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CHAPITRE SIXIEME

Ne crains pas la Faucheuse - Blue Öyster Cult

[Ça faisait longtemps, n'est-ce pas ? ;)]


Ann avait toujours aimé la Grande Salle. Son faste, son ciel fermé et exempt du moindre danger, ses tables, ses rituels. Sa nourriture. Sa tarte au citron meringuée. Elle avait eu beau essayer de la confectionner des centaines de fois dans les cuisines du château, sous la houlette sévère et juste de Neha, rien à faire. Peut-être était-ce son coup de chalumeau qui manquait d'assurance, ou alors ses proportions qui n'étaient pas assez vérifiées.

Dans tous les cas, elle finissait invariablement avec une tarte brûlée à la crème insipide.

-Fais attention où tu diriges tes antennes, Braveblatte, grinça une voix familière.

Levant les yeux vers le point de plafond qui semblait fasciner sa Poppy, Ann n'eut rien à remarquer qu'un coin de mousse et un pavé déformé. Mousse intéressante s'il en était, en réalité, sachant qu'elle n'en avait que trop rarement vu dès lors qu'elle s'éloignait des cachots, où différentes variétés pullulaient à foison. Il s'agissait très probablement d'une espèce rentrant dans la famille des Sphagnales, à vue de nez, mais elle n'en était pas tout à fait certaine. D'en bas, il était relativement malaisé de se rendre compte de la forme des feuilles, mais elle avait l'impression que la nuance rougeâtre et les motifs étoilés qu'elle constituait la rapprochaient de la Sphaigne de Magellan. Et si tel était le cas, Poudlard devait probablement avoir affaire à un petit dégât des eaux.

Mais, bien sûr, il était hors de question d'aider Rusard dans son travail de réparation du château. Si jamais elle osait pointer ses erreurs du doigt, elle était certaine que l'homme à tout faire était prêt à lui coller des retenues à nettoyer des recoins sordides que lui-même ne voulait pas récurer. Très peu pour elle, elle avait d'autres choses à faire, comme apprendre le Gobelin Antique, ou encore se renseigner sur les Sphaignes de Magellan.

-Un dégât des eaux à Poudlard, penses-tu que ça pourrait affecter l'état des pierres malgré leur forte imprégnation magique ? Des sorts hydrofuges ont bien dû être placés sur leur surface, mais il était écrit dans le deuxième tome de L'Architecture de P-

-Pan-do-ra, l'interrompit une voix qui reflétait bien le sourire de son propriétaire.

Xenophilius Lovegood venait-il de faire son entrée avec sept minutes d'avance comparée aux années précédentes ? Oprah le salua en lui caressant les cheveux, comme à un chien bien obéissant, chose qui n'étonnait plus grand monde désormais.

-Bonsoir, fit-il avec son emphase naturelle.

-Les Joncheruines ont créé une Ligue de Justiciers contre moi. Ce n'est pas une bonne soirée.

-Serait-ce donc la fin pour Pandora Braveheart ? Hm… Joker !

Poussant un petit soupir fatigué, que ce soit à cause du trajet en train ou bien de la rentrée en elle-même, Ann se risqua à un petit regard autour d'elle. Jusqu'à ce qu'Aloïs Lawford ne fasse son apparition dans un coin de son champ visuel. Changement de plans, changement d'angle, oh, le joli morceau de pierre descellée dans le mur. Elle les dépassa sans prêter attention à eux et s'engouffra dans la Grande Salle pour retrouver tout le reste des étudiants.

-Pas de fin pour une Reine.

-Le rose ne t'irait pas au teint.

Tournant la tête sur la gauche, une fois hors de danger, et abandonnant Oprah et Xenophilius à leur petit jeu étrange, elle guettait du coin de l'œil l'arrivée toujours aussi prévisible de Franklin Newman. Bien rassurée de voir qu'il ne se dressait pas encore entre elle et la table des Serdaigles, elle se rapprocha du bord le plus proche de la sortie, délaissé par tout le flot d'élèves qui venaient rejoindre leurs amis descendus plus tôt des diligences.

-Et le bleu ?

-Et ici, commença-t-elle avec l'espoir de passer enfin un banquet tranquille, ça conviendrait b-

-Tiens, Ann, ça fait si longtemps que tu nous évites, singea une voix par trop connue avec un grand sourire. Il faut absolument que tu viennes t'asseoir avec nous.

Et c'est Franklin qui venait de faire son apparition dans ses rêves et ses espérances.

-Ce serait le comble pour une Serdaigle, non ? continuait Xenophilius, perdu dans leur monde psychédélique.

Adieux, petite soirée tranquille.

-E-Euh, je...

-Orties et Libe sont déjà à table, je crois qu'Aloïs venait d'arriver quand je suis venu vous chercher, énumérait-il en la traînant par le bras, sa bonne humeur maladive rivalisant avec celle de Xenophilius.

Et ce ne fut qu'après avoir manqué de trébucher trois fois, dont deux à cause de croche-pieds de petits Serpentards, qu'ils finirent par rejoindre la petite bande qui ne se quittait plus depuis bien trop longtemps. Mais au fond, Ann était contente d'en faire partie. Elle les appréciait chacun individuellement, même s'il fallait avouer que souvent c'était difficile de supporter le flot de paroles qu'ils pouvaient produire à la seconde.

