Destinées Liées
Chapitre 14
Tenten fut réveillée par un rayon de soleil qui traversa la fenêtre de sa chambre. Elle ouvrit lentement ses yeux noisette, aveuglée par la lumière, et décida après environ dix minutes qu'il était temps de se lever, même s'il était trop tôt selon elle – huit heures. Elle n'était toujours pas habituée au confort que lui offrait la résidence. Sa chambre, rien que ça, était magnifiquement meublée et lumineuse. Elle y avait une salle de bain personnelle, et la maîtresse des armes ne perdit pas de temps pour aller se doucher.
Sa maison à elle lui manquait pourtant. Rock Lee la jugeait désordonnée, mais elle arrivait à se retrouver dans son salon bordélique, sa chambre remplie d'armes, de rouleaux, de vêtements et de parchemins et sa salle de bain aux carreaux rouges bordeaux (elle l'avait elle-même repeinte le jour où elle avait emménagé, avec l'aide de Rock Lee et de Kiba) lui manquait beaucoup. Mais elle avait besoin de l'argent qu'elle gagnait au sein du clan pour payer ses dettes et pour un jour pouvoir vivre sans se soucier de ce qu'elle dépensait. Elle aurait pu trouver un autre travail, mais celui-là lui tenait à coeur : elle voulait vraiment tenir compagnie à son coéquipier, au grand dam de Nanako. Elle était une vraie peste et n'aimait vraiment pas Tenten ; elle jouait l'hypocrite devant tout le monde, si bien que tout le clan l'appréciait. Neji, même lui, semblait la supporter.
Avaient-ils donc tous oubliés que si le Hyuuga la supportait, c'était parce que Tenten s'efforçait de lui montrer que c'était triste mais, hé, la vie est remplie de belles choses si on regarde bien ?
Quoi qu'il en soit, se dit Tenten en se savonnant, Neji avait été particulièrement distant ces derniers jours. Pire que d'habitude : exécrable. Même quand elle persévérait, il devenait froid et limite insultant. Il enchaînait entrainement sur entraînement, contre lui-même, contre Rock Lee et Gai, contre Sai, Shino, Naruto, contre Hiashi...
Hiashi qui, voyant l'entrainement intensif de son neveu, en avait tellement été fier qu'il avait voulu lui donner un coup de pouce en referment tous ses points vitaux et en enfermant Neji dans une pièce pour que ce dernier se débrouille pour tous les rouvrir – un délire de Hyuuga.
Quel était ce clan de malade ? Refermer tous ses points vitaux ? Tenten pensait mourir quand Neji en touchait ne serait-ce que 5 alors, les 361 d'un coup, c'était de la folie !
Ce jour-là, Tenten n'avait pas voulu le quitter. La pièce était fermée à clef – rien d'une prison hein, assez grande pour que son salon y passe – et Tenten entendait à travers la porte Neji grogner, hurler et...
Ç'avait été horrible.
Il avait réussi à les ouvrir après cinq heures "seulement", selon Heien, qui avait précisé d'un ton admiratif : « c'est bien le premier qui parvient à s'en sortir en moins d'une journée, quelle fierté !».
Tenten secoua la tête. Bande de malades !
Jusqu'où irait Neji ?
En soupirant, l'adolescente sortit de la salle de bain et enfila un tee-shirt gris et un pantalon jogging noir pour être à l'aise. Elle coiffa ses cheveux en deux macarons, comme d'habitude, mais cette fois elle n'enfila pas son bandeau protecteur. Elle sortit de sa chambre tout en espérant que Neji soit encore dans la sienne, mais, sans surprise, elle constata qu'il n'y était pas.
Pas besoin de chercher midi à 14 heures pour savoir où il était. Elle alla à la cuisine pour préparer son médicament – réchauffa de l'eau dans une casserole et incorpora les plantes qui s'y dessoulèrent au contact du liquide chaud – sans oublier de rajouter du sucre pour contourner le goût amer du médicament. Servant le tout dans une tasse, elle traversa la résidence silencieuse (tout le monde dormait, sauf les domestiques, qui se chargeaient de tout ranger) et passa par le salon de l'aile droite pour atteindre le terrain d'entrainement extérieur.
Sans surprise, Neji travaillait sa nouvelle technique du Hakke. Tenten savait qu'elle était nouvelle car sa position de combat différait par rapports aux 180 coups : il se penchait très bas, une jambe pliée et l'autre tendue, une main posée en arrière, l'autre tendue devant, deux doigts levés – son index et son majeur. Bien qu'il fût évident qu'il avait remarqué sa présence, Neji ne dit rien lorsqu'il la vit arriver. Il se contenta de l'ignorer, comme chaque jour cette dernière semaine.
