Hello hello ! Bonne vacances à ceux qui sont en vacances !

En cette belle nuit (très chaude) d'août, me voilà en pleine insomnie. Que faire pour s'occuper ? Pourquoi ne pas poster le nouveau chapitre de SLL ?! xD
Donc le voilà, à quasiment une heure du mat', enjoy, haha !
La dernière fois, on avait laissé une Victoria en plein voyage en Europe à ses questionnements sur ses sentiments. On va avancer un peu plus ici~
Mais je n'en dis pas plus et je souhaite à tous une bonne lecture (ceux qui sont connectés en ce moment même, ALLEZ VOUS COUCHER !)

Kiwi


Chapitre 11

Memories in Time

"Photography is truth."
- Jean-Luc Godard


17 août, six jours plus tard

L'estomac serré et le cœur semblant sur le point de défaillir, Victoria appuya sur la sonnette d'entrée de l'interphone de Max. Le temps qu'elle réponde, la blonde eut le temps de se sentir transpirer plus qu'à l'ordinaire, de se dire que sa gorge était bien trop sèche et d'avoir des accès de chaleur dans tout le corps.

Et sa tenue était-elle bien ? Sa coiffure ?

Elle se sentait hyper consciente de son apparence. Elle voulait se montrer sous son meilleur jour. Stupide, Victoria. Stupide.

Trois semaines à l'étranger, loin d'elle l'avait faite réfléchir. Surtout lorsqu'elle s'était retrouvée à rêver d'elle pratiquement toutes les nuits, que ses moments de détente n'avaient tournés qu'autour de réflexions autour de leurs discussions et de ce que Max avait vécu au point d'y laisser son âme et sa joie. Une joie qu'elle retrouvait petit à petit dans la confiance qu'elle lui accordait. Avec la riche héritière, Max n'avait pas besoin de se cacher ou de mentir. Elle pouvait abaisser ses murailles mentales et souffler.

- Oui ? fit soudainement une voix déformée par la machine sous ses yeux.

Elle revint à l'instant présent.

- C'est moi, répondit simplement Victoria.

- Mot de passe ? poursuivit la voix, ignorant sa réponse.

La question la surprit autant qu'elle la fatigua. Dans un soupir grandement exagéré, la blonde roula des yeux.

- Je ne sais pas où tu veux en venir, mais si je dois encenser les hipsters pour entrer dans ton havre vintage, sache que tu peux rêver.

Un rire lui parvint à travers l'interphone.

- Et tu te priverais de ma surprise pour ton anniversaire ?

Damn. Cette fille savait comment piquer sa curiosité tout en la laissant frustrée pour les dix générations à suivre. Le pouvoir de maîtriser le temps devrait être interdit.

- Alors ? la taquina la voix mécanique.

Et Victoria était certaine qu'elle se délectait de son froncement de sourcil réprobateur qu'elle devait voir grâce à la caméra face à elle.

- Max ! Laisse-moi entrer ! Je suis dans la rue avec des gens qui passent derrière moi… c'est pas le moment de jouer aux devinettes !

- Mauvaise réponse.

Victoria inspira profondément.

- Putain. Tu n'imagines pas à quel point je prends sur moi et je me retiens de te dire « Go fuck your selfie », grommela-t-elle entre ses dents serrées.

Le bruit d'ouverture de la porte retentit. Victoria marqua une pause, n'y croyant pas.

- Bienvenue au club des losers, Votre Majesté, la salua la voix avant de se couper en lui indiquant la seconde porte au quatrième étage.

Elle plaisantait ?

- Je te ferai payer ça au centuple.

Riant sans pouvoir s'en empêcher, Victoria poussa la porte pour se diriger vers l'ascenseur.


C'était la première fois qu'elle venait chez Max. Jusqu'à présent son appartement leur avait servi de rendez-vous hebdomadaire. Par conséquent, Victoria ne savait pas à quoi s'attendre quand elle remonta le couloir qui menait jusqu'à sa porte. Son cœur tambourinait d'excitation, soutenu par son esprit assailli de questions qui tournait à lui donner le tournis. On aurait dit qu'elle s'était fait une injection d'héroïne doublée d'adrénaline.

Calmos, ma grande. Tu te prends trop la tête.

Pourtant, malgré l'agitation apocalyptique de ses pensées - elle exagérait à peine sur la terminologie -, Victoria sut parfaitement conserver un masque calme et posé vu de l'extérieur. Le contrôle de ses émotions était quelque chose qu'elle avait appris très jeune. Grandir au sein d'une famille qui faisait passer les apparences avant le bonheur avait su la faire passer maître dans l'art du mensonge par politesse depuis des années. Elle afficha même un sourire confiant quand la porte que Max lui avait indiquée s'ouvrit avant qu'elle ne puisse taper. Le poing en l'air, stoppée dans son action, elle dévisagea la châtaine qui leva les mains en signe de reddition. Ses magnifiques yeux bleus - dont elle avait presque oublié l'éclat en trois semaines - faisaient le trajet de son poing à son visage.

