La suite ! Pfiou, j'ai pas quitté le PC aujourd'hui. Bonne lecture ! ^^


Destinées Liées


Chapitre 19 -

Après un long moment, les sanglots de Tenten finirent par s'estomper. La réalisation stoppa sa peine. Elle venait de marcher sur ses plates-bandes, et elle savait parfaitement que Neji n'aimait pas qu'on le touche, encore moins qu'on pleure. Elle eut soudainement honte, tête enfouie dans le tissu bleu roi que recouvrait son épaule, et elle releva vivement la tête, contemplant ses yeux avec horreur.

- Pardon, marmonna-t-elle avec gêne en se traitant de tous les noms.

Le Hyuuga acquiesça tranquillement, l'observant s'échapper de son étreinte sans rien dire. Ses sourcils légèrement froncés la surprirent pourtant. Il n'avait pas l'air dégoûté, ni furieux comme elle l'aurait pensé, mais au contraire, il semblait presque... intrigué.

Quand même, ça ne changea pas l'embarras aussi épais que du beurre que renfermait la pièce. Tenten avait une violente envie de disparaitre sous terre. Neji, lui, haussa les épaules. Il l'observait sans rien dire, l'expression indéchiffrable, mais, heureusement pour elle (ou malheureusement, parce qu'elle aurait préféré ça que le silence) il ne s'énerva pas. Elle baissa les yeux, muette elle aussi, et bientôt le silence s'étendit.

Elle avait agi sans réfléchir, et elle s'en voulait beaucoup d'avoir réagit de la sorte. Mais le fait de le voir... après cette journée longue et remplie de déception et d'incompréhension, elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle avait besoin de lui pour y voir plus clair. Elle avait toujours besoin de lui. Besoin de le voir, de lui parler, de l'entendre... L'inconvénient de s'être habituée à le voir tous les jours.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'enquit Neji sur un ton étonnamment gentil.

Tenten avait bien trop honte pour le remarquer, et elle trouva sa question, pourtant simple, vraiment difficile à répondre. Elle le fixa sans ciller.

D'abord, elle ne sut pas par où commencer, mais au final, le Hokage avait raison : il n'y avait pas grand-chose à dire.

- Elle était une kunoichi, marmonna la manieuse d'armes. Elle était dans l'ANBU, et s'est mariée avec un civil. Toute sa famille... ma famille... est morte pendant l'attaque de Kyuubi, y a dix-sept ans. Il parait que Sandaime lui a donné une mission qu'elle a préféré fuir, et on l'a plus jamais revue depuis.

Neji, qui l'écoutait avec une expression sérieuse, fronça davantage les sourcils, bras croisés. Visiblement, lui aussi trouvait ça surprenant.

- Fuir ? Répéta-t-il. Mais pourquoi ?

Tenten secoua la tête.

- Aucune idée... d'après ce que dit Tsunade sama, elle est partie, et n'est plus jamais revenue. Elle a abandonné sa mission. Lee, beaucoup plus optimiste, pense qu'elle est morte héroïquement, que je ne devrais pas m'inquiéter... mais il n'y a eu aucun retour de sa part... et Neji, je ne pense pas pouvoir concevoir le fait que... qu'elle ait... fui, je...

Tenten se mordit la langue pour ne pas craquer. Elle n'allait pas encore pleurer ! Et si c'était vrai ? Et si elle avait fait tout ça, cherché d'où elle venait, tout ça pour au final savoir que ses parents étaient morts, sa mère en plus en fuyant le village ? Tenten était une kunoichi de Konoha. Elle avait juré loyauté à son village, et ne se voyait pas le fuir, même pour une mission.

Qu'est-ce qui avait fait fuir sa mère ? Voulait-elle vraiment le savoir ?

Tenten serra le poing. Sa mère l'avait quittée, laissée seule ici, avait fuit le village, laissant seulement derrière elle des rumeurs et rien d'autre comme héritage. Elle devrait l'oublier.

- J'aurais voulu ne rien savoir, balbutia-t-elle en se mordant la lèvre. Au final, ça me perd encore plus. Je...

- Tenten.

