.Destinées Liées.
Chapitre 18 –
Tenten tenta de descendre un peu plus sa serviette, intimidée par son regard perçant. Elle ne put d'ailleurs s'empêcher de frissonner lorsque ses yeux quittèrent les siens pour la regarder de haut en bas, et ce sans même changer d'expression. Pervers ! Comment osait-il ? Elle avait froid et elle était fatiguée, et elle donnerait tout pour pouvoir dormir au moins cinq heures... Sauf que bien sûr, elle ne pouvait rien dire avec monsieur Je-sais-tout qui se pensait tout permis ici. Et en plus, il restait silencieux comme une plante, et la kunoichi perdit patience :
« - Neji » marmonna-t-elle en levant les yeux au ciel, « Tu pourrais te dépêcher, s'il-te-plait ? J'aimerais vraiment m'habiller, et il fait froid. D'ailleurs, au cas où tu ne le saurais pas, ce que tu fais là ne se fait pas. C'est irrespectueux ! »
- C'est moi qui décide de ce qui se fait ou pas, dit-il entre dents serrées.
- Oh ! Tu crois ? Eh ben non, justement ! Tu n'as pas à déjà entrer dans la chambre d'une fille sans autorisation…
- Cette pièce, dit-il en faisant un pas vers elle, n'est pas ta chambre.
- Peut-être pas, répliqua Tenten en rougissant, mais j'y dors. Et tu dois respecter ça ! Tu n'as pas à rentrer comme ça, compris ? Est-ce que c'est clair ?
- Ne me dis pas ce que je dois faire, dit-il en s'approchant un peu plus, et Tenten recula, inquiète.
- Bien sûr que je vais te dire ce que tu dois faire, parce que visiblement tu es mal élevé et que t'as besoin qu'on t'explique les bonnes manières ! Espèce de... »
Mais Tenten s'arrêta de parler, parce qu'il venait encore de faire un pas vers elle, et il était beaucoup trop près pour qu'elle ne réfléchisse normalement. Elle rougit davantage, soutenant son regard avec une lueur de défi.
Neji resta silencieux, la toisant de toute sa taille, l'expression imperturbable. Tenten était plutôt mignonne quand elle s'énervait, constata-t-il en baissant les yeux sur sa tenue dénudée. Il n'avait jamais vraiment prêté attention à elle auparavant (ni à n'importe quelle fille d'ailleurs), mais il ne manqua pas de constater que Tenten avait de longues et belles jambes, chose qui éveilla en lui un sentiment inexplicable. De plus ses cheveux mouillés tombaient sur ses épaules également nues, et son regard rempli de défi posé sur lui le forçait à lui prouver qu'elle devrait avoir peur de lui et non lui tenir tête. Il sentit brièvement au creux de ses doigts ces fameux picotements, ceux qui lui incitaient à la toucher partout, et, alors qu'il serra ses poings et ignora ses impulsions masculines, il pivota sur lui-même, soudainement froid :
- Bien, déclara-t-il d'un ton glacial. Habille-toi et viens me rejoindre sur le terrain d'entrainement de la Bunke. Et fais vite.
Il n'attendit pas sa réponse pour quitter la pièce. A la place, il alla directement au jardin et tenta de méditer sur ce qu'il lui arrivait, chose qu'il faisait souvent dernièrement. Était-ce ce que les auteurs idiots des bouquins appelaient l'attraction envers un autre être ? Il n'avait jamais ressenti cela pour personne et tentait de comprendre.
Et ce n'était pas seulement physique, visiblement.
Certes, elle était gentille. Incroyablement gentille, et c'était probablement pour cette raison première qu'il n'était pas aussi sec avec elle qu'il ne l'était avec d'autres. Et puis, il appréciait sa compagnie. Était-elle donc devenue ce qu'elle lui disait depuis le début ? Son amie ? Était-ce de l'amitié ? Ou alors, était-ce seulement de l'amitié ?