- Ne me tape pas ! Toute ma fortune est dans une boîte à chaussettes sous mon lit. Elle est à toi, fit-elle en gardant un sérieux impressionnant.

Victoria roula de nouveau des yeux avec une mine blasée par ses bêtises. Elle était là depuis deux minutes et elle avait déjà roulé plus des yeux depuis qu'elle était arrivée que tout au long de sa journée de travail.

- Mais pourquoi je persiste à te parler ?... regretta-t-elle.

- Je te retourne la question, rit doucement Max en s'écartant juste assez pour l'inviter à entrer. Attention à partir de ce point, il n'y a plus de retour possible… tu pénètres dans la Retro Zone. C'est à tes risques et périls, Victoria.

- Tant que ce n'est pas l'Emo Zone.

- Serait-ce une pointe de racisme que je perçois envers les fans de Twilight ?

- En tant que personnalité publique, mon avocat m'interdit de me lancer sur des sujets glissants. En tout cas, cet endroit porte bien son nom, commenta la blonde en se défaisant de son manteau pour le confier à son hôte.

Celle-ci le suspendit à une attache au mur alors que son invité en profitait pour faire le tour du salon. Il s'ouvrait directement depuis l'entrée de l'appartement, pour former un rectangle moyennement grand. Dans un petit sourire, Max observa quelques secondes la blonde s'adapter à son nouvel environnement avant de lui proposer une visite guidée du reste du logement. Elle connaissait la nature curieuse de Victoria et savait devancer ses questions, facilitant leurs conversations. Ce fut donc sans surprise que cette dernière accepta, et, à voir la tête qu'elle afficha furtivement, elle n'avait attendu qu'une chose : que Max le lui propose. Son éducation lui avait proscrit de demander et elle avait attendu l'invitation avec une patience de bonne famille. Ce qui fut plus étrange en revanche, fut le silence que Victoria observa pendant leur visite des différentes pièces. A chaque fois que la châtaine faisait un commentaire, elle se contentait d'acquiescer ses propos dans un « hm hm » songeur. Et clairement… ce n'était pas normal ! Max connaissait assez Victoria pour savoir qu'elle se retenait de dire quelque chose. Sa ride du lion, bien apparente au-dessus de ses sourcils froncés de concentration, en était la preuve physique.

- Ca va ? demanda Max.

- Oui, très bien. Pourquoi ?

- Je ne sais pas, fit-elle en haussant les épaules. Tu n'as pas fait la moindre critique négative à propos de mes goûts. Je me serais attendue à ce que tu descendes la déco' en flèche façon Miranda Priestly.

- Hahaha. Tu as une image tellement hautaine et méprisante de moi. Je te rappelle que j'ai changé, se défendit la blonde.

- On ne change pas les goûts de Victoria Chase.

- Mais on peut changer le tact qui accompagne leur révélation.

- Vrai.

Max laissa couler en levant les yeux au ciel et la redirigea vers le salon. La vérité était que Victoria n'avait pas su quoi dire. Prise d'un étrange sentiment de tristesse tout au long de leur visite, elle avait senti une boule se former dans sa gorge et n'arrivait toujours pas à s'en débarrasser. Rien de ce qu'elle avait vu ne correspondait au caractère de Max… Loin des tapis « KEEP CALM AND CARRY ON », des centaines de photographies et des posters qu'elle avait un jour aperçus dans la chambre qui lui avait face à Blackwell, cet appartement paraissait dépourvu de chaleur. Dépourvu d'âme. Subitement elle mit le doigt sur ce qui la dérangeait. Il lui rappelait la Max qu'elle avait retrouvé des mois plus tôt. Froid. En manque de quelque chose d'essentiel.

En manque de chaleur humaine…

Victoria se demanda comment on pouvait vivre dans un endroit pareil sans déprimer, sans se sentir seule et aussi peu à sa place. Regardant encore une fois autour d'elle, elle réprima un frisson de malaise. Elle ressentait comme un vent glacé le gouffre sans fond dans lequel Max se laissait sombrer chaque jour.

Pendant une seconde, elle voulut enserrer la jeune auteure de ses bras pour la protéger, lui murmurait qu'elle là. Mais elle ne fit pas un geste. Elle resta immobile, la peine lui crevant le cœur. Elle voulait la réchauffer. Elle voulait lui montrer qu'elle n'était pas seule.

- Tu as soif ? demanda Max avec un petit sourire gêné.

Victoria comprit à sa mine désolée qu'elle avait dû lui renvoyer un visage fermé ou trop sérieux. Elle relâcha ses muscles, se fendant à son tour d'un sourire pour rassurer son hôte.

