Au manoir des Malfoys….
Harry entreprit sa route vers la chambre de Drago. Et le plus important, empêcher quiconque de savoir ce qu'il venait de faire ce soir sans quoi il serait un homme mort. Il devait se soigner, et dormir rapidement maintenant pour récupérer des forces : demain sera une dure journée…
Sa jambes droite ouverte, son dos marqué par des sorts-interdits, les traits tirés, Harry était abbatu. Il avanca dans le grand hall du manoir jusqu'à la rambarde de l'interminable escalier menant à la chambre de Drago. Harry s'arrêta devant et leva péniblement la tête. Il tenta de regarder au sommet de la tour, mais ses yeux lui piquaient tellement qu'il jura à haute voix dans le hall. Son injure ne passa pas inaperçu, car Greta, l'elfe de maison accouru aussitôt.
_ Greta pour vous servir maître Potter !
Mais Harry n'avait pas la tête à jouer le jeu, il lui fallait des soins au plus vite. Les minutes étaient comptées. Il ne pouvait pas rester debout davantage. Toujours accroché à la rambarde, il tenta de regarder l'elfe mais sans résultat ses yeux étaient toujours rivés sur le sol blanc de marbre. Il remarqua avec effroi la marre de sang qui commençait à se former à ses pieds. C'est alors qu'il se fit violence et répondit à l'elfe très froidement :
_ j'ai besoin de soins, fait de ton mieux !
_ bien maître Potter, par ici !
L'elfe le guida mais Harry ne pouvait plus avancer un pied devant l'autre. A son premier pas il s'effondra sur le sol. La tête plaqué les jambes écartées, les bras cassés, Harry resta figés là. Cela lui paraissait une éternité avant que l'elfe ne réalise qu'il ne le suivait pas. C'est alors qu'Harry sentit l'elfe le prendre, le fit l'éviter, et le porta jusqu'au canapé le plus proche.
Tombé inconscient Harry restait immobile sur le sofa rouge du Grand Salon. L'elfe s'activa au près de lui, lui procurant des soins urgents. Il appela deux autres elfes pour l'assister. A trois sur lui, Harry regagna progressivement ses forces qui l'avaient quittées. Après 1h de soins intensif, Harry fut conduit dans une des chambres d'amis du manoir. Harry resta inconscient jusqu'au lendemain matin. A son réveil, il ouvrit les yeux péniblement et ne put reconnaitre l'endroit … « Mais ou suis-je ? » pensa t-il. C'est alors qu'une petite tête émergea au bord de son lit : c'était Greta. Harry comprit avec soulagement qu'il se trouvait dans le manoir Malfoy. Il était loin de ses parents et loin de la fille Weasley par la même occasion.
Pendant ce temps, chez les Weasleys…
Les parents d'Harry n'avait pas quittés la résidence des Weasley, trop choqués pour prendre le volant. Ils ne pouvaient toujours pas accepter la révélation de la veille. Leur fils était un traitre… cette idée leur était impensable, il devait y avoir une erreur ! Après une nuit d'insomnie Lily Potter arriva en trombe dans la cuisine. C'est son mari – déjà levé – qui l'arreta :
_ Chérie, ou comptes tu aller ? demanda James
_ Je vais chercher mon fils !
_ Mais Lily tu ne ….
Mais Lily le coupa. « NON je t'interdit de dire que je ne peux pas ! Je peux faire tout ce que je veux ! et si je veux aller chercher mon fils, alors j'irais ! ». elle prit sa veste, et enfila ses chaussures pendant que son mari tentait desepérement de l'arreter…
_ Lily, chérie, écoute moi, tu ne sais pas ou il peut être !
_ Chez qui veux-tu qu'il aille ? chez la seule personne qui soit son allié ET son ami ?
_ Lily…
_ Je vais chez les Malfoy !
_ Lily…
_ Tu restes ici si tu veux, ça m'est égale !
_ Ne fait pas ça !
Elle ouvrit la porte, quand une voix féminine l'appella par derrière. Lily se retourna et fit face à …la jeune Weasley. Ginny toute décoiffée, venait visiblement de dévaler les escaliers pour la retenir.
_ Mme Potter, vous devez m'écouter avant de partir.
Mais avant qu'elle ne put ajouter un mot de plus, Ginny insista : « s'il vous plait ! ». Lily ne put qu'accepter. Elle ferma donc la porte et s'asseya a table. La jeune fille en fit de même. Toutes les deux face à face, Lily ajouta :
_ C'est toi qui a raconté à ta mère toute ses horreur sur mon fils ? demanda t-elle froidement.