Neji fronça les sourcils, l'expression perplexe.
Encore faudrait-il qu'il sache ce qu'est l'amitié.
Voilà pourquoi, dès qu'elle arriva sur les lieux (vêtue des pieds à la tête), ce fut la première question qu'il lui demanda, plutôt brusquement.
« - Qu'est-ce que l'amitié ? »
Sa question sonna comme philosophique, et il serra les dents, agacé par son ignorance.
Tenten, surprise, cligna des yeux, puis eut un sourire malicieux.
- Je suis contente que ça t'intéresse, dit-elle d'un taquin. Enfin, tu t'humanise !
- Ca ne m'intéresse pas, lâcha Neji, agacé. Je suis simplement curieux.
- Mais la curiosité, c'est de l'intérêt !
- Tu confonds tout, grommela Neji en levant les yeux au ciel. Laisse tomber. Je m'en fiche, de toute manière.
Sans rien dire, elle s'assit à ses côtés, pas au point que leurs genoux ne se touchent, mais presque. Elle remonta ses genoux devant elle.
- Mhh, réfléchit-elle en posant le doigt sous son menton. Eh bien, je dirais qu'avoir des amis, c'est comme avoir une seconde famille, sauf que c'est toi qui choisis qui la compose. Avec elle, tu partages tout ce que tu veux, tu rigoles avec, tu souffres avec, et tu peux être sur que tu peux compter sur elle quoi qu'il arrive. »
Neji resta silencieux et médita sur sa réponse. Elle parlait de confiance, chose qu'il n'avait jamais donnée à personne. Il avait été trop trahi dans sa vie pour l'accorder à n'importe qui. Et quant à son équipe, il savait bien qu'ils ne le laisseraient jamais tromper, mais ce n'était pas de la confiance qu'il avait envers eux, c'était plus du respect, et lui-même ne les laisserait pas tomber non plus. C'était une question de valeur, de shinobi.
Et il ne pouvait en aucun cas faire confiance à Tenten. Surtout pas à Tenten. Ce serait lui donner trop de pouvoir sur lui.
D'ailleurs, pensa-t-il en lui jetant un coup d'œil du coin de sa pupille, et qu'il la vit frissonner quand le vent se leva, elle avait réussit à faire ce qu'il avait à tout prix évité, crée un lien avec lui.
Voilà pourquoi il ne put s'empêcher d'être dur avec elle à nouveau. D'un ton froid, il remarqua :
- Qu'est-ce que tu peux savoir sur la famille ? Tu n'en as jamais eue une. »
Il regretta ses paroles au moment même où elles sortirent de sa bouche. Tenten sursauta à ses côtés, mais ne dit rien. Neji ressentit alors un sentiment qui lui était tout nouveau : les remords. Il dut se mordre la langue pour ne pas lui dire qu'il était désolé. Dut serrer les poings pour ne pas la prendre dans ses bras. Pourquoi s'excuserait-il ? Il n'avait dit que la vérité vraie, et... il l'avait blessée en le faisant.
Il serra les dents. Il semblait avoir perdu son indifférence.
« - Tu as probablement raison, » marmonna-t-elle à voix basse. « Je n'ai jamais eu de famille, je ne sais donc pas ce que c'est. Mais..., » elle leva les yeux sur lui, regard noisette déterminé dans le sien. Neji soutint son regard. « Je n'ai jamais eu de famille. Mais je considère mes amis comme faisant partie de ma famille. Et quant à mes parents... je ne compte pas rester ignorante toute ma vie. Histoire de savoir qui je suis. »
- ...Hn, répondit Neji en retournant son regard sur la lune. Tu as raison.
- Voilà pourquoi j'ai décidé d'aller voir Tsunade-sama demain. Tu sais, pour voir si elle n'a pas une idée sur mon passé, ou si elle n'a pas des archives...
