à faire dans une situation comme celle-là.

- Mais nous aurons plus de chance de le trouver, cet arbre, si nous nous séparons ! élucide celui qui dirige les opérations.

- Attendez, les interrompt Jeanne. Je vais voir si je peux localiser l'objet que vous recherchez. A quoi ressemble-t-il ?

- Eh bien, justement, c'est que... je ne sais pas du tout, avoue le Visiteur en ne sachant plus sur quel pied danser.

Dans l'obscurité que seul l'écran du portable éclaire, il n'y a que Mathieu qui voit son ami aux lunettes lever les yeux au ciel, proche de l'implosion. Si un regard seul pouvait tuer, la foudre se serait déjà abattue sur le fautif. Si bien que ce dernier préfère ne rien ajouter en fuyant les prunelles meurtrières d'Antoine.

- Je vais au moins essayer de localiser le grand arbre. Analyse du terrain.

Tous attendent le verdict du robot tandis qu'ils déambulent lentement dans les allées du cimetière.

- Je détecte cent trente-six arbres différents faisant quasiment la même hauteur, leur confie l'IA en revenant.

- Cent trente-six ?! explose Antoine. Mais comment voulez-vous que nous trouvions cet objet ?

- Il y a une lumière, là-bas ! s'exclame soudain Alexis en pointant l'horizon du doigt.

En effet, une pâle lueur blanche brille au loin. Les quatre acolytes s'en approchent et arrivent devant une pierre tombale sur laquelle est gravé : « Héléna Padenon 1990-2013 ». Agenouillée dos à eux devant cette pierre se tient une jeune femme. Ses cheveux blonds en bataille tombent en cascade sur ses épaules et ses vêtements déchirés et salles par endroits.

La femme mystérieuse se retourne pour les fixer de ses yeux gris. Pas très effrayé après tout ce qu'il a enduré, Antoine fait le premier pas et lui demande si elle connaît l'endroit où se trouve l'objet qu'ils recherchent pour mettre fin à l'épidémie.

- Bien sûr, leur répond le fantôme d'une voix douce. Mais si vous voulez que je vous le dise, il va falloir m'aider à changer mon épitaphe.

- Changer votre épitaphe ? s'interroge le connaisseur du groupe en s'avançant à son tour. Mais pourquoi ?

- Je la trouve fausse. J'aurais aimé qu'elle me corresponde mieux... et qu'elle me fasse moins honte, tant qu'à faire.

Sans en demander plus, Links se penche sur la pierre tombale et y lit :

« Ele vécu bêle et eureuse o millieu de sa famille ki lémai tendremant.»

- Pouvez-vous m'aider à la changer ? lui demande la jeune femme pleine d'espoir.

Compatissant, Alexis accepte et débat avec elle pendant une bonne dizaine de minutes tandis que ses amis s'impatientent.

- Il est vingt-trois heures, vingt-deux minutes, quarante-cinq secondes et six millièmes, les presse Jeanne.

- C'est bon. C'est fini, annonce leur camarade, tout joyeux.

Sur la pierre, on lit maintenant :

« Jeune ange qui s'est envolée trop vite, elle vécut heureuse et riche de l'amour de ses proches et de son amant qu'elle aimait tendrement.»

- Merci beaucoup ! se réjouit la jeune femme en disparaissant lentement. L'objet que vous cherchez se trouvent entre les racines du grand chênes que vous voyez là-bas. Adieu.

Et elle disparaît.

Suivant son conseil, le petit groupe s'éloigne dans la direction indiquée. Mais une fois qu'ils ont suffisamment avancé, le Visiteur pouffe soudain :

- Sérieusement, c'est quoi cette épitaphe proute-proute ? On n'est plus au XIXème siècle, hein ! Elle s'est crue à l'époque de Veau-Passant ou quoi ?

Deuxième regard qui tue de la part d'Alexis.

- C'est Maupassant, le corrige ce dernier.

Un ange passe tandis que le Visiteur se tasse sous les regards accusateurs des deux autres.

- C'est bon ! bafouille-t-il en souriant exagérément. C'est... c'était un blague, hein. Faut avoir du second degré, un peu. C'était juste pour... détendre l'atmosphère. Oh la la ! Mau... Maupassant je l'ai connu, hein. J'en suis un... un grand, grand fan, ah ça oui ! « Demain dès l'aube »... tout ça, ça me connaît. Hein Alex ? Allez, rigole un peu et... Oh ! Regardez, voilà l'arbre !

