Hello guys !

Hé ? C'est moi ou j'ai posté cette suite à la vitesse de la lumière ? xD. Bon, soyons honnêtes, le chapitre est court et sert surtout de transition entre deux éléments que je veux mettre en lumière. Il n'en est pas moins important pour autant, attention ! Victoria a besoin de comprendre certaines choses pour comprendre sa chère et tendre Mad Max~

J'avoue que hier j'ai été TREEEES tentée de poster un fake chapitre pour faire un poisson d'avril, mais j'ai pas eu le temps, hahaha ! Donc en ce 2 avril, je vous offre le vrai ;)

Bonne journée à tous et à toutes ! Love wins !

Kiwi


Chapitre 9

My destiny is art

"Photography is the story I fail to put into words."

— Destin Sparks


20 juillet, trois semaines plus tard

En dépit de leurs débuts difficiles, Victoria et Max avaient rapidement trouvé leur rythme amical de croisière. Les choses avaient pris une tournure assez incroyable suite à tout ce qui leur était arrivé - autant dans le passé que dans leurs vies parallèles-. Dans cette réalité, c'était à croire qu'elles s'étaient toujours mutuellement attendues pour se découvrir une personne de confiance avec qui elles se sentaient bien, loin des trahisons et des masques de la société. Leur programme de rendez-vous avait commencé à se faire régulier. Elles faisaient en sorte de se voir tous les deux ou trois jours et se textotaient quotidiennement. Ce vendredi soir ne faisait pas exception. Installées dans le salon de l'appartement de la blonde, elles avaient regardé deux épisodes d'une série qu'elles avaient décidé de regarder ensemble avant de se remettre à parler, et à parler encore sans même se rendre compte de l'heure qui tournait. Max savait que Victoria partirait dans deux jours pour un voyage en Europe d'une durée de trois semaines. Ce n'était pas pour des vacances comme elle le lui avait expliqué, mais pour faire de la recherche image et recherche contextuelle. Cela rejoignait un projet photo sur lequel elle travaillait depuis deux ans et qui l'amenait à faire ce voyage régulièrement, à coup d'une à deux fois par an.

Du coup, assise aux côtés de la blonde sur le large canapé, Max profitait de sa présence tant qu'elle était encore là. Celle-ci d'ailleurs lui servit un sourire à damner un ange en lui refourguant la boîte de cookies aux pépites de chocolats dans les bras.

- Je ne sais pas comment tu peux manger autant de ces cochonneries sans prendre un gramme, soupira-t-elle, désappointée. Perso', je sens que demain je vais culpabiliser et aller courir 10km.

Max eut un petit rire malicieux.

- Mon corps aime le sucre. Sans lui, je ne suis rien.

Victoria roula des yeux en se réinstallant confortablement dans le canapé. Sans gêne, elle étendit ses longues jambes en travers de celles de Max pour gagner de la place.

- Mais vas-y, je t'en prie, installe-toi, réagit la châtaine, feignant l'outrage.

- Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

- Je suis l'invité ! Un peu de respect.

La blonde arqua un sourcil, la dévisageant comme si elle venait de dire que la Terre était plate ou que c'était Leonardio Di Caprio qui avait peint la Joconde. Déshonneur. Outrage. Max sentit le jugement flotter dans son beau regard vert et elle se prépara à devoir se justifier comme une boxeuse prête à rendre des coups.

- Tu es là tellement souvent que le terme d'invité pourrait se transformer en colocataire, ironisa Victoria avec son air haut perché en portant son verre de vin à ses lèvres. D'ailleurs, je devrais penser à te faire participer au loyer, prépare-toi à m'abandonner tes droits d'auteur pour ne serait-ce que payer la moitié.

Max secoua la tête de droite à gauche dans un petit sourire amusé alors que ses doigts battaient la mesure d'un air de guitare qui passait en fond.

- C'est toi qui as réclamé ma présence. J'ai un message écrit pour preuve.

- Va falloir prouver que ce message vient bien de moi et que ce n'est pas un piratage.

- Tch… avec toi Chase, le respect est mort…

- A ce niveau-là, le respect se retourne dans sa tombe, Caulfield. Juste pour info'.

