Destinées Liées - by Mayou
Chapitre 12
Tenten se leva tôt se matin pour aller chez les fleuristes les plus renommées du village : Les Yamanaka. Ils étaient ouverts très tôt et fermaient très tard et, cela arrangeait la jeune fille car elle n'avait pas l'occasion de venir acheter ses herbes plus tard. Avec une ordonnance en main, Tenten passa la porte, qui sonna à son ouverture.
- Oh, Tenten, salut !
Tenten leva les yeux sur la caissière, Ino, qui l'observait avec bonne humeur, grand sourire aux lèvres. Comme d'habitude, la Yamanaka était classe : ses cheveux blonds étant coiffés en une haute queue de chevale, elle restait féminine tout en étant une kunoichi.
Avant même que Tenten ne puisse lui renvoyer son salut, Ino l'agressa de questions.
- Alors, comment c'est la vie à la résidence ? Ils sont si riches qu'on le raconte ? Et Neji, comment se comporte-t-il ? Il devient sympa, ou il reste toujours le même ? Tenten, j'arrive pas à croire que tu ne m'en as même pas parlé ! Je pensais qu'on était amies !
- Du calme Ino ! Laisse-moi le temps de te répondre, au moins ! D'ailleurs, comment tu sais que j'habite là bas, déjà ?
Ino fronça les sourcils derrière le comptoir.
- Tenten, tout le village le sait. Tout le monde espère une sorte de romance entre vous ou je ne sais quoi...
Tenten éclata de rire.
- Avec Neji ? S'il te plait arrête ! Il ne sait même pas ce que c'est qu'aimer.
- Alors, qu'est-ce que tu fais chez lui ?
- Eh bien, justement, j'essaye de lui montrer certaines choses. Comme sourire de temps en temps, ou alors, être un peu gentil. Ecoute Ino, je ne suis pas venue pour...
- Et il t'écoute, ou pas ?
- Pas vraiment, soupira Tenten en baissant ses yeux marron. Mais je n'abandonne pas ! Je vais l'aider. Maintenant, est-ce que je pourrais avoir ma commande... ?
Ino croisa les bras sur sa poitrine, sourire mielleux se formant sur son visage alors qu'elle observait son amie. Tenten l'observa sans rien dire, et soudainement, elle se demanda si Ino allait utiliser sa technique de possession pour voir ce qu'elle pensait. Finalement, la blonde lui agrippa l'ordonnance des mains.
- T'es bien la seule à pouvoir faire ça, marmonna-t-elle en se dirigeant vers la réserve. De L'alchémille ? Mais, c'est pour qui ?
- Pourquoi, s'inquiéta aussitôt Tenten, quels sont les effets de cette plante ?
- Herbe. Elle calme les inflammations des organes creux. Neji-san t'as fait mal ?
Tenten commença à rougir. C'était elle qui lui avait fait mal. Ce souvenir était quelque chose qu'elle voulait oublier, surtout qu'elle n'en revenait toujours pas d'avoir réussi à blesser le prodige... à l'époque où ils s'entrainaient régulièrement ensemble, elle se serait sentie fière, mais aujourd'hui où elle était en mission pour l'aider à s'humaniser, elle se sentait coupable. Surtout que faire une mission sur lui dans son dos était comme une trahison...
Ino claqua des doigts.
- Tenten !
- Oh, oui ?
- Laisse tomber, lâcha Ino en secouant la tête. Voilà tes herbes. Tu devrais passer à la pharmacie pour qu'ils t'expliquent comment on s'en sert.
- Tu ne sais pas ?
- Si. Mais seulement à peu près. Passe à la pharmacie, je te dis. Et, oh, tiens-moi au courant sur votre romance !
Tenten leva les yeux au ciel, mais finit par sourire.
- N'importe quoi.
- Oh, et Tenten ?
- Hm ?
- Ca te dit qu'on se voit cet aprèm ? Je finis de travailler vers dix sept heures. On se voit au café, ok ?
- Bonne idée !