-Mon avis n'a certainement que très peu d'importance, commençait Orties, mais je ne peux m'empêcher de-

-Ma sœur est à Poudlard ! Pépiait une rousse en sautillant presque sur le banc qui l'accueillait. Ma sœur Louise !

-Ah ?

Profitant de l'interlude, Ann se défit de l'empoigne de son camarade. Il avait gagné en muscles avec les années, la puberté aidant probablement. Mais il n'en demeurait pas moins assez peu physiquement développé.

-Oui, oui ! Elle arrive cette année ! Cette année, tu te rends compte ? Ah, j'espère qu'elle va être répartie à Serdaigle. Tout le monde a été à Serdaigle, dans la famille ! Mais je me dis qu'elle a été bien inspirée le jour où elle est descendue de son balai pour nous révéler qu'elle serait une Gryffondor. Tu penses qu'elle sera bien à Gryffondor ? Ils ne sont pas très futés, d'accord, c'est un peu dommage mais bon, au moins ils ont de l'ambiance là-bas. Et puis j'ai pu visiter leur salle commune une fois, avec Johan Strauss - Tu te souviens de Johan, non ? Le grand Gryffondor avec les cheveux blonds, là ! Bref, Johan m'a permise de voir comment c'était, et c'est super joli, un peu trop rouge pour mes yeux mais bon, c'est chaleureux et festif.

-Ce n'est pas encore décidé, Aloïs, tempéra Libertad, toujours aussi motivante et causante.

-Q-Que lis-tu, Orties ? bafouilla Ann, désireuse d'échapper à Franklin, une fois qu'elle se fut rapprochée du petit groupe. C'était toujours pareil, à peu près vingt conversations simultanées en plus du monologue constant d'Aloïs, tant et si bien que son cerveau fatigué peinait encore à suivre sans rien mélanger.

-Un manu-

-De corrélation en corrélation, la vérité… commença Xenophilius en s'asseyant face à son interlocutrice de prédilection. Sans tenir compte de la pauvre Orties qui ne parvenait ni ne désirait s'imposer.

-Ann ! hurla Aloïs en se levant du banc, ça fait combien de temps que tu es là ? Tes vacances se sont bien passées ? Et comment va ton hibou ? Je ne l'ai pas encore vu, il nous réserve quoi cette année ? T'imagines, si c'est co-

-… circonstances.

-Aloïs, rassieds-toi, fit tranquillement Libertad de sa voix éternellement calme. La Répartition va bientôt commencer et, pour l'instant, tout le monde ne regarde que toi.

-J'ai encore deux minutes, non ? Ann ! Viens t'asseoir à côté de moi !

Aloïs. Ses bavardages. C'était bien la dernière chose à laquelle elle avait envie d'assister de la rentrée. À égalité avec la vue d'un Potter nu dansant sur la table des Serpentards. Et, à défaut, mieux valait ne pas commettre l'erreur de l'encourager.

-Un manuel sur la Vie domestique et les habitudes sociales des Êtres de l'eau, répéta Orties en profitant d'une seconde d'accalmie, replongeant derechef les yeux dans son bouquin.

-Ann ! Allez, viens ! Faut que je te raconte comment ça s'est passé pour ma sœur dans le Poudlard Express !

-Oh... Intéressant, murmura Ann en se hâtant de s'installer auprès d'Orties, se trouvant soudainement un penchant fortuit pour les formes de vie aqueuses. Est-ce que la longévité du Calamar Géant y est abordée ?

-Pas tellement. Les sirènes s-

-C'était drôle, reprit Aloïs sans s'offusquer de n'avoir Ann qu'en face d'elle. La première image qu'elle a eu c'était un Préfet de Serpentard recouvert de fientes d'oiseau, mais après...

-Mais les circonstances ne sont pas toujours celles qui sont attendues, n'est-ce pas ? Et la vérité n'est pas insubmersible, une pirogue n'est jamais trop grande pour chavirer, quand bien même les vieux éléphants savent toujours où trouver de l'eau.

-Certes, mais il y a l'eau et le milieu de l'eau, et seul un ignorant va s'abreuver dans un étang où est mort un chien.

Très bien. Plus aucun intérêt n'était à accorder aux sempiternels papotages opposant Poppy à Xenophilius.

-... La dame aux bonbons. T'imagines ? Vingt Patacitrouilles ! Elle n'avait plus rien du tout après ça !

-A-Ah... ? fit Ann avec un sourire de complaisance, ne sachant trop si elle pourrait un jour être capable de sincèrement être contente de revoir Aloïs après deux bons mois de vacances bien mérités.

Les premiers jours étaient toujours les plus rudes. Après... On s'y faisait. Avec le temps. L'habitude, dirait-on.

-Oui ! Justement, je disais à Libe que j'étais à peu près certaine qu'elle irait à Gryffondor...

-De vrais Dingobules, glissa Oprah avant de reporter à nouveau son attention sur Xenophilius.

-... et que du coup elle avait de la chance, je sais pas si tu te souviens de Joh-

-J-Johan William Strauss, ne put s'empêcher de dire Ann pour lui rappeler que oui, elle le connaissant. Celui qui t'avait invitée le 4 avril de ta deuxième année à une petite fête organisée par James Potter pour la victoire de Gryffondor sur Serpentard au Quidditch.