- Un peu. Qu'est-ce que tu me proposes ?

Max la ramena jusqu'à la cuisine. Une petite pièce simple de cinq ou six mètres carrés, carrelée de blanc avec des meubles neufs en imitation de bois noir. Victoria s'accouda contre l'encadrement de la porte alors que Max se dirigeait immédiatement vers son frigo duquel elle tira une carafe en verre.

- Si tu veux j'ai une limonade fraîchement pressée de cet aprem. Sinon, j'ai acheté une bouteille de vin rouge pour toi. Il sera, je pense, bien loin de tes standards français mais la vendeuse m'a assuré qu'il était bon.

Victoria esquissa un nouveau sourire.

- La limonade c'est très bien.

- Okay, lui sourit la jeune femme en retour.


Quatre heures plus tard

- Tu sais qu'il y a toujours ton gâteau d'anniversaire dans le frigo, rappela Max devant l'expression presque horrifiée de son invitée.

- Oh Max… j'ai tellement mangé de makis que là tout de suite, je ne peux plus rien avaler.

Cela tira un léger rire à la célèbre écrivaine.

- Tu es sûre ? C'est une tarte au citron allégée et c'est moi qui l'ai faite, la nargua-t-elle.

- Mais !... C'est mon gâteau préféré ! Comment tu s… ? Oh.

Elle s'arrêta dans une mine de réalisation.

- Réalité alternative, c'est ça ?

Max acquiesça en haussant les épaules dans un air qui la rendait coupable.

- Alors ?

- Va pour une petit part. Mais j'espère qu'il est vraiment allégé !

- C'est pas une part qui te fera grossir. Tu as de la marge.

- Je n'ai pas ton potentiel de tolérance au sucre. Ce physique de rêve demande du travail, plaisanta-t-elle.

Dans un petit rire, Max se leva pour aller chercher ledit gâteau qu'elle avait passé deux heures à faire. Elle s'était vraiment appliquée. Victoria la regarda quitter la pièce, le cœur apaisé par cette ambiance décontractée qu'elle savourait chaque fois avec bonheur. La soirée avait commencée de manière un peu tendue, mais dès qu'elles s'étaient installées et que Max s'était mise à rire, tout nuage noir avait été chassé. Et, seule dans le salon, elle se laissa aller contre le dossier du canapé, s'enfonçant un peu plus entre les coussins. Elle se sentait bien. Elle se sentait à sa place.

Elle lâcha un long soupir serein.

Malgré tous ses succès et sa réussite sociale fulgurante, elle ne s'était pas sentie aussi bien depuis longtemps. Aussi véritablement heureuse.

Victoria sourit sans s'en rendre compte. Ses yeux se fermèrent et elle se repassa en mémoire les dernières heures. Après s'être servi à boire et avoir trinqué à son anniversaire, elles avaient repris leurs bonnes habitudes de longues discussions passionnantes et passionnées. Elles avaient parlé du projet photo de la blonde, puis s'étaient mutuellement racontées en détails leurs trois semaines de séparation, et Victoria lui avait même montré ses meilleurs clichés sauvegardés sur son iPad. Un moment de partage qui lui avait fait réaliser une chose en voyant le regard brillant qui n'avait cessé d'alterner entre envie dévorante et mélancolie… Max aimait toujours autant la photographie. Elle s'en défendait, faisait comme si de rien n'était, mais au fond d'elle, elle ne pouvait renier cette part de sa personnalité; cette facette artistique qui ne demandait qu'à être libérée des chaînes qui l'entravaient. Cela avait donné une idée à la riche photographe qui se promit de la mettre en œuvre le plus rapidement possible. Car, si sa bouche disait « non » son cœur muselé et meurtri criait « oui ». Et Victoria savait qu'elle était faite pour ça, comme un oiseau était fait pour voler et un poisson pour nager. Max - dans les ténèbres de son déni - en avait besoin pour vivre. Vivre et pas survivre comme elle le faisait actuellement, même si ces dernières semaines, elle avait fait de gros progrès. Ses sourires s'étaient faits plus nombreux, ses rires moins retenus, ses regards plus doux. Et… si elle était tout à fait honnête… Ses regards en particuliers faisaient s'enflammer le cœur de la riche héritière à chaque fois qu'ils lui étaient adressés.

- Joyeux anniversaire, Joyeux anniversaire ! chanta une voix qui la tira de ses pensées.

Entrant dans le salon le visage éclairé par quelques bougies, Max avança dans sa direction avec précaution. Elle semblait redouter sa maladresse légendaire et craignait de se prendre un coin de meuble dans les jambes. Une chute aurait effectivement tout ruiné.

- Joyeux anniversaire, Victoriaaaaa ! Joyeuuux anniversaire.

