Chapitre 9 : L'identité de l'adversaire

Il se passa encore deux jours lorsque je reçus enfin des nouvelles de Jauffre. Entre temps, j'avais réglé un autre problème avec les membres de la guilde. Trois compagnons semaient le trouble dans une auberge de Chorrol. Ils avaient bien trop bu mais ne voulaient pas quitter les lieux. J'appris après insistance qu'ils n'avaient plus de travail à cause de la Compagnie Boinoir, encore elle. Je réussis à négocier avec l'aubergiste pour qu'elle leur trouve de quoi les occuper et m'indiqua une alchimiste qui était à la recherche d'hommes pour chasser le minotaure. Après cet évènement, je fus de nouveau promu en grade et devint Epéiste au grand déplaisir d'Oreyn.

Je m'entrainai avec Sten le moche quand le messager apparu. Intriguée, je lus rapidement le contenu du parchemin et pris conscience que Baurus m'attendait à la Cité Impériale avec de nouvelles informations. Il fallait m'y rendre dans les plus brefs délais.

Je trouvai le Maître encore en pleine discussion avec Oreyn à l'étage. Ils s'interrompirent brusquement lorsque j'apparus et je me demandai si leur conversation ne me concernait pas indirectement.

« − Ash, que voulez-vous ?, demanda Vilena bien que je sentis une certaine tension dans sa voix

− J'ai besoin de partir quelques temps pour une affaire personnelle et je viens vous demander la permission

− Affaires personnelles ? Vous voulez rejoindre la Compagnie Boinoir ?, grogna méchamment Oreyn

J'allai lui répondre avec insolence mais le Maître fut plus rapide

− Oreyn, tenez-vous !, lui dit-elle sèchement, je crois qu'après tout ce qu'à fait Ash en aussi peu de temps, nous ne devrions pas douter de sa loyauté

L'elfe noir fulminait mais ne rajouta rien, il se contenta juste de me fusiller du regard.

− Vous pensez pouvoir revenir quand ?, reprit Vilena comme si de rien n'était

− Je ne sais pas du tout mais j'essayerai de faire en sorte de n'être absente que quelques jours

− Très bien, mais si jamais une affaire urgente vous demande attention, je veux que vous reveniez immédiatement

Je saluai Vilena et lançai un sourire narquois à l'adresse d'Oreyn. Je n'étais pas sûr que mon devoir envers la guilde passe avant celui des Lames mais je ne me sentais pas leur annoncer mon vrai rôle au sein de l'empire. Concilier les deux pouvait s'avérer dangereux mais je devais le faire si je voulais progresser.

Il ne me fallut pas longtemps pour rejoindre la Cité Impériale, toujours grâce à Dust. Je voyais mon temps de voyage presque réduit de moitié. Je déposai mon cheval à la grande écurie de la Cité. J'étais nerveuse et je regardai suspicieusement les gardes patrouiller. Je me ressaisis cependant en me disant que j'étais une Lame maintenant, je n'avais plus à être effrayée par la loi puisque j'en faisais partie. La Cité était gigantesque et étincelante, elle écrasait en splendeur tout ce que j'avais pu voir jusqu'à présent. Je m'engouffrai dans ces larges allées pavées et bordées de multiples boutiques, laissant couler mon regard partout où je le pouvais. Il y avait foule à cette heure et j'avais du mal à progresser à travers. Je pris soin de mettre à l'abri ma bourse dans un profond renfoncement de mon armure de cuire car je ne connaissais que trop bien la façon de procéder pour la dérober. Toutes les races possibles parcouraient les rues, allant de l'orc aux défenses saillantes aux Khajiit joueurs dans les rues et en passant par d'Hauts Elfes bourgeois et marchands. J'avais l'impression d'étouffer de plus en plus dans la masse, aussi je me dépêchais de rejoindre la pension Luther Broad, là où m'attendait Baurus. Ce n'était pas une des plus grandes de la longue rue en croissant mais plutôt le genre réservé qui convenait parfaitement à des rendez-vous où la discrétion était de prime.

Je vis le rougegard assis au bar, sirotant une boisson comme si de rien n'était, sans son armure et simplement habillé d'une tunique et d'un pantalon en toile. Pourtant je sentais comme une tension dans ses épaules, un malaise bien présent. J'aperçus plusieurs autres clients conversant doucement et le teneur de la pension occupé à servir une table à l'écart. Je m'approchai de Baurus et allai l'aborder quand je l'entendis me siffler doucement :

« − Asseyez-vous et ne dîtes rien, m'ordonna-t-il sans me regarder

Je fis ce qu'il me dit et fixai le mur devant moi avec indifférence.

− Ecoutez, je vais me lever dans une minute environ et sortir d'ici. Le type qui se trouve dans le coin, derrière moi, va me suivre. Ne le lâchez pas.

Je tournai tranquillement la tête, comme pour observer mon environnement et repérai vite l'homme dont m'avait parlé Baurus. Il lisait un livre mais ses yeux étaient trop fixes pour que ça soit vraiment le cas. Je hochai imperceptiblement la tête pour signifier à Baurus que j'avais compris.

