Destinées Liées
Chapitre 11
Tout était blanc et flou, indescriptible. Il entendait des bruits de pas, des personnes se lamentant, de perfusion et de piqûre, des chuchotements...
Ça l'ennuyait énormément.
Ses yeux pâles s'ouvrirent d'un geste brusque et il scanna la pièce de fond en comble, son byakugan s'activant machinalement. Neji laissa échapper un grondement de haine quand il comprit où il était : à l'hôpital de Konoha. Il s'énerva davantage à la vue du soleil, si lumineux, qui contrastait vraiment avec son humeur noire. Il s'en souvenait maintenant.
Tenten.
Leur combat l'avait amené dans cet hôpital, dans cette chambre, et Neji se rappela brièvement la raison pour laquelle il avait perdu, alors que ses sourcils se fronçaient d'eux même. Il s'était battu sans chakra, la sous estimant grandement. Neji serra le poing mais garda son calme malgré tout.
Il leva la tête vers la porte quand quelqu'un toqua. Aussitôt, Neji se tendit, comme quand un ninja ennemi était dans les parages. Il comprit vite que même si ç'aurait été un ennemi, il n'aurait pas pu l'affronter, vu l'état dans lequel il se trouvait. Ses sourcils, qui étaient déjà bien froncés, se froncèrent d'avantage alors que la porte s'ouvrit sur Tenten. Aussitôt, l'odeur habituelle des hôpitaux (d'antiseptique et de propre) fit place à une odeur de jasmin, et la pièce qui, dont l'ambiance était plutôt froide avant sa venue, devint chaleureuse. Neji n'aimait pas les filles qui portaient du parfum, mais pourtant, il ne pouvait pas se résumer à ne pas apprécier cette odeur là.
Il cracha sa phrase avant même de lever les yeux sur elle.
- Apparemment, avoir tenté de me tuer ne te suffit pas. Je suppose que tu es venue pour m'achever ?
S'il n'était pas aussi paralysé, il aurait déjà quitté la pièce, non sans l'avoir poussé violemment avant de sortir. La voir chez lui l'avait donné de sérieuse envie de la blesser au point de ne plus la voir mais, parce qu'il connaissait Tenten et qu'il savait qu'elle n'était qu'une innocente petite fille, il n'avait jamais poussé sa haine plus loin que par des phrases méchantes. Mais après le coup qu'elle venait de lui faire - profiter de son manque de chakra pour tenter de le tuer -, il comprit de toute manière qu'il avait eut faux sur toute la ligne. Depuis le jour où il l'avait rencontrée, elle n'avait fait rien d'autre que de l'ennuyer et de s'occuper de ce qui ne la regardait pas.
Plus le fait que Hiashi l'eut engagé pour qu'elle s'occupe de lui – il sentit son sang bouillonner de rage. Elle avait faillit le tuer. Et à cause d'elle, il était là, allongé dans ce lit minable, incapable de bouger sans tressaillir de douleur !
Il la voulait loin – très, très loin.
Surtout qu'elle passait sa vie à lui poser des questions, avec sa voix ennuyante et aiguë, comme si elle en possédait le droit et qu'il devait lui parler. Sans parler des leçons de vies qu'elle tentait constamment de lui donner... Pourquoi ne s'occupait-elle pas de ses affaires, elle, si faible et inutile ? Ne comprenait-elle pas qu'il ne voulait pas de tout ça ?
- Je n'aurai pas dû faire ça, dit-elle d'une voix suraiguë et basse en même temps, se sentant coupable.
Son sentiment de culpabilité s'était grandement augmenté lorsqu'elle était entrée dans sa chambre et qu'elle l'avait vu enveloppé dans tous ces bandages. Et elle eut davantage mal au cœur de voir Neji tenter de bouger malgré ses blessures graves.
- Je... je n'ai pas pensé. C'était évident qu'il ne te restait plus de chakra et... je sais pas, j'ai voulu te montrer que je pouvais te battre et... je suis désolée. Je... (elle fit une pause, baissant la tête :) J'ai été stupide. Trop stupide. Je sais que t'es d'accord avec moi sur ce point avec ton grand ego, mais – mais tu n'aurais pas dû accepter de m'affronter alors que tu n'étais pas en état !
Tenten fit un pas hésitant vers lui.
- Ce... ce que j'essaye de dire, reprit-elle, c'est que je suis désolée. Je crois que je l'ai déjà dit, d'ailleurs... je me répète.
Il ne répondit pas, se contentant de la regarder avec un regard meurtrier, et la seule chose qui prouvait qu'il l'écoutait était la couleur de sa peau. Rouge. Une fièvre, peut-être ? Tenten tendit la main pour toucher son front mais encore, Neji la repoussa d'un geste sec.