Max éclata de rire. Cela faisait des années que la petite châtaine ne s'était pas sentie aussi tranquille, aussi soulagée. Hantée par ses démons, elle avait presque oublié ce que ça faisait d'avoir une amie. Une personne à qui parler de tout et de rien, avec qui se poser et passer un moment agréable loin des doutes du quotidien ou de la crainte de demain.

- Je peux te poser une question ? demanda soudainement la blonde, la tirant de ses pensées.

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Caressant le bord de son verre à pied du bout de son index, les sourcils légèrement froncés par signe d'appréhension, Victoria réfléchissait depuis un moment. Elle voulait ramener la conversation sur un doute qui la taraudait depuis quelques temps en toute discrétion. Pour être tout à fait honnête avec elle-même, la riche héritière avait voulu aborder le sujet depuis le début de la soirée sans trouver la bonne opportunité. C'était quelque chose de pas forcément facile à négocier… Peut-être était-ce encore trop tôt ? Peut-être risquait-elle de faire remonter de mauvais souvenirs ?... mais en même temps, elle mourrait d'envie de savoir. Et elle savait au fond d'elle qu'elle n'arriverait pas à saisir sa chance d'en parler à moins de la provoquer. Max ne ferait certainement pas le premier pas d'elle-même. Prenant une profonde inspiration, Victoria se lança.

- Je peux te poser une question ? demanda-t-elle sans lever les yeux de son verre.

Elle sentit Max regarder dans sa direction plus qu'elle ne la vit.

- Hm ?

- Est-ce que j'étais toujours la même dans les réalités alternatives que tu as vues et vécues ?

Un petit rire gêné et surprit devança la réaction de son opposante.

- D'où tu sors ça ? lui répondit-elle sans méchanceté.

- Je me posais cette question depuis un petit moment déjà, avoua la blonde en continuant à jouer avec son verre sans la regarder. C'est bête, mais savoir dorénavant que les actes d'une seule personne peuvent influencer à si grande échelle la vie des autres... je me demandais… Je me demandais si j'étais vraiment destinée à devenir la personne que je suis aujourd'hui ou si ma vie aurait pu prendre un tournant complètement différent.

Devant le silence qui suivit sa déclaration, Victoria releva le menton pour plonger dans les iris bleues qui lui faisaient face. Elle ne se lassait pas de leur éclat bleu roi évolutif qui en cet instant paraissait assombri par la luminosité feutrée de la pièce.

- Je suis désolée si j'ai… commença-t-elle avant de se faire couper la parole.

- Non, ça ne me dérange pas que tu poses la question même s'il n'est pas toujours agréable d'imaginer ce qui aurait pu arriver si on avait fait tel ou tel choix.

Max s'arrêta de parler pour plonger plus profondément encore son regard dans les yeux de jade de son ancienne camarade. Elle semblait vouloir tester sa résolution, s'assurer qu'elle tiendrait le coup.

- Tu es sûre de vouloir savoir ? insista-t-elle comme un dernier avertissement.

- Sûre, répondit la blonde sans tressaillir.

Elle ne lui précisa pas cependant que sa première motivation était d'obliger Max à s'ouvrir à propos de quelque chose qui la rongeait. Bien qu'elle parlât assez souvent de ses mésaventures et expériences temporelles, Victoria savait qu'elle était la seule personne à qui elle pouvait se confier. La seule personne qui la croyait et à qui elle pouvait dire la vérité… lui parler des choses horribles qu'elle avait vues et vécues. Mais ce n'était pas toujours facile. Max avait gardé le secret pendant tellement longtemps, s'était infligée une souffrance si forte que pour l'aider à parler, il lui fallait souvent user de petits stratagèmes. La pousser légèrement dans le dos en était un.

- De tout ce que j'ai pu voir, tu n'es pas destinée à être exclusivement galeriste, déclara Max avec le ton posé de quelqu'un qui s'apprête à raconter une histoire. Bien que, photographe soit très récurrent dans tes futurs alternatifs.

Elle posa son verre de vin blanc sur la table d'appoint.

- La première fois que j'ai véritablement changé le passé, je me suis retrouvé dans l'univers alternatif que j'ai écrit dans mon livre. J'avais sauvé William de son accident de voiture en l'empêchant de retrouver ses clés. C'était une erreur… je ne savais pas vraiment ce que je faisais et les conséquences que ça allait avoir, fit-elle en essayant de se détacher du sentiment de culpabilité que Victoria pouvait percevoir dans son regard un peu plus terne. Dans cette réalité, en revenant à mon âge d'être à Blackwell, je faisais partie du Vortex Club, je dirigeais même le Vortex Club pour dire vrai, et toi et moi étions… proches.