Le Lame se leva, paya sa consommation mais au lieu de sortir, disparut dans le coin opposé où une porte sous l'escalier donnait dans le sous-sol. L'homme attendit quelques secondes avant de fermer son livre et de le placer sur la table. Il posa une pièce d'or à côté et parti lui aussi là où Baurus avait disparu. J'attendis qu'il tourne le coin pour le suivre. Aussi discrètement que possible, je pénétrai dans le couloir humide en descente. L'homme se tenait à l'abri dans le coin qui donnait sur la salle souterraine. Je dégainai ma dague et m'approchai. Lorsqu'il fut sur le point de lever au ciel son bras pour invoquer une armure comme j'avais vu les assassins de l'empereur faire, je me jetai sur lui et lui plaquai ma lame contre son cou.

− Ne faites plus un geste ou je vous égorge, menaçai-je froidement

L'homme se tendit au contact du métal froid et je pressai suffisamment la lame contre la peau pour faire apparaître une goutte de sang. Lentement, surveillant le moindre de ses gestes, je le guidai vers Baurus qui nous attendait au centre de la pièce.

− Tiens mais que voilà, un méchant qui voulait m'assassiner par derrière, nargua Baurus, ne tentez rien sinon ma camarade ici présente n'hésitera pas à vous tuer.

− Qu'allons nous faire de lui ?, demandai-je au rougegard

− Bonne question, je pense que l'interroger sur ce qu'il sait ne serait pas de trop.

− Je ne vous dirais rien, grogna hargneusement l'homme, plutôt mourir !

Il m'assena un coup de coude dans les côtes. Je m'attendais à quelque chose du genre, mais il réussit tout de même à me déstabiliser assez pour se dégager, bien qu'il se coupa profondément la gorge en même temps. Il parvint à invoquer ses armes sans que nous n'ayons eu le temps de l'intercepter. Puis Baurus se jeta sur lui et l'attaqua vigoureusement. Au bout de quelques minutes, l'adversaire fut vite désarçonné et le Lame lui planta son épée dans le corps. Il était mort avant d'avoir touché le sol. Je rangeai mon arme et m'approchai du cadavre. Pendant que Baurus reprenait son souffle, je fouillai la tunique de l'homme. Discrètement, j'empochai sa bourse, je ne laissai jamais passer une occasion comme ça d'amasser des richesses. C'était presque maladif étant donné que je ne le dépensai pratiquement jamais dans autre chose que la réparation de mes armes.

Je continuai de fouiller les affaires du mort et ouvrit le sac en bandoulière à ses pieds. J'en sortis un livre qui attira aussitôt mon attention. Il était en cuir violet, brodé d'or. Ce n'était pas un simple livre remarquai-je immédiatement. Je le tournai pour y lire la tranche : Commentaires sur le Mysterium Xarxes, volume un. Baurus me sortit de ma rêverie en brisant le silence.

− Je suis content de vous voir. Beau travail, même si j'aurais préféré qu'il reste vivant. Vous arrivez au bon moment.

Je me redressai et lui fis face, je sentais qu'il avait beaucoup de chose à me dévoiler.

− Alors qu'avez-vous appris ? J'ai reçu une lettre de Jauffre m'informant que vous avez découvert l'identité des assassins de l'empereur.

− Ces assassins faisaient partis d'un culte daedrique appelé Aube mythique. Il semblerait qu'ils vénèrent le seigneur Mehrunes Dagon. Je traque leurs agents dans la Cité Impériale. Et apparemment, ils ont du s'en apercevoir.

Son regard se posa sur le mort à nos pieds avec regret.

− Nous avons enfin un nom à poser sur l'ennemi, c'est déjà un progrès, m'exclamai-je avec satisfaction

− Nous n'avons plus l'amulette mais un héritier, ça aussi c'est un progrès, me sourit Baurus

Finalement, il remarqua le livre que je tenais entre les mains.

− Qu'est ce donc ?

− Je ne sais pas, je l'ai trouvé dans son sac.

− Faites moi voir ça…

Il l'ouvrit et commença à le lire. Je jetai un coup d'œil par-dessus son épaule.

Commentaires de Mankar Camoran sur le Mysterium Xarxes

Volume 1

Salutations, novice, et n'aie crainte : Mankar Camoran était comme toi, somnolent, inconstant et inconscient. Nous, mortels, quittons les entrailles maternelles dans le même appareil, vêtus de la seule symbiose avec notre créatrice... A force d'efforts, nous abandonnons le foyer, forts d'un regard nouveau, sans crainte de laisser notre mère derrière nous. C'est alors que nous la détruisons à jamais pour pénétrer dans le domaine du seigneur Dagon.

Lecteur, ce livre t'ouvre la porte de ce domaine. Tout destructeur que tu es, tu dois présenter les clés. Le seigneur Dagon n'accepte que ceux qui savent s'arrêter. Les autres seront pris par Aurbis dans leur course folle. Marche. Écoute les conseils. Maîtrise cette impatience qui te dévore.

Viens comme le seigneur Dagon l'exige : avance lentement, muni de quatre clés. Sache qu'en toi coule maintenant un sang royal, tu appartiens à une nouvelle race de destructeurs, dont le jardin est inondé de fleurs connues et inconnues, comme à l'Aube mythique. Puisses-tu pousser ton cri primal et revenir au monde transformé. Il s'établirait cette fois une néosymbiose, le maître semblable au Maître, né de miasmes putrides.