Tenten releva les yeux, sa vision brouillée par des larmes de colère. Avec un geste ennuyé elle s'essuya les yeux, honteuse de pleurer devant lui. Que devait-il penser d'elle ? Elle était fille de... d'une lâche.

- Je ne pense pas que ta mère soit morte, déclara Neji de sa voix profonde, doucement pourtant. Comment s'appelle-t-elle ?

Sa question la prit au dépourvut, et Tenten remonta ses manches, ne comprenant pas ce qui était important dans cette question.

- Hana. Hana Itô, murmura-t-elle.

- Itô..., répéta Neji, et son expression montra que ce n'était pas la première fois qu'il entendait ce nom. Ca me dit quelque chose.

Tenten fronça les sourcils, se demandant comment ce nom (qu'elle n'avait jamais entendu) lui disait quelque chose à lui et pas à elle, mais au final, elle décida qu'elle s'en fichait. Qu'est-ce que ça changeait, de toute façon ?

- Je n'arrive simplement pas à me souvenir où j'ai entendu ce nom.

- Laisse tomber, Neji... Ca ne sert à rien de toute façon. J'abandonne.

A sa grande surprise, le jeune homme lui jeta un regard accusateur, et Tenten sut qu'il n'était pas d'accord avec elle.

- Ce serait stupide d'abandonner maintenant après tout ce que tu as fais, déclara-t-il gravement. Tu comptes écouter ce que Tsunade sama t'a dit ? Alors qu'elle ne connait probablement pas toute l'histoire ?

- Oui mais on ne sait même pas si elle est encore en vie ! Protesta-t-elle. Et puis elle m'a abandonné. Je n'ai rien à faire avec elle.

- Tu n'en es pas certaine.

- Quoi ?

- Tu n'es pas certaine du fait qu'elle t'a abandonnée.

- Euh, j'en suis la preuve vivante. J'ai toujours vécu seule, Neji, même si le Hokage m'aidait et mes voisines aussi, j'ai toujours, techniquement, été seule, sans parents. Si ça c'est pas un abandon !

- Certes, mais peut-être aussi que ce n'était pas ce qu'elle voulait. Soit fixée, Tenten. Sinon tu n'avanceras jamais.

Tenten baissa les yeux, ne désirant pas en entendre davantage. Comme d'habitude, il disait vrai. Mais c'était dur de ne pas se sentir déçue, énervée, triste et abandonnée comme elle se sentait là. A quoi bon se faire des illusions ? Et si elle découvrait la vérité, la vraie, et que sa mère l'avait bel et bien abandonnée ? Ce serait pire. Au fond elle avait peur… peur de ne même pas être acceptée par sa mère.

Neji n'aimait pas le sentiment qu'il ressentait. Il n'aimait pas voir Tenten comme ça, perdue et malheureuse : il préférait largement quand elle lui souriait et qu'elle l'ennuyait avec son blabla incessant.

Assise sur son lit, elle observait le parquet, n'osant jamais relever ses yeux sur lui. Il ne pensait pas qu'un jour elle baisserait les bras. Il ressentit alors une violente envie de la voir rire, et pensa à la serrer dans son étreinte pour qu'elle se calme, mais il rejeta l'idée, la trouvant absurde. A la place, il grommela :

- Arrête de pleurer ! Tu vaux mieux que ça. Ce n'est pas que ta mère a soit disant fuit que tu es comme elle.

Il l'observa intensément, semblant chercher avec précaution ses mots.

- Tu n'es pas du tout comme ça, Tenten. Tu.. tu as toujours été optimiste. Je ne dis pas que ta mère n'a pas fait ce qu'elle a fait, mais en temps normal, tu serais toi-même partie vérifier la vérité. Parce que tu as... bon cœur.

La jeune fille ouvrit grand ses yeux noisette, stupéfaite. Neji n'avait jamais complimenté personne, et ça s'entendait avec sa voix hésitante et son ton trop brusque pour le dire, mais Tenten en oublia presque l'histoire de sa parenté.

A la place, elle eut un grand sourire, joues légèrement rouges.

- J'aurais jamais pensé que tu dirais ça de moi un jour, dit-elle avec ébahissement. Je... merci, Neji. Si c'est vraiment ce que tu penses de moi, ça me touche le cœur.