Tenten cependant, fit comme si elle n'avait rien remarqué et prit une profonde inspiration :
- Salut ! Je t'ai apporté ton médicament, apprit-elle en s'asseyant sur le parquet luisant de la véranda. Il faut que tu le prennes avant de t'entrainer, tu t'en souviens ? Faudrait pas de fouler un muscle.
Neji ne lui lança même pas un seul regard. A la place, il donna un coup de pied agile à un arbre, suivit d'un autre avec son autre jambe, qu'il toucha plus haut.
- Neji, je te parle.
- Je t'ai entendue, lança sèchement sa voix grave alors qu'il ne se retourna pas pour la regarder. Laisse ça là.
- Je t'ai déjà dit que je ne suis pas à ton service !
Neji s'arrêta net dans ses mouvements et fit volte-face. Tenten se retint de ne pas baisser le regard : ses yeux étaient glacials et furieux.
Il n'était visiblement pas d'humeur, et ça se sentait dans ses mots :
- Et je t'ai déjà dit que je ne désire pas ta présence ici. Personne ne la désire. Si tu n'es pas contente, tu t'en vas.
Tenten ouvrit momentanément la bouche, surprise, mais la referma vite pour serrer les dents. Il essayait tout simplement de la faire craquer. Ces derniers temps, il n'avait consacré ses journées qu'au combat, et parce que ses blessures étaient guéries d'apparence, il se pensait capable de reprendre son mode de vie fou furieux d'autrefois. Il n'aimait simplement pas le fait qu'elle soit là pour lui dire la vérité, qu'il n'était pas prêt, comme si elle était médecin ou quoi que ce soit.
- Pourquoi est-ce que tu te sers des autres pour dire ce que toi tu ressens ? Lança Tenten, sentant elle-même qu'elle perdait son calme. Tu veux que je m'en aille parce que tu vois bien que ma présence t'affecte ici ! Seulement tu es bien trop fier et imbécile pour l'avouer !
Neji l'observa pendant un long moment, imperturbable. Son regard violet pâle se planta en elle avec tellement de profondeur qu'elle dut serrer les dents pour ne pas baisser les yeux. C'était comme si ses mots ne l'atteignaient pas, elle avait l'impression de converser avec une statue !
- Pars, finit-il par dire. Tu me fais perdre mon temps.
Et il fit volte-face, mais eut tout juste le temps d'esquiver le kunai à double face que Tenten lui envoya. L'arme se planta dans un arbre, et vu comme profond elle s'y planta, elle aurait pu transpercer son corps.
Le salaud !
O.o.O.o.O
Neji enfonça son doigt dans l'épaule droite de Kiba à divers endroits : le Inuzuka s'avérait être un adversaire intéressant grâce à sa vitesse et à son style bestial. Il ne devait non pas seulement s'occuper de lui, mais aussi de la bête, et Neji n'avait pas assez de cœur pour ne pas tabasser le chien aussi.
Et apparemment, Akamaru ne m'aime pas,
pensa Neji avec arrogance.
Kiba fit quelque salto arrière et hurla :
- Allons-y, Akamaru ! GAROOGA !
Son attaque à la forme d'un loup à deux tête fonça sur le Hyuuga et le transperça de plein fouet, mais ce qu'il crut être Neji se révéla être un simple morceau de bois : rapidement, le vrai Neji se téléporta derrière Kiba, et lui assena un « Hakke kushô ! » qui finit l'éjecta en arrière et qui finit de suite le combat.
Kiba tomba au sol, suivit de son chien.
- Putain, Neji, grogna-t-il, t'aurai quand même pu y aller mollo ! Le jyuuken d'Hinata me respecte, au moins !
- Je ne suis pas là pour perdre mon temps, cassa Neji en croisant ses bras sur sa poitrine. Si tu n'es pas assez fort pour te protéger, tu ne le seras jamais.
- Ouais, c'est ce que Tenten m'a dit à propos de toi, marmonna Kiba en se relevant, suivi d'Akamaru, blessé par-ci par-là. Ca va mon Akamaru ? Tu peux marcher ?
La bête grogna.
- Non, bien sûr que tu ne peux pas ! Saleté de Hyuuga ! Il t'a fait mal aussi !
- Qu'est-ce que Tenten t'a dit ? Questionna Neji, incapable de ne pas demander.
Kiba leva la tête sur Neji et eut un sourire moqueur.
- Ah, ça par exemple, ça t'intéresse hein ? Dès qu'on parle d'elle, tu écoutes !