- N'ose même pas me toucher.
- Je-je suis désolée, répéta Tenten. Vraiment...
Même si Neji était méchant et froid, il ne put pas s'empêcher de ressentir un sentiment inconfortable quand il aligna ses yeux aux sien. Il n'y voyait que de la pure inquiétude et de la culpabilité dans ses yeux noisette, et Neji fronça les sourcils.
Pourquoi s'inquiétait-elle autant pour lui ? Avec le temps, elle savait qu'elle n'obtiendrait rien de sa part. Habituellement, les gens abandonnaient avec lui, comprenant nettement qu'il ne changera pas quoi qu'il arrive, mais pas elle. Qu'est-ce qui la poussait à ce point à persister ?
Neji n'eut pas le temps de s'appuyer sur la question car la porte s'ouvrit sur Tsunade elle-même. Le Hokage tenait dans sa main un classeur rempli de fichiers qu'elle posa sur la table en arrivant dans la pièce. Comme d'habitude, elle venait à l'hôpital vêtue de sa tenue de Hokage, jugeant inutile de se changer. Tsunade était comme ça : paresseuse et négligente.
Pourtant très forte.
- Oh, Neji, tu es réveillé. Il était temps.
Neji ne répondit pas, se contentant de se mettre en position assise pour la regarder. Tenten, à ses côtés, s'était de suite inclinée, poliment. Neji la sentait tendue. Comme d'habitude, à chaque fois que Tenten voyait la blonde, elle faisait tout pour paraître parfaite. Neji se retint de justesse de lever les yeux au ciel, mais à la place, il détourna la tête vers la fenêtre, où un oiseau s'était posé sur le rebord. Lui au moins était libre.
Neji ne soupira pas, mais son regard disait qu'il enviait la position du volatile. Tout ce qu'il demandait, c'était de la liberté, voilà tout... Il en oublia même le chef du village, mais entendre sa voix le fit sortir de ses pensées :
- Bonjour Tenten. Tu es là pour le raccompagner chez lui ? Tant mieux, il aura besoin de quelqu'un.
- Oh je..., bredouilla Tenten comme à chaque fois qu'elle faisait face à la sannin, je ne savais pas qu'il pouvait déjà rentrer. Je ne pense pas qu'il puisse marcher dans cet état...
- Techniquement, il ne peut pas. Mais j'ai un engagement à respecter alors je vais me charger de le soigner moi-même.
Neji fronça légèrement les sourcils. Un engagement à respecter, de quoi parlait-elle ? Pourquoi le Hokage lui-même viendrait-elle le soigner avec tous les médecins qui déambulaient actuellement dans les couloirs ? Tout ça n'était pas normal, mais Neji était trop fatigué pour réfléchir.
Il était aussi trop fatigué pour prêter attention à l'expression de surprise que Tenten eut, puis au fait qu'elle baissa la tête et courba ses épaules, comme rappelée d'un devoir.
Peut-être que s'il avait regardé, il aurait comprit qu'elle et le Hokage lui cachait quelque chose de bien important.
-O-
- Voilà, tu peux rentrer chez toi, annonça Tsunade après une heure de travail sur le jeune Hyuuga. Limite tes entrainements, et prends bien tes médicaments chaque jour. Il faudra aussi que tu nettoies cette plaie une fois par jour – l'élément du vent provoque des blessures qui ne guérissent pas aussi rapidement que les autres. Tenten, fais en sorte qu'il fasse tout ça.
Tenten allait répondre, mais le Hyuuga lui coupa la parole.
- Je suis parfaitement capable de m'occuper de moi-même. Allons-y.
Neji posa son pied par terre et tenta de ne pas grimacer à la douleur qu'il eut quand il dut s'appuyer de sa main pour se lever. Tenten, remarquant tout ça, se précipita sur lui.
- Oh, Neji attends, passe-moi ta main, je vais t'aider !
Et à sa grande surprise, Neji s'exécuta sans parler. Sa main chaude semblait être faite pour tenir la sienne, parfaitement enveloppée dedans, et quand Tenten leva les yeux sur les sien, elle fut surprise de ne pas y percevoir de la haine.
Même si c'était du vide, c'était déjà un bon début. Valait mieux le Neji qui ne ressentait rien que le Neji rempli d'agressivité.