- C'est une bonne idée, avoua Neji. Si tes parents sont des shinobis, ils sauront qui sont tes parents. »
Neji fit exprès de ne pas parler au passé. Il ne voulait pas la vexer, mais selon lui, si ses parents étaient toujours en vie, ils seraient là, à ses côtés. Mais Tenten ne semblait pas concevoir le fait qu'ils étaient morts, tout ça à cause de ses rêves. Quoi qu'il en soit, il eut raison : Tenten acquiesça, tout sourire. Le vent se leva, et une mèche de ses cheveux s'échappa de l'élastique qui les retenait en place. Tenten secoua impatiemment la tête pour l'enlever de ses yeux, tout en parlant :
- Et s'ils sont des civils, à ton avis, qui est-ce que je dois consulter ?
- Le service municipal du pays du feu, répondit mollement Neji, tout en observant sa mèche volante. Situé pas loin de la Citadelle.
- Et comment tu sais tout ça, monsieur je sais tout ?
- Parce que j'ai dû y faire une mission une fois, expliqua-t-il alors qu'elle dégagea encore une fois sa mèche de cheveux. Afin de classer les documents.
Tenten explosa de rire, ce qui le surprit. Son rire sonna comme une douce mélodie à ses oreilles.
- Comment ? Qui a osé donner au prodige une mission aussi... nulle ?
- Je n'étais que Genin, se défendit le Hyuuga, exaspéré.
- Ca explique tout. On donne toujours aux Genin des missions nulles. Une fois, j'ai dû..
Mais Neji, ennuyé par sa mèche volante, venait de se pencher sur elle pour placer sa chevelure derrière son oreille, où elle ne bougerait pas. Une teinte écarlate colora ses joues alors que Tenten leva les yeux sur lui, surprise, et il se surprit à la regarder (notant que ses yeux semblaient chocolat la nuit) et, l'espace d'un instant, il se sentit relaxé, tous problèmes oubliés, comme si le temps s'était arrêté. Serrant les dents il retira sa main, détournant le regard avant que la situation ne devienne trop gênante.
- Si on donne aux Genins des missions de ce type là, c'est pour les forger, expliqua-t-il en ignorant son regard incrédule.
Tenten acquiesça, mais resta silencieuse. Et il ne fallait pas compter sur Neji pour remplir le silence.
C'était la pleine lune, et elle recevait ce soir toute l'attention des deux shinobis. Le silence n'était pas paisible comme Neji l'aurait souhaité. Il était lourd, gênant, rempli de secrets...
« - Tu m'accompagneras ? » S'enquit soudainement Tenten, timidement. « Tu m'accompagneras, demain, voir le Hokage ? Tu connais Tsunade-sama… elle serait capable de refuser. Et j'aurais besoin de ton éloquence », ajouta-t-elle avec un petit rire.
Neji pensa à son oncle qui le surveillait de près, à Sâto qui parlait dans son dos, et savait que s'il s'éclipsait avec elle toute la journée, il aurait des problèmes.
- Je ne pense pas que je puisse, dit-il avec regret. Pourquoi tu ne demanderais pas à Lee ?
- Il m'accompagne déjà. Mais j'aurais... (Neji nota son hésitation) j'aurais voulu qu'on n'y aille tous les trois.
- ….Pourquoi ?
- Eh bien, marmonna Tenten en jouant avec l'herbe. Vous êtes mes meilleurs amis. C'est vous... ma véritable famille, d'un côté. Après tout, on a grandit ensemble !
Le sentiment que Neji ressentit après sa déclaration le troubla au plus haut point. Il se sentit emplit de chaleur, de satisfaction et de contentement.
Il voulait s'excuser pour ce qu'il lui avait dit plus tôt, parce qu'elle ne méritait pas qu'il la traite ainsi. Surtout que Neji se fichait qu'elle ait une famille ou non, elle était toujours Tenten, sa coéquipière. Mais Neji n'avait jamais demandé pardon à personne, il s'était toujours senti au dessus de tous. Et il ne savait pas vraiment comment s'y prendre. Pourtant, il avait envie qu'elle sache ce qu'il pensait vraiment d'elle, et ce même s'il ne lui montrait jamais.