Nulle part nous ne sommes inconnus. On tremble sur notre passage. Peut-être nous as-tu rejoints par la guerre, l'étude, l'ombre ou l'alignement de certains serpents. S'il n'existe pas deux voies identiques, la récompense n'en est pas moins unique. Bienvenue, novice, ta présence ici témoigne de ton sang royal. Glisse la main dans ta poche et regarde ! Tu y découvriras la première clé, brillant des feux d'une nouvelle aube.

La nuit succède au jour... Sache que cette première vision se noiera dans les eaux agitées du soir mettant la foi à l'épreuve. Encore une fois, n'aie crainte : même l'usurpateur a sombré dans les abysses avant de se redresser pour réclamer sa flotte. Que tes craintes soient apaisées. La mise à l'épreuve de tes croyances n'est pas vaine : dans le jardin de l'Aube, nous serons baignés par la lumière de la réalité.

Viens comme le seigneur Dagon l'exige : avance lentement, muni de quatre clés. Notre Ordre est fondé sur les principes de la doctrine suprême : Novice, Chevalier, Chapelain et Maître. Que les mauvais se brûlent les ailes dans sa lumière comme par l'excès de notre vision. Et que notre savoir arrive ! Toutefois, n'oublie pas que ta vision est encore étroite. Tu es invité, mais ne sais pas encore où.

Mon injonction émane d'un livre rédigé dans les déserts de rouille et de sang par le seigneur Dagon en personne. Il est intitulé Mysterium Xarxes, compilation d'Aldmeretada, ancêtre de l'amante de tout secret. Chaque parole est secrète et effilée comme le rasoir, vaporeuse mais violente telle un cataclysme, teintée telle un rouge breuvage. Voilà qui atteste de ton nouveau rang, mon enfant. Ton nom est maintenant taillé dans sa masse.

Palais, cabane ou caverne... Tu as quitté les brouillards de la conception. Nu-mantia ! Liberté ! Réjouis-toi des promesses du paradis !

Se formeront et se déformeront sans cesse autour de toi les exploits uniques, accomplis une heure seulement avant leur éclosion à néant, s'épanouissant comme des habits sacerdotaux, tenues divines revêtues pour danser aux pieds d'or du seigneur Dagon. Dans un bras, un orage, dans l'autre, une pluie diluvienne, dans le troisième, tout l'amadou d'Anu et dans le quatrième, les yeux même de Padhome. Rayonne de joie, toi qui possèdes la première clé car la foudre s'abat dans la pourriture des faux paradis.

J'ai erré en chantant des cantiques à en perdre la voix. J'avais lu les mystères du seigneur Dagon et, noyé par le souffle du renouveau, je me suis fait emporter par la folie. Mes paroles ne trouvaient prise, il m'a fallu me cacher. Ce n'étaient pas des paroles pour le commun de Tamriel, dont le clergé simulait autrefois l'existence de l'Aube. J'ai tiré leçon de mes erreurs. L'humilité était la sagesse profonde de Mankar Camoran. Avance lentement, muni de quatre clés. Le don de moi-même à l'Aube a permis au germe de grâce de me maîtriser. Lorsque ma voix me revint, je parlais une langue nouvelle. Trois nuits plus tard, ma langue était de feu.

Rouge comme un breuvage, effilé comme un rasoir. J'avais aperçu le chemin menant au jardin. Je savais que pour guider les autres vers le port, je devais me noyer dans un océan de recherches. Sache que j'ai trouvé ma flotte et que tu es le vaisseau amiral de mon espoir. Salutations, novice, et n'aie crainte : Mankar Camoran était comme toi, somnolent, inconstant et inconscient, mais ce n'est plus le cas. Maintenant, j'attends de me délecter avec toi de l'observation de tous les mondes du cosmos. Nu-mantia ! Liberté !

− Jamais lu un tel ramassis de connerie, grommela Baurus

− Ce livre pourrait bien nous mener à l'Aube mythique, m'exclamai-je avec excitation, il parle de quatre clés qui permettront de rejoindre un endroit précis, autant dire leur localisation ainsi que celle de l'amulette.

− Vous avez raison, il nous faut étudier ça de près. Je connais quelqu'un qui pourrait nous aider. C'est une érudite de l'université Arcanes. Elle s'appelle Tar-Meena. Elle est censée être une experte dans le domaine des cultes daedriques.

− Allons-y alors !

− Attendez, il vaut mieux que nous nous séparions, je ne veux pas que vous me soyez associé dans ma poursuite des membres de l'Aube Mythique. S'ils vous voient en ma compagnie, nous serons tout les deux compromis. Au contraire, s'ils ne savent pas que vous faites parti des Lames, vous pourrez vite devenir un atout.

− Très bien, fis-je après un instant d'hésitation, comment allons nous procéder alors ?

− Vous irez apporter le livre et continuerez de creuser dans cette voie, je vais m'occuper de suivre la piste du réseau de l'Aube Mythique.

− Je vous tiens au courant dès que j'ai du nouveau. Prenez soin de vous Baurus.