-Euh... Oui, lui, reprit Aloïs sans se démonter, habituée à l'attitude de son modèle de tous les temps. En réalité je suis juste super contente qu'elle soit là, déjà. Où qu'elle aille. Elle est super courageuse - c'est elle qui écrase toutes les araignées de la maison - mais aussi très gentille, intelligente...

-J'ai hâte de pouvoir la rencontrer. Bonjour, tout le monde !

Brunehilde balayait l'assemblée de ses regards chaleureux et de son sourire plein de fossettes. Presque immédiatement, Franklin se leva de son banc pour l'inviter à prendre place face à lui. Leur taux de compatibilité frôlait le ridicule. Ils s'équilibraient et se complétaient en tout point, ou presque, la bêtise maladive de Franklin n'aurait pas pu être compensée même si Merlin intervenait du bout de sa barbe pointue.

-C'est chaud, les Première années sont de plus en plus petits, non ? demandait le Serdaigle à la seule personne à la fois sensée et capable de le supporter – encore pire, de l'avoir voulu. Ils faisaient bouchon dans l'entrée.

-... creuse sa tombe avec son ventre. Bonjour Hilda' !

-Aloïs, calme, tempéra Libe de sa voix posée et lente avant de faire la bise à Brunehilde. Tu ne voudrais pas que le premier souvenir que Louise ait de Poudlard, outre le Préfet crotté, soit sa sœur en train de perturber sa Répartition, si ?

-Chut, ça va commencer, s'impatientait Franklin en rivant ses yeux vers le Directeur.

-Fais pas genre t'es intéressé, toi, maugréait une Orties toujours aussi amère.

-À tous ceux qui entrent ici pour la première fois, je leur souhaite la bienvenue, s'exclama le professeur Dumbledore d'une voix claironnante. Et à tous nos anciens, je dis : bon retour ! Il y a un temps pour les discours et ce temps n'est pas encore venu. Accueillons nos 1ères années comme il se doit !

Des applaudissements plus ou moins enjoués – et plus ou moins sincères – emplirent la Grande Salle tandis que les désormais plus jeunes de l'établissement faisaient leur apparition, chapeau pointu tout neuf sur le crâne. Comme s'ils faisaient des pied-de-nez toutes les années au vieux Choixpeau qui régnait malgré tout en maître en ces lieues. Peut-être que toute cette entrée pompeuse était faite justement dans cette optique. À savoir, bien sûr, donner au vieux couvre-chef de Godric Gryffondor assez de faire-valoir pour souligner sa magnificence. La conspiration était extrêmement bien pensée, car en forçant les plus jeunes à acheter un chapeau rutilant et neuf, ils s'assuraient de leur étonnement et de leur implicite soumission au charisme que dégageait le vieux Choixpeau. Peut-être même était-ce là le critère de sélection ? Leur réaction face à cette soumission subconsciente ?

Il allait falloir qu'elle vérifie ça.

L'illustre juge de tous les destins s'éclaircit la voix, entama quelques discrètes vocalises qui firent rire plus d'un Poufsouffle affamé et impatient, avant qu'il ne puisse entonner sa chanson du moment.

Je n'suis pas une beauté suprême,

Je n'me veux pas moi-même,

Mais faut pas s'fier à ce qu'on voit

Car vous n'trouverez pas plus malin qu'moi.

-Tu penses qu'y aura de la tarte aux abricots ?

Bien que je n'sois pas merveilleux,

-Franklin chéri, s'il te plaît...

Mes conseils, eux, sont prodigieux.

-... un peu plus de respect.

Je suis là pour vous répartir

-Mais...

Et à cette tâche, je n'vais pas faillir.

-Si tu te la fermes pas Frank, je transformerai...

J'me dois d'vous prévenir,

-... cheveux en asticots.

Qu'à Poudlard, quand je décide,

Chacun se soumet à mon choix sans faiblir,

Bien que je n'sois pas des plus splendides.

Rien dans votre tête ne peut m'échapper,

Rien dans vos gestes ne peut m'arrêter,

Le Choixpeau que je suis a toujours raison,

Quand il s'agit de faire connaître votre maison.

Des quatre différents étendards,

Chacun possède ses vertus, ici à Poudlard.

Ainsi, pour aller à Gryffondor, il faut à tout âge,

Montrer la valeur de son cœur d'or et de son courage.

Iront à Serdaigle, peut-être,

Les érudits dont l'intelligence n'est plus à démontrer

Ni la sagesse à connaître.

A Poufsouffle vous serez envoyés,

Si vous avez le goût du travail acharné et d'la loyauté.

Vous finirez à Serpentard,

Si votre ambition rime avec gloire et roublard.

Sur votre tête posez-moi un instant,

Vous êtes entre de bonnes mains, je vais décider avec raison,

Alors n'ayez pas peur et restez calme et pensant,

Car j'vais vous dire c'que sera votre maison!