_Oui… répondit Ginny a moitié honteuse. Mais vous ne le connaissez pas comme je le connais ! se défendit-elle.
Outrée par cette remarque, Lily la regarda incrédule :
_ Comment peux tu être aussi insensible : mon fils unique est quelque part dans la nature entre la vie et la mort et tu oses toujours le rabaisser !
_ Je ne le rabaisse pas, croyez moi ! Ecoutez moi, c'est tout ce que je vous demande. Implora la rouquine.
_ Bien, je t'écoute…
_ Bien, alors Potter est – et depuis ses début à Serpentard – un vrai salaud ! Lily fumait et fit les yeux ronds, elle se contrôlait pour ne pas lui occuper la parole. Harry Potter s'est forgé une réputation d'égoïste, d'insensible, de perturbateur, de rebelle, et surtout d'allié de Vous-Savez-Qui. Il traine avec eux, il mange avec eux, et il jouait au Quidditch avec eux ! Toutes les raisons du monde – et tous les élèves de Poudlard seront de mon avis – laissent à penser qu'il est l'un des leur depuis les premiers jours à Poudlard.
La jeune rouquine it une pause, ce qui fit s'interroger Lily Potter :
_ Mais toi, tu en penses quoi ?
_ Je pense qu'il a une part de Bon en lui.
Tout le monde resta bouche bée devant cette révélation. Une Weasley defendant Harry Potter. Elle continua:
_ Il y a quelques jours de ça, nous étions seuls tous les deux dans la cuisine, et …. Je ne sais pas comment le décrire mais …c'était comme si un autre Harry Potter était dans la cuisine ce jour là… Sous les sourires moqueurs de tous elle continua de plus bel avec plus de voix cette fois-ci : Je sais de quoi je parle, je ne suis pas folle !
« Folle amoureuse Ouai ! » ria Fred dans un coin, faisant rire toute l'assemblée, sauf les parents des deux « prétendus tourtereaux ».
_ FRED ! Je ne suis pas 'amoureuse' de lui ! hurla-t-elle.
Elle se tourna de nouveau vers Lily, et reprit :
_ Je pense que vous dites vrai ! si Potter cherche un endroit ou aller, c'est définitivement le manoir de Malfoy qu'il irait ! Mais je ne pense pas qu'il faille y aller… C'est trop dangereux, c'est garder par des centaines de mangemorts. Nous devrions lui envoyer un hibou ce serait plus simple. Proposa Ginny.
Lily regarda la jeune fille, et lui souria sincèrement :
_ Je n'oublierais pas Ginny ! Je te remercie, envoyons lui une lettre sur le champs.
Lily Potter appela d'un coup de baguette du papier de lettre, un plume apparu dans sa main droite par magie, et elle commença à écrire :
Harry, mon chérie,
Où es-tu ? Comment vont tes blessures ?
Nous sommes tous mort d'inquiétude, revient vers nous ! Etre mangemort n'efface pas le fait que tu es, et tu resteras MON FILS.
Je t'en pris, mon chérie, ne nous tourne pas le dos.
Je t'embrasse fort,
Ta maman qui t'aime
LP
Elle plia la lettre, la donna à son hibou « PIAF » et le regarda s'envoler dans les airs.
Pendant ce temps, au manoir …
Harry réussit à se lever de son lit péniblement, mais une fois débout, il se tint au poteau de bois du lit baldaquin. Ses yeux lui piquaient encore un peu. Il ne voyait pas très bien devant lui. Il avança petits pas par petit pas, quand tout à coup quelqu'un lui donna un grand coup de poing dans le visage. Harry plus déboussolé que jamais, se redressa le plus vite qu'il pouvait et fit face à son agresseur :
_ DRAYYYYY ! Mais tu es fou, c'est moi ! HARRY !
_ Je sais qui tu es : tu es un traitre ! Voila ce que tu es !
Harry ferma les yeux et pensa qu'il devait avoir un des échos du carnage devant la maison des Weasley. Il avait tué une vingtaine de mangemorts la nuit dernière. Cela ne devait peut être pas passé inaperçue. Et qui d'autre était au courant de cette attaque : Harry bien sur… Pensant que son ami parlait de cette attaqua là il monta les bras devant lui comme pour prévenir un coup.
_ NON ! JE TE JURE, JE PEUX TOUT T'EXPLIQUER ! hurla Harry.
_ ET COMMENT ? AVEC UN AUTRE MENSONGE ?
_ NON CETTE FOIS : LA VERITE RIEN QUE LA VERITE !