− Vous aussi. Allez-y pendant qu'il est temps, je m'occuperai de faire disparaître le corps. »

Je saluai le Lame, enjambai le mort et disparus dans la foule à l'extérieur de la pension. Ainsi donc, nous avions enfin mis un nom sur notre adversaire, c'était peu mais plus rassurant comme ça. Je sentais le poids du livre dans mon dos et je ne doutais pas que nous y trouverons bon nombres de réponses entre ces pages.

Les Arcanes se trouvaient à l'écart de la Cité elle-même. Un large pont de pierre permettait d'aller de l'un à l'autre et je l'empruntais sans m'attarder sur l'incroyable architecture de la tour en face de moi. Je savais qu'elle était alignée avec la prison et que si je tournais le dos, je la verrais sans problème se dresser fièrement sur l'horizon tel une épée de Damoclès.

Je débouchai sur un large jardin circulaire, empli de magie. Chaque fibre de ces lieux suintait de cette étrange sensation. Je passai devant plusieurs mages de guerre dont le visage était camouflé par de grandes cagoules bleues foncées. La tour n'était pas très large mais suffisamment impressionnante pour que j'y entre sur la pointe des pieds. Le silence y était studieux et seul le froissement des pages le brisait de temps à autre. Il n'y avait que deux personnes présentes dans la salle. Un breton au visage empli de sagesse écrivait sur un bureau à l'écart, concentré dans sa tâche et une argonienne lisait sur un banc au milieu de la pièce. Un portail de téléportation brillait faiblement sur le sol à quelques pas de l'entrée et une échelle permettait d'accéder à l'étage supérieur à l'opposé de la pièce.

Je m'avançai directement vers l'argonienne et m'assis en face d'elle. Elle leva le regard sur moi, refermant son livre avec curiosité.

« − Bonjour, en quoi puis-je vous aider ?, m'aborda-t-elle gentiment à voix basse

− Bonjour, je suis Ash, Baurus m'envoie car il m'a dit que vous pourriez peut être nous aider

− Oh ! Êtes-vous dans la même cause que Baurus ?

− On peut dire ça.

− Et que puis-je faire pour vous ?

− Connaissez-vous l'Aube mythique ?

Je vis son visage se teinter de surprise. Les piques sur le côté de son crâne s'agitèrent dans un frémissement.

− Vous en avez entendu parler ?, s'exclama-t-elle dans un souffle, c'est l'un des cultes daedrique les plus secrets. On ne sait pas grand-chose à leur sujet. Ils suivent l'enseignement de Mankar Camoran qu'ils appellent le Maître. Personnage obscure s'il en est.

Je sortis le livre de mon sac et le lui tendis aussitôt.

− J'ai trouvé l'un de leur livre et je me suis dis qu'il contenait sans doute des informations capitales.

− Ah oui !, déclara la jeune femme avec fièvre, Commentaires sur le Mysterium Xarxes, merveilleux ! Vous vous intéressez particulièrement au culte daedrique si je comprends bien ? Où l'avez-vous trouvé ?

Je lui jetai un regard qui en disait long sur la question.

− J'arrête de m'en mêler, promis, fit-elle avec gêne, mission officielle et tout et tout. J'ai l'habitude de travailler avec les Lames, ne vous inquiétez pas. N'en dîtes pas plus.

Je lui souris amicalement.

− Que pouvez-vous me dire sur ce livre alors ?

− Et bien, j'ai un peu étudié les écrits de Mankar Camoran moi-même, du moins ceux que j'ai pu trouver. Le texte indique clairement que les Commentaires comportent quatre volumes mais je n'ai jamais vu les deux derniers.

− Il s'agit donc des quatre clés dont parle ce premier livre ?

− Oui, vous avez tout compris ! Je pense que cette série contient les indices sur l'emplacement du sanctuaire secret de l'Aube Mythique qui mène à Mehrunes Dagon.

− Je m'en doutais…

− Ceux qui découvrent le passage secret se montrent digne de rejoindre le culte de l'Aube Mythique. Le premier test consiste à trouver le sanctuaire. Il faut les quatre tomes pour ça.

− Avez-vous une idée de l'endroit où on peut les trouver ?

Les écailles de la tête de Tar-Meena s'affaissèrent sur son visage pour montrer sa légère déception.

− Et bien je sais que le tome deux se trouve à la bibliothèque, je pourrais facilement vous le donner. Mais comme je vous l'ai dis, je n'ai jamais vu le troisième ni le quatrième…

Je poussai un soupir et me dis que j'avais peut-être placé trop d'espoir dans cette piste.

− Attendez !, reprit l'argonienne, je sais peut être où vous pourriez chercher. Vous pourriez essayer la librairie Première Edition dans le quartier du Marché. Phintias le propriétaire fournit les collections spécialisées. Il saura peut-être trouver les livres restant.

− Merci beaucoup Tar-Meena, vous êtes vraiment d'une aide précieuse, la félicitai-je en récupérant le premier tome qu'elle me tendait

− Vous me remercierez quand vous aurez récupéré tous les livres, esquiva-t-elle en baissant la tête mais avec un petit sourire qui retroussait ses lèvres de lézard.

− Je reviendrai vous voir quand ça sera le cas, bonne journée »

Je pris congé et retournai à la Cité, direction le quartier du Marché. J'aurais bien voulu m'y attarder tellement il y avait de chose à voir. Mais je me dirigeai vers la boutique du marchand de livre sans m'arrêter. J'étais agitée, enfin contente de suivre une piste concrète après toutes ces semaines de silence.