Elle posa le gâteau sur la table basse devant elle. Il était orné d'exactement vingt-six bougies. Il était parfait. Victoria sentit l'émotion étreindre sa gorge. Max donnait l'impression d'y avoir passé beaucoup de temps. Et rien qu'à l'imaginer se donner autant de mal pour elle, la célèbre galeriste sentit son corps se contracter de plaisir alors que son ventre était envahi de chatouilles agréables.

- Je ne sais pas quoi dire…

- Ne dis rien et fais un vœu, intima Max.

Sans même avoir réussi à la remercier, Victoria fit ce qui lui était demandé. Elle ferma les yeux, réfléchissant à ce qu'elle pourrait souhaiter de plus dans sa vie. Elle avait l'argent. La renommée. La popularité. Et malgré tout ce qu'elle possédait, la réponse lui apparut immédiatement. Limpide. Claire. Impérieuse.

Je veux voir Maxine sourire de nouveau.

Elle rouvrit les yeux pour voir la concernée l'observer en retour avec curiosité. Leurs regards s'accrochèrent et elle lui fit un petit signe du menton pour l'encourager. Victoria répéta alors son souhait comme un mantra, laissant les mots s'imprimer dans son esprit, voire apparaître devant ses yeux, puis elle souffla ses bougies. D'une expiration ces dernières s'éteignirent dans de petites volutes de fumée. Immédiatement une volée d'applaudissements suivit sa réussite avant que la châtaine ne se penche pour sortir un petit paquet de derrière le canapé. Victoria écarquilla les yeux.

- Ne fais pas ta surprise. C'était obligé que je te fasse un petit cadeau, fit Max dans un léger sourire. C'est un peu la règle des anniversaires.

- Il ne fallait pas… ce dîner était déjà un cadeau en soi.

- Hm hm, pas de ça avec moi.

Elle déposa le petit sachet qui portait le sigle d'une bijouterie entre les mains de la blonde qui le garda sans savoir quoi en faire. Son esprit s'était arrêté de fonctionner. Elle ne s'était vraiment pas attendue à recevoir un cadeau.

- Ouvre-le ! s'amusa la petite hipster devant les grands yeux verts qui allaient de la poche à sa figure.

Victoria s'exécuta lentement. Son regard se fixa sur ce qu'elle tenait entre ses mains. Avec toute la délicatesse dont elle était capable, la photographe défie le petit nœud en tissu qui gardait le sachet fermé pour dévoiler une petite boîte violette. Elle la retira à son tour de sa prison de papier comme si elle désarmait une bombe hautement instable, s'attirant un petit rire gêné de son hôte qui attendait qu'elle découvre ce qu'elle lui avait offert. Et, lorsque Victoria ouvrit enfin l'écrin de velours, un petit « oooh » lui échappa sans qu'elle ne puisse même songer à le retenir.

- Il est magnifique, murmura-t-elle en sortant le bracelet en argent en double cercles imbriqués.

Elle le dévora littéralement du regard, soufflée par la beauté de cette pièce d'orfèvrerie. Max l'avait choisi pour elle… Il était sublime.

- J'en déduis qu'il te plaît ?

- Il est vraiment superbe… Merci ! Fit la blonde en relevant promptement la tête, le rouge aux joues.

Elle ne savait plus quoi dire. Son esprit brillant, maître en la matière des longs discours et des remerciements, se retrouvait sans les mots. Il était vide. Complètement vide. Victoria ne pouvait que bêtement répéter un « merci » empreint d'une sincérité bouleversante. Elle était bouleversée !

Max sembla d'ailleurs le comprendre car elle se fendit un retour d'un petit sourire discret sans oser la regarder dans les yeux.

- Tant mieux, dit-elle en focalisant son attention sur le gâteau qu'elle s'apprêtait à découper. Quand je l'ai vu, il m'a tout de suite fait penser à toi.

- Il est parfait, reconnut la riche héritière en le glissant à son poignet pour l'admirer. Vraiment parfait…


Quand Victoria aperçu le cadran de sa montre en ramenant sa main devant elle, il était presque une heure du matin. Elle arqua un sourcil. Elle n'avait pas vu les deux dernières heures défiler.

- Oh my. Il est bien plus tard que ce que je croyais !

Max avisa à son tour l'heure en appuyant sur l'écran de son smartphone.

- J'étais persuadée qu'il était à peine minuit, continua la blonde en reposant son verre dorénavant vide sur la table.

- Je t'assure que je n'y suis pour rien, répondit Max dans un demi-sourire. Jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pas le pouvoir d'accélérer le temps.

- Hahaha ! Encore heureux, sinon ça voudrait dire que tu es pressée de te débarrasser de moi et je le prendrais mal.

Jugeant que le moment de tirer sa révérence était arrivé, Victoria se redressa tranquillement. Elle prit soin d'arranger sa tenue composée d'un chemisier col Claudine blanc cassé sur un slim marron. Son coup de poignet pour arranger ses manches longues fit tinter son nouveau bracelet, lui tirant un sourire imperceptible.