Un peu plus belliqueux que d'habitude, le Choixpeau Magique ? Contrairement aux années précédentes, même si Ann ne se souvenait des chansons qu'à quelques mots près, force était de constater que la prudence préconisée par l'illustre couvre-chef volubile restait discrète, mais pas suffisamment pour en demeurer imperceptible aux oreilles avisées. En réalité, elle ne résidait qu'en quelques mots. N'ayez pas peur. Coïncidence ou réalité scientifique ? Car Ann le sentait. Ces derniers temps, quelque chose ne tournait pas rond. Si seulement Odin pouvait lui donner la cause d'une telle ellipticité.

De brefs applaudissements firent la transition entre le discours mélodique du Choixpeau Magique et le Professeur McGonagall, qui prit fièrement sa place en déroulant son long rouleau de parchemin.

-Aachen, Ildy !

-C'est énorme comment sa chanson change juste assez pour qu'on soit assez attentifs à chaque année, mais pas plus, s'étonnait finalement Franklin, lui qui pourtant aurait juré quelques années auparavant que la relique de Gryffondor radotait d'année en année.

-Gryffondor ! Tonna ledit chapeau après avoir vaguement effleuré les cheveux de l'élève.

-Arvin, Eoforwyn !

-Mais, chère, très chère Pandora, dans le noir, tous les chats sont léopards, ce qui devient dangereux quand à trop chatouiller la truffe du lion on se fait bouffer la main. Traverse la rivière avant d'insulter le crocodile, ça ira mieux pour tout le monde.

Étaient-ils réellement partis en bataille nébuleuse de dictons inconnus au bataillon ? Aussi tôt dans l'année ? N'auraient-ils pas pu leur accorder quelques jours de répit, au moins ? Elle aurait mieux fait de ne pas tendre l'oreille pour les écouter, elle qui avait plutôt bien réussi jusque là à ne pas trop leur prêter attention. Ça demandait beaucoup d'efforts. Mais, l'habitude aidant...

-C'est juste pour éviter la monotonie, je pense. En même temps, ça empêche les Gryffondor de faire les zouaves, donc c'est toujours ça de gagné, répondit Brunehilde l'air de rien, les yeux rivés sur la file d'élèves qui attendaient patiemment.

-Serdaigle !

Le petit adolescent blond vint rejoindre leur table, un sourire timide aux lèvres alors que les élèves les plus proches de lui l'accueillaient en applaudissant, tous rires déployés.

-Bennet, Willow !

-Du coup, des sirènes, Orties ? Fit mine de s'intéresser Libertad en se penchant vers elle.

Il n'y avait finalement que Aloïs pour rester concentrée sur la Répartition. Mais seul son mutisme contrastait avec l'implication qu'elle avait, elle qui gesticulait dans tous les sens pour faire de grands gestes. À sa sœur, à n'en pas douter.

-Poufsouffle !

-Beurk, Cactus !

-Serpentard, on parie combien ? Ricanait Franklin dans son coin, s'attirant un regard noir et las de Libertad.

-Secouer le fourré, c'est supporter ce qui en tombe, continuaient-ils en parallèle au monde qui les entourait. Rien ne sert de s'attacher avec une trop longue corde.

-Ne juge pas les gens selon l-

-Serpentard !

-Bjornsson, Hrodgaerd !

-Haha, bien joué Frank, ponctua Brunehilde en feignant un sérieux McGonagallien, malgré tes deux pour cents de chances de réussite. Et encore, je suis gentille.

-J'ai pas eu un A en Divination pour rien, chère amie.

Et il en était fier, en plus.

-Oh, percuta Orties avec deux Poudlard Express de retard sous le regard fixe de l'Espagnole. Mh. Majoritairement. Après, ça traite aussi pas mal des Fludjis aqueux et de toutes les formes de vies pouvant présenter un certain dan-

-Serdaigle !

-Regardez, la petite rousse là-bas ! Je viens de la voir, c'est elle !

-Blitwiss, Marie-Henriette !

-Que du bluff, pouffait as autant de troisième œil que j'ai de troisième bras.

-Courage, tu vas y arriver, Orties, fit la voix grave et calme d'une Libertad amusée.

-Gryffondor !

-Bloomsbury, Marius !

-Il est beaucoup trop tôt pour manger, finit par constater devrait plutôt aller se promener.

-Gryffondor !

-Bones, Apolline !

-Mais du coup, repris Libertad, est-ce que les êtres de l'eau sont sensibles au feudeymon ?

-C'est la rentrée, Franklin, soupirait Brunehilde. Et puis je pense pas que ce soit une bonne idée, surtout après la fois où tu avais voulu zapper...

-Poufsouffle !

-Louise ! chuchotait Aloïs de la façon la moins discrète possible. Eh, Louise !

-Bulstrode, Teignous !

-Comme toutes les créatures, répondit mécaniquement Orties, probablement soulagée d'avoir pu terminer sa phrase.

-… et qu'on l'a retrouvée dans les rosiers. T'as encore envie que Rusard te tombe dessus ?

-Serpentard !

-Cargaud, Musard !

-Rusard, Musard… Trop de coïncidence, grimaça Franklin. Ne parle plus de lui à table s'il te plaît, Hilda.

-La sagesse d'un pauvre est bien trop souvent méprisée, en effet, assenaXenophilius d'une voix plus forteen se lissant son début de barbe, et le sot se croit loué même lorsqu'on lui dit qu'il n'a rien fait. De toute façon, une guerre est inutile tant qu'elle n'a pas éclaté.