La boutique de Phintias était remplie de livres bien rangés dans une multitude de bibliothèques aux portes vitrées. Le propriétaire était au comptoir, bien droit et digne dans sa robe aux coutures dorées. Je me dirigeai vers lui et lu dans son regard la désapprobation face à ma tenue rustique.

« − Bonjour, l'abordai-je froidement mais le plus aimablement possible, je suis à la recherche des Mysterium Xarxes.

− Vous devez parler des Commentaires sur le Mysterium Xarxes par Mankar Carmoran. Cette erreur est courante, rectifia-t-il avec un air supérieur

Je me reteins de lui lancer une remarque acerbe.

− C'est cela, pourriez-vous m'aider ?

− Les deux premiers volumes sont rares et les deux derniers impossibles à trouver.

− J'ai justement besoin des deux derniers livres.

− Il se trouve que j'ai un exemplaire du tome trois à ma disposition mais j'ai bien peur qu'il ne s'agisse… d'une commande spéciale. Déjà réglée par un autre client. Désolé.

Il ne semblait pas le moins du monde désolé.

− Gwinas serait tellement déçu s'il n'était plus là lorsqu'il viendrait le récupérer. Je regrette mais je ne peux pas vous aider.

Je lui lançai un regard mauvais.

− Et savez-vous quand ce Gwinas doit venir chercher le livre ?

− Il ne devrait plus trop tarder, pourquoi ?, dit Phintias avec méfiance

− Juste pour que je lui parle, je vais attendre ici, souris-je avec insolence »

Je m'éloignai de lui et marchai lentement entre les étagères de livres, lisant avec attention les titres des livres. Je plaçai mes mains dans le dos, pour montrer ma décontraction alors que je sentais le regard perçant et agacé du propriétaire sur moi.

Finalement, après un quart d'heure d'attente, un petit elfe des bois dégarni et avec un léger embonpoint pénétra dans la boutique. Il me lança un regard curieux et sournois à la fois avant de se diriger vers le propriétaire. J'observai discrètement la transaction sans rien dire et après une poignée de main et le placement du petit livre violet dans ses mains, l'elfe des bois s'en alla. Je le suivis dans la rue et attendis d'avoir atteins une large place pour le rattraper.

« − Excusez-moi ?, l'abordai-je aimablement, puis-je vous demander deux mots ?

Il se retourna avec surprise vers moi et il se détendit en me reconnaissant.

− Que voulez-vous jeune femme ?

− Le livre que vous venez de récupérer, il m'intéresse grandement.

Aussitôt son attitude se refroidit.

− Désolé mais je ne peux pas vous le vendre.

− Dans ce cas, pourriez-vous me parler de l'Aube Mythique ?, fis-je d'une petite voix innocente

− Je ne vois pas de quoi vous voulez parler

Je vis le malaise traverser son visage et décidai de changer de tactique.

− Ne faites pas l'imbécile, vous y êtes jusqu'au cou, insistai-je d'un ton menaçant en le dominant de toute ma hauteur

Je perçus le changement chez lui et il perdit son air austère un instant.

− Bon, très bien. Vous avez raison. Pour l'esprit aventureux et ouvert, la Foi daedrique offre de nombreuses gratifications.

Je sentis la colère me colorer les joues.

− Ils ont tué l'empereur espèce d'idiot ! Je ne vois pas la gratification là dedans

L'elfe eut un mouvement de recul et se mit à bredouiller. Plusieurs personnes se tournèrent vers nous, étonnés par mon haussement de voix mais je ne leur prêtai pas attention.

− Quoi ? C'était l'Aube Mythique ? Vous devez me croire ! Je n'en savais absolument rien ! Je veux dire, je savais qu'il s'agissait d'un culte daedrique. Les vues de Mankar Camoran sur Merhunes Dagon sont fascinantes mais révolutionnaires. Mais de là à assassiner l'empereur… Que Mara nous protège !

Je le laissai finir ses pitoyables excuses.

− Vous feriez mieux de me donner ce livre.

− Mais… Et qu'allez-vous en faire vous ?, me demanda-t-il avec méfiance

− Je fais partie de l'Ordre des Lames, cela ne vous concerne en rien !

− Très bien ! Bien sûr que je vais vous le donner !

L'air apeuré, il joignit le geste à la parole et me remit le troisième tome que je rangeai aussitôt avec le premier.

− Je ne veux pas que l'on croie que j'ai quoi que ce soit à faire avec leurs folles machinations !

− Il me faut aussi le quatrième volume, déclarai-je en ignorant sa plainte

− Vous ne pouvez l'obtenir que des mains d'un membre de l'Aube Mythique. J'avais fixé un rendez-vous avec le mécène, comme il s'appelle lui-même. Tenez, prenez cette note qu'ils m'avaient donnée. Elle vous dit où vous rendre. Je ne veux plus jamais avoir à faire avec l'Aube Mythique.

Il était maintenant terrorisé par ce que je lui avais dit.