Il prit une profonde inspiration, ce qui amena de suite Tenten à le regarder avec curiosité.
- Je ne pourrai pas venir, dit-il. Mais si jamais tu apprends qui sont tes parents et que tu es déçue par eux... saches que... ça ne changera en aucun cas le fait que tu es quelqu'un de bien, Tenten.
Et il ne put que refléter son sourire avec le sien.
O.o.O.o.O
Tenten sonna chez Lee à sept heures pile ce matin-là. Jamais elle n'avait été aussi matinale, mais elle avait hâte d'aller voir le Hokage pour lui poser des questions, et puis ça ne pouvait pas attendre. Au fond d'elle, elle avait peur, peur que le Hokage refuse sa requête ou peur qu'elle n'a rien, mais Tenten fit taire cette voix et appuya une fois encore sur la sonnette de Lee, impatiemment. Que faisait-il ? Lui qui était si speed, habituellement ! Il n'allait pas la laisser tomber le jour où elle avait à ce point besoin de lui, n'est-ce pas ?
- Lee !
Tenten toqua, sonna, frappa la porte, et elle allait donner un grand coup de hache lorsque son jeune ami lui ouvrit enfin la porte… vêtu d'un tablier vert avec écrit en lettres capitales « POUVOIR DE LA JEUNESSE ». Tenten leva les yeux au ciel. Elle se souvint lorsque Gai avait tenté de lui offrir le même tablier (rouge pour elle, bleu pour Neji), et il n'y avait que Lee pour oser porter une chose pareille.
- Oh bonjour Tenten ! S'écria celui-ci. Tu es là depuis longtemps ? Qu'est-ce que tu fais avec ça ?!
- Rien du tout, marmonna la kunoichi en faisant disparaître son arme. Qu'est-ce que tu fais ?
Tenten craint le pire alors qu'il baissa les yeux.
- Ma douce et belle coéquipière en herbe, j'ai le regret de t'annoncer que…
- Lee.
- …je suis en train de préparer des COOKIES pour la belle Sakura-chan, le soleil de ma vie, ma jeune rose épanouie ! Et j'espère qu'elle acceptera mon cadeau, représentatif de mon amour !
- Lee ! Arrête tes bêtises, je t'ai déjà dit que Sakura en aimait un autre, et que c'est comme ça un point c'est tout. Et on doit voir le Hokage !
- …Pour savoir qui étaient (Tenten tressaillit) tes illustres parents, oui, mais avant, il faut manger, et entre, j'ai aussi préparé des pancakes !
Tenten fronça les sourcils et se laissa installer à table.
- Rapidement, Lee, s'il te plait. C'est…. Important pour moi.
- Voilà pourquoi il faut que tu manges avant, parce qu'il n'y a aucune puissance si ow ow ow, Tenten, pourquoi tu fais ça ?!
- Parce que je n'ai PAS le temps de manger, grogna-t-elle en le tirant par les oreilles. Et que si tu continues, je vais te planter contre un arbre et tu vas regretter de me faire attendre !
- Ca va, je voulais juste que tu manges un peu et que tu te calmes, se plaignit Lee en la suivant. Quelque chose me dit que tu es trop stressée. Et Gai-sensei nous as lui-même dit que ça n'amène à rien.
- Je suis calme, mentit Tenten. Alors suis-moi, et surtout, aide-moi à surmonter tout ça.
Lee passa son bras sur ses épaules et la rapprocha de lui :
- PAS DE PROBLEME ! »
-O-
« - Je n'ai pas le droit de vous dire quoi que ce soit sur les missions. C'est confidentiel. »
Tenten jura que son cœur s'arrêta de battre. Cela faisait près de trois heures qu'ils attendaient que le Hokage les écoutent, parce qu'il y avait eu des réunions avant eux, et Tenten avait décidé d'écouter Lee, de se calmer et que, après tout, il n'y avait pas de raison pour que les choses se passent mal parce que la puissance de la jeunesse étaient de leur côté, n'est-ce pas ?