Neji lui jeta un regard qui le força à répondre de suite :
- Oh ça va ! Je rigolais ! Pas la peine de sortir le regard !
- Ouaf ouaf !
Kiba caressa le museau de son chien, et tenta de panser ses blessures :
- Je t'emmènerai chez Hanna toute à l'heure. Elle va s'occuper de toi, tu verras, on sera sur pattes !
Neji leva les yeux au ciel (Kiba se prenait vraiment pour un chien lui aussi) et décida qu'il avait perdu assez de temps ici comme ça. Il attrapa son sac et fit son chemin pour rentrer chez lui sans même dire au revoir à son adversaire.
Alors qu'il marchait, il pensait aux mots de l'Inuzuka.
Il devait avouer qu'il était curieux de savoir ce que Tenten disait sur lui. Sûrement des mauvaises choses.
Tant pis, il n'avait pas que ça à faire. Il ne devait pas se détourner de son objectif. Les examens Joûnins approchaient à grands pas, et Neji ne devait pas perdre. Plus, s'il y avait la moindre chance que Tsunade le fasse adhérer l'ANBU, il sauterait sur l'occasion et enchaînerait mission S sur mission S et deviendrait le plus jeune adhérant de l'ANBU de l'histoire.
O.o.O.o.O
Tenten aiguisait ses kunais lorsqu'on tapa à sa porte. Neji était parti vers midi de la résidence et ne l'avait même pas prévenue, comme à son habitude. Il faisait vraiment comme si elle n'existait pas, et ça commençait vraiment à l'exaspérer. Elle savait que la mission serait difficile, mais si au moins Neji donnait du sien et écoutait ce qu'elle disait…
- ...T-Tenten ?
C'était Hinata.
- Oh, salua Tenten, salut Hinata, entre !
L'héritière eut un demi-sourire et fit un pas dans la chambre. Tout de suite, son regard mauve tomba sur les dizaines de Kunais posés au sol.
- Oh, s'écria-t-elle avec surprise, tu as de super armes ! Ce kunai est très joli !
Elle désignait un kunai aux motifs aztèques. Sa lame courbée rappelait les épées orientales d'autrefois.
- Merci ! Je l'ai acheté à Suna, en mission. Ils en font des super ! J'aime la lame, tu vois ? Si tu vises bien le coeur avec ça, la courbure le transperce bien et il est impossible de l'enlever sans emporter au moins deux ou trois organes avec.
Hinata eut un petit rire (que Tenten pour parler comme ça !) et s'assit sur le lit pour observer la pièce. Déjà presque trois semaines que Tenten habitait ici, et déjà, ça se voyait que sa chambre lui appartenait ! Hinata était contente d'avoir appris à la connaître. Elles se connaissaient seulement de vue avant, et tout ce qu'elle savait d'elle c'était qu'elle faisait partie de l'équipe de Neji. Quand elle avait appris qu'elle allait venir ici pour le rendre plus humain, elle s'était dit que Tenten devait être vraiment quelqu'un de bien pour arriver à changer l'avis de son cousin !
Et c'était bien vrai. Elle n'en avait pas peur et arrivait à lui dire ce qu'elle pensait.
Hinata aurait voulu avoir une bonne relation avec Neji, mais c'était bien difficile… le jeune homme ne l'appréciait pas, et depuis les examens chuunin, où il l'avait battue, il n'avait pas fait le moindre effort pour changer. Au moins il la respectait et cessait de l'insulter, c'était déjà ça…
Mais aujourd'hui, grâce à Tenten, ses paroles semblaient moins chargées de venin quand il lui parlait.
La voix de Tenten la fit alors sortir de ses pensées :
- Alors, qu'est-ce qui t'amène ici ? S'enquit la brune. Tu voulais me parler ?
- Oh ! Oui. Mon père…
Elle sortit de sa poche deux billets dorés. Tenten loucha dessus, se demandant probablement ce que c'était, mais Hinata eut un petit rire :
- Ce sont des billets pour aller manger gratuitement au Mifesto. Père en a gratuitement grâce à son statut et me les a passé… t-tu veux venir ? On va manger avec tout le monde demain soir.
Soudainement, les yeux de Tenten furent ronds comme des soucoupes.
- Si je veux venir ? Mais c'est le meilleur restaurant de TOUS LES TEMPS ! Oui je viens !
Hinata eut un rire et lui passa les deux billets.
- Essaye de… d'inviter Neji-nii-san si tu peux.
Le visage de Tenten s'assombrit au prénom de son cousin. Hinata pencha la tête, inquiète :
- Il s'est passé quelque chose entre vous ?
- Rien… il est juste très… froid en ce moment. Et il passe ses jours à s'entraîner, je m'inquiète.