− Et toute cette conversation n'a jamais eu lieu, précisai-je, allez-vous en maintenant ! »

Il fit ce que je lui dis en jetant des regards apeurés autour de lui. Je laissai échapper un petit rire en le voyant détaler comme un lapin avant de me détourner. Il fallait que je rapporte ça à Baurus maintenant.

Nous nous retrouvâmes le soir à la pension Luther Broad. Du moins, je l'attendis le reste de la soirée à l'auberge. Je pris le temps de lire discrètement le troisième livre tout en mangeant et me désolai de m'embaumer d'autant de paroles perfides. Je ne comprenais pas pourquoi les gens étaient attirés par ce culte, à moins qu'ils ne soient pas conscients de toute la noirceur qui s'en dégageait.

Baurus s'assit à ma table avec un soupir de satisfaction. Il avait du parcourir la ville à pied d'après son visage fatigué. Il commanda un verre et porta enfin son attention sur moi.

« − Alors ? Quelles sont les nouvelles ?

− J'ai parlé à Tar-Meena. Elle m'a dit que pour trouver la localisation du lieu sanctuaire secret de l'Aube Mythique, il fallait récupérer les quatre livres des Commentaires. Elle m'a dit qu'elle pourrait récupérer le deuxième à la bibliothèque et je suis parvenue à mettre la main sur le troisième chez un marchand.

− Epatant !, s'exclama le rougegard avec satisfaction, et le dernier tome ?

− J'ai récupéré une note qui nous indique où retrouver un mécène à même de nous le donner.

− Ca pourrait être l'occasion de répondre à toutes nos questions, bravo Ash !

Je souris et acceptai le compliment d'un hochement de tête.

− Il faut que nous mettions la main sur ce quatrième livre, reprit Baurus, ensuite nous pourrons aller rendre visite à l'Aube Mythique et enfin récupérer l'Amulette ! Allons-y, je connais bien cette partie des égouts »

Il m'entraina hors de l'auberge et nous guida dans une rue secondaire à l'arrière de l'auberge. De là, prenant soin de voir si personne ne nous avait suivis, il ouvrit la grille qui menait sous terre et y pénétra sans hésitation. L'odeur me prit à la gorge mais je repoussai vite ma gêne. Baurus nous entraina avec assurance parmi les multiples couloirs humides et malodorants.

« − Vous venez souvent dans les égouts apparemment, me moquai-je gentiment

− Je connais plutôt bien oui en effet. Les Lames ont l'occasion de s'en servir dans notre travail clandestin et comme un moyen de se déplacer dans la ville sans attirer l'attention

Nous poursuivîmes notre route en silence, prenant soin de ne pas nous faire pourchasser par les rats et les crabes des vases qui avaient envahi l'endroit.

Finalement, Baurus s'arrêta devant une porte avec à sa gauche un escalier qui donnait à un surplomb de l'autre côté je présumai.

−Très bien, la salle avec la table se trouve juste derrière cette porte. Je me suis toujours demandé qui l'avait mise là. J'ai appris par hasard que, si vous empruntiez cet escalier, vous avez une bonne vue sur la salle de réunion. Vous me servirez de renfort. En cas de problème, abattez-le.

− Très bien, je vous couvrirai, vous n'aurez pas de soucis à vous faire.

− Je n'en doute pas, déclara le rougegard avec un sourire, mais n'oubliez pas : nous ne pouvons pas partir sans ce livre. C'est notre meilleure chance de récupérer l'amulette

J'acquiesçai en prenant mon arc à la main. J'allai gravir les marches lorsque Baurus me retint par le bras. Je posai un regard interrogateur sur lui.

− Ecoutez… Je ne survivrai peut-être pas une fois là-bas alors vous… vous devez vivre ! Il faut absolument que vous trouviez le livre et l'Amulette des Rois.

Je pouvais lire une certaine peur dans son regard. J'inspirai profondément avant de poser une main réconfortante sur son épaule.

− Rassure-toi Baurus, je surveillerai tes arrières, je n'échoue jamais, dis-je avec un clin d'œil qui se voulait rassurant

− Alors j'ai de la chance que tu sois là pour me sauver. Je ne regrette pas de t'avoir laissé la vie dans la prison. Bien alors, allons-y »

Je lui lançai un regard rassurant et montai les marches. Il était temps de se mettre en chasse de l'Aube Mythique.

J'ouvris lentement la lourde porte en fer et m'engageai dans l'alcôve qui débouchait sur un petit pond de pierre reliant une autre pièce secondaire. Une grille de fer en barrait l'entrée mais je me concentrai sur la salle d'en dessous, sur laquelle j'avais une large vue. Je pris soin de me dissimuler dans les ténèbres du petit renfoncement et préparai une flèche. J'aperçus Baurus s'installer sur une table au milieu de la pièce, qui était faiblement éclairée par une bougie. Le Lame suivit l'escalier à sa droite du regard pour remonter ensuite vers la où je me trouvai. Je sortis la main de l'ombre et lui fis un petit signe pour lui montrer que j'étais en position. Il prit connaissance de ça et se concentra sur la grille à sa gauche, d'où le mécène devait sans doute se montrer.