-Mais ils vivent dans l'eau, releva Libertad.L'eau arrête le feu.

-Mais c'est le Solstice de Fearn ce soir ! s'écria la voix rocailleuse d'Oprah malgré les regards sévères du corps Uillearn Mirabiliann vont s'ouvrir pour quelques heures seulement, et ça ne se reproduira pas avant des années, pas tant que la conjoncture des-

-Gryffondor !

-Et puis te promener… En quoi ça t'intéresse de toute façon ? Tu détestes la Botanique.

-Darcy, Juliet !

-Le feu. Pas le feudeymon. Aurais-tu déjà oublié l'essai à rendre pour le cours de DCFM ? Tu étais censée le composer durant les va-

-Ah mince ! s'exclama Aloïs en portant ses mains à ses joues. J'ai totalement oublié le devoir de DCFM. J'étais à la plage, aussi, cet été...

-J'en sais rien, s'étira Franklin en bâillant. C'est romantique ?

-Gryffondor !

-Fudge, Orabella !

-Parce que tu trouves ça romantique, toi, d'aller te balader à la lisière de la Forêt Interdite à la nuit tombée, en dérogeant au règlement ?

-... et je dois avouer qu'entre Louise a failli se noyer après être tombée de la jetée -heureusement que sa magie a fait une sorte de Têtenbulle- et la fête qu'on a organisée pour ses onze ans et mes...

-Gryffondor !

-Eh bien les moldus ont leurs images animées censées faire peur, nous on a la Forêt Interdite...

-Gamp, Hester !

-... pas possible de caler le feudeymon au milieu de tout ça ! Oh…

-… n'auras pas peur car je serai là pour te protéger, Hilda. Et je te prendrai dans mes bras quand tu te prendras le pied dans les racines, et je...

-Serpentard !

-…quand tu trébucheras, continuait de divaguer Franklin. Ah, et je-

-Green, Mousse !

-... ressemblera à quoi le nouveau prof de DCFM ? J'aimerais bien un jeune, encore, et puis…

-Franklin. Je t'avais dit d'arrêter ces herbes moldues, tu sais que ça te fait dire n'importe quoi. Maintenant chut, je crois que Slughorn regarde par ici.

-Poufsouffle !

-Grunberg, Fausty !

-... mais pas un jeune louche, enfin je sais pas mais il n'avait pas l'air net du tout, mais pas du tout du tout...

-Ann. Ann ? Youhou, Ann !

-Serpentard !

-Ou-oui ?

-Hawk, Edith !

-Par tous les caleçons de Merlin ! Elle est vivante !

-... et s'il pouvait être beau, ça serait cool. Ça rendrait aussi ses cours bien plus intéressants. Les Détraqueurs, mais quelle plaie...

-Serpentard !

-Frank ! Le réprimanda vivement Brunehilde. Concentre-toi. Tu étais presque bien parti.

-Holmes, Cyneburg !

-... -ment, les seuls qui ont trouvé ça cool, ce sont ceux qui ont prévu de passer leur vie à Azkaban, y a pas moyen…

-Mais pourquoi ? Se plaignit le jeune homme. Les futurs petits aigles qui vont nous rejoindre n'ont pas besoin que je leur communie spirituellement mes encouragements, si ?

-Serpentard !

-Huygens, Osmonda !

-... ils quitteront jamais leur île de toute façon, je vois pas pourquoi il faut tant que nous apprenions leur généalogie...

C'est à peu près à cet instant là qu'Ann décrocha, étonnée de voir l'avion en papier magique que Potter et Black venaient de créer planer dans l'air de la Grande-Salle et atterrir droit dans l'oreille de Severus Rogue. Il avait parcouru les quatre tables, ce qui constituait malgré leur petit intellect une belle preuve d'aérodynamisme. Peut-être avaient-ils fini par assimiler leurs cours de sortilèges de quatrième année ?

-Poufsouffle !

-Jyhanson, Eadric !

-Je pense qu'elle te demande juste de te taire pour pouvoir écouter tranquillement, intervint Libertad en examinant sa robe aussi noire que ses cheveux.

-... couleur de leurs ongles ! Pareil pour le feudeymon, en réfléchissant deux minutes, tout le monde sait que personne n'en croisera après avoir...

-Serpentard !

-Kayden, Harry !

-Mais, Libe, tout le monde parle. Pas vrai ma Hilda? Alors pourquoi c'est moi que tu grondes ?

-C'est au bois dur qu'on attache le bœuf, chantonna Xenophilius d'un air entendu, rompant une fois de plus l'effort de chuchotement de la tablée. Et du coup si le mur ne se fend pas, aucune fourmi ne peut accéder à son intérieur.

-... ça par de vrais cours, genre des vrais de vrais, mais je sais pas moi...

-Serdaigle !

-Parce que même les Poufsouffles de troisième année ont des remarques plus lumineuses que les tiennes, mon Franky.

-Kinker, Harrison !

-... comme l'envers du décors de la photographie magique, ou j'sais pas moi, mais des-

-Serpentard !

-Eh, s'indigna Franklin. Quand m-

-Oh ! Oh ! s'exclamait Aloïs.