- En tout cas, merci pour l'invitation, le gâteau était excellent. Je ne sais pas comment tu as appris à cuisiner aussi bien mais considère-moi impressionnée.

Elle marqua une petite pause alors que Max se redressait à son tour.

- Et… encore merci pour le cadeau.

Cela lui valut un sourire qui fit brutalement accélérer son cœur.

- Avec plaisir.

Elles s'observèrent quelques instants, Victoria incertaine de la démarche à suivre. Elle n'avait pas le moins du monde envie de partir. Elle voulait passer la nuit-là, avec elle, mais Max ne l'avait pas invitée à rester. Elle ne pouvait pas s'inviter. Victoria choisit donc de lui offrir un petit sourire accompagné d'une embrassade, le sang pulsant rageusement dans ses veines, puis se dirigea vers la porte d'entrée. Elle avait à peine fait deux pas que la voix de la petite hipster l'interpella.

- Il n'est pas conseillé de conduire aussi tard. Surtout après avoir bu.

- Je n'ai pris que deux verres.

- Un c'est déjà trop.

Un court silence brisé presque immédiatement.

- Tu es sûre que tu ne veux pas rester ?

Bingo.

Victoria feignit la réflexion, des bulles d'exaltation explosant dans son estomac et lui procurant une chaleur agréable. Etrangement, l'alcool n'y était pour rien.

- En plus, il y aura du gâteau pour le petit déjeuner, insista Max avec une ombre de malice dans le regard.

Dieu qu'elle aimait cette expression qui la renvoyait des années en arrière.

- Ce qui n'est pas du tout bon pour ma ligne.

- Mais ce n'est pas tous les jours ton anniversaire. Et c'est moi qui l'ai fait.

- Dis comme ça, capitula la blonde dans un sourire amusé.

Victoria avouait tout. Elle s'était ouvertement laissée supplier - elle n'éprouvait aucune honte à le reconnaître - . Et elle avait pris plaisir à voir Max essayer de la retenir sur des excuses qui… étaient fondées en plus. Elle penserait à boire à chaque fois qu'elle viendrait chez elle maintenant. Mais il était bon de voir que Max tenait un peu à elle. Depuis le début, Victoria n'avait cessé de faire le premier pas, d'aller vers elle, d'aller la chercher et la sortir de sa torpeur. Un petit signe dans sa direction était plaisant pour une fois. Elles étaient deux dans cette histoire, et il ne tenait qu'à la plus petite des deux de s'ouvrir un peu plus à elle pour la laisser entrer dans son univers. L'héritière Chase lui avait déjà ouvert grand les portes du sien.

- Je vais te passer un t-shirt et un short pour que tu puisses te changer.

- Vu ta taille, ça me fera un mini-short.

Max roula des yeux en secouant la tête.

.

Lorsque Victoria sortit de la salle de bain pour apparaître dans l'encadrement de la porte de la chambre, Max était déjà allongée dans le lit, emmitouflée dans sa couette. La lampe sur la table de chevet baignait la pièce d'une lumière tamisée. Concentrée sur ce qu'elle lisait sur son portable, la petite hipster ne l'avait pas remarquée. Victoria profita religieusement de cette opportunité inattendue pour contempler sa figure douce qui restait constamment dans ses pensées ces derniers temps. Avant que Max ne revienne dans sa vie - et ne lui fasse exploser au visage que sa meilleure photo était celle d'un homme qui lui ressemblait - la célèbre photographe n'avait jamais réellement accordé d'intérêt aux taches de son. Elle ne les détestait pas pour autant, mais elle n'avait jamais remarqué à quel point leur seule présence pouvait rendre une figure unique.

Le faciès de Max était si particulier.

Victoria n'aurait su dire si cela venait de son regard profond, intelligent et pourtant si mélancolique, ou alors c'était ses petites joues rondes qui surplombaient une mâchoire fine, ou même ses cheveux ondulés qui bataillaient comme bon leur semblait. La petite châtaine avait un charme indéniable qui n'était que renforcé par son air calme et posé et son physique de gringalette qui donnait envie de la protéger. Pourtant Max était loin de manquer de force, de caractère ou de répondant. Elle le lui avait prouvé à de nombreuses reprises. Il s'avérait juste qu'elle n'était pas le genre de fille qu'on remarquait au premier abord comme cela pouvait être le cas de Dana Ward ou Rachel Amber. Max ne m'était pas outrageusement ses attributs en valeur et préférait souvent se cacher dans des vêtements qui ne lui allaient pas. La preuve… elle portait actuellement un mix entre Price et Amber qui ne correspondait pas à son caractère. Ou étaient ses vestes hipsters difforment qu'elle adorait fut un temps ? Et puis, son air souvent triste et androgyne n'attirait pas le regard. Elle pouvait même paraître quelconque au premier coup d'œil. Max était petite, un peu trop maigre, en décalage avec les normes sociétales que l'on imposait normalement aux femmes pour entrer dans la catégorie du « beau ».