Et, sur le chemin du retour, elle ne s'arrêta pas de sourire. Elle regarda le beau prodige des Hyuuga, observant ses traits d'aristocrate, sa forte mâchoire bien dessinée, ses cheveux lisses marron foncés et ses magnifiques yeux à la couleur de la lune qui semblaient cacher beaucoup de choses. Il avait vraiment un profile fort et unique, et Tenten le trouvait vraiment attirant, mais elle haïssait le fait que les bouts de sa bouche ne se relevaient jamais pour sourire, et qu'il n'y avait pas de bonheur dans ses yeux. Tout ce qu'ils montraient, c'était l'air détaché qui disait que Neji ne voulait personne à ses côtés à part lui-même.
-O-
-
Hiashi rédigeait une missive au clan Nara lorsqu'il apprit la nouvelle. Neji était blessé, au point de devoir l'emmener à l'hôpital. Lorsque sa fille, Hanabi, vint le lui dire, il ne sut pas comment réagir. Devrait-il se sentir inquiet pour la santé de son neveu ? Tout ce qu'il ressentit fut d'abord de la surprise. Un, Tenten avait réussi à blesser Neji. Deux, Neji s'était entraîné avec elle – ce qu'il avait juré ne plus faire dès le jour où il avait posé sa candidature chez l'ANBU. Hiashi avait été davantage intéressé par Tenten, du fait qu'elle avait réussit à le battre, et aussi parce qu'elle avait décidé d'aller seule à l'hôpital. N'importe qui aurait eut peur de la réaction du prodige. Elle voulait réparer ses erreurs. Et d'ailleurs, lorsque Hiashi regarda par la fenêtre et qu'il aperçut Neji et Tenten rentrer, il fut davantage surpris. Il s'était bien évidemment attendu à ce que son neveu soit recouvert de bandage – les armes de Tenten étaient très affinées – mais pas à l'image qu'il vit.
Neji s'appuyait sur Tenten.
Il ne la touchait pas vraiment, juste du bout du doigt, comme s'il l'utilisait comme étant une béquille, mais il s'appuyait quand même sur elle.
Jamais l'adolescent n'avait dépendu de quelqu'un dans sa vie, même lorsque son père décéda. Et même lorsqu'il était blessé, Neji préférait marcher lentement mais seul. Le voir s'appuyer comme ça sur la jeune kunoichi – même s'il semblait plus ennuyé qu'enchanté – voulait dire une chose.
Il changeait.
-O-
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Le rayon de soleil qui traversa sa fenêtre l'obligea à sortir du sommeil, l'aveuglant momentanément. Pendant des années, il s'était entraîné à être prêt à la seconde où il ouvrait les yeux, de sorte que, même en plein réveil, il soit d'attaque. Pourtant cette capacité semblait avoir disparue ce matin alors qu'il tenta de lever le bras pour jeter un coup d'œil à son radio réveil. Le mouvement lent de son membre l'exaspéra au plus haut point. Lentement, il se hissa hors de lui, tentant d'ignorer la douleur dans lequel son mouvement le mit – puis serra les dents lorsqu'il se souvint.
C'était de sa faute. A cause d'elle.
A cause d'elle, il était obligé de rester au lit sans bouger, tout ça pour calmer ses muscles pour ne pas les brusquer. Il était incapable de s'entraîner – d'ailleurs, il n'en avait pas le droit à cause des ordres de Tsunade, qui étaient très clairs. Hiashi avait chargé Tenten de s'occuper de lui, comme s'il avait besoin d'aide, lui qui était le prodige de l'honorable clan Hyuuga et l'un des plus forts shinobis de sa génération. Curieusement, malgré le fait qu'elle avait tenté de le tuer, le clan n'en avait pas trop voulu à Tenten – chose absurde : eux qui étaient d'un habituel si méfiant avaient juste accepté ses excuses ridicules. Neji n'aimait pas comme Tenten arrivait si facilement à se les mettre de son côté, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps et qu'ils étaient des amis de longue date, ou alors de sa famille. Le pire demeurait Hiashi. Neji avait halluciné lorsqu'il avait vu le chef du clan sourire face à Tenten, qui avait proposé de l'aider à ranger ses fichiers. Comment osait-elle s'infiltrer dans sa vie de cette manière ?
Mais, se dit Neji en enfilant un pantalon foncé, Tenten n'avait pas de famille. Peut-être appréciait-elle le fait d'être entourée comme ça, et qu'elle voulait vraiment aider les domestiques lorsqu'elle leur proposait de l'aide, et qu'elle ne mentait pas. Neji ne pouvait malheureusement pas le nier : Tenten était comme ça, gentille, et d'une innocence si pure que c'en devenait ridicule et exaspérant. Pourtant, il ne put s'empêcher de ressentir ce sentiment à nouveau : de la compassion. C'était bizarre ; gênant et inconfortable, et Neji n'aimait pas ça.