La diversion fonctionne et ses acolytes se détournent de lui. En effet, face à eux, un chêne plus massif que les autres étend ses larges branches vers la voûte stellaire, comme s'il voulait l'engloutir. Mais quelque chose cloche : quelqu'un est déjà arrivé avant eux. Dans la pénombre, une pelle à la main, une silhouette encapuchonnée creuse entre les racines de l'arbre.

Les trois hommes s'accroupissent aussitôt derrière une pierre tombale, à une dizaine de mètres de l'inconnu. Le bruit de la terre humide que l'on retourne se répercute jusqu'à leurs oreilles.

- Imposteur ! siffle un peu trop fort le Visiteur. Il veut s'emparer de l'objet avant nous. Que faire ? Que faire ? Ah ! J'ai plan. Nous pourrions...

- Yaaaaah ! beugle soudain Antoine en sortant de sa cachette pour se jeter sur le perturbateur, au plus grand désespoir du clochard.

Mais Links le suit déjà alors, puisqu'il est trop tard, le retardataire se jette à son tour sur la silhouette encapuchonnée. L'homme hurle et se débat pour échapper à leur emprise, mais à trois, ils sont bien trop forts pour lui. C'est l'aventurier du futur qui le cloue au sol en premier. Toujours en tentant de l'immobiliser, il le retourne sur le dos et lui ôte sa capuche d'un mouvement vif. Ce geste leur dévoile alors le visage d'un homme assez jeunes aux yeux sombres et à la peau noircie par des traces de terre desséchée. Dans ses yeux luisent un soupçon de colère, mais surtout de la panique et de l'incompréhension face à ce brusque assaut. L'inconnu dévisage un à un ses agresseurs.

- Alexis ? Antoine ? Un gars que je ne connais pas ?

- François ? s'écrie les deux autres.

- Ah... Vous le connaissez aussi ? leur demande le quatrième sans pour autant paraître étonné.

- Vous m'avez fichu une sacré frousse, Pupuce a failli faire une crise cardiaque à cause de vous !

Tout en lui bredouillant quelques excuses, les deux vidéastes aident leur ami à se relever. Après l'avoir rassuré, ils lui demande la raison pour laquelle il se retrouve ici, lui aussi.

- Eh bien, je suis venu déterrer un film, tout simplement, leur explique le Fossoyeur à bout de souffle. Oh ! ce n'est pas un long-métrage extraordinaire, mais j'aurais aimé me forger mon propre avis dessus. Ah ! Salut Mathieu ! s'exclame-t-il sans la moindre surprise en jetant un œil au téléphone dans la main du plus grand de la troupe.

- Hey, François !

- Bonsoir, humain couvert d'humus.

Puis, sans perdre un instant, le petit groupe explique rapidement à l'homme à la pelle la raison qui les a conduits ici, car le temps presse.

- Il est vingt-trois heures et quarante cinq minutes, cinquante sec...

- C'est bon, Jeanne, je pense qu'on a compris, l'interrompt Mathieu.

- Je n'ai pas tout capté à votre histoire d'apocalypse, de mouche et de fanfiction mais je veux bien vous aider, déclare François. Malheureusement...

Il se penche et tend un bras dans le trou qu'il a creusé pour en ressortir une vieille cassette pleine de boue.

- … Il n'y a que cela, au pied de cet arbre.

- Non, regardez ! fait alors Antoine en pointant du doigt une étrange petite sphère grise qui se trouvait sous le boîtier que François a soulevé. Il est là !

Comme s'il s'agissait d'un trésor, le Visiteur s'accroupit à son tour entre les racines de l'arbre pour en déterrer l'objet mystérieux. Tout le monde se penche pour le regarder de plus près, y compris le Fossoyeur qui s'est désintéressé un instant de la cassette dans ses mains.

- Et maintenant, à quoi cela va-t-il nous servir ? s'inquiète Antoine. J'espère pour vous que vous le savez ! menace-t-il celui qui l'a entraîné dans cette affaire.

- Il y a forcément un moyen de l'utiliser, déclare ce dernier en le fuyant du regard.

Mais ils ont beau se passer la sphères de main en main et l'observer sous toutes ses coutures, l'objet inconnu ne semble pas vouloir leur délivrer ses secrets. Le seul élément intéressant qu'ils remarquent, c'est l'unique port USB dont il est muni.

C'est alors que Jeanne intervient, lorsqu'Antoine passe l'élément étrange devant l'écran de son portable :

- Analyse de l'objet en cours... Vérification des données. Il s'agit d'une bombe à perlimpinpin.