Pourtant… Victoria ne voyait qu'elle. Elle se laissait attendrir par ses traits fins et bien dessinés, sa personnalité atypique et son intelligence hors norme qui lui donnait envie de lui parler en permanence.

- Tu lis quelque chose d'intéressant ? demanda-t-elle pour annoncer sa présence.

Max afficha une petite moue dubitative en remettant son smartphone en veille et le poser sur la table d'appoint à sa gauche.

- Pas vraiment. Un mail de mon éditeur qui me montre les stats de mes ventes de ce mois-ci et demande encore de revoir ma décision de ne pas écrire une suite à Life is Strange.

Victoria esquissa un petit sourire compatissant en se glissant sous la couette à ses côtés.

- Tu ne peux pas leur en vouloir d'essayer de surfer sur la vague de ton succès.

- Oui, je sais… mais c'est difficile de dire « non » à chaque fois sans leur donner la véritable raison derrière mon refus…

Elle laissa sa phrase en suspens, sachant parfaitement que Victoria comprendrait. Cette dernière sentit d'ailleurs qu'il fallait qu'elle dévie légèrement le sujet.

- Tu ne peux pas changer de maison d'édition je suppose ?

- Non, ils détiennent le droit sur mes ventes.

- Et bien… s'ils te forcent tellement la main pour écrire, tu peux toujours leur proposer un préquel, plaisanta-t-elle.

Cela lui valut un haussement de sourcil perplexe.

- Un préquel ?

- La vie de Jodie quand elle était plus jeune, reprit Victoria, un sourire en coin toujours accroché aux lèvres. J'ai d'ailleurs un super titre.

Elle écarta les mains devant elle comme présentant une pancarte imaginaire.

- Life is Strange : Before the Storm.

- Tu te moques de moi ?

Un rire lui répondit.

- Un peu. Mais avoue que ce serait pas mal (elle marqua une pause en s'installant plus confortablement dans le lit) Jodie serait une pirate pleine d'ambition ne désirant que conquérir le monde et Diana en parallèle, une petite bourg' rêvant d'aventures. Elles se rencontreraient par hasard et deviendraient amies malgré la réticence de la famille Westwood qui ne voudrait pas que leur progéniture aille jouer les pirates avec des gens peu fréquentables.

Elle lui accorda un clin d'œil pour appuyer ses propos.

- Qui est peu fréquentable ? S'outra faussement Max dans un petit rire.

- Je ne suis pas la personne qui jouait et traînait dans une décharge de camés que je sache, répliqua l'héritière Chase avec son air arrogant.

- Il y avait un bateau. Je pense que ça suffit à tout expliquer.

- Si ce n'est que ça, on aurait pu prendre un des yachts de Na…

Victoria s'arrêta en plein milieu de sa phrase, se rendant compte qu'elle avait failli faire un énorme faux-pas. Nathan était à l'origine de la perte de Chloé… Max ne pourrait jamais lui pardonner entièrement, et elle comprenait. Si la situation avait été inversée, la blonde aurait tenu une rancœur profonde à l'encontre de Chloé. Elle évitait donc toujours scrupuleusement de parler de son meilleur ami ou de dire lorsqu'elle se trouvait avec lui. Mais cette fois sa langue avait fourchée à cause de la récurrence de leur blague sur le fait de s'enfuir avec un des bateaux de Sean, son père.

- Je ne suis pas sûre que l'on aurait pu piloter un yacht à 10 ans, reprit Max. A moins de réussir à détourner l'équipage des Prescott.

Victoria tourna vivement la tête dans sa direction, surprise d'entendre autant de douceur dans sa voix. Elle semblait lui dire que c'était bon, qu'elle n'avait pas à surveiller autant son langage devant elle.

- C'est pas faux… et je ne suis pas sûre qu'ils auraient accepté se retourner contre leur employeur.

Un petit rire lui répondit et la blonde se détendit.

- Donc, on ne critique pas la décharge.

- Okay okay, ça passera pour cette fois, se rendit Victoria en se penchant pour éteindre la lumière.

Pourtant, si ce devait être le signe qu'elles devaient finalement se coucher, elles continuèrent de parler encore un long moment. Les sujets s'enchaînaient. Leurs petits rires partagés suivaient. Et, quand finalement l'heure du bonne nuit arriva, Victoria poussa le vice à coller son dos contre Max. Ce n'était rien de plus qu'un contact léger, une simple recherche de chaleur, mais lorsqu'elle sentit la châtaine rester contre elle et ne pas se défiler, une joie profonde fit accélérer les battements de son coeur. Victoria ne pourrait jamais dormir… c'était mort.