Neji haussa les épaules, mais curieusement, un sourire moqueur se dessinait sur ses lèvres.

- Je pense que tu es puérile.

- Hé ! N'importe quoi.

- Trop naïve.

- Faux.

- Et trop gentille pour ton bien.

- Et alors ?

- Et malgré tout ce que je t'ai fait, tu es toujours là aujourd'hui, dit-il, plus pour lui que pour elle. Et tu me remercie.

Tenten rougit, mais elle mit ça sur le compte de la chaleur de la pièce.

- Eh bien, marmonna-t-elle, le cœur battant. Tu le mérite. Tu n'es plus comme auparavant, même si tu penses qu'être gentil est faible.

- Il n'y a aucun problème avec la gentillesse.

- Oh ! Faudrait que je te filme, ricana-t-elle.

- Quoi ?

- Tu me dis toujours que ma stupidité et mon rire débile ennuie tout le monde. Qu'avoir des amis, c'est être faible. Qu'être gentille, c'est montrer ses faiblesses.

Neji l'observa pendant un long moment, pensivement, et au final, il dit :

- Etre c'est gentil, c'est montrer ses faiblesses, en effet, mais je ne le dis pas toujours.

Tenten dut se retenir de ne pas lui tirer la langue, se demandant comment l'ambiance avait-elle pu changer à ce point :

- Arrête de jouer sur les mots !

Il haussa les épaules, l'expression toutefois amusée. Tenten l'observa, mini sourire aux lèvres, et Neji se sentit mieux qu'auparavant. Voilà, se dit-il. C'est ce sourire qui lui va le mieux.

- Il est tard, finit-il par dire. Tu devrais aller dormir si tu ne veux pas être fatiguée demain quand tu iras voir le Hokage.

- Je vais voir le Hokage demain ? S'enquit Tenten sur un ton surprit. Pourquoi ?

- Tu verras. Je t'accompagnerai.

Tenten s'exécuta alors qu'elle se dirigeait vers sa chambre. Neji l'accompagnerait. Qui aurait cru qu'il allait l'aider ? Le Neji d'y a un mois et demi semblait bien loin à présent. Celui là était...

Elle sentit son cœur s'accélérer.

Neji attendit patiemment que Tenten s'endorme (cette fois dans son lit, le sien semblait lui donner un confort qui la distrayait de ses rêves) avant de se hisser hors de sa chambre pour atteindre la sienne. Il activa son Byakugan en chemin pour ne pas se cogner et pour voir dans le noir. Ainsi, il pouvait voir à travers les murs, voir sa jeune cousine Hanabi profondément endormie, voir Hinata allongée sur son dos, ainsi que Nanako, paisiblement assoupie – voir que tout le monde dormait, que la voie était libre. Qu'auraient pensé les membres clan s'il le voyait se lever à pas d'heure pour aller dans la chambre de sa coéquipière ?

Neji secoua la tête alors qu'il ouvrit discrètement la porte de sa chambre. Il avait eue cette idée plus tôt, l'observer pendant ses cauchemars pour qu'il puisse détecter ce qu'il se passait pendant. Il n'avait pas voulu lui en parler pour que tout se passe comme prévu. Et il ne fut pas déçu : dès qu'il arriva, Tenten gigotait comme pas possible, grommelant des mots incompréhensibles, et il fut surpris de constater qu'elle ne se réveillait pas avec tous les mouvements qu'elle faisait. Pas besoin d'avoir le Byakugan pour comprendre que ce n'étaient pas des cauchemars normaux. Rapidement, il s'approcha du lit et renforça son kekkei genkai pour pouvoir détecter ce qui clochait chez elle. Aussitôt, il vit le réseau de son chakra, qui n'était pas comme d'habitude. Son chakra semblait brouillé, mélangé, enfin, quelque chose n'allait pas. Neji reconnu par là la marque d'un genjutsu. Partant de ce fait, il se concentra sur son cortex de l'inconscient et constata – avec difficulté - la présence d'un autre chakra en elle. Faible, mais il était là, et Neji ne put s'empêcher de former une expression de pure surprise lorsqu'il détecta le propriétaire du chakra, qu'il connaissait.