Tenten avait prit son mal en patience. Elle avait été si proche de la vérité qu'elle en tremblait. Une fois dans le bureau, elle avait parlé poliment, se sentait presque sûre d'elle. Et voilà ce que le Hokage lui répondit lorsqu'elle demanda à jeter un coup d'œil sur les archives.
- Hokage-sama ! Intervint bruyamment Lee à ses côtés. Ne pouvez-vous pas, s'il vous plait, faire abstraction de ces règles juste pour...
- Rock Lee, les règles sont les règles. Elles ne sont pas écrites pour ne pas être respectées mais pour être obéît. Je pensais que tu le savais.
- Bien sûr que je le sais ! Mais on parle des parents de Tenten ! Elle a le droit de savoir !
- Lee, appela Tenten, et son ami comprit qu'elle allait poursuivre. Je comprends, Tsunade-sama. Les règles sont les règles. Mais... connaissiez-vous mes parents ? Savez-vous... qui je suis ?
Tsunade soutint le regard d'une de ses plus fortes chuunins et rencontra dans ses yeux noisette toute la détermination possible.
- Es-tu sûre de vouloir savoir ?
Tenten eut une exclamation de surprise :
- Vous voulez dire que vous...
- Je dirai ce que je sais, marmonna la sannin. Et il n'y a pas grand-chose à dire. Tu risques d'être déçue.
- Je veux savoir.
Avant tout, Tsunade voulait s'assurer d'une chose. Elle jeta un coup d'œil à Lee :
- C'est confidentiel, dit-elle, mais Tenten s'interposa.
- Lee est mon meilleur ami. Je... je veux qu'il soit là. J'ai entièrement confiance en lui, n'est-ce pas, Lee ?
- Yosh ! Tu as raison !
Tsunade savait que ça allait arriver un jour. Elle savait que Tenten viendrait lui demander d'où elle venait. C'était normal. Elle craignait juste que la jeune fille suive l'exemple de sa mère...
Mais c'était son droit, et Tsunade n'avait pas de mot à dire dessus. Que c'était pénible d'avoir des responsabilités, soupira la blonde. Elle décida d'être brève.
- Ta mère était une kunoichi, commença Tsunade sans lâcher le regard de Tenten, qui resta de marbre. Les Itô étaient une petite famille de forgerons qui faisaient les meilleures armes du village à l'époque de Nidaime. C'est eux même qui ont forgé le kunai spécial de Yondaime, et on dit que leurs armes tranchent n'importe quoi.
- Ca ne m'étonne pas de toi, Tenten ! Lança Lee, et Tenten fut trop hypnotisée par le récit de la sannin pour l'entendre.
Son cœur battait fort dans sa poitrine. Enfin on lui racontait...
- Je sais que Hana Itô, ta mère, a préféré devenir kunoichi plutôt que d'être forgeron comme tes grands parents, poursuivit Tsunade. Elle a vite brillé par sa vitesse et sa cible quasi parfaite – quoique, tu l'as bats parfaitement sur ce point -, et est vite devenue un élément important dans l'ANBU du Sandaime. Entre temps elle est tombée enceinte d'un civile, et elle n'a pas pu faire d'importante missions avant un certain temps, mais dès qu'elle a accouché, je sais qu'elle a repris. Pendant l'attaque de Kyuubi, il y a dix-sept ans, toute sa famille est morte, ainsi que son fiancé. Au même moment, elle avait une mission très importante à faire pour l'ANBU, un assassinat.
Tsunade fit une pause. C'était la phrase qui allait surement enlever l'air fier que portait les yeux de la kunoichi.