Nous attendîmes de longues minutes, dans un silence tendu, à l'affut du moindre bruit. Finalement, une nouvelle lumière s'ajouta à celle de la bougie. Elle finit par se rapprocher suffisamment pour que je puisse discerner le porteur. Un Haut Elfe, dans la tenue caractéristique de l'Aube Mythique, c'est-à-dire une longue robe rouge et un capuchon, déverrouilla la grille de fer et se positionna devant Baurus.

Je n'entendis pas ce qu'il lui disait car il parlait doucement, la voix pleine d'assurance et de sérénité. Je vis Baurus écouter attentivement et lui répondre avec deux ou trois phrases. Soudain un écho de pas me fit lever la tête. Deux autres membres de l'Aube Mythique venaient en ma direction, par le petit pont qui reliait la salle de l'autre côté à celle ou je me trouvais, séparées elles aussi par une grille de fer. Ça n'était pas prévu… Je restai tapie dans l'ombre, sans oser ne serait-ce que respirer, en attendant de voir ce qu'ils comptaient faire. A ma grande déception, ils se dirigeaient droit sur moi. L'un des deux entreprit d'ouvrir la grille dans un cliquetis menaçant et je sentis le regard inquiet de Baurus dériver vers eux. Dans quelques instants ils me repéreraient, je n'avais plus le choix. Je tendis brusquement la corde de mon arc, visai rapidement et avec soin le premier des deux et décochai ma flèche. Elle se planta sans bruit dans sa poitrine et après un hoquet de surprise, l'homme bascula du pont pour s'effondrer sans vie sur la pierre froide.

« − Vous deviez venir seul !, s'écria le mécène en se reculant précipitamment »

Tout se déroula bien trop rapidement pour que je puisse en faire l'analyse. L'autre homme en face de moi invoqua une armure, en écho avec le mécène. Je délaissai mon arc au profit de mon épée et la dégainai en même temps que Baurus. Je l'aperçus basculer violemment la table alors que le mécène bondissait sur lui mais je n'en vis pas plus car son complice m'attaqua aussitôt. Je parai le premier coup assez aisément et en profitai pour lui asséner un retour transversal. Il l'esquiva et attaqua de face, m'acculant contre mon renfoncement. Si je ne me sortais pas de ce traquenard, je risquais bien d'y laisser la peau. Sur une inspiration, je donnai un coup de pied à mon arc posé au sol. Il s'éleva dans les airs sur même pas quelques centimètres mais ce fut suffisant pour distraire mon adversaire. Je lui fonçai alors dessus. Je le percutai aussi fort que je le pus malgré ma faible carrure. Emportée par mon élan, je l'accompagnai dans sa chute. Nous roulâmes jusqu'au bord du pont et dans un instant de panique, je me sentis partir avec lui. Par une chance que je ne m'expliquais pas, mon adversaire percuta le premier le sol et je rebondis sur lui. J'eus malgré tout le souffle coupé et je mis quelques précieuses secondes à me reprendre. L'ennemi ne bougeait plus et je portai mon regard sur Baurus.

Il était en difficulté face au mécène. Celui-ci était bien plus lourd et fort que lui et s'acharnait sur son épée. Je m'emparai de ma dague, ma lame étant tombée hors de ma portée. Je sentis mon cœur rater un battement quand l'ennemi parvint à désarçonner suffisamment Baurus pour le désarmer. Il allait l'abattre froidement lorsque je remarquai qu'il se trouvait à un pas de ma tête. Sans aucune hésitation, je lui plantai mon arme dans le mollet, entre deux plaques de son armure daedrique.

Il poussa un hurlement de douleur et tenta de se dégager. Je tenais fermement ma prise sur ma dague malgré tout, bien déterminée à l'immobiliser. Il se tourna vers moi et tenta de m'achever d'un coup d'épée mais Baurus mit fin au combat en le transperçant de sa lame qu'il avait récupéré pendant cette diversion. J'entendis un gargouillis douloureux puis je vis basculer le mécène. Il tomba lourdement au sol et ne se releva plus.

Le silence plana le temps que Baurus et moi eussent le temps de reprendre notre souffle. Avec un petit sourire vainqueur, le Lame me tendit une main secourable et m'aida à me relever. Tout mon corps était douloureux mais à par cela, je n'avais rien et je remerciai silencieusement le malheureux sur lequel j'avais atterri.

« − Tu n'as rien ?, s'enquit Baurus

− Non, tout va bien et toi ?

− Heureusement que tu étais là, il n'aurait fait qu'une bouchée de moi. Je n'avais jamais rencontré quelqu'un capable de me tenir tête comme ça à l'épée

Tout en l'écoutant, j'observai les trois corps sur le sol. Malgré la faible hauteur de chute, l'adversaire qui avait amorti ma descente s'était rompu le cou au contact du sol. Celui sur lequel j'avais lancé ma flèche était mort sur le coup pratiquement. J'aperçus mon arc dans un coin et ma lame de l'autre. Je les récupérai et les rangeai soigneusement à leurs places

− Nous avons eu chaud, continua Baurus, je n'avais pas pensé au fait qu'ils allaient être trois au total

− Moi non plus. Mais nous nous en sommes sorti, c'est le principale. Il nous faut trouver le Xarxes maintenant

− Je vais fouiller les corps, va voir dans la salle à côté, de là ou ils sont venus. Je me doute qu'ils s'y sont installés temporairement.