Victoria fronça les sourcils face au ton employé par la châtaine. Il y avait quelque chose d'étrange. Elle se souvenait que dans ce passage du livre, Jodie et Diana étaient meilleures amies. Pourtant, elle eut le sentiment que ce n'était pas ce genre de proximité que Max venait de sous-entendre.

- Proches ? répéta-t-elle. Proches comment ?

L'écrivaine passa une main sur son visage pour ramener ses cheveux ondulés en arrière.

- On sortait ensemble.

Cette confession, lâchée sans préparation préalable, souffla l'héritière Chase avec la force d'un ouragan, et elle remercia le ciel d'être assise. Elle essaya de ne rien laisser transparaître sur son visage et s'arma de son petit sourire de circonstances pour dissimuler le tumulte de ses émotions. Maxine et elle étaient sorties ensemble ?... Pour de vrai ?

Son cœur s'emballa furieusement. Comment était-ce arrivé ? Qu'est-ce qui avait pu changer autant dans le passé pour que d'ennemies jurées dans sa propre réalité, elles aient pu devenir amantes ?... Et Victoria sentit ses oreilles chauffer à cette pensée. Et cela aurait-il pu arriver dans son propre passé si elles avaient été amies au lieu de rivales ?... Quel était le facteur déclencheur ? Etait-ce elle ou bien Max qui avait fait le premier pas ?...

- Tout ça parce qu'on faisait toutes les deux parties du Vortex Club ? C'est ça qui l'a provoqué ? demanda-t-elle en dissimulant comme elle put le tremblement de sa main.

Sa voix réussit à conserver une tonalité calme et détachée. Victoria poussa un soupir interne de soulagement.

- Entre autre, confirma Max d'un petit hochement de tête. Apparemment, le moi de cette réalité était partie vivre à Seattle moins longtemps, et contrairement à l'erreur que j'ai commise ici, elle avait gardé contact avec Chloé grâce aux souvenirs que j'avais laissé dans le passé pour changer les choses. Par contre, je ne m'attendais pas à ce qu'elle revienne de Seattle en mode « Queen Bee », changée par son entourage et ses fréquentations là-bas.

Elle fit une parenthèse.

- Comme je te l'ai déjà expliqué, quand je change quelque chose dans le passé et que je reprends conscience dans une réalité alternative, il me faut un petit moment d'adaptation pour que mes nouveaux souvenirs remplacent les anciens. Dans cette réalité, on avait fini ensemble parce que tu avais été la première à être venue me parler lors de mon premier jour à Blackwell. Tu avais vu ma tenue et tu m'avais dit qu'entre filles populaires de la grande ville on allait bien s'entendre.

- J'ai fait ça ?

- Oui. On a échangé nos numéros de téléphones et tu as insisté pour qu'on s'assoit côte à côte en classe.

- Je vois… Le pire c'est que ça me ressemble bien, ou plutôt que ça me ressemblait bien quand j'étais jeune, admit Victoria, ayant du mal à en croire ses oreilles. Et après ?

- Après, j'étais tellement obnubilée par l'état de Chloé que je t'avoue que je n'ai pas trop cherché plus loin en ce qui te concerne.

La blonde retint le reniflement agacé qui la démangea en entendant le prénom qui commençait à lui donner des cauchemars. Chloé. Chloé. Chloé. Encore et toujours Chloé. Même quand elle n'avait rien à faire dans la conversation elle revenait quand même dans la conversation. Limite Max aurait pu lui parler de chaussures et enchaîner sur un « Ah ça ! Ce sont les chaussures préférées de Chloé. Et ça sa nourriture préférée, sa musique préférée. Ca, ça me fait penser aux cheveux bleus de Chloé. » Elle allait lentement mais sûrement faire une overdose de Chloé. Surtout quand à la base, le sujet devait parler d'elle, ELLE, Victoria Chase !... pas de l'autre junkie.

- Je sais juste que tu m'avais dévoilé ton caractère caché, poursuivit Max sans paraître remarquer l'agacement de la riche héritière.

- Quel caractère caché ? Grogna-t-elle.