Tenten descendit les escaliers et se dirigea vers la cuisine, où, aussitôt, une douce odeur de cookies régnait. Il était environ treize heures, et elle avait enfin tout pour Neji : l'herbe médicinale et le mode d'emploi. Elle avait décidé d'aller le voir après (il n'était toujours pas sorti de sa chambre), mais avant, elle voulait manger quelque chose.
A sa grande surprise, il n'y avait pas que les cuisiniers dans la cuisine, mais aussi un Hyuuga qu'elle n'avait jamais vu.
- Tu sembles heureuse, commenta ce dernier en lui jetant un regard pénétrant.
Tenten hésita avant de sourire. Il était assit à une table et lisait un livre. Il avait les cheveux courts et blancs, et ses traits ne montraient aucune animosité. Elle décida de sourire.
- Je suis simplement de bonne humeur, Hyuuga sama, répondit-elle en piochant dans une assiette de cookies fraîchement préparés. Sûrement parce que je me sens mieux !
Le Hyuuga acquiesça, puis tapota la chaise qui était à côté de la sienne. Tenten, sans réfléchir, alla s'y installer, non sans avoir complimenté au chef le goût délicieux des cookies. Elle s'assit à la table rectangulaire en se demandant si les domestiques mangeaient ici, sachant qu'elle ne les voyait jamais à l'heure du diner.
- Je vois, dit le Hyuuga. Neji t'as aussi blessée, durant ce combat. D'ailleurs, je tiens à te féliciter. Tu es bien la seule à avoir réussit à blesser notre prodige.
Ce n'est pas une fierté, pensa sombrement Tenten, mais elle décida à la place de lui demander qui il était :
- Vous faîtes partie de la branche principale ?
- Hn, acquiesça l'homme. Je suis considéré comme étant un Ancien. Appelle-moi Hein. Etre de la Sôke, ça se voit, tu sais.
Tenten fronça les sourcils. Si ce type allait lui sortir un discours de racisme entre Sôke et Bunke, elle ferait mieux d'arrêter de lui parler.
- Comment ça ?
- Les membres de la Bunke n'aiment pas ce qu'ils sont. Tu les verras toujours en train de cacher leur marque, comme si un vulgaire bandeau peut empêcher nos yeux de ne pas la voir. Au lieu de tout simplement accepter ce qu'ils sont...
- Mais c'est vôtre clan d... (Tenten se retint de dire le mot « débile » en présence d'un ancien) .. qui a inventé ces règles ! Pourquoi décider qu'un membre du clan est inférieur à un autre ?
- Eh bien, tout simplement parce que c'est le destin, Tenten.
La jeune fille secoua la tête.
- Permettez-moi de ne pas être d'accord. Je pense que chaque Hyuuga, Sôke ou Bunke, possède son mérite d'être dans le clan et que rien ne vous différencie. A part la bêtise, je dirais.
Le cuisinier Hyuuga, qui écoutait en silence la conversation, retint sa respiration. Tenten leva les yeux sur lui, interrogative, mais lorsqu'elle entendit Heien rire, ses yeux noisette se reposèrent sur l'Ancien.
- Donc c'est ce que tu penses. J'aime ton point de vue, mais la vie n'est pas aussi simple. Sans sacrifices, il n'y a plus de kekkei genkai. Hors de question qu'un ennemi nous volent nos techniques. Le clan est ses techniques. Comprends-tu ?
Tenten ne dit rien, puis secoua la tête.
- C'est simplement triste.
- Etre un ninja n'est pas une partie de plaisir. Surtout que c'est le devoir de nous tous de mourir pour le clan.
Tenten resta silencieuse un moment, pensive. Il avait raison, mais la vie ne devait pas être aussi compliquée. Maintenant qu'elle était au sein même du clan, Tenten voyait bien qu'ils étaient tous sourds. Pas étonnant que Neji soit si renfermé !
- Peut-être, dit-elle, mais dans ce cas, il faudrait que chaque membre du clan aient la marque.
Hein ne sourit pas cette fois. Au contraire, il prit un air grave.