- Bon sang, Jeanne, tu te fous de nous ? lui reproche Mathieu en croisant les bras.

Mais le robot ne l'écoute pas et enchaîne :

- Diamètre : huit centimètres. Poids : deux kilos et cinq cents grammes. Contenu : poudre d'origine inconnue. J'y détecte néanmoins un remède aux effets provoqués par les œufs de la mouche Hallucina. La simple explosion de cette bombe peut s'étendre sur une ville aussi grande que Paris.

- Dingue... souffle Links, admiratif.

- Mais ça va tout faire sauter ! réalise Antoine.

- C'est un peu le but de cet objet, bolos ! le provoque le robot. Mais il ne risque pas de faire beaucoup de dégâts car le contenu de cette bombe n'agit que par inhalation et n'est pas nocif pour la santé. Son explosion va répandre la poudre à perlimpinpin qu'elle contient dans tout Paris et elle sera respirée par les mutants qui retrouveront leur forme humaine.

- Et comment est-ce qu'on l'enclenche ? s'impatiente le Visiteur.

- Je pense avoir la solution, dit une voix derrière eux.

Surpris, tout le petit groupe se retourne d'un manière parfaitement synchronisée pour dévisager l'homme qui vient d'arriver. Sa silhouette s'avançant fièrement vers eux se découpe sur le fond d'un vortex lumineux qui se referme. Derrière lui, sa blouse blanche de scientifique claque à chacun de ses pas, lui donnant un petit côté badass. Alors qu'il arrive à quelques mètres d'eux, les autres distinguent enfin les traits de son visage et son sourire jovial, ainsi que sa moustache entretenue avec soin.

- Henry ! s'écrie le clochard en allant à sa rencontre, lui aussi avec le sourire. Tu tombes à pique ! Ton Castabot aurait pu attendre ! J'étais coincé dans cette époque de dingues, moi !

Pour toute réponse, le nouvel arrivant le prend dans ses bras et tous deux s'étreignent comme des frères. Puis l'homme en blouse s'avance vers le groupe des vidéastes restés en retrait.

- Bonsoir. Je suis le docteur Henry Castafolte, se présente-t-il d'un ton affable et posé. Vous me poserez toutes vos questions plus tard, nous avons un monde à sauver.

- De toute façon, plus rien ne m'étonne, déclare Antoine avec cynisme.

Mais à peine a-t-il fini sa phrase qu'un grognement retentit non loin d'eux.

D'un même mouvement, tout le petit groupe se tourne vers une parcelle de tombes pour découvrir une vingtaine d'enfants-zombies s'avançant vers eux.

- Je ne suis pas zombophobe, s'énerve le clochard du futur en serrant les poings, mais là, j'avoue que j'en ai plus qu'assez de ces crevards ! Viens, Henry, allons leur coller une bonne leçon !

Sans crier gare, les monstres affamés se jettent sur les humains face à eux. Avec des hurlements sauvages, Antoine, Alexis, le Visiteur et son ami font de même. François se joint aussi à la partie en formant un duo imbattable avec Pupuce. S'enchaîne alors un belle chorégraphie de coups de turbo-poing, de pelle ravageuse et de pied dans le derrière, ponctués de temps en temps par le vole plané d'un zombie qui se termine par un splendide atterrissage dans la boue. Bientôt, les petits monstres se retrouvent tous hors d'état de nuire.

- Et voilà ! C'est fait ! jubile le Visiteur en frappant dans la main de Henry. Ça fait du bien de frapper des mioches.

- Et je n'ai même pas eu besoin de me servir de mon missile rectal. Ça fait un pantalon d'économisé.

- Et maintenant, que fait-on de la sorcière ? demande Links contre toute attente.

Intrigué, tout le monde fait volte-face et découvre la vieille femme qui se tient debout juste à côté du chêne. D'apparence, elle a tout de la vieille mégère dans les contes de fées : quelques poils drus sortent de son nez crochu retroussé vers le bas, ses yeux sombres et globuleux lui donnent l'air d'une vieille chouette et une horrible verrue lui a poussé sur le nez. Avec un cruel sourire de satisfaction, elle tend un long doigt à l'ongle crasseux vers les quatre hommes devant elle, ses proies impuissantes, pour les transformer en crapauds baveux...

… quand un liquide translucide se déverse sur elle.

La sorcière hurle, elle hurle de douleur tandis que, lentement, son corps se liquéfie littéralement :

- Aaaah ! Je fooonds ! gémit-elle.