-Lawford, Louise !

-Ma sœur ! C'est elle ! Allez, va à Serdaigle ! Je lui ferai visiter toutes les tours et lui donnerai des astuces pour les énigmes – vous vous souvenez, quand vous aussi étiez en première a-

-Gryffondor !

-O-Oh... Super !

-On a échappé belle… ? Murmura Orties, toujours plongée dans sa lecture, trop bas cependant pour que tout le monde ne l'entende.

-Lewis, Jonathan !

-Je suis trop contente pour elle !

-Elle y sera très bien entourée, sourit Brunehilde en se détournant de Franklin, annonçant leur conversation comme étant terminée. Les Gryffondor sont très soudés. (Hilde)

-Qui vole un bœuf le fait pour voler un œuf.

Ah, ça, non, pensa Ann. Et d'ailleurs eux-mêmes auraient dû le voir, aussi pencha-t-elle pour le lapsus. Mais quand bien même la question restait entière : Peut-on réellement voler quelque chose de cher et volumineux pour ne récupérer que la petite chose qui traîne en arrière-plan ? Quand bien même elle soit insignifiante en comparaison ? Tout doit dépendre de la qualité de cette petite chose, mais à supposer qu'elle n'est qu'un œuf à côté d'un bœuf… Aucun intérêt. Il fallait qu'elle consulte les archives philomagiques de la bibliothèque pour en avoir le cœur net.

-...fle.

-Meister, Ulrich !

-J'aurais quand même préféré l'avoir avec nous. Et je vous l'aurais présentée, vous auriez vu comment elle est trop...

-Bon, Libe, sinon, 'faut qu'on parle, toi et moi, annonça Franklin après un petit coup d'oeil boudeur à une Brunehilde désintéressée.

-Gryffondor !

-…m'a même une fois offert un collier avec des...

-Plaît-il, Frank ?

-Osbalt, Ozzie !

-On dirait qu'ils seront quand même une grosse promotion, Aloïs, fit Brunehilde en interrompant momentanément son interlocutrice. Elle sera loin d'être seule, et je suis sûre qu'elle s'y fera plein d'amis.

-Tout le monde sait que vous autres préfets avez... profitez de certains avantages, et...

-Poufsouffle !

-Oui, mais je pensais que pour l'intégration, tout ça, avoir déjà une sœur dans sa maison l'aurait aidée, et puis...

-Va droit au but, Newman, articula Libertad, circonspecte.

-Parkin, Lysandra !

-Le mot de passe de la salle de bains des préfets ?

-...seule, là-bas, donc...

-Franklin ! s'exclama Brunehilde qui ne pouvait simplement plus feindre l'indifférence face à son gamin de petit-ami.

-Serdaigle !

-Mh... Attends, on les a reçus hier par hibou...

-Porpens, Queenie !

-Tu pourras essayer « Même pas en rêves », même s'il me semble que maintenant, c'est plutôt « va voir chez les Serpentards si j'y suis ».

-Gryffondor !

-Égoïste, bouda Franklin.

-Rappaport, Dorys !

-S'il y avait eu une maison pour les benêts, t'aurais été le premier réparti dedans, Newman, constata sobrement Libertad.

-Ah, Hilde, commença Aloïs maintenant qu'une oreille semblait attentive à ses récits. J'ai croisé ton frère sur le Chemin de Traverse l'autre jour ! Il travaille à Gringotts, maintenant ?

-Gryffondor !

-Normalement, les amis, ça s'entraide, tu sais ? Persifla Franklin.

-Roger, Paega !

-C'est temporaire, je crois avoir entendu que c'était le directeur du Bureau des Liaisons Gobelines qui lui a demandé d'y faire...

-Et naïf, avec tout ça, rigola Orties, que Libertad ne tarda pas à rejoindre.

-Poufsouffle !

-Normal qu'il n'ait pas été nommé Préfet, lui répondit l'Espagnole sans cesser de pouffer. Tu imagines ? Il serait resté bloqué avec les nouveaux devant la statue, il se trompe une fois sur deux.

-Rowle, Euan !

-Excusez-moi, Libertroparfaite Gonzalameilleure, râla Franklin, plus grande Préfète-en-Chef de tous les temps, je ne souhaitais pas vous importuner.

-... donc non, ce n'est pas ce qu'il y a de plus passionnant, mais il adore ça, alors bon.

-Oh, j'avais un cousin qui...

-Poufsouffle !

-Scamander, Seraphina !

-Serdaigle est une espèce en voie de disparition ce soir, commenta Franklin d'un air faussement dépité. Je suis, mais y a rien à suivre.

-Serdaigle !

-Ou pas, Frankie chéri.

-On en a pour l'instant six, Gryffondor en est à dix, Serpentard à huit, tout comme Poufsouffle, souffla Ann pour essayer d'apporter un peu de réalité dans ce débat stérile.

-Seward, Puck !

-Ann, Ann, Ann, fit Franklin en secouant la tête, les statistiques, toujours les statistiques... Je me suis toujours demandé pourquoi tu ne t'es pas destinée à l'Arithmancie. Une raison particulière que tu voudrais m'évoquer ce soir ?