- Cela provoquerait la guerre entre les membres du clan. Ne pense pas que les règles de ce clan sont formées sur un coup de tête. Nous sommes le meilleur clan de tout Konoha. Personne ne doit changer la loi.
Rien ne pouvait les changer. Ils étaient vraiment enfermés dans leur convictions. Il suffisait de voir comme le cuisinier regardait l'Ancien avec respect, comme s'ils n'étaient pas de la même famille. Tenten finit son cookie en silence, ayant perdu sa bonne humeur.
Tenten sentit son assurance diminuer au fur et à mesure qu'elle s'approchait de la chambre de Neji. Elle ne pouvait pas oublier les mots que Hinata lui avait dit le premier jour, comme quoi personne n'entrait dans sa chambre, mais en même temps, Tenten le comprenait : lui-même n'entrait dans aucune, alors pourquoi rentrerait-on dans la sienne ? Surtout qu'elle voyait bien Neji penser de cette façon. Même si Tenten marchait presque au ralenti, elle finit tout de même par arriver en face de sa porte.
Et comme hier, elle dut d'abord réfléchir à ses mots, à comment l'aborder, et à trouver du courage. Étant plus jeune, Tenten pensait qu'avec le temps, elle aurait moins de mal de lui parler. Non, Neji était toujours aussi froid et renfermé sur lui-même. Alors lui parler devenait vraiment difficile. Surtout depuis qu'il faisait tout pour ne pas la voir.
La kunoichi secoua la tête. Et puis quoi encore ? Elle n'était pas là pour rien : elle devait l'aider, réussir sa mission, et pouvoir payer ses dettes. Elle n'avait pas le temps d'hésiter. Tenten allait toucher la poignée quand sa voix froide se fit entendre :
« - Va t-en. »
Elle faillit rire : ne l'avait-elle pas prédit ? Au lieu de se sentir embarrassée, elle prit une profonde inspiration.
- Neji, dit-elle en s'approchant de la porte pour qu'il l'entende mieux, je t'ai apporté ton médicament.
- Dégage.
- Tu vas pas recommencer, non ? Surtout que, à ce que je vois, tu as pris celui de hier.
- Je suis parfaitement capable de prendre mes médicaments moi-même, lança sa voix. Je n'ai pas besoin de toi. Va–t-en.
D'un coup, Tenten se sentit stupide. Évidemment qu'il n'avait pas besoin d'elle ! Il n'était pas paralysé ; il pouvait bien se lever seul et aller chercher le médicament à la cuisine. C'était d'ailleurs bien qu'il eut bu le médicament qu'elle lui avait passé hier, le reste, il pouvait le faire tout seul. Pourquoi s'était-elle attendue à ce que les choses changent après cet événement ?
Juste pour écraser encore plus le peu de courage qui lui restait, Neji ajouta :
- Pars, dit-il sèchement. J'en ai pris ce matin. Maintenant dégage.
Tenten prit une profonde inspiration et tenta de se remémorer la raison de sa présence.
- Tu es censé le prendre trois fois par jour, Neji. Une fois ne suffit pas, tenta d'elle de convaincre. De toute façon, pourquoi tu ne le bois pas, ce médicament ? On sait très bien toi et moi que tu veux te sentir mieux.
Quand il ne répondit pas, Tenten changea de tactique. C'est fou ce qu'il était têtu !
- Voilà le plan. Tu as besoin de guérir, et Hiashi sama m'a engagée pour que je t'aide à comprendre que la vie n'est pas faite que de haine et de tristesse. Alors tu viens prendre ce médoc, et on est tous les deux content ! Sérieusement, Neji, tu ne veux pas reprendre l'entraînement ?
Silence.