Quelques secondes plus tard, il ne reste d'elle qu'une simple flaque d'eau avec au milieu son chapeau. Tout le monde dévisage François qui est à l'origine de sa disparition, un seau vide entre les mains.

- Mais où as-tu trouvé ça ? s'étonne Antoine.

- Derrière l'arbre, se justifie le Fossoyeur en haussant les épaules comme si de rien n'était. J'ignorais que le cinéma me servirait autant un jour.

Sans lui poser plus de questions (beaucoup de questions resteront sans réponse dans cette fanfic'), le petit groupe se rassemble à nouveau autour du chêne pour analyser la bombe que tout le monde avait oubliée. Tous les yeux sont rivés sur Henry qui l'observe avec attention. Il est à présent leur seul chance de salut.

- Dépêche-toi, mon frère ! le presse Jeanne. Il ne reste que cinq minutes avant minuit.

- C'est bon, j'ai trouvé ! s'écrie triomphalement le Castafolte.

Rapidement, il sort de sa poche un petit câble USB.

- Cette bombe ne peut s'enclencher qu'à l'aide d'un programme informatique, explique-t-il en enfonçant une extrémité du câble dans l'encoche prévue à cette effet. Or, le seul que nous avons ici, c'est toi, le jeune homme dans le téléphone. Mais seule ta compagne IA a l'intelligence nécessaire pour la lancer.

- Merci, ça me fait plaisir, ironise Mathieu.

- Il faut donc lier le portable à l'arme explosive pour la déclencher, continue le docteur. C'est simple, mais il fallait prendre le temps d'e-penser. Ton téléphone, Antoine.

Indécis, le jeune homme tend son appareil à l'homme-robot qui le relie à la bombe à l'aide du câble USB.

- Très bien. Vous tous, allez-vous mettre à l'abri ! leur ordonne Henry.

Sans se faire prier, les concernés filent se réfugier le plus loin possible, derrière un pâté de pierres tombales.

- Ne fais pas n'importe quoi, Henry ! lui lance son camarade au loin. Je te fais confiance.

Le scientifique lève un pouce en signe d'acquiescement, puis il pose les yeux sur l'écran du portable entre ses mains pour croiser ceux inquiets de Mathieu.

- Vous n'allez tout de même pas me faire sauter ? lui demande ce dernier avec appréhension.

- C'est un dommage collatéral fort probable, répond le scientifique en haussant nonchalamment les épaules. Prête, Jeanne ?

Le visage de l'IA apparaît alors.

- Affirmatif. Lancement de la bombe en cours. Déflagration imminente.

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Plus loin, Antoine observe la scène d'un œil inquiet. A côté de lui, Alexis n'est pas plus rassuré. Il voit Henry se relever et détacher en vitesse son portable de la petite sphère grise qui s'est mise à briller d'une vive lueur. Mais le docteur ne détale pas. Au contraire, il garde la bombe dans sa main.

- Mais qu'est-ce qu'il fait ? s'impatiente le plus proche compagnon de ce dernier, à quelques pas de lui. Il va se faire sauter, ce fou !

Comme en réponse à son inquiétude, Henry fait alors tournoyer plusieurs fois son bras et projette soudain la bombe avec une vélocité inhumaine. Aussitôt fait, il se précipite sous le grand chêne et s'accroupit, les paumes de ses mains aplaties sur ses oreilles. Antoine a le même réflexe que lui tandis qu'il suit des yeux le petit globe lumineux qui file et s'élève très vite dans les airs, presque aussi haut que la Tour Eiffel. Il compte les battements affolés de son cœur. Un, deux, trois, qua...

L'explosion est gigantesque. Le ciel s'illumine d'une intense lumière bleue et blanche qui se propage au-dessus du cimetière, puis de tout Paris, telle une onde dans un lac. Le bruit est plus fort que celui de l'explosion de trois obus réunis. La lumière, elle, est aveuglante, à tel point que fermer les paupières n'y change pas grand chose.

Et puis, plus rien.

Ébloui, Antoine doit s'appuyer à la tombe devant lui pour ne pas chanceler. Quelques mètres à sa gauche, Alexis extirpe son portable de la poche de sa veste.

- Il est minuit pile, annonce-t-il.

C'est terminé. Le monde est sauvé.


Vous pensez que c'est terminé ? Et non, il y en a encore ! Revenez demain pour l'épilogue. Et frissonnez bien ce soir !

Quant à moi, je m'en vais donner des sueurs froides aux petits avortons qui auront le culot de se pavaner déguisés dans les rues.