- Oh... c'est à cause des examens Jounin de demain.
- Les examens Jounin…, médita Tenten. Oh, mais oui, tout s'explique ! Je ne savais pas qu'il y participait, mais c'est logique après tout...
- Oui. Neji-nii-san ne pense qu'à ça, ces temps-ci…
Tenten resta silencieuse un moment, sourcils froncés.
- Je m'en occupe, lança-t-elle en prenant les billets. Je ferai en sorte qu'il vienne s'amuser un peu. Merci, Hinata.
O.o.O.o.O
Il était pratiquement une heure du matin, et Neji ne dormait pas. Il avait gardé la lumière de sa lampe de chevet allumée et avait abandonné la lecture de son livre sur le chackra.
L'adolescent était allongé dans son lit par-dessus ses draps, une main posée sur son front et le genou relevé. Il n'arrivait pas à dormir et utilisait donc ce temps à se visualiser ses 361 points du Hakke dans sa tête, même si en une semaine, il n'avait pas eu le temps de maîtriser la technique. S'il tombait face à un ninja sensoriel demain, cette technique serait la meilleure. Il espérait tomber sur Shikamaru pourtant. Le contrôleur d'ombres pourrait s'avérer être un adversaire redoutable face à lui, et Neji aimait les défis.
Avant même que Tenten ne toque à la porte, Neji tourna la tête dans sa direction, sachant déjà que c'était elle qu'il entendait venir.
Son regard resta neutre alors qu'il l'entendit doucement l'appeler à travers la porte.
- Neji, chuchota-t-elle. Tu dors ?
Il ne répondit pas, et il pensa que ça suffirait pour la faire fuir, mais Tenten fit quelque chose qui le surpris : elle ouvra la porte et pénétra dans sa chambre.
Aussitôt, son habituelle odeur de jasmin vint chatouiller ses sens, et Neji ne put s'empêcher de lui jeter un regard accusateur. Cette odeur, qui lui était propre, semblait l'apaiser bien plus qu'il le voulait. C'était ridicule, trouver une odeur aussi tentante.
Ce parfum qu'il cherchait constamment à fuir.
- Qu'est-ce que tu viens faire dans ma chambre à cette heure-ci ? L'agressa-t-il. Tu veux même venir me déranger la nuit, alors ?
- Te souhaiter bonne chance, dit-elle à sa grande surprise. Pour l'examen de demain.
Neji fronça les sourcils – il ne se souvenait pas de lui avoir dit qu'il participait, mais ne répondit rien. A la place, il la suivit du regard, l'observant errer dans sa chambre sans but précis. C'était probablement la première fois qu'elle venait – sans qu'il l'y ait invitée, bien sûr. Elle observa avec intérêt son étagère remplie de souvenir, et quelque chose sembla attraper son regard.
- Ce truc, dit-elle en pointant une boussole, tu l'as acheté lorsqu'on était en mission pour le daimyo, c'est ça ?
- Hn, grommela-t-il en fronçant les sourcils. Et alors ?
- Oh rien, rien. Je me demandais juste pourquoi tu avais une boussole alors que tu as probablement le meilleur Byakugan du clan…
Neji mit un moment à répondre. Pas parce qu'il réfléchissait, mais parce qu'il se demandait s'il devait perdre son temps à le faire. Apparemment, il décida de le faire.
- C'est un symbole, expliqua-t-il en s'asseyant. Pour savoir où je vais.
Tenten cligna ses grands yeux noisette. Neji la dévisagea longuement : elle portait un pyjama modeste et avait coiffés ses cheveux chocolat en une longue natte posée sur son épaule gauche. Vêtue ainsi, elle avait l'air de vivre chez elle. Était-elle vraiment à l'aise à la résidence ? Il avait apprit avec le temps que les apparences sont trompeuses : Tenten avait l'air « heureuse » mais ne l'était sûrement pas. Ca ne devait pas être facile de vivre ailleurs que chez soi, mais après tout, son chez elle ne devait pas valoir la résidence. Pourtant, elle n'acceptait jamais l'aide d'une domestique et voulait même aider le plus possible.
Elle ne profitait pas de la situation. Tout portait à croire qu'elle ne faisait rien de mal à la résidence, pourtant Neji n'arrivait pas à ne pas l'agresser à chaque fois qu'il la voyait.
De toute façon, tout ça ne le regardait pas. Il ferait mieux de se concentrer sur lui-même...
- Tu ne veux donc pas rester ici, dit Tenten en reposant délicatement la boussole. Tu comptes fuir.
Neji n'aima pas ce mot. Qui était-elle pour le juger ? Il ne fuyait rien.