- Ca devait être dur, probablement. Car...elle n'es pas rentrée de sa mission. Je pense qu'elle... qu'elle s'est enfuie.
- Hein ?! S'exclama soudainement Tenten. Comment ça, elle s'est enfuie ? C'est impossible. Elle avait une mission, elle n'a pas pu...
- Ca doit être inconcevable pour toi, mais on ne l'a pas retrouvée depuis. Les Ninja sensoriels doutent qu'elle soit morte assassinée. Elle a quitté le village, prenant le rouleau de la mission avec elle, abandonnant derrière elle les siens, alors que le village avait besoin d'elle.
- Mais elle est peut-être morte ! Intervint Lee. Elle n'a pas pu abandonner de...
- C'est ce qu'elle a fait, cassa Tsunade. Elle n'a pas supporté sa responsabilité et a préféré prendre la fuite. Personne n'a retrouvé de corps.
- Qu'était la mission ?! Demanda impoliment Tenten, hurlant presque. Elle n'aurait pas quitté comme ça. Vous disiez qu'elle était une kunoichi exemplaire, et qu'elle faisait mission sur mission. Qu'elle était dans l'ANBU !
- Baisse le ton ! Je t'ai dit ce que j'avais à dire, je ne sais rien de plus. La mission est top secrète. Tout ce qu'il faut que tu saches, c'est qu'elle n'est plus là. Ta mère a déserté Konoha, Tenten. C'est tout ce que je sais.
Et Tenten perdit momentanément toute sa dignité, et elle enfouie son visage dans l'épaule de son meilleur ami.
Alors, tout était fini ? Ca s'arrêtait là ? Elle était la fille d'une...
Traître ?
O.o.O.o.O
Neji fit un effort. Il laissa Nanako le suivre partout, la laissa raconter sa vie, et parvint même à lui répondre parfois, même si son esprit était ailleurs. Il se demandait si Tenten allait bien, si elle savait enfin qui ses parents étaient, et il fut tellement reconnaissant lorsque Hinata vint proposer à Sâto une promenade qu'il la remercia sincèrement, notant la surprise de sa cousine. Neji avait haussé les épaules et était donc sorti s'entrainer avec Gai-sensei, car Lee était avec Tenten. L'entrainement avec Gai lui donnait toujours beaucoup de fil à retordre, parce que son maître était très puissant et rapide, maniant un taijutsu sans faille, mais Neji commençait à connaitre tous ses points faibles alors il ne fut pas trop touché par les coups de pieds de son maitre. Le soir quand il arriva à la résidence, il sut que Tenten n'était toujours pas là, alors il décida d'aller poursuivre son entrainement seul, au jardin.
Sauf que pour une fois, le jardin n'était pas libre.
Neji ne laissa pas apparaître sa surprise lorsqu'il vit Hirofumi s'entrainer exactement au même endroit que lui le faisait hier même. Il fallait savoir que jamais le membre de la Sôke ne s'entrainait à cet endroit, jamais, parce que cet endroit était réservé aux membres de la Bunke. Neji savait parfaitement que Hiro n'était pas là au hasard, et il plissa les yeux lorsque le don juan le gratifia de sa présence.
- Ah, lança Hiro d'un ton nonchalant en levant les yeux sur lui. Neji. Quelle surprise.
« - Qu'est-ce que tu fais ici, » grogna le prodige.
Il ne tenta pas de dissimuler le dégoût qu'il avait pour Hiro, chose qu'il se forçait à se faire à chaque fois, conte tenu du rang de l'enfoiré. Et cela ne fit qu'amuser le jeune homme, qui se mit à sourire.
- Mais enfin, Neji, ça se voit non ? Je m'entraine.
- Tu n'as rien à faire ici.
- Oh ?
Neji décida de l'ignorer et de faire comme s'il n'était pas là. A la place, il chargea du chakra dans ses paumes et enchaina des coups dans le vide, tellement fort que l'air siffla autour de lui. Malheureusement Hiro n'avait pas fini de parler :
- Si tu fais référence au fait que cet endroit est réservé aux membres de la Bunke, sache que, contrairement à toi, j'ai tout droit sur la résidence.