- Tu sais, s'impatienta-t-elle, je peux rester là toute la journée. J'ai rien d'autre à faire et après tout, c'est mon travail ici. D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi venir prendre ton médicament te soules à ce point. Ca va te coûter seulement dix secondes de ta vie, surtout que tu es rapide. Je parie que c'est bon en plus ! Tu sais, je te l'ai mis dans une tasse avec de l'eau et un peu de sucre, comme le dit l'ordonnance, pour que ça t'aide à guérir. Ca doit être super bon, j'en suis sûre ! Écoute Neji, t'es assez intelligent pour comprendre que coopérer avec moi est la plus simple façon de te débarrasser de moi. (pause) ...Ah oui, c'est vrai. Tu ne me fais pas confiance. Eh bien je te jure que je ne l'ai pas empoisonné. D'ailleurs tu devrais -
Un soupir exaspéré se fit entendre.
- Laisse ça par terre. Je le prendrai après.
Tenten leva les yeux au ciel. Bon sang, ce qu'il était pénible à faire le mal élevé !
- N'importe qui aurait eut la politesse de venir le chercher lui-même, se défendit Tenten. Je ne suis pas ton esclave, tu ne me payes pas alors -
- Mon oncle te paye. Par conséquent -
- Alors, s'impatienta la brune, ce n'est pas une raison pour me traiter comme ça. Je suis une humaine, comme toi. Tu sais, je pourrai bien aller me plaindre à Hiashi-sama de ton mauvais comportement...
Neji lâcha un « hn » haineux face à sa menace puérile et ridicule. C'était aussi enfantin que de dire « je vais le dire à ma maman » comme les crétins de gamins aiment le faire. Lui-même n'avait jamais vraiment eu l'occasion de dire ça : sa mère était morte en le mettant au monde. Comme s'il avait besoin de dépendre de quelqu'un, de toute façon !
Pourtant, Hiashi, lui, pouvait l'ennuyer s'il ne faisait pas attention à ce qu'il disait à Tenten. Peut-être qu'elle pourrait éventuellement se plaindre de lui, et après, la branche principale s'en mêlerait, et bon sang quoi.
- Allez Neji ! Dix secondes, je te dis !
La porte s'ouvrit brusquement sur le Hyuuga, qui, sans rien dire, lui arracha le verre des mains pour en boire le liquide d'une traite.
- Fini. Maintenant dégage.
Tenten cligna les yeux, un peu surprise.
- Tu pourrais dire merci, quand même.
- Merci de quoi, cracha le prodige avec amertume. De me gâcher la vie ?
- J'essaye juste de t'aider.
- Je n'ai besoin de l'aide de personne.
- Neji je... je veux juste que tu ailles mieux, ok ? D'ailleurs, je ne suis pas simplement venue pour te donner ton médicament. Aujourd'hui, on sors en ville !
Tenten eut un petit rire quand ses yeux pâles se plissèrent avec une lueur d'exaspération, mais tenta tout de même de le calmer.
- T'inquiète, énonça-t-elle doucement. On va juste marcher un peu. Et puis, ça ferait du bien à tes jambes de bouger un peu !
Elle le prit par le bras, mais comme d'habitude, il poussa sa main.
- Je peux marcher, lâcha-t-il sans politesse. Ne me touche pas.
Neji sentit l'irritation brûler ses veines lorsqu'elle commença à chanter un tube à la mode. Sa voix douce et mélodieuse lui rentrait dans les oreilles, et il dut serrer le poing pour ne pas casser le mur. Elle marchait avec excitation, sautillant devant lui, ses cheveux attachés en queue de cheval bougeant en rythme avec elle. Il voulait qu'elle arrête de chanter, qu'elle arrête de danser en marchant, qu'elle arrête de le suivre.
Il la voulait loin. Ailleurs.
Neji s'énerva davantage lorsqu'il vit l'air surpris qu'Hiashi leur jeta lorsqu'ils arrivèrent à la sortie de la résidence. Du genre de la surprise, mais dans le bon sens. Généralement, le leader gardait l'expression de son visage sérieuse et de marbre.
Neji, impatient, se tourna vers Tenten.
- Dépêche-toi de lui dire la torture que tu comptes me faire subir.
- On va juste en ville, Neji, rit Tenten en allant voir son oncle avec un sourire.
