Chapitre 1.
Résurrection.
Dans les entrailles du manoir Phantomhive, au fond du puits cylindrique, l'eau se mit à frémir. Des vagues apparurent et brisèrent la surface. Puis soudainement, une main à moitié mangée par l'eau apparu à la surface et saisi la chaîne rouillée qui pendait.
La main fut suivie par un bras, une épaule et une tête aux cheveux châtains, aux yeux bruns, aux crocs comme la neige et à la peau toute fripée et grisâtre. Son regard reflétait une haine et une colère inimaginable. Doucement il nagea vers la passerelle de pierre qui menait aux escaliers. Il s'y hissa s'assit difficilement sur le sol. Sa chemise déchirée pendait lamentablement sur ses épaules et son pantalon avait perdu ses couleurs. L'immergé posa alors la main sur une épée qui lui transperçait la poitrine, et l'autre sur une autre lui perforant la gorge. Il ferma les yeux et les éjecta d'un coup sec. Le sang ne coula à peine, vu le temps qu'il avait passé dans l'eau.
Il lança les épées plus loin et leva les yeux vers le haut de la cave, qui devait se situé à plusieurs kilomètres de lui.
Sébastian…Michaelis…Je te jure que tu me paieras au centuple tous les malheurs que tu m'as apportés. Dès que j'aurais recouvré mes forces et allier à ma cause quelques amis fidèles, j'anéantirai jusqu'au dernier de ta misérable et abjecte espèce, en commençant par toi. Aussi vrai que mon nom est Vincent Phantomhive.
En chancelant quelque peu, Vincent se releva et se traîna vers les dépôts de la cave. Il s'installa sur un tabouret et retira du col de sa chemise un petit pendentif qui ne le quittait jamais. Une espèce de fiole de verre remplit d'un liquide rouge vif attachée à une chaîne d'or. Il la déboucha et la porta à ses lèvres. La substance coula dans sa gorge et se répandit dans tout son corps. Aussitôt, ses muscles, ses os, ses nerfs et sa peau se convulsèrent et se tordirent. Il fut pris de spasmes et de douleurs aigues. Et contre toutes attentes, son épiderme se mis à se liquéfier. Elle coulait comme des traînées de sang. Plus elle dégouttait, plus une peau blanche et parfaite apparaissait. Elle se lissait, ses formes revenaient petit à petit et ses blessures se refermaient à vue d'œil.
Le processus ne prit que quelques minutes. Au bout de 10, Vincent avait retrouvé son aspect datant. Il avait à présent l'air aussi beau et jeune que du temps de ses 20 ans, même s'il était supposé en avoir plus de 40.
Un sourire satisfait aux lèvres, il se débarrassa de ses guenilles et enfila un pantalon, une paire de bottes et un manteau long en cuir.
- Et maintenant, que le spectacle commence…
. . .
Grâce à un passage secret dissimulé dans les murs et à un tunnel, Vincent parvint à sortir de ses terres et réapparu dehors, à la lisière de la forêt.
Il lança un regard neutre vers son manoir et prit la route. Par sa vitesse, cela ne lui prit qu'une heure pour atteindre sa destination. Il s'agissait d'un imposant manoir un peu semblable au sien. Il appartenait à la famille Trancy, la deuxième plus importante famille de vampires de Grande-Bretagne. Le maître actuel était un jeune prodige du nom d'Alois Trancy. Initialement, c'était lui que Vincent aurait voulu fiancer à sa fille, mais l'obstination de sa femme avait fait changer le cours de ses choix.
Mettant les souvenirs de sa fille de côté, Vincent cogna à la porte. Un instant plus tard, un majordome en queue de pie vint ouvrir.
- Bonjour, monsieur désire?
- J'aimerais m'entretenir avec votre maître, le comte Alois Trancy.
- Bien, entrez monsieur. Je vais chercher mon maître.
Le serviteur fit entrer Vincent et alla quérir Alois. Celui-ci vint le rejoindre deux minutes plus tard. C'était un jeune vampire blond aux intenses yeux bleu ciel et au petit sourire suffisant. Il donna une solide poignée de main au plus âgé.
- Comte Phantomhive, c'est un plaisir de vous revoir.
- Merci, Alois. Mais je ne suis pas ici pour savoir si tu vas bien. J'aimerais te proposer quelque chose d'intéressant.
Alois leva un sourcil curieux et pria Vincent de s'assoir pour lui parler de sa proposition.
- Alors voilà, tu n'es pas sans savoir que ma chère fille s'est entichée d'un sale démon et qu'il l'a souillée.
Le jeune blond acquiesça de la tête.
- Donc…j'aimerais solliciter ton aide dans une légère vengeance.
- Et quel genre de «légère» vengeance vous envisager?
- Oooh, rien de bien méchant…Juste éradiquer les démons de la Terre, rien de plus, répondit Vincent comme si c'était une broutille.
Le jeune vampire lâcha un rire. Il trouvait bien amusant la manière que Vincent avait de présenter les choses.
- Et pourquoi moi en particulier?, demanda-t-il.
- Voyons, mon cher Alois, après ce que tu as fait à ton père adoptif, la question ne devrait même pas se poser.
Effectivement, Alois n'avait jamais été le fils légitime du précédent comte Trancy. Ce dernier avait capturé plusieurs garçons humains et les avait fait s'entretuer pour se trouver un successeur parmi eux et le transformer en vampire. Un seul avait survécu. Un garçon appelé Jim Macken. Le comte l'avait pris sous son aile et l'avait changé en buveur de sang. Cependant, tout ne se passa pas comme il l'avait souhaité. Deux ans après l'avoir adopté, le garçon avait tué son père, bu son sang et s'accapara son titre et sa fortune.
Il avait été remarqué par le comte Phantomhive pour sa férocité, son agressivité et sa soif de sang.
Ce souvenir fit sourire Alois qui encra ses yeux bleus dans les prunelles de Vincent.
- C'est d'accord. Je vais vous aider.
- Marché conclu alors…Bien, maintenant, écoute ceci…