- Ton vrai caractère. Celui doux, inquiet et à l'écoute que tu dissimules sous ta carapace de gosse de riche dédaigneuse, sourit-elle. Tu m'avais envoyé beaucoup de textos sur mon téléphone. Et quand j'étais chez Chloé, je n'arrêtais pas de recevoir des messages de toi me demandant de mes nouvelles et de te répondre. Tu paniquais à l'idée de ne pas savoir où j'étais.

Elle rit doucement à ce souvenir.

- C'était un gros changement pour moi qui, à cette époque, te voyais comme ma Némésis.

- J'imagine, oui. Ca a dû être un choc moral, répliqua Victoria en essayant de faire redescendre sa tension et son accès de colère.

Il fallait qu'elle respire. Profondément. Calmement. Max était en train de lui raconter des choses dont elle n'avait jamais parlé à personne. Ce n'était pas le moment de tout planter pour une petite histoire de jalousie ridicule. L'amitié ne souffrait pas de jalousie, c'était bien connu.

- C'est vrai, mais c'était agréable de te découvrir sous un nouveau jour, reconnut la châtaine, la dévisageant en sentant une légère flexion un peu sèche dans la voix de son opposante. Mais celle-ci ne semblait pas encline à vouloir s'expliquer là-dessus. Elle laissa donc couler en reprenant la parole :

- Après ça, je t'ai connu dans plusieurs futurs (elle s'arrêta un instant pour boire une gorgée de vin blanc). Dans l'un d'entre eux, un futur très brillant pour toi, tu étais une photographe ultra célèbre qui se faisait exposer dans des musées aux quatre coins du monde. C'était assez impressionnant, et… je dois dire que… tu étais une vraie descendante de Richard Avedon qui enchaînait les succès… mais l'ombre à ce tableau de réussite est que tu vivais pieds et poings liés au nom des Chase. Et cela te bouffait…

Max ramena son regard sur la blonde qui eut le sentiment qu'elle essayait de percevoir ce qu'elle ressentait et pensait de cela. Elle resta de marbre, attendant qu'elle poursuive. Ce qu'elle fit au bout de quelques secondes.

- Dans un autre, tu avais tout abandonné pour te lancer dans la photo de mode. Tu vivais à Paris dans une situation plus ou moins difficile. Tu faisais ce que tu aimais mais boucler les fins de mois n'était pas toujours évident et tu prenais parfois des petits contrats moins intéressants pour poursuivre ton rêve. Ce qui me fait penser que dans un autre encore, on travaillait toi et moi comme journalistes associés dans un magazine. Tu t'occupais des rubriques politiques et moi environnementales, écologiques.

- Vraiment ? ne put s'empêcher de s'exclamer la photographe.

Elle avait voulu éviter de couper Max dans son élan, mais cette dernière révélation avait été plus forte qu'elle.

- Ouais, rit l'écrivaine avec légèreté. Je me rappelle même que dans un autre futur, tu avais complètement tourné le dos à ta famille et travaillais dans un Starbucks à New-York. Le tablier vert t'allait même plutôt bien !

- Non… je te crois pas, argua Victoria, sourcils froncés en une expression sceptique. Dis-moi que tu inventes là ?...

- Pas du tout, s'amusa Max devant la tête consternée qu'elle lui renvoyait. Je sais que ça peut paraître difficile à croire mais toutes ces Victorias sont des possibilités résultant de tes choix à certains moments de ta vie.

- C'est tellement… difficile à imaginer, souffla la blonde en portant une main à ses lèvres comme elle le faisait à chaque fois qu'elle réfléchissait. Je veux dire… comment est-il possible de changer de cap à ce point ? Il y a un monde entre devenir barrista dans un coin paumé de NYC et être photographe de mode à Paris. C'est… carrément improbable ! fit-elle en écartant les mains comme cherchant à saisir un concept invisible.

Max sourit tendrement à sa réaction, mais Victoria put percevoir pendant une infime seconde qu'il y avait quelque chose qu'elle ne lui disait pas. La riche photographe l'avait beaucoup observée ces dernières semaines sa manière de bouger, de parler, ses TOC et son langage paraverbal qui exprimait sans cesse des émotions refoulées à travers des gestes caractéristiques.