Drago se calma, descendit du lit, et se tenait debout. Il marchait, et faisait à présent les cent pas dans la chambre.
_ Arrêtes, tu me donnes le tournis ! dit calmement Harry
_ Ce n'est pas à toi de me donner des ordres ! répondit Drago
_ Oui, tu as raison. Se résigna Harry.
Les minutes passaient, et Drago se retourna face à Harry, avance jusqu'à lui et lui demanda :
_ Depuis quand tu participes à des attaques sans me prévenir ?
Harry était perdu. « Mais de quoi parle t-il ? », « surtout, ne lui montre pas que tu ne sais pas du tout de quoi il parle ! » pensa Harry.
_ Je te demande pardon ? demanda Harry.
_ ne fais pas l'innocent ! Je sais que tu étais à Pré-au-Lard, avec les autres stupides mangemorts que mon père envoie. Je ne pensais pas que tu trafiquait avec mon père : tu es vraiment plus avide de pouvoir que je ne pensais…
_ Pré-au-Lard … A oui ! Oui, une sacrée raclée celle là ! On les a térassé. Ria fièrement Harry.
_ Ne rie pas ! TU M'AS MENTI !
_ Comment ?
_ Tu ne m'as jamais dit que tu y allais ? Pourquoi ? Pour avoir tout le mérite de mon père c'est ça ? Mais tu ne me prendras pas ! Ce sont mes parents, et ils n'ont qu'un seul fils !
Ne sachant pas de quoi il voulait parler, et surtout ne voulant pas se noyer dans les mensonges, Harry rentra dans le jeu, et lui fit croire qu'il avait raison.
_ OK ok, Dray, je suis désolé, je ne le ferai plus. Promis. Dit sincèrement Harry.
_ Tu me le promets ? demanda calmement Drago
_ Oui, je te le jure !
Harry lui tendit une main, et les deux amis se serrèrent les mains, en signe d'approbation et de réconciliation. Drago se mit alors à rire :
_ C'est vrai que vous leur avez bien mit la raclée ! Et l'Ordre n'a rien vu venir ! Quelle bande d'imbécile !
_ Oui, comme tu dis, des imbéciles ! dit faussement joyeux Harry.
Drago se retira, Harry se tourna alors pour lui cacher son expression de tristesse à la pensée de ses parents. « Ils doivent être morts d'inquiétude … Mais je peux plus aller le voir…C'est impossible.».
Drago, marchait dans le manoir quand un hibou se cogna sur une des fenêtres « un hibou à cette heure ci ? Il doit surement être perdu, on ne reçoit plus de hibou chez nous… » S'interrogea Malfoy. Il prit la lettre et l'ouvrit. Quelques minutes plus tard, Drago plia de nouveau la lettre et regagna la chambre d'Harry. « Il me prend vraiment pour un con… » Pensa Drago.
Harry était toujours dos à Drago quand celui-ci entra de nouveau dans la pièce.
_ Décidément, deux jours sans moi et tu es accro ? ria Harry.
_ Tu ne m'avais pas dit que tes parents étaient compréhensifs face à ton choix de joindre les rangs du Seigneur ! Et comment sont-ils au courant pour tes blessures ? je croyais que tu étais venu ici directement après l'attaque… dit Drago.
Mais face à un Harry totalement sous le choque, et ne sachant pas quoi répondre, Dray ajouta :
_ La réponse à cette question, est peut être que tu n'as jamais été à cette attaque de Pré-au-Lard ! Et que tu aurais été ailleurs à ce moment là !
Harry avait la tête basse et fuyait le plus possible le regard de son ami.
_ Tout est écrit dans cette lettre : Ta maman t'embrasse fort au passage ! ajouta son ami.
Drago laissa la lettre sur le chevet et quitta en trombe la pièce.
_ Je ne te reconnais pas. Le Harry que je connais ne m'aurais jamais menti ! Ou peut être que tout ça : notre amitié, Poudlard, peut être que tout ça finalement ce n'était qu'un jeu pour toi. Tu jouais peut être un rôle. Et qui me dit que tu n'es pas une taupe de l'Ordre ? … Finalement être le fils unique de l'ennemi n'est pas une si mauvaise chose. On pourrait peut-être utiliser ça à notre avantage ! Je t'attends dans la Grande Salle dans 15 min ! Ne sois pas en retard ou la prochaine chambre que tu auras sera dans les cachots comme tous les autres prisonniers !
Le dernier mot raisonna dans la tête de notre héro « Prisonnier »… il avait vraiment tout gâcher : il avait perdu son meilleur ami, ses parents, … TOUT. Il devait se relever maintenant, et vite !