C'était celui de Kensuké, le garde de corps du Daimyo.

Neji fronça furieusement ses sourcils. Ce n'était pas possible. Pourquoi cet homme essaierait de mettre Tenten dans un genjutsu ? Il ne la connaissait pas avant la mission, et n'avait aucune raison de lui montrer ce genre d'image. D'ailleurs, maintenant qu'il réfléchissait, Neji se rappelait du fait que Tenten avait dit que ses rêves n'avaient commencé que depuis la mission du daimyo. Peut-être qu'à ce moment là, Kensuké avait trouvé un moyen pour la soumettre à son emprise…

Le Hyuuga serra les dents et se dépêcha d'injecter du chakra dans le corps de Tenten pour contrer le genjutsu. Il savait que ce Kensuké n'était pas net. Depuis tout ce temps, il n'avait rien vu, et il s'en voulut de son ignorance. Ce type aurait pu blesser Tenten sous ses yeux qu'il n'aurait rien aperçu, et Neji voyait toujours. Pourquoi n'avait-il rien détecté, cette fois-ci ? Et d'ailleurs, qu'est-ce que ce sale type lui voulait ?

Tenten se leva brusquement, ses grands yeux noisette remplis de choc. Etant dans le noir, elle ne voyait rien.

- Qui est là ? S'exclama-t-elle en sortant un kunai de sous son coussin. Qui est…

- C'est moi, déclara brusquement Neji, le ton grave.

- Neji ? Tenten jeta un coup d'œil à son radio réveil. Qu'est-ce que tu fais ici… et dans le noir ?

- Tes rêves. Je sais qui te les envoie.

Tenten retint sa respiration.

- Qui ?

Mais Neji ne répondit pas. A la place, il s'allongea dans son lit à ses côtés, ignorant l'expression de pur ébahissement que portait son visage. Il s'allongea près d'elle, retenant sa respiration lorsque Tenten lui jeta un regard de pur choc, et l'espace d'un instant, Neji eut peur qu'elle le rejette. Finalement, avec beaucoup d'hésitation, elle se colla contre lui, et Neji se jura de faire attention à elle, alors que son odeur de jasmin l'enivra.

O.o.O.o.O

Sakura enroula un bandeau blanc autour du poignet enflé de Tenten, qui observait le tissu avec un air rageur. Son amie était venue cette après-midi à l'hôpital avec l'expression vraiment énervé, chose qui arrivait très rarement à Tenten, que Sakura avait toujours connu comme étant super joyeuse et optimiste. Elle avait été surprise de la voir comme ça, blessée ainsi au poignet, mais Tenten n'avait rien voulu dire.

- Bon, marmonna Sakura en lui fournissant une ordonnance. Ca, c'est une pommade. Tu applique ça tous les jours sur ton poignet et tu pourras l'utiliser à nouveau.

- Merci, marmonna mollement Tenten en observant sa main. Et je guérirai quand, environ ?

- Dans une semaine, je pense. D'ici là, tu reposes ton poignet. (Sakura croisa les bras.) Alors, est-ce que tu vas me dire ce qu'il s'est passé ou tu vas continuer de faire la tête ?

Tenten soupira et Sakura fut contente lorsqu'elle lui expliqua enfin.

- C'est cet imbécile de Neji. Il m'a… énervée, alors j'ai décidé de m'entrainer avec Lee, mais j'avais l'esprit ailleurs. Du coup je me suis bêtement foulé le poignet. Seule.

- Ah. Ta… (Sakura chuchota la suite) …mission chez les Hyuuga ne se passe pas bien ?

Tenten ouvrit grands ses yeux noisette, probablement surprise que Sakura soit au courant. Personne ne l'était, du moins pas en détails, parce que le clan avait voulu garder l'affaire secrète. Voilà pourquoi le medecin-kunoichi se dépêcha de lui expliquer :

- Tsunade-sama m'a avoué que tu étais en mission chez lui pour le rendre moins… moins…

- Moins con, oui, tu peux le dire, lança Tenten avec dureté. Et c'est loin d'être terminé. Je pensais que ce serait facile, vu que je vis avec tous les jours, mais Neji est vraiment refermé sur lui-même, même si maintenant ça va mieux. Au fait, je pensais que les missions étaient confidentielles ?