Il secoua la tête, dégoûté. Il fallait vraiment qu'il se reprenne.
-O-
-
Tenten hésita. Devrait-elle rentrer, ou non ?
Elle se tenait actuellement en face de la porte de sa chambre, pensant qu'il y avait seulement un morceau de bois pour la séparer du diable lui-même. Elle sourit face à l'image, mais retrouva vite son sérieux. Elle leva la main pour toquer, mais son poignet s'arrêta juste avant de toucher le dur matériau. Elle savait que Neji ne l'autoriserait pas à rentrer comme ça, même si elle le lui demandait, il lui dirait probablement d'aller ailleurs. Hinata le lui avait bien dit : personne ne devait envahir son intimité. Il n'ouvrait la porte de sa chambre à personne. Tenten n'avait encore jamais vu sa chambre alors que ça allait faire presque une semaine qu'elle vivait à la résidence.
Finalement, Tenten prit une profonde inspiration, cherchant les mots à dire, puis se décida à parler :
- Neji, je t'ai apporté ton médicament.
Voix parfaitement maîtrisée. Aucune trace du stress qu'elle contenait en elle. Vraiment, elle s'impressionnait ! Pourtant qu'importe car il n'y eut pas de réponse, non pas qu'elle s'attendait à une. Néanmoins le silence était trop lourd, comme s'il n'y avait personne derrière la porte, ou que Neji était...
Inconscient ? Ce serait possible, avec tout le sang qu'il avait perdu, et à cause d'elle !
La panique se précipita sur elle, et elle ne laissa pas la place au doute. Aussitôt, Tenten appuya sur la poignée et s'apprêta à la pousser pour ouvrir la porte mais la voix froide de son coéquipier vint vite arrêter ses mouvements.
- N'ose même pas rentrer, menaça sa voix, sèche.
Chaque mot la fit frissonner, mais Tenten n'était pas connue pour abandonner.
- Mais je t'ai apporté ton médicament !
Pas de réponse, alors Tenten insista.
- Neji, ça t'aidera à te sentir mieux. Tu dois le prendre d'ailleurs, si tu veux guérir.
Parce que Neji ne répondit pas, Tenten, qui perdait patience, employa un ton sérieux et rempli de menace :
- Neji... si tu ne bois pas ce médicament je... je vais venir la nuit pour te couper les cheveux !
Deux adolescentes du clan, qui avaient choisi ce moment pour passer par là, lui jetèrent un regard effaré lorsqu'elle dit ça, mais Tenten leur offrit un sourire désolé, attendant la réaction du Hyuuga, qui ne vint pas. Au final, elle soupira.
- Très bien, dit-elle sur un ton monocorde, ennuyée. Je pose le médicament devant ta porte. Mais t'as intérêt à le boire, hein Hyuuga Neji !
Sa belle odeur de jasmin quitta la pièce alors qu'elle s'en alla.
Neji laissa échapper le souffle qu'il retenait depuis le début de sa présence. Il n'avait d'ailleurs pas remarqué qu'il l'avait retenu, et il fit bien attention de respirer normalement, inspirant et expirant. Son corps se relaxa sur le champ par la suite, et il observa la porte sans rien dire. Il s'était senti tellement tendu avant, chacun de ses muscles serrés au point de le faire mal, et il massa son muscle, se sentant ridicule pour avoir agit de cette façon. D'habitude, c'était face à un ennemi qu'il se sentait ainsi, tendu et en garde, mais ce n'était que Tenten. Il l'a connaissait depuis six ans. Surtout qu'elle n'était même pas rentrée dans sa chambre.
Quel était cet effet qu'elle avait sur lui ?
Voilàà ! Bien plus cours, mais il y a plus de sentiments. :)
Il est tard, et je m'endors devant mon PC. Il est 2h20 du matin au moment où je vous écrit. M'enfin, malgré l'état second dans lequel je me trouve, j'ai tout de même envie de remercier fortement Caramelise, Neutral Wolf, Seijouki, Lee-ann, Ema et Lone wolf pour vos fabuleuses reviews ! :DD
Anyway, et demain, hop, je travaille sur mon 43 ème OS :D - ceux qui ne les lisent pas, allez-y, c'est très amusant ! C'est génial pour les fans du Nejiten ! (les premiers chapitres sont mal écrit, je compte les réecrire, du coup, lisez à partir du 13 ème :))
NON PAS QUE JE ME FASSE DE LA PUB ^^
A la semaine prochaine !