Et là, Victoria pouvait dire dans l'absence de sourire dans ses yeux qu'il y avait une vérité qui n'était pas bonne entendre. Soit elle lui cachait quelque chose qui pouvait lui faire du mal à elle, soit elle n'arrivait pas à parler de quelque chose qu'elle avait vu et qui l'affectait personnellement.

- Si tu veux tout savoir, je t'ai également vu devenir reporter en culture et mondialisation pour le Washington Post, ajouta-t-elle. Un travail plutôt bien payé, je dois dire. Tu avais un appartement dernier cri de mémoire. (Max reporta son verre à ses lèvres) Ce qui contrastait avec ton futur de YouTubeuse mode, de poète ratée ou de designeuse freelance.

- Sérieusement ? demanda la blonde de manière rhétorique. Poète ?... Designeuse ?... Encore Youtubeuse, je pourrais comprendre…

- Oh, et je t'aimais bien en Instagrameuse célèbre aussi. Très hipster.

Victoria prit une seconde pour ordonner la masse d'informations que la jeune femme dans son salon venait de lui fournir.

- Je vois… Au final, je n'ai pas trop à me plaindre de la personne que je suis devenue dans cette vie.

- En effet, sourit Max. Mais si tu remarques, la grande majorité de tes futurs possibles ont une source commune.

L'héritière Chase haussa un sourcil, l'intimant silencieusement d'aller jusqu'au bout de sa pensée.

- Ta relation avec tes parents. Chaque choix qui te conduit vers un chemin plutôt qu'un autre repose en partie, je ne dis pas que c'est l'unique facteur loin de là, mais ça repose sur le fait ou non que tu veuilles porter l'héritage de ta famille sur tes épaules.

- Maintenant que tu le dis…

Cette remarque plongea la pièce dans un long silence. Incapable d'émettre le moindre commentaire construit, Victoria se sentit soudainement submergée par une connaissance qui remettait en question tous les choix qu'elle avait faits depuis son adolescence une profonde réflexion sur sa situation familiale actuelle et sur la manière dont elle percevait le poids du nom « Chase » et tout ce qui l'impliquait dans sa vie quotidienne. Il était vrai que ses parents l'avaient aidée à démarrer sa carrière, qu'ils lui avaient donné des responsabilités. Mais elle s'était détachée d'eux depuis. Elle était devenue une photographe accomplie par elle-même, sans utiliser le réseau souterrain des Chase. S'il y avait bien une chose dont elle pouvait être fière, c'était que son succès ne baignait pas dans le sang des privilégiés. Elle avait travaillé dur pour en arriver là. Elle avait construit le Chase Metropolitan à la sueur de son front.

Cela ne voulait pas dire qu'elle avait renié sa famille. Non. Elle était en bons termes avec ses parents. Mais elle n'était pas juste la fille d'Eleanor et Alexander Chase. Elle était Victoria Chase. Photographe célèbre et reconnue pour son talent.

Quand elle voyait tous les futurs dont lui avait parlé Max, elle se rendait compte qu'elle avait réussi dans cette réalité à garder un bon compromis entre sa vie personnelle et familiale. Elle pouvait en être fière. Elle n'avait pas sombré sous la coupe de ses parents et n'avait pas non plus tourné complètement rebelle au point de se retrouver à la rue. Et maintenant qu'elle y pensait, elle ne se sentait pas étouffée par quoique ce soit. Elle se sentait juste bien d'être qui elle était.

- Victoria ? demanda Max d'une voix inquiète.

Se rendant compte que le silence avait dû durer plus longtemps que ce qu'elle n'avait cru, la blonde se ressaisit.

- Pardon, je réfléchissais.

- J'ai vu ça. Ca avait l'air intense.

La photographe rit doucement.

- Aussi intense qu'une remise en question de toute une vie puisse être, fit-elle sur un petit ton ironique. Mais je suis conte que tu me l'ais dit… Ca me permet de voir les choses sous un nouveau jour.

Max hocha la tête, semblant comprendre ce qu'elle voulait dire. Elle était d'ailleurs la mieux placée pour comprendre ce sentiment de mise en perspective et de relativisation vu ce qu'elle avait traversé. Et à cet instant, elle se sentit plus proche d'elle que jamais.


A suivre~

(Faut vraiment que Victoria arrête de faire des crises existentielles, elle devient plus Drama Queen que moi xD)