Neji donna soudainement un coup violent dans le vent, qui sembla même effrayer Hiro, qui fronça les sourcils. Neji tenta de garder son calme. Il n'allait pas laisser sa haine se voir. Ca lui attirerait des problèmes qui seraient bien trop pénibles à régler. Il se demanda pourquoi Hiro était venu le déranger – parce que, évidemment que c'était pour cela qu'il était là – mais savait que, bavard comme il était, Hiro lui dirait lui-même.
- Tu ne devrais pas délaisser ta fiancée ainsi…
- Parle pour toi, rétorqua Neji en entrainant son hakke kusho. J'ai entendu que Mikya se plaignait beaucoup de toi.
Si Hiro fut surpris par sa réponse, il ne le montra pas. A la place, il utilisa son chakra pour s'approcher plus vite de Neji, et ce dernier fronça les sourcils lorsque le Hyuuga s'approcha trop près de lui. Aussi près, Neji ne pourrait pas s'empêcher de le frapper…
Ils faisaient la même taille. Neji garda son expression imperturbable.
- Je délaisse peut-être Mikya, chuchota Hiro avec un sourire mauvais, et je me suis peut-être ennuyé d'elle comme avec toutes… mais moi au moins, je ne la trompe pas avec une autre.
Neji serra le poing.
- Je ne trompe personne avec personne.
« - Ah, » marmonna-t-il, « Arrête un peu, tu veux ? Avec moi tu peux tout dire. Et d'ailleurs, tu sais que je remarque parfaitement ce genre de chose. »
Neji se força de reculer pour ne pas essayer sa nouvelle technique sur lui. Ça ne servirait à rien d'attaquer le chouchou de la Sôke, se rappela-t-il en tentant de se calmer.
Ca ne servirait à rien que d'empirer son cas à lui.
- Tout le monde l'a remarqué. Enfin, Nanako me dit beaucoup de chose, contrairement à toi et je vois aussi beaucoup de chose.
- Je ne vois pas de quoi tu parles. Si Sâto et toi entretenez une bonne relation, tant mieux pour vous.
- Mais oui, ignore le sujet.
Neji leva les yeux sur lui.
- Quel sujet ?
- Tes sentiments pour Tenten.
Le prodige fut choqué d'entendre ses mots, et malheureusement pour lui, Hiro le remarqua.
- Ah, évidemment, tu ne sais pas ce que c'est, aimer. Tu as dû te demander ce qu'il t'arrivait, n'est-ce pas ? Ne t'inquiète pas, au moins, tu as bon gout. Tenten est belle, gentille, forte… et surtout libre, ce que tu n'es pas. Et moi, contrairement à toi, je suis libre.
- Ne me provoque pas, gronda Neji, poing serré.
- Oh, parce que tu penses que j'ai peur de toi ? Lança Hiro, ses traits déformés par la rage. Que j'ai peur du… prodige, comme ils t'appellent tous ? Alors que je suis probablement le prochain leader du clan, et c'est moi qui portera sur mes épaules ce clan ! Je suis le plus fort de nous d'eux ! Tu n'es qu'un pitoyable membre de la Bunke, une marionnette à mon service, un misérable insecte qu'il me tarde d'écraser !
- J'adorerai te voir prouver ça, lança Neji, voix pleine de haine. Essaye seulement de me toucher !
Et ce fut ainsi que le combat commença.
Prodige contre Héritier.
Bunke contre Sôke.
Leur combat ressemblait à celui de Neji contre Hinata durant l'examen chûunin mais en cent fois plus pire, les techniques plus évoluées, les Hyuuga plus en garde, mais leur haine similaire. Neji fut surpris d'avoir sous-estimé Hiro. Même s'il était plus rapide que lui, il n'en demeurait pas moins puissant. Ses coups n'étaient pas retenus et Neji ne retint pas les siens. Coups de paumes sur coups de paume, Byakugan activé, esquive, effleurement, techniques mortelles…
« - Hakke roukyoujouyon shô !