Une fois l'information passée, Tenten revint à ses côtés, et leva la main pour saluer le leader avant de s'en aller. Neji, une fois dehors, tenta d'accélérer le pas pour semer Tenten, mais rapidement, la fille le rattrapa. Et pire : elle lui parla, comme s'il en avait quelque chose à faire.
- Il fait super bon, aujourd'hui, tu ne trouves pas ? Dit-elle en dansant. C'est ça ce que j'adore avec Konoha. Toujours ensoleillé. Pas comme dans le pays de l'Eau, ou pire, celui du Fer... en tout cas, pour aujourd'hui, j'ai juste prévu qu'on irait faire quelque courses pour aider les domestiques. Elles sont si gentilles et cuisinent si bien que je m'en veux de ne pas les aider, tu comprends ? Et ensuite, shopping ! Je vais juste m'acheter quelques vêtements, parce que porter les tenues que Hinata me donnent me gêne un peu. Tu sais, le shopping c'est comme un marathon : ça te fera du bien.
Soudainement, Neji s'arrêta brusquement. Tenten, qui courait à ses côtés (il avait prit un sprint) dut s'arrêter brusquement, et elle dut mettre toute sa force dans ses jambes pour ne pas lui rentrer dedans.
Ses yeux noisette lui jetèrent un regard interrogatif.
-Tout ça est inutile, jugea Neji.
Elle pouvait parfaitement entendre son irritation faire vibrer sa voix. Tenten tenta de ne pas s'énerver et de garder son calme. Elle savait que changer Neji allait être difficile. Mais pas à ce point.
- Qu'est-ce qui est inutile ? Rien n'est inutile dans la vie, contredit-elle en secouant la tête.
- Tu es pathétique. Je préfère rester chez moi que te suivre.
- Neji ! Écoute, tu n'as rien d'autre à faire ok ? Et c'est mieux que rester à rien faire dans ta chambre.
- C'est mieux que d'être avec toi.
- Sortir te fera du bien. Tu le sais, alors pourquoi être aussi têtu ?
- Je retourne chez moi.
- Non !
Tenten se plaça devant lui, bras et jambes écartées, comme pour lui faire un barrage.
- Non, tu ne retourne pas chez toi, dit-elle, essoufflée. On commence à faire du progrès, Neji. Tu vas voir, ça va te faire du bien, je te jure.
Neji fronça les sourcils.
- Minable de penser que tu peux me changer après 18 années de ma vie passées à penser ainsi. Tu perds ton temps.
- C'est parce que tu n'essayes même pas !
- Et qu'est-ce qui te fait penser que j'en ai l'envie ?
Tenten ne trouva rien à dire. Non pas parce qu'il avait haussé la voix, mais parce qu'il marquait un point. Neji n'avait pas envie de changer – il n'avait pas envie d'être heureux. Encore cette histoire de destin à la con !
- Tu as enfin appris à te taire, remarqua Neji en croisant les bras. Enfin mes oreilles respirent.
Tenten commençait vraiment à s'énerver. Et elle ne le faisait pas souvent. Là, pourtant, elle ne se contrôla pas pour lui parler.
- Écoute-moi bien, Hyuuga. Je n'ai pas décidé de t'emmener faire une promenade parce que je dois le faire, mais parce que j'ai pensé que ça te ferait plaisir. Arrête de croire que je fais ça parce que j'ai pitié de toi, ou parce que je suis obligée ; non. Je fais ça juste pour te montrer qu'il y a autre chose dans la vie, qu'il y a plein de chose que tu rates et que c'est dommage ! Il serait temps d'ouvrir les yeux et d'arrêter de faire le gamin ! Si je fais ça, c'est juste déjà un : parce que Hiashi me fait confiance, et que j'ai besoin de cet argent pour vivre, contrairement à toi qui a la plus grande maison du village et qui n'a pas besoin de souffrir comme moi pour s'offrir un repas ! Je fais des efforts pour que ma vie soit moins difficile, parce qu'elle l'est, ne pense pas le contraire. Toi, tout ce que tu fais, c'est t'entrainer et insulter les gens, alors pourquoi t'irait pas mourir, comme ça, tout le monde serait content ! Et n'ose même pas me dire que ta vie est difficile, parce que, bon sang, tu n'es pas le seul à souffrir !