Victoria se leva à 6h du matin en s'extirpant des draps - très délicatement - avec l'impression de n'avoir dormi qu'une heure. Ce qui ne devait pas être loin de la vérité.

Après s'être assurée que Max dormait toujours à poings fermés, la blonde rejoignit le salon où elle se posa sur un fauteuil pour réfléchir calmement. Elle avait passé sa nuit à penser à Max… à ressentir la présence de Max contre son corps… à sur-analyser le moindre contact entre elles en se demandant s'il était inconscient dans son sommeil ou parfaitement calculé pour se rapprocher d'elle. Max avait-elle passé son bras autour de sa taille parce qu'elle en avait envie à un certain moment ?... Ou était-ce simplement un réflexe et une recherche de confort ?... Victoria avait failli faire une attaque cardiaque quand c'était arrivé. Complètement tétanisée, elle s'était raidie comme bâton sans savoir si elle devait faire comme si de rien n'était ou tenter un rapprochement à son tour.

Raaaaaaaah !

C'était tellement confus. Elle n'en pouvait plus. Max la déstabilisait complètement. Cela ne lui était jamais arrivé à ce point-là.

Victoria porta une main à son front pour cacher ses yeux fatigués et se masser les tempes. Elle se sentait perdue. Elle ne savait pas quoi faire.

Enfin si. Elle savait quoi faire.

La vérité était qu'elle mourrait d'envie de se rapprocher un peu plus de Max, mais elle ne pouvait pas lui forcer la main après tout ce qu'elle avait vécu. Max était encore fragile psychologiquement parlant. Brisée. Instable. Elle réapprenait lentement à apprécier la vie à nouveau, Victoria ne pouvait pas l'embarrasser avec des sentiments amoureux qu'elle-même ne contrôlait pas - ou difficilement -. Elle n'était pas dupe face à ce qu'elle ressentait. Elle connaissait les symptômes : le stress, la joie, l'exaltation, la crainte mais aussi la déception quand tout ne se passait pas comme elle le souhaitait. Elle voulait que Max la regarde. Elle voulait que Max lui sourit et soit aussi heureuse de la voir qu'elle l'était.

Victoria poussa un long soupir.

Max allait la rendre dingue… Et elle se prenait trop la tête sur des détails qui n'auraient pas dû revêtir autant d'importance. Elle se pinça l'arête du nez comme voulant chasser les idées qui tournaient en boucle dans son esprit. Pour commencer, elle aurait dû être en train de dormir là tout de suite, pas assise dans le salon en apercevant le soleil se lever. Elles s'étaient couchées à deux heures du matin, et elle avait passé plus la moitié de son temps à calculer le nombre de respirations de l'auteure, la distance qui les séparait, leurs mains qui se frôlaient lui faisant prendre conscience de la température élevée de son corps.

Retourner se coucher était impossible. Si elle était restée une minute de plus allongée à côté d'elle, Victoria ne savait pas ce qu'elle aurait pu faire. Alors il valait mieux pour elles deux qu'elle se trouve actuellement dans une pièce séparée à tenter de refaire le monde aux aurores. Enfin… refaire le monde… elle refaisait surtout sa relation avec Max. Relation amicale !... Ambigüe ?... Ambigüe mais amicale paraissait pas mal.

Retenant un cri de frustration, l'héritière Chase se leva d'un bond pour faire les cent pas dans le - petit - salon de l'écrivaine. Il fallait qu'elle trouve une occupation. N'importe quoi qui puisse la détourner de sa torture mentale. La télévision ? Non… trop bruyant et pas assez intéressant. Un livre peut-être ?

Victoria se retourna pour aviser la bibliothèque qu'elle avait repérée plus tôt dans la soirée. Après tout, quoi de mieux qu'un bon bouquin ?... Max lui avait emprunté « Je sais que vous mentez » la première fois qu'elle avait dormi chez elle.

Max. Max. Max. Encore Max…

Il fallait qu'elle arrête de penser à elle ! C'était à croire qu'elle faisait exprès de revenir dans ses pensées aux moments les plus inopinés.

Victoria rejoignit rapidement les étagères qui supportaient un nombre assez conséquents d'ouvrages. Elle ne se serait pas attendue à ce que Max en ait autant en étant revenue à Arcadia Bay depuis si peu de temps. Elle avait dû en stocker chez ses parents certainement, et les récupérer une fois son appartement trouvé. C'était la réponse la plus plausible. La blonde parcourut les étagères en laissant son index glisser sur les tranches. Il y avait un peu de tout : des romans d'aventures, des policiers, quelques traités de psychologie et des livres d'art. Il y avait même des mangas, mais aucun signe de livre traitant de la photographie. Cela lui fit ressentir son habituel pincement au cœur quand Victoria réalisait encore une fois que Max s'était éloignée de la route qui menait à son rêve. Elle avait abandonné un chemin qui était tout tracé devant elle pour sombrer dans la dépression post-mortem de Chloé.