- Hakkesho dai kaiten ! »
Dans un endroit où tous les membres possédaient le Byakugan, il n'y avait pas de secret, et bientôt une bonne partie des membres arrivèrent en courant limite, et Neji n'entendait que en arrière fond leur cri pour qu'ils s'arrêtent. Mais Neji ne voulait pas. Il était temps qu'ils comprennent tous. Qu'ils comprennent tous qu'il n'était pas à eux, qu'il n'était pas un objet, et que le destin ne l'enchaînera pas comme il l'avait fait à tous les autres !
Tenten avait raison. On était soi-même maître de son propre destin. Et il n'allait pas gâcher cette capacité.
Néanmoins, il n'eut pas le temps de placer ses 361 coups du Hakke. Soudainement, il fut expulsé à l'autre bout du terrain, et son dos percuta le sol avec plein fouet.
Il n'eut pas à lever les yeux pour comprendre ce qu'il venait de se passer.
Hiashi venait de les séparer.
- Vous êtes complètement fous ! Hurla ce dernier alors que les adolescents se relevaient. Non seulement vous détruisez les locaux, mais vous détruisez toutes les lois pour protéger notre clan ! Vous n'avez pas honte ? Je vous pensais mieux que ça. C'est la première fois que je vois un acte aussi puérile que de se battre sans raison ! Je vous pensais mieux que ça ! Vous serez sanctionné. Tous les deux. Vous autres, retournez à vos occupations !
Et avec ça, il s'en alla, et Neji fit de même, se sentant incroyablement satisfait lorsqu'il vit le regard rempli de haine que Hiro lui lança.
O.o.O.o.O
Le soir même pendant le diner, Neji nota l'absence de Tenten, et il commençait vraiment à s'inquiéter. Hiashi passa toute la soirée à les gronder sur leur comportement, et Neji ne fut même pas surpris lorsque Hiro se plaignit sur le fait d'avoir été « incroyablement surpris par l'élan de violence de Neji », et le prodige ne dit rien pour sa défense. Bien sûr c'était lui qu'on blâmait, mais ce n'était pas grave. Le fait qu'il ait pu lui infliger l'énorme bleu sur son visage était assez satisfaisant.
Neji aurait été amusé si Tenten avait été là, mais elle ne l'était pas, et il sut, lorsqu'il pénétra dans sa chambre à lui, et que Tenten se jeta précipitamment dans ses bras pour pleurer violemment dans son épaule, que ça c'était mal passé.
Il fut mal à l'aise pourtant. Il n'aimait pas qu'on le touche. En plus elle pleurait. Il fut agacé qu'elle pleure, bredouilla des choses qui n'avait aucun sens, renifla sur son épaule, pleurant comme un bébé, mais, se dit-il, c'était Tenten, alors, il la laissa.
Et au final il la serra maladroitement dans ses bras. Attendant qu'elle se calme.
Il fut surpris de voir que la serrer dans ses bras était tout ce qu'il y avait de plus normal.
Et voilà ! Ca fait trois jours je travaille dessus, et vu comment j'ai galéré, j'espère que ça vous a plu !
On sait enfin qui était la mère de Tenten, mais vous inquiétez pas, Tsunade ne sait pas tout... et Tenten ne vas pas rester comme ça.
Neji et Hiro, le combat ! J'avoue avoir eu une grande flemme pour le décrire, mais bon, imaginez un peu. Ca devait être mortel... Deux beaux gosses qui se battent... ahem ahem.
J'ai hâte de lire votre avis !
(PS : Ce que Neji voulait dire à Tenten dans le dernier chapitre, il lui dira plus tard.)
A la prochaine :)