Elle rougit comme une pomme trop mure, et chercha de l'aide de partout. Personne ne pouvait la sortir des griffes de Franklin Newman pour l'instant, et elle ne s'y était pas préparée. Les vacances d'été avaient fait leur office, et être confrontée à ça dès la rentrée… L'horreur.

-Poufsouffle !

-Ann ?

-Shustrode, Edwina !

-Je-Jen'aimepastropleschiffres, fut sa réponse bredouillée de derrière ses cheveux.

-Et pourtant, repartit une Aloïs qui s'était tue deux minutes de trop, l'an dernier en Arithmancie...

-Serdaigle !

-Newman, l'apostropha Libertad de son ton de Préfet sans Répartition continue et je ne m'entends même pas penser avec tes pitreries. Silence, tu veux ? Lawford, même remarque.

-Thickey, Irène !

-L-Libe…commença une Aloïs qu'un regard noir fit taire.

-Mais c'est presque fi-

-Frankie chéri. Encourage donc spirituellement les petits aiglons.

-Gryffondor !

-Tibert, Swidhun !

-Ouais, les quelques petits Gryffondor ou Poufsouffles qui se sont perdus en chemin pour échouer ici, c'est ça ? Persiflait encore et toujours le grand Franklin Newman.

-Poufsouffle !

-Bah tiens, un de plus, continua-t-il, lassé.

-Tristanopolos, Isolt !

-Et lui, il gagne haut la main le sésame du pire nom de l'année, rigola-t-il sans la moindre discré pour nous non plus.

-Serpentard !

-Tiens, qu'est-ce que je disais ?

-Franklin. Newman, articula froidement Libertad. Ne m'oblige pas à enlever des points à notre propre Maison alors que les sabliers ne sont probablement même pas encore en route.

-Tuft, Andreas !

-Elle a raison, chouchou. Économise-les plutôt pour ton fameux talent en Divination qui nous a faits chuter à la troisième place l'année dernière, se moqua gentiment Brunehilde.

-Serdaigle !

Franklin fit semblant de ne rien entendre et, la mine très probablement faussement réjouie, il se leva pour la nouvelle arrivée en hurlant et en tapant du pied sur le sol – on n'entendait plus que lui.

-Wilkins, Kendra !

-Je crois que je le préférais encore en train de râler, commenta sobrement Orties sans fermer son livre.

-Serdaigle !

-Allez ! Un doublé pour nous ! s'exclama Franklin en ressortant le même numéro extravagant.

-Ton troisième œil en verrait-il un troisième, Newman? pouffa tranquillement Libertad.

-Wilson, Athelstan !

-Ne poussons pas notre chance, veux-tu, Libe ?

-Serpentard.

-Dix pour Poufsouffle, dix pour Serpentard, onze pour Gryffondor et neuf pour nous, comptabilisa calmement Ann.

-Sérieux ? Première fois qu'on a un score aussi bas ! Je n-

-Avant de vous laisser déguster un autre de nos somptueux festins, résonna la voix claire de Dumbledore, je suis particulièrement heureux de vous présenter les nouveaux professeurs que nous accueillons cette année entre les murs de notre cher Poudlard. Je vous demande donc de chaleureusement accueillir le professeur Lockhart, qui assurera les cours de Défense contre les Forces du Mal à compter de cette année…

De petits applaudissements accueillir cette nouvelle, bien que les mots tant attendus par la horde d'étudiants soient d'un tout autre genre. Ann ne vit ni ne regarda ce nouveau professeur, elle qui lui tournait le dos et qui, de toute façon, se refusait à juger un livre selon sa couverture. Comment aurait-elle pu lire le Traité inter-dimensionnel de la matérialité magique, sinon ?

-...Mais je ne veux pas priver vos estomacs affamés de la pitance que nous ont préparé nos chers cuisiniers. Bon appétit !

Et comme par magie – ou plutôt, par magie – des dizaines de plats vinrent garnir les grandes tablées étudiantes et professorales. Les éclats de voix juvéniles des premières années étaient reconnaissables parmi tous, car quand bien même ils proviendraient d'un monde sorcier, aucun mot ne pouvait vraiment décrire quel effet cela faisait de cligner des yeux et de se retrouver avec une énorme dinde rôtie aux herbes de Provence face à soi.

-Eh, eh, eh, Ann ! Tu sais quoi ? Mon père a appris au Ministère - est-ce que je t'ai dit qu'il travaille à la Confédération Internationale des Mages et Sorciers ? -, il appris, donc, que Mr Dumbledore et Mrs Cryte avaient eu un rendez-vous avec le Ministre ! Le Ministre en personne, tu te rends compte ? Comme Mrs Cryte di-

-Aloïs, passe-moi les pilons de poulet s'il te plait.

-Tu t'es remise à manger de la viande, Libe?

Le pire avait été frôlé, Aloïs venait de se trouver une autre cible. Ann put donc tranquillement garnir son assiettes de petites portions de chacun des plats qui étaient à sa portée – tant pis pour les côtes de porc, ses bras n'étaient pas assez longs et elle n'osait pas sortir le Fléau, car prudence est mère de sûreté. Dinde rôtie, marrons en sauce, purée de pomme de terre douce aux carottes, jambonneau braisé, quiche aux...

-Annie. Professeur, 5ème année, poudre.

