Chapitre 4.
La Cache.
- Les Anciens?! Le Grand Conseil des Anciens?!...Mais ils…
Rachel fit un minuscule sourire tout en baissant les yeux. Elle serra ses mains l'une contre l'autre et dit.
- Cherche bien dans ta mémoire, ma chérie. Il n'y a rien qui te revient?
Angelika se rassit avec Raven sur les genoux et réfléchit sérieusement…Puis…
- Attendez…vous ne me dites pas que…?
Rachel hocha la tête. Elle fit ensuite un signe de main vers le piano. Sébastian leva un sourcil d'incompréhension. Le Grand Conseil des Anciens…c'était quoi?
- Est-ce que l'une de vous aurait l'amabilité de bien vouloir m'expliquer de quoi vous parlez à la fin?!
Comme toute réponse, Angelika lui passa le bébé et alla s'assoir au piano. Sébastian comprenait de moins en moins. Qu'est-ce que le piano faisait là-dedans. Mais sachant qu'il allait sûrement le découvrir, il laissa faire son épouse.
Cette dernière finit d'accorder l'instrument, prit une grande inspiration en joignant ses bouts de doigts des deux mains l'un contre l'autre comme n'importe quel pianiste, puis joua. C'était un air à la fois doux, gai et sombre. Angelika ne cesserait jamais d'étonner Sébastian avec ses mille et un talents artistiques.
Le morceau qu'Angelika jouait s'appelait la Sonate du Vampire Lestat. Sébastian restait debout, tenant sa fille, à l'écouter. Tout comme pendant qu'elle peignait, Angelika était très concentrée sur ce que ses doigts faisaient.
Une fois la partition achevée, Sébastian sentit soudainement une légère secousse faire trembler le mur du fond du salon. Il fixa son regard rouge dessus et constata une petite différence. Intrigué, il passa Raven à sa grand-mère et alla regarder plus en profondeur le mur. Angelika s'était levée du banc et l'observait.
Le jeune démon fit courir ses doigts sur la pierre, puis trouva une fissure. Plaquant ses paumes à plat, il poussa. Une entrée se dégagea. À l'ouverture, des torches s'enflammèrent le long de la descente d'un escalier étroit de pierre à rampe de métal noir.
- Mais qu'est-ce que…?
- C'est tout simplement une pure découverte dû à une curiosité de jeunesse, répondit Angelika.
Elle échangea un regard avec sa mère qui lui prit la main et y déposa une lourde clé en fer. Dès qu'elle toucha sa paume, Angelika su qu'elle ouvrait.
Elle prit la main de Sébastian et l'entraîna à sa suite vers le bas. Sébastian se demanda combien il pouvait y avoir de passages secrets dans ce fichu manoir.
. . .
La descente ne dura qu'une dizaine de minutes. Ils débouchèrent dans une grande salle circulaire éclairée par douze chandeliers de métal noir fixés au mur parcouru par douze portes ciselées en arcade. Au centre se trouvait un pied d'estale en pierre sur lequel il y avait un gros et vieux livre à couverture de métal rouillé et scellé