Sa réponse fut simple :
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Tu veux dire ici… ta chambre, ou ici, la résidence ?
Neji leva les yeux au ciel. Elle était sérieuse en plus !
- Ma chambre.
Elle eut un petit rire et baissa la tête, visiblement gênée. Il fronça les sourcils. Qu'allait-elle lui faire faire encore ?
- Oh… eh bien…
- Dépêche-toi. Tu me fais perdre mon…
- ...Temps ? Mais tu ne dors même pas, Neji ! D'ailleurs, pourquoi tu ne dors pas, insomnies ? Tu es stressé pour demain ?
Lui, stressé ? Ce mot n'existait pas dans son vocabulaire.
- Ok, ça va, ajouta-t-elle précipitamment, pas la peine de faire cette tête ! Bon, si je suis là c'est…
Tenten hésita. Elle leva son regard sur le sien, pâle, qui montrait exaspération et impatience. Elle poursuivit donc :
- Hinata m'a donné deux billets pour aller manger au Mifesto. Tu sais, c'est le meilleur restaurent de tout Konoha, avec vue sur la statue des cinq kage et tout… et je voulais savoir si tu voulais bien venir … ?
Neji fronça les sourcils. Manger au restaurant, avec Tenten ? Non, bien sûr que non. Il avait d'autre choses à faire, il devait -
- Et ne me dis pas que tu dois t'entrainer, Neji, coupa la brune en le fixant. Après l'examen de demain, il te faut faire une pause, et le Mifesto sera parfait pour toi !
Il leva un sourcil.
- Pourquoi, commença-t-il, mais il s'arrêta brusquement.
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi désires-tu ma présence à ce point ?
- Parce que t'es mon ami, et qu'il faut que tu t'amuses aussi ! Alors, tu viens ? T'en fais pas, c'est demain soir, t'auras déjà battu tout le monde à l'examen !
Neji baissa les yeux un moment. Y aller, après l'examen... ? Pourquoi pas, après tout, cela ne lui coûtait rien d'y passer ensuite...
- ...Hn.
- Tu acceptes ? Vraiment ? Génial !
Neji resta imperturbable, même s'il était surpris lui-même d'avoir accepté. Maintenant, tout ce qu'il attendait d'elle, c'était de s'en aller et de le laisser méditer. Sauf que Tenten sourit, et tout son visage sembla s'illuminer, et Neji fronça encore plus les sourcils quand elle sortit quelque chose de sa poche.
C'était une mini dague blanche, qui tenait au creux d'une main, et qui ne coupait pas. Neji œilla l'objet avec indélicatesse, sourcil froncé. Il se demanda pourquoi elle le lui tendait. Avant qu'il ne puisse parler, Tenten lui expliqua :
- C'est un porte-bonheur que j'ai acheté toute à l'heure quand j'ai appris que tu participais à l'examen Jounin. Garde-le avec toi et ça te portera chance !
Neji observa momentanément la dague, puis son regard revint sur elle.
- Je n'ai pas besoin de ces bêtises pour gagner, lança-t-il sèchement.
- J'ai pas dit le contraire. C'est juste une amulette, Neji.
- Je n'en ai pas besoin.
- Si tu en as besoin ! Et ne lève pas les sourcils comme ça.
- Je fais ce qu'il me plaît.
- Non !
- Si tu n'es pas contente, va-t-en.
Tenten eut un grognement d'impatience.
- Neji, quand on offre à quelqu'un un cadeau, il faut l'accepter même si on ne l'aime p-
- Je n'ai pas besoin de ''chance'' pour gagner. Je crois en mon Jyuuken. Tu peux garder ta pacotille !
Tenten leva les yeux au ciel.
- Neji, c'est pareil que ta boussole : c'est un symbole. Mais je suppose que tu ne peux pas comprendre ça !? Pourquoi tu fais aucun effort ? Un moment tu commences à devenir quelqu'un de bien, et l'autre tu redeviens l'enfoiré sans cœur qui méprise tout le monde ! Qu'est-ce qui te gêne vraiment ?
Tenten se mordit la lèvre lorsque Neji l'observa sans rien dire.
- J'en ai marre, bonne nuit.
Elle balança la dague sur son bureau et s'en alla, plus agacée que jamais. Si seulement il pouvait y mettre un peu du sien, ce serait plus facile…
Ah, Neji, fais un effort, moi aussi ça me soule d'écrire des chapitres où t'es relou... - - '
Anyway, chapitre qui est arrivé en un temps record, non ? ^^ Il fait environ 3700 mots.
J'espère que ça vous a plus en tout cas.