- C'est vrai, mais elle voulait que je te soigne si jamais tu décide de faire quelque chose d'imprudent. Du coup, je lui ai demandé pourquoi et… je pense qu'elle était un peu bourrée, du coup, elle m'a raconté. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi elle dit ça…

Vu comment son regard s'assombrit, Tenten savait apparemment, et Sakura observa la maitresse d'armes avec inquiétude. Cette mission, commencée bientôt y a deux mois, semblait vraiment difficile. Et d'après ce qu'Ino lui avait dit, les Hyuuga ne l'accueillaient pas comme il le fallait, et la méprisait carrément. Sakura se sentit désolée pour elle, et elle posa sa main sur son épaule.

- T'en fais pas, Tenten, tu vas y arriver. Tu réussis toujours tes missions.

Tenten acquiesça.

- C'est plus difficile que rendre Neji plus sociable, expliqua-t-elle en un soupir. Je dois l'aider à apprécier sa… fiancée. Le daimyo lui-même attend de moi que je le fasse.

- Ah oui. Sa fiancée. Tsunade ne m'a pratiquement rien dit sur elle. D'où elle vient ? Qui est-ce ?

Tenten sembla hésiter. Si le Hokage ne lui avait pas parlé de ça, peut-être que ce n'était pas censé être su, mais Sakura voulait savoir. Tenten semblait vraiment souffrir de cette mission. D'ailleurs, peut-être qu'elle avait des sentiments pour Neji, d'où son humeur massacrante…

- C'est la petite fille du Daimyo du Pays du Feu, avoua la brune. Mais ne le dis pas. Même pas à Ino. Enfin, si, tu peux le dire à Ino, mais ça s'arrête là !

- Tu sais bien que si je le dis à Ino, tout le monde le saura, marmonna Sakura avec un petit rire. Cette blonde ne sait pas la fermer.

Cela fit pouffer Tenten :

- C'est exactement ça. Je l'adore, mais parfois elle abuse !

- Tenten…

- Oui ?

- Tu es sûre que ça va ?

- Ben, oui écoute, je survis, dit-elle en jouant avec un shuriken. Même si les Hyuuga sont tous des arrogants friqués qui se prennent pour le nombril du monde, ça va.

- Je parle de Neji. Tu… tu n'as pas des… des sentiments pour lui ? Cette mission n'est pas plus difficile avec ça en tête ? Je veux dire, aider quelqu'un que tu aimes à épouser quelqu'un d'autre, c'est… dur.

- Je…

Tenten s'arrêta de parler, rougit légèrement (ce qui n'échappa au regard avisé de Sakura) – et baissa les yeux.

- De toute façon, il va se marier. Et ce n'est pas comme si c'était réciproque. C'est rien du tout, ajouta-t-elle précipitamment.

- Tu n'en sais rien. D'après ce que j'ai vu, tu es la seule personne avec qui Neji peut avoir une conversation sans grimacer ou insulter.

- C'est simplement de l'amitié. Et du respect, parce que je suis sa coéquipière et qu'il me voit tous les jours. Ca s'arrête là.

- Peut-être, mais si ce n'était que ça, il agirait de la même façon avec Lee, et –

Un bruit de verre cassé retentit de l'autre côté de la pièce, et Sakura se retourna brusquement pour voir que c'était Naruto, l'air penaud, et elle baissa les yeux sur le verre cassé et hurla :

- NARUTO, MERDE ! QU'EST-CE QUE TU FAIS ICI ?!

- Pas de ma faute si y'a des objets en verre ici, Sakura-chan ! Se défendit son coéquipier, et Sakura dut se retenir pour ne pas le frapper. Et je cherchais Tenten.

- Moi ?

- Ouais, toi, acquiesça Naruto avec un sourire amusé. Gros-Sourcils te cherche. Au fait, comment ça va ? On te voit jamais.

- Argh, grommela Tenten. Qu'est-ce qu'il veut ?

