Enfin ! Combien de temps que je devais le poster, déjà ?

Encore quelque chose évoqué dans le chapitre 15 ! Je ne crois pas qu'il y ait d'autres choses à clarifier dans le passé des Royai… Si ? N'hésitez pas à me le faire remarquer.

Si je reposte un OS ici après celui-là, il n'aura sans doute aucun lien avec « Le goût de ses lèvres ». Excepté si j'ai oublié quelque chose !

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Roy reposa son livre pour la dixième fois en quelques minutes et soupira pour la dixième fois. Pour la dixième fois, son regard se dirigea malgré lui vers la cuisine où Riza s'affairait. Plus il la regardait, plus son maudit bouquin d'alchimie perdait de l'attrait. Oh, et puis merde ! Il la rejoignit et s'installa à la petite table, à la même place que d'habitude. C'était pour lui une habitude. Il venait, s'asseyait, faisait mine de travailler et la contemplait pendant qu'elle cuisinait. Quand elle lui demandait pourquoi dans la cuisine, il lui répondait en riant qu'une odeur de nourriture était toujours motivante. Sauf que cette fois, il avait oublié son livre… Tant pis, il trouverait bien une excuse. Roy attrapa une feuille qui traînait sur la table.

-Yaourt à la grecque sur lit de fraises, lut-il à voix haute, faisant sursauter Riza.

-Monsieur Mustang ! gronda-t-elle en lui arrachant la fiche de recette des mains.

-Quoi ? répliqua-t-il en affichant un air terriblement innocent. C'est ce que tu cuisines ?

La jeune fille soupira, résignée. Quand il était comme ça, impossible de le faire taire.

-Non, répondit-elle finalement. Ils sont prêts.

Elle tendit le doigt vers une demie douzaine de petits pots alignés à l'écart du plan de travail. Roy se promit de goûter dès que son amie aurait le dos tourné. Juste un… Juste pour voir si la confiture de fraises se mélangeait avec le yaourt crémeux aussi bien qu'il l'imaginait… Il connaissait les talents culinaires de Riza, bien sûr, mais il savait que malgré tout il fallait bien que quelqu'un vérifie. Il en avait déjà l'eau à la bouche.

-Alors qu'est-ce que tu prépares ?

-Un fraisier.

La mention de son gâteau préféré (favorisé depuis qu'il avait goûté à celui de la jeune fille) accrut l'intérêt de l'apprenti alchimiste, si c'était toutefois possible. Lorsque Riza se détourna pour retourner à sa préparation d'ingrédients, il retenta pour la millième fois de lui offrir son aide, sachant d'avance qu'il se ferait rembarrer avec une de ces remarques affectueusement cassantes dont elle avait le secret.

-Je peux t'aider ?

Mais à sa grande surprise, elle fit volte-face, le considéra un instant puis répondit :

-D'accord.

Il en resta comme deux ronds de flan. Considérant sa surprise, elle soupira puis se justifia.

-Vous pourrez au moins battre les ingrédients, marmonna-t-elle, moi ça me fait mal aux bras…

Roy ne put réprimer un sourire. Depuis deux ans qu'il vivait chez les Hawkeye, elle avait toujours refusé la moindre aide, arguant les premiers temps qu'il était tout à fait impoli de faire travailler les invités, et cessant simplement de se justifier lorsqu'il apparut qu'il n'était plus un invité mais bel et bien un habitant de la vieille maison. Hé bien, on dirait que son insistance avait payé. Le jeune alchimiste avait toujours eu une tendance à éviter les tâches ménagères et la cuisine mais étrangement, lorsqu'il s'agissait d'aider son… amie, il n'avait plus rien à redire et se portait même volontaire. Il bondit de sa chaise et Riza se mordit la lèvre pour s'empêcher de sourire. Il était tellement adorable… Elle sentit son cœur accélérer et se détourna vivement. Elle saisit une feuille de recette et la tendit au jeune homme. Celui-ci la parcourut du regard puis releva les yeux, l'air penaud.

-Je… hésita-t-il. J'ai compris la moitié, c'est déjà ça…

Cette fois, la jeune fille ne put retenir un rire.

-Ce n'est pas grave, je vous dirai quoi faire, le rassura-t-elle en lui tapotant le bras. Commencez par monter les blancs en neige, ils sont juste là.

Roy regarda autour de lui d'un air perdu. Son amie le prit par les épaules et le mena devant un bol.

-Les blancs d'œufs, dit-elle en articulant exagérément et en pointant du doigt le bol. Battez-les. Je vous dirai quand ce sera bon.

Deux minutes plus tard, un quart des blancs d'œufs tapissait les murs et le sol de la cuisine, tandis que Riza se faisait violence pour ne pas éclater de rire. Devant la mine coupable de l'apprenti alchimiste, elle se força à afficher un gentil sourire et le rassura.

-Ce n'est pas grave, j'en avais de toute façon mis plus que nécessaire. Il en reste suffisamment.

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-Seul l'un des biscuits est cassé, recollé avec un peu de pâte et recouvert de crème, ça ne se verra pas.

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-Ce n'est pas grave, on peut refaire la chantilly, laissez-moi juste le temps de nettoyer le plan de travail.

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-Je vais chercher un pansement, ne vous inquiétez pas je couperai le reste des fraises.

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-Ce n'est pas grave, il y a d'autres saladiers. Attention, ne marchez pas sur les bouts de verre.

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-Ce n'est pas grave…

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-Ce n'est rien…

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-Ça s'arrange facilement…

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Riza se tenait devant le résultat final, qui ressemblait plus à une catastrophe nucléaire qu'à un fraisier. En comptant, bien sûr, la moitié de la cuisine repeinte avec de la crème pâtissière, de la chantilly et des morceaux de verre coupants. Occupée à chercher une manière polie et diplomatique de dire à M. Mustang de ne plus jamais approcher de la cuisine à moins de dix mètres, elle n'entendit pas l'intéressé arriver dans son dos.

-Alors ?

La jeune fille sursauta.

-Désolé, je ne voulais pas te faire peur, sourit Roy.

-Ce n'est pas grave…

Elle s'écarta pour laisser son ami voir l'ampleur du désastre. Il afficha une mine contrite.

-C'était vraiment très gentil à vous d'essayer de m'aider, monsieur Mustang, mais… Je peux vous parler franchement ?

-Je t'en prie, vas-y, marmonna-t-il en passant une main dans ses cheveux d'ébène.

-N'essayez plus de m'aider et ne vous approchez plus de la cuisine. Jamais.

-Mais, si je m'améliore, je…

-Jamais.