Neji, qui faisait face à Tenten, était pour la première fois de sa vie sans mots. Finalement, il lança :
- Excuse moi ?
- Tu n'es pas excusé ! Cassa Tenten, énervée. Maintenant, j'ai la permission de Hiashi, alors on va en ville pour s'amuser.
Trop surpris pour riposter, Neji la suivit en silence. Jamais personne ne lui avait parlé comme ça. Les personnes qu'il insultait acceptaient ses remarques en baissant la tête – quoi faire d'autre de toute manière, c'était la vérité, ce qu'il disait, mais Tenten, non. Personne n'osait répliquer, et même les profs le laissaient tranquille. Il n'aurait jamais cru Tenten capable de lui dire ça, et sans tressaillir en plus.
Qui était-elle ?
- Tu veux une de ces tuniques ? D'après ce qu'ils disent, le tissu est -
- Non.
- Regarde ces tee-shirt ! Ne sont pas t-ils...
- Non.
- Oh, Neji, il fait super chaud ! Tu as soif ?
- Non.
- Oh, regarde-moi ces peluches en formes de panda ! Ils sont trop chous ! Tu voudrais bien -
- Non.
Tenten leva les yeux au ciel mais ne dit rien. Depuis environ deux heures, ils enchainaient les magasins, mais Neji était tout simplement insupportable. Il ne faisait pas d'effort, ou alors il répondait « non » à chacune de ses propositions, et même s'il respectait ses règles – de la suivre et de ne pas tenter de s'échapper – Tenten commençait à s'énerver, parce qu'il faisait tout pour.
Il eut un sourire moqueur face à l'agacement évident de sa coéquipière. Il avait un plan. Il y avait trois manières de se débarrasser d'elle : un, faire ce qu'elle lui avait dit plus tôt, « coopère avec moi et tu te débarrasseras plus vite de moi ! », ce qui n'était pas faux ; deux, de mal lui parler jusqu'à ce qu'elle craque, mais Hiashi était de son côté du coup impossible et, enfin, l'ennuyer, tout comme maintenant. Et vu sa tête, elle allait bientôt craquer.
- Neji, dit Tenten en revenant avec une paire de nouvelles chaussures en main, je dois voir Ino en ville alors -
- Es-tu en train de me dire que je peux enfin m'en aller ? Coupa-t-il avec une minuscule lueur amusée dans son regard.
Tenten en perdit momentanément la voix. Bizarrement, si Neji levait un minimum les coins de sa bouche, son visage devenait vraiment... attirant. Elle sentit quelque chose palpiter dans son estomac, et quand elle reprit ses esprits, il était déjà bien loin.
- Neji, attends, c'est pas ce que j'ai dit !
Elle le poursuivit en agrippa sa grande main dans la sienne, le rendant une fois encore surpris.
- Tu me suis !
Sans rien dire, elle tira sa main – qui était chaude, bizarrement – et se rendit compte soudainement qu'il ne l'avait pas repoussée. Tenten tenta de calmer les battements de son cœur, en se disant qu'il pouvait l'entendre, mais n'y arriva pas. Son sentiment s'évanouit aussitôt lorsqu'il retira sa main.
Dans le café où elle devait rejoindre son amie, Tenten fit la queue pour se prendre quelque chose à boire, observant discrètement le Hyuuga qui avait préféré s'asseoir seul à une table. Il avait posé un coude sur la table où sa tête se reposait sur son poing, et ses longs cheveux cachait pratiquement son teint pâle. Tenten se demanda brièvement s'il se cachait de ses fans. Comment pouvait-il en avoir, d'ailleurs, sachant qu'il était froid et méchant ? Le physique ne faisait pas tout. Ni le talent.