- J'en sais rien, mais il crie dans tout le village que tu t'es blessée et qu'il est désolé. Oh, et il parle de pouvoir de la jeunesse aussi. Il n'a pas pensé que tu te cacherais ici apparemment.

Tenten leva les yeux au ciel. Sakura comprenait parfaitement ce qu'elle ressentait : exactement ce qu'elle ressentait maintenant que Naruto venait de détruire un verre. Vraiment, les garçons des équipes étaient stupides ! Heureusement qu'il y avait une fille pour s'en occuper.

- J'y vais, marmonna la chuunin en ramassant ses affaires. Merci pour mon poignet Sakura. Salut, Naruto.

- Oui, Tenten. Essaye de ne pas utiliser ton poignet – ça veut dire plus d'entrainement et de lancer de kunai ! Et on finira notre conversation hein !

Tenten acquiesça et couru hors de l'hôpital. Sakura soupira. Aider quelqu'un qu'on aime à changer pour qu'il épouse une autre fille, quelle mission difficile. Faire tout le travail pour une inconnue. Elle-même n'aurait jamais pu faire ça pour…

Sasuke.

Les battements de son cœur s'accélérèrent, et elle décida de les ignorer, exaspérée.

- Vous parliez de quoi ? S'enquit Naruto en faisant un pas dans la pièce, et, se faisait, il fit tomber un autre verre.

Sakura ne pensa même pas à se retenir de le frapper et écrasa sur son visage son poing.

O.o.O.o.O

Tenten grommela lorsque Hiro la croisa dans le couloir alors qu'elle cherchait Neji. Lee avait été profondément désolé de l'avoir blessée (même si, techniquement, il n'avait rien fait) et avait tenu à l'inviter à prendre un verre. Tenten, affamée, n'avait pas pu refuser. Mais maintenant qu'elle rentrait à la résidence, elle était vraiment énervée. Déjà qu'elle avait mal au poignet (gauche, heureusement), elle n'avait pas de temps à perdre avec ce type !

- Tenten, attends !

- Qu'est-ce qu'il y a, Hiro ?

Son ton, habituellement calme et gentil, était sec et dur durant cette fin d'après midi. Personne ne comprenait, mais elle était vraiment énervée, tout ça à cause d'un certain prodige.

- J'espérais te parler, expliqua le grand Hyuuga. Mais tu m'as l'air… sur les nerfs. Tu veux en parler ?

Son ton inquiété calma sa colère, et Tenten eut soudainement honte de l'avoir traité ainsi.

- Non, ça va. Désolée, c'est juste que… j'ai beaucoup en tête ces temps-ci.

- Ca se comprend.

Tenten s'assit sur le canapé en cuir et tenta de reposer ses épaules. Depuis ce matin, elle était stressée et pensais à ce que Neji lui avait dit la veille, qu'il savait qui lui envoyait ses rêves. Mais ce matin à son réveil, alors qu'il avait dormi avec elle toute la nuit, il n'était pas là, et quand elle l'avait vu s'entrainer au dojo, il ne voulait pas lui dire qui c'était. Il n'avait pas le droit de faire ça ! Elle était si proche du but, et lui gardait tout pour lui, alors que ça ne le concernait pas…

Soudainement, des mains légères se posèrent sur ses épaules tendues, et Tenten sursauta lorsqu'elle constata que c'était celles d'Hiro.

- Un petit massage ? Nous Hyuuga massons mieux que personne, précisa-t-il avec un sourire mielleux.

Tenten n'eut pas le temps de refuser que déjà il posait ses mains expérimentées sur ses épaules. Hiro, malgré son côté dragueur, n'était pas quelqu'un de méchant, et Tenten appréciait malgré tout sa compagnie. C'était le seul membre de la Sôke qui la respectait (hormis Hinata).

- Tu cherchais Neji, c'est ça… ?

Tenten acquiesça lentement.

- Neji qui ne fait pas d'effort avec sa fiancée, ajouta-t-il.

- Il en fait avec personne.

- Vrai. Il pense que lui seul souffre, alors qu'il n'est pas seul.

- Exactement ! On a tous… chacun… des problèmes.

- Même moi je vois qu'une personne aussi belle que toi as des problèmes, Tenten… alors si lui ne t'écoute pas, moi, je le ferai.