Je fis ce qu'il me dit et passai la grille de fer. La salle dans laquelle je pénétrai était la copie conforme de celle d'avant. Seulement à la place d'une table en bois, elle était habillée de plusieurs coffres et lits. Un feu en réchauffait légèrement l'atmosphère humide. J'entrepris ensuite de fouiller les affaires, empochant au passage les bourses que je voyais, ou tout petit objet facilement dissimulable dans ma bourse. Je finis par tomber dessus, il était bien caché au fond du dernier coffre dans lequel je regardai. Baurus apparut à ce moment et je lui montrai avec un sourire victorieux.

− Ces fanatiques vont nous payer le meurtre de l'empereur, s'exclama-t-il avec satisfaction, ça aurait pu se passer plus en douceur mais je ne peux pas dire que ça m'ait gêner de tuer encore quelques ordures

− Nous avons maintenant en main tout ce qu'il nous faut pour récupérer l'amulette, fis-je en me redressant et en rangeant le livre dans mon sac

− Il nous faut trouver le lieu secret maintenant. Ma tâche s'arrête ici cependant

− Pourquoi ?, m'étonnai-je en le suivant pendant que nous quittions les lieux en laissant les corps derrière nous, ils seraient bien vite mangés par les rats

− Car je sais que les livres sont entre de bonnes mains. Tu sembles parfaitement capable pour poursuivre leur étude avec Tar-Meena. Mon devoir est maintenant de retourner au temple et de veiller sur Martin. Je dois aussi mettre Jauffre au courant de ce que j'ai appris sur le réseau de l'Aube Mythique

− Je pensais qu'on aurait pu poursuivre un bout de chemin ensemble encore

Il rit doucement tout en empoignant l'échelle qui nous permettrait de retourner à l'air libre

− Désolé de te décevoir mais c'est mon rôle. Le tien est de lutter contre l'Aube Mythique à ta façon. Car même si tu fais parti des Lames à présent, tu n'as pas suivi notre enseignement, tu as une liberté que nous n'aurons jamais.

Je soupirai, tout en sachant qu'il avait raison. Je le suivis alors qu'il montait prudemment sur les marches humides. La lumière du soleil m'aveugla un instant mais je savourai avec gratitude l'air frais.

− Nous nous reverrons, ne t'inquiète pas. Tu m'as sauvé la vie, c'est le moins que je puisse faire. Je t'apprendrai des techniques de combat des Lames quand tu reviendras de ta quête, reprit Baurus avec confiance

− Très bien, je serais là dès que possible. Passe le bonjour à Martin de ma part.

− Porte toi bien Ash. »

Je le regardais disparaître dans la foule avec un léger sentiment d'abandon. Je commençai à m'attacher au personnage. Avec regret je me détournai et partis en direction des Arcanes.

Tar-Meena bondit de son siège pour venir à ma rencontre. Je pouvais lire une expression avide sur son visage alors qu'elle m'accueillit et m'invitait à m'assoir.

« − Alors ? L'avez-vous ?

Sans répondre, je sortis précautionneusement le volume de mon sac et lui tendis. Elle me le prit aussitôt des mains et commença à lire la première page.

− Incroyable…, marmonna-t-elle avec émerveillement

− Êtes-vous capable de retrouver l'endroit secret avec ces livres ?, l'interrompais-je

− Bien sûr ! Enfin du moins si vous me les laissez pour les étudier.

Je sortis alors le troisième livre et le lui remit.

− Si Baurus vous fait confiance alors je suis sûre que je le peux. Combien de temps pensez-vous mettre pour déchiffrer ça ?

Elle me lança un regard choqué avant qu'il ne s'illumine avec joie.

− Aucune idée, c'est bien ça l'intérêt de cette énigme. Cela pourrait bien être quelques heures ou quelques jours.

− Très bien, je ne peux pas rester à la Cité impériale. Envoyez un message à la Guilde des Guerriers de Chorrol lorsque vous aurez réussi.

− La Guilde des Guerriers ?, s'enquit-elle avec curiosité

− Oui, je serais là-bas d'ici peu, évasai-je

− Très bien, comme vous voudrez.

− Amusez-vous bien Tar-Meena. »

Elle me fit un vague signe de la main, plongée de nouveau dans sa lecture. Sans rien ajouter de plus, je pris congé.

Plein d'action dans ce chapitre plein plein d'Aube Mythique !

J'aime bien Baurus, d'où sa survie ! Dans le jeu, j'ai du recommencer plusieurs fois ce passage dans les égouts pour le voir survivre, ce bêta se mettait toujours dans le chemin dès que je voulais attaquer le gros méchant… M'enfin sa récompense valait le coup je dois dire.

Sinon, bonne nouvelle, j'ai commencé à écrire la partie 2 de cette saga en trois tomes ! Je suis plutôt contente de la direction qu'elle a prise. Il va cependant me falloir me replonger dans le jeu pour revoir toutes les missions de la guilde des voleurs et malheureusement, je n'ai pas vraiment le temps en ce moment… Mais c'est déjà une première étape d'avoir fait ce début, vous serez pas déçus !

Dans le prochain chapitre, un peu plus d'Oreyn et une petite mission sympathique avec des trolls et de l'action à gogo. See ya !