Tenten expira avec embarras lorsqu'elle se demanda encore si elle était capable de le changer. Elle devait avouer qu'il avait raison : était-ce possible de changer quelqu'un après dix-huit années passées à vivre ainsi ? Surtout Neji. Il était comme détruit à l'intérieur.
Elle remercia la caissière et se retourna pour aller s'asseoir à la table de Neji. Elle lui avait prit du café, se rappelant que c'était la seule chose qu'il mangeait ici. Seulement, elle ne vit pas son coéquipier. Parce que trois hommes lui bloquèrent le passage. Trois hommes dans le style alcoolique, si vous voyez ce que je veux dire. Et Tenten ne pouvait pas atteindre ses armes avec deux boissons en main.
- Salut, ma jolie, lança un, que Tenten comprit comme étant le patron de la bande. Tu voudrais pas trainer un peu avec nous ? On vient d'arriver à Konoha et on aimerait quelqu'un pour nous faire la visite.
Une forte odeur nauséabonde s'échappa de sa bouche, et Tenten grimaça.
Tenten oublia l'idée de s'asseoir à la table de Neji et fit demi-tour vers la sortie. Malgré le fait qu'il était évident que ces hommes ne lui voulaient rien de bon, personne n'intervint. Tout le monde regardait, pourtant. Quelque uns secouèrent leur tête avec dépit et retournèrent à leur lecture ou leur discussion, mais d'autres observaient la scène avec intérêt.
Soudainement, le « leader », comme elle l'avait surnommé, attrapa son poignet.
- Hé, susurra-t-il, pourquoi tu te barres ?
- Lâchez mon poignet.
- Oh, une qui se laisse pas faire ! Lança un autre. J'aime, j'aime !
Tenten se tourna vers l'alcoolique qui tenait encore son poignet.
- Lâchez-moi avant que je ne vous jette ces cafés brûlants au visage !
- Je demande à voir, demanda le leader, et l'odeur de cigarette et alcool faillit faire suffoquer Tenten.
- Essaye pour voir ! Lança un autre homme. De toute façon, qu'est-ce qu'une petite souris comme toi peut faire à trois jounins fraîchement diplômés de -
- Laissez-la tranquille.
L'homme qui tenait Tenten s'arrêta de parler, et l'atmosphère devint soudainement lourde et froide (malgré le fait qu'il faisait trente degré dehors). Avant qu'elle ne puisse comprendre qui venait de parler, quelqu'un se positionna en face d'elle.
Neji.
Et elle avait raison : il n'avait pas l'air content. Il était si grand et fort que Tenten fut fière de l'avoir avec elle.
Mais le leader du gang n'avait visiblement pas de cerveau et, oh, il ne venait pas de Konoha, alors il commença à rire, rapidement suivi par ses amis :
- Oh, son prince arrive ! J'ai peur ! Nan mais regarde-moi ce zombi aux yeux blancs croire pouvoir vaincre un jounin de mon rang ! Je suis -
Le pauvre ne s'y attendait visiblement pas, mais voilà qu'il traversa le café pour cogner violemment un mur de dehors. Neji avait agi si rapidement que même Tenten, qui était habituée à sa vitesse, n'avait eu le temps de voir qu'un minuscule mouvement de son poignet avant que son poing ne s'enfonce sur le visage de l'alcoolique.
- Partez.
Les deux hommes restants ne se le firent pas dire deux fois et prirent la fuite à grand pas, les yeux écarquillés par la surprise. Le café fut soudainement bien silencieux, et Tenten remarqua que des chuchotements tels que « c'est Hyuuga Neji » parcourait la sale.
Quand ils quittèrent le café, elle lui tendit sa boisson et croisa les bras.
- Pourquoi t'as fais ça ? Demanda-t-elle, suivant son rythme. Tu sais bien que j'aurais très bien pu leur arranger le portrait. Je sais que tu penses que je suis faible, mais je peux m'occuper de trois connards, tu sais, pas la peine d'agrandir ton ego davantage.
Tenten ne voulait pas le réprimander, mais elle était trop choquée pour ne pas le faire. Venait-il de prendre sa défense ?