Tenten s'échappa de son étreinte et le fit face. Que savait-il ?

- Quels sont tes problèmes, Hiro ?

Son regard pâle se plissa, comme s'il réfléchissait, mais il souriait toujours. Il passa la main dans ses cheveux et se mis à l'aise.

- Je suis tombé amoureux de quelqu'un d'autre, avoua-t-il, et Tenten fut surprise. Si surprise que ça, Tenten ? Je suis capable d'aimer, tu sais… mieux que… quiconque.

Il semblait parler en langage codé, mais Tenten n'y prêta pas attention. Son histoire l'intéressait. D'après ce qu'elle savait, lui aussi était marié à une personne qu'il n'aimait pas. Même les membres de la Sôke souffraient…

- Qui est-elle ?

- Quelqu'un d'inaccessible, expliqua-t-il, l'air soudainement sérieux. Même pour moi.

Son regard intense la mis mal à l'aise, et Tenten baissa les yeux sur ses doigts.

- Pourquoi ?

« - Ah, » il fit claquer sa langue, « parce qu'elle aime quelqu'un d'autre, bien sûr. »

- Et comment tu le sais ?

- Ca se voit comme son nez au milieu de la figure.

- Ben ça ne suffit pas, s'écria alors Tenten. Il faut être fixé. Lui demander vachement. En plus, je ne pense pas qu'avec ton physique, tu auras des problèmes. Demande-lui, tu risques d'être surpris... D'ailleurs -

Mais Hiro posa ses mais sur ses épaules, et l'allongea sur le canapé, où il l'a regarda de haut. Il avait agi si rapidement que Tenten n'avait pas eu le temps de réagir.

- C'est vraiment ce que tu penses de moi, Tenten ?

Tenten fronça les sourcils, ouvrit la bouche pour répondre, mais une voix froide le fit à sa place :

- Lâche-la.

Hiro eut un sourire moqueur et leva les yeux sur Neji, qui rentrait visiblement de son entraînement. Sans rien dire, il lâcha Tenten mais l'observa intensément.

- On en reparlera plus tard.

Et avec ça, il se leva et s'en alla, non sans avoir jeté un regard noir à Neji, qui le lui rendit sans se dissimuler.

Tenten resta silencieuse, observant leur petit manège sans vraiment comprendre, mais elle n'apprécia pas le fait que Neji l'ignora totalement pour aller dans sa chambre par la suite. Elle se releva et le poursuivit.

- Attends ! Qu'est-ce que tu fais ?

- Je t'avais dis de ne pas t'approcher de lui, fut la réponse du Hyuuga, sèche.

Tenten leva les yeux au ciel et s'infiltra dans sa chambre avant qu'il ne ferme la porte. Neji lui jeta un regard noir.

- Sors d'ici.

- Non.

- Sors. D'ici.

- Pas avant que tu ne m'aies dit qui m'envoie mes rêves, Neji ! Tu n'as pas le droit de les garder pour toi !

- Si.

Il fit un pas vers elle, et Tenten recula, mais il s'approcha d'avantage, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus reculer et qu'elle puisse aussi voir les différentes teintes de violet dans ses yeux. Sourcils froncés et mâchoire serrée, il l'observait. S'il espérait l'intimider, c'était exactement ce qu'il fallait faire.

Sauf que, à sa grande surprise, il enroula ses doigts autour de son poignet foulé et le releva devant ses yeux.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé, demanda-t-il sur un ton neutre.

- Je me suis blessée, répondit-elle en un souffle.

Neji resta silencieux mais garda son poignet dans sa main, regard sur elle, et Tenten dû tirer dessus pour reprendre son dû. Un éclair de colère passa dans ses yeux noisette alors qu'elle formula :

- Je veux savoir ce que tu as vu hier soir.

- Tu peux continuer de vouloir.

- Pourquoi ? Comment oses-tu réagir comme ça ?

- J'ai mes raisons.

- Neji ! Ce sont MES rêves ! Et c'est de MA famille qu'on parle ! Ca ne te regarde pas ! Alors dit-moi qui c'est qui fait ça ! J'ai le droit de savoir !