-Leonard Stevens Derdy, s'exécuta-t-elle immédiatement, presque automatiquement. Vingt-sept ans mais encore très adolescent dans son comportement, 149 de QI moldu, 87% de coefficient d'efficacité magique, 258 au test de Whimpchit. Très gros potentiel, probablement un grand sorcier en devenir, il est d'ailleurs arrivé quinzième au classement des jeunes sorciers les plus prometteurs au niveau mondial du magazine de Pékin, dont je n'ai jamais réussi à prononcer le nom. Xi Ji Chuan ? Dans tous les cas, il avait un avenir qui semblait radieux à tous les plus grands esprits du moment. Sauf que ce qu'il consommait, c'était des drogues, Oprah. Et pas de la poudre d'aile de Nargole, ou de la vapeur solidifiée de corne de Ronflak à Pustule. Et c'est très mauvais. Les drogues sont naturellement consommées pour leurs effets mais leur usage présente toujours des risques et des dangers, insistait-elle lourdement comme à chaque fois qu'Oprah évoquait son passé de délinquante. Tout cela varie selon les produits utilisés et aussi selon l'usage qui en est fait, selon la sensibilité, l'état physique et psychique du consommateur et selon les circonstances de la consommation. On peut parler du potentiel de nuisance, ou la capacité de nuisance possible d'une drogue envers le consommateurs et son entourage. Il y a trois domaines. Un potentiel intoxicant somatique peut léser certains organes et peut conduire à la mort par overdose, un potentiel intoxicant psychique. Il y a aussi un potentiel agressogène, qui supprime les inhibitions et donne un sentiment de toute-puissance, ce qui conduit à surestimer ses capacités et son appréciation du danger et à passer à l'acte d'où les actes de violence et les accidents. Et bien sûr, il y a aussi un potentiel addictif. Je n'ai pas vraiment besoin de l'expliquer, n'est-ce pas? C'est la propriété des drogues de conduire à la dépendance.

-Tu dois manger.

-Les dangers et les risques sont très nombreux et à prendre au sérieux, Poppy. On recense le risque somatique, le risque psychique, le risque social et le risque maternel et fœtal. Bien sûr, ce ne sont que quelques applications d'un outil capable de mettre dans un état de semi-esclavage, voir de semi-adoration face à lui. Les drogues, en outre, sont d'autant plus dangereuses lorsque l'individu est jeune. Ainsi, sur un fœtus, les effets peuvent entraîner des malformations physiques ou mentales, et peuvent, dans les pires cas, aboutir à la fausse couche. Evidemment, l'adulte consommant ces drogues ne peut pas être déformé par elles. Cependant, elles peuvent conduire à des affections psychiatriques graves: dépression, psychose, paranoïa ou schizophrénie chronique. D'autant pl-

-Oh. La Jelly est bien précoce cette année.

La jelly.

La Jelly.

Et dire qu'elle n'avait qu'à peine eu l'occasion de commencer le banquet.

Elle était là, l'erreur de la nature, l'aberration industrielle. Elle était là, gigotante, toute grelottante et rouge comme des fraises écrasées. Non pas qu'elle ait pu contenir des fruits sous une quelconque forme, Ann s'en était assurée auprès des Elfes de maison.

-Sais-tu, mon cher Luce, dit Oprah l'air de rien, que c'est avec les os des poissons sacrés que l'on fait les meilleures gélatines, et donc les meilleures Jelly ?

Mais autre chose réussit à s'accaparer l'attention d'Ann, et ainsi de la sauver de la nausée. C'était la table des Gryffondor, et plus spécialement la façon fascinante dont Peter essayait de lui faire parvenir son message en morse. « A-L-AIDE », accompagné d'un coup d'oeil éloquent envers la petite Louise qui semblait absorbée par sa conversation avec Lily. À sens unique, à n'en juger que par l'expression ennuyée que tous affichaient autour d'elle.

Ann pouffa. Les comportements étaient apparemment transmissibles au sein de la même cellule familiale, quand bien même il faille à ce moment-là essayer de trouver la souche, et elle n'avait pas réellement envie de rencontrer les parents Lawford. Ne serait-ce qu'imaginer le patient zéro la mettait mal à l'aise alors, loin de toute jelly et pipelette intempestive, elle se focalisa sur la fin de son repas. Et sur le fondant au chocolat.

-Maintenant que nous sommes tous très occupés à digérer ce sompteux festin, je vous demande de m'accorder quelques instants d'attention afin de pouvoir vous donner les habituelles recommandations de début d'année. Nous avons longtemps vécu libres de soucis, mais aujourd'hui la discorde grandit parmi nous, nourrie des folies d'un homme qui en abreuve les peurs des autres. Poudlard est votre Maison, et vous en êtes les piliers. Ce sont nos choix, qui déterminent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes. Bientôt, vous porterez sur vous épaules le fardeau de sorciers plus aguerris que vous ne l'êtes. Je vais le répéter : ce qui compte, c'est ce que vous choisissez, ce en quoi vous décidez de croire et dans quelle mesure. Nous avons atteint la croisée des chemins. Voici donc venu le début d'une nouvelle année. Mais il est un temps pour les discours solennels et ce temps est terminé. Alors : bonne nuit !