- Je ne l'ai pas fais pour toi, coupa Neji, sec. Ils ont déjà embêtés Hinata par le passé. Bien évidemment, tout le clan a mis ça sur mes épaules.
Avec ça dit au clair, il continua de marcher, sans toucher à sa boisson, et Tenten se rappela au bout de cinq minutes qu'elle devait voir Ino au café à la base. Elle fit demi tour, toute chamboulée.
Neji prit une douche bien froide avant de se coucher et sortit de sa salle de bain personnel, pensif. Il repensa à l'événement du café, où les trois alcooliques étaient venu déranger Tenten. Pourquoi cela le dérangeait-il toujours autant que ces homme là eurent tenté de la violenter ? Il aurait très bien pu la laisser se débrouiller seule, il savait bien qu'elle en était capable, mais sur le moment, l'idée ne lui avait pas parue aussi claire. C'était évident : il l'avait fait parce que ces crétins avaient dérangé Hinata. Rien avoir avec Tenten.
Il était conscient que Hinata attendait toujours Tenten. Elle n'était pas rentrée, et lorsque lui-même était revenu, vers environ dix-neuf heures, sa cousine lui avait demandé où elle était. Il avait simplement marmonné quelque chose qui ressemblait à "dehors" avant de monter à l'étage, ignorant l'héritière. Surprenant comme sa famille s'inquiétait à ce point pour elle. Lui savait qu'elle allait bien.
Alors que Neji s'allongea dans son lit sur son dos, yeux fermés, il fronça les sourcils lorsqu'il se remémora ses mots.
« Et n'ose même pas me dire que ta vie est difficile, parce que, bon sang, tu n'es pas le seul à souffrir ! »
Soudainement, il entendit des bruits de pas s'approcher de sa chambre. Pas besoin d'avoir le Byakugan pour comprendre qui c'était.
- Je n'ai pas besoin de médicament, énonça-t-il avant qu'elle ne parle.
Un soupir.
- Vraiment, Neji ? On va encore recommencer ça ?
- Je l'ai déjà pris.
- Haha, bien essayé. Hinata me dit que non ! Ajouta-t-elle en riant. Et oui, j'ai demandé, avant. Je te connais !
Neji leva les yeux au ciel et ouvrit brusquement la porte sur une Tenten plutôt surprise. Il avala le médicament et lui rendit la tasse.
- Voilà. Maintenant va-t-en.
Tenten resta sans mots. Aujourd'hui était, et de loin, un jour rempli de surprise. Neji progressait beaucoup, même s'il était loin d'être humain encore.
Elle bloqua la porte avec sa main quand il tenta de la fermer.
- Neji, attends.
Il l'observa, montrant qu'il l'écoutait.
- Je... Merci. Merci d'avoir pris le médicament, ça me fait plaisir.
- Je ne le fais pas pour toi.
Tenten leva les yeux au ciel, déçue.
- Sérieusement, ça te ferait du mal d'être sympa, juste deux secondes ? C'est pas compliqué, essaye juste de... de ne pas faire comme d'habitude !
- Mais c'est ce que je suis.
- Argh, tu le fais exprès, c'est ça ? Lança Tenten, s'énervant tellement qu'elle faillit faire tomber la tasse vide au sol.
Exaspérée, elle fit demi-tour sur elle-même et alla dans sa chambre sans même lui souhaiter de passer une bonne nuit comme elle l'avait prévu.
- Va-t-en alors, conclut Neji en fermant la porte derrière lui, retournant à ses occupations.
Hinata, qui entendait la scène depuis sa chambre, ne put s'empêcher de sourire.
Neji et Tenten s'entendait vraiment bien.
5000 mots ! Mon DIEU ! J'ai jamais autant écrit pour un chapitre, yay !
Anyway, j'espère que ça vous a plu, et comme d'habitude, je vous remercie énormément pour vos commentaires ! Cette fiction a un succès fou, ça me fait si plaisir !
A la prochaine !
PS : Ce qu'il fait CHAUD, c'est irrespirable !