- C'est vrai, répondit-t-il lentement. Mais tu es ma coéquipière. Et je dois te protéger.

Tenten plissa les yeux. De quoi parlait-il ?

- Pourquoi tu dis ça, ce serait dangereux pour moi de savoir ?

- Oui, acquiesça-t-il. Et je te connais. Dès que tu auras son nom, tu vas tenter l'impossible et tu vas essayer d'y aller. Et tu vas bêtement te blesser, voire plus.

- Mais je dois savoir, Neji. C'est sûrement quelqu'un qui connaissait ma mère ! Et alors, je pourrais lui parler. J'ai tellement envie de connaitre la vérité… et c'est toi-même qui m'a dit que je ne devrais pas abandonner. Qui est-ce ?

Neji se contenta de la regarder, sans rien dire. Visiblement il n'allait pas parler. Tout ça pour la protéger. Cela lui fit chaud au cœur, mais Tenten n'accepta pas sa raison. Elle devait savoir. Et il avait raison. Elle irait le chercher dès qu'elle aurait son nom.

Mais parce qu'il s'inquiétait autant, elle devait le mettre en confiance. Ses yeux violet pâles semblaient neutres mais Tenten distinguait l'anxiété qu'ils cachaient. Elle leva ses deux mains et toucha ses joues, ce qui le surprit au point de sursauter. Sauf qu'il ne la repoussa pas. Il se contenta de la regarder, le regard agrandi par la surprise.

- Neji. Tu me fais confiance ?

Tenten ne put s'empêcher de se remémorer ce qu'il s'était passé la dernière fois qu'elle lui avait demandé ça.

Tu ne me fais pas confiance, c'est ça ?Neji ferma les yeux.

Non. Je ne te fais pas confiance.

- Oui. Je te fais… confiance.

Il avait murmuré ça les yeux fermés, n'osant pas croiser son regard, mais Neji le ressentait au plus profond de lui. Il avait confiance en elle.

Il avait confiance en Tenten.

- J'ai vu un seul chakra. Celui de Kensuké, le garde su corps du Daimyo.

Il n'ouvrit pas les yeux mais su qu'elle était aussi surprise que lui lorsqu'il l'avait lui-même compris. Lentement, elle lâcha ses joues, et la douceur de ses mains quitta son visage. Neji fronça les sourcils et ouvrit les yeux. Les siens ne montraient que du pur ahurissement.

Comme si elle avait été trahie.

- Tenten ?

- Je vais aller à la Citadelle, Neji.

- Je sais.

Neji savait que dès lors où il lui avait dit qui c'était, elle ne resterait pas. Tenten était comme ça : têtue, elle courrait tête baissée tout droit vers le danger, sous estimant ses ennemis. Kensuké les avaient attaqué la première fois qu'ils les avaient vus, et Neji pensait que c'était à ce moment là qu'il avait mis Tenten sous son genjutsu. Il ne tenta même pas de la mettre en garde, parce qu'il savait qu'elle le savait et qu'elle ne l'écouterait pas de toute façon.

Et il haïssait cette inquiétude qu'il ressentait pour elle en ce moment précis. Cette peur qu'elle s'en aille.

- Je viens, déclara-t-il alors.

- Neji, tu n'es pas obligé de…

- Je sais. Mais je viens.

Tenten acquiesça lentement, mais Neji remarqua la lueur d'espoir et de satisfaction que remplissaient ses pupilles alors qu'elle prit sa main.

« - Allons-y. »


Voilà ! Donc pour résumé, Tenten apprend que Kensuké est lié à l'histoire de sa mère et décide de s'en aller avec Neji le retrouver. Hiro dit aimer quelqu'un d'autre... et Neji et Tenten se rapprochent beaucoup plus !

J'espère que ça a plu à : Lone Wolf 3482, Kimney (t'as vu, j'ai montré les autres, un peu ! ^^), Caramelise, Kowata, Neutral Wolf, Lee-an Hyuuga-uchiwa, Rebecca, Alexia, Elo-D et Mmn, que je remercie profondément d'avoir commenté ! C'est vraiment grâce à vous que je combats ma flemme pour continuer cette histoire :D

A bientôt.