Cette fille représentait vraiment beaucoup pour elle, chuchota la voix sombre de la Victoria en insécurité. Bien plus que tu n'as un jour compté à ses yeux…

Victoria secoua la tête de droite à gauche. Il fallait qu'elle arrête d'avoir des pensées aussi négatives. Chloé était morte… elle ne pouvait pas lui tenir rigueur de prendr… d'avoir pris autant de place dans la vie de Max. Elles avaient été meilleures amies pendant des années. Dans plusieurs vies. C'était normal, non ?... Si c'était Nathan qui y était resté ce jour-là, la blonde ne s'en serait probablement jamais remise - même en ne l'ayant connu que dans une seule réalité -.

Arrête d'être jalouse d'une fille décédée, ma fille…

Dans sa recherche de lecture, une couverture sans la moindre indication, coincée tout en bas de l'étagère attira l'attention de Victoria. Elle s'accroupit pour tirer le livre hors de la bibliothèque. C'était un carnet noir tout simple qui aurait pu passer pour un agenda.

Précautionneusement la blonde l'ouvrit, révélant la première page ou était écrit au stylo bille « Memories in Time » dans une écriture légèrement penchée qu'elle reconnue comme la plume de Max. Elle caressa la page, détourant les courbes gracieuses des yeux avant de s'intéresser aux petites étiquettes qui marquaient des pages.

Un journal intime ? réfléchit-elle en tournant les pages et en révélant des dates qui étaient développées en paragraphes d'une à plusieurs pages.

Mais en attrapant le post-it jaune qui la guida vers la moitié du carnet, elle réalisa que c'était plus qu'un simple journal d'adolescente. Son souffle se coupa brutalement. Au milieu de la page un gros « VICTORIA CHASE » était écrit au marqueur noir. Son cœur accéléra sa cadence au point où il en devint presque douloureux. C'était un journal temporel. Il retraçait toutes les réalités alternatives où elles s'étaient rencontrées. Toutes leurs interactions.

Victoria se mit à tourner les pages rapidement, parcourant les dates et les titres :

- Réalité 01, Passé, Je suis au Vortex Club en couple avec Victoria.

- Réalité 06, Futur, Victoria est une photographe célèbre qui voyage beaucoup, nous sommes ensemble et je lui sers souvent de modèle.

- Réalité 12, Futur, Victoria est une photographe de mode. Nous vivons ensemble à Paris, je suis reporter local. J'apprends le français et nous essayons de nous débrouiller pour l'argent.

- Réalité 14, Futur, Victoria et moi sommes reporters associés pour le magazine ESSENCE. Elle s'occupe de la rubrique politique et moi de l'écologie. Elle m'a demandé ce matin même d'aller dîner avec elle… et pas pour parler affaire.

- Réalité 16, Futur, Victoria travaille dans un Starbucks à NYC, détachée de sa famille et sans le sous. Nous sortons ensemble depuis un mois et je fais son éducation aux films de super-héros.

- Réalité 20, Futur, Victoria travaille pour le Washington Post en tant que reporter en culture et mondialisation. Je suis enseignante en technique de la photographie à l'Université de Washington, School of Art and History. Nous sommes mariées depuis deux ans et en voie d'adopter une fille.

- Réalité 22, Futur, Victoria est une Youtubeuse mode qui passe souvent à la télévision pour présenter des petites émissions. Elle se sert de moi pour faire des relooking sur sa chaîne quand ce n'est pas des vidéos de défis de couple. Je joue de la guitare pour son générique de début et de fin.

Et la liste continuait.

Le cerveau prêt à imploser, Victoria ne pouvait plus détourner le regard des pages entre ses mains. Qu'est-ce que c'était que tout ça ?!... Max lui avait effectivement parlé de ses futurs probables mais elle avait largement omis un détail !... Elles étaient ensembles dans toutes les réalités !

Victoria sentit ses poumons la brûler sous le manque d'oxygène. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle avait arrêté de respirer. Les mains tremblantes elle continuait de lire. La tête lui tournait.

- Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ? Fit une voix douce et joyeuse dans son dos.

Victoria se figea, le cœur sur le point de céder. Se retournant avec la fluidité d'un robot rouillé, les yeux écarquillés, elle reporta son regard sur la petite châtaine qui lui souriait. Un sourire qui disparut de son visage lorsqu'elle vit le livre que la blonde tenait entre les mains.

- C'e..c'est quoi ça ?... articula-t-elle difficilement, la voix blanche.

Le visage de Max se décomposa.


Mon dieu mais... comment Max va-t-elle se sortir de cette situation ? :OOOO
Vous le saurez dans le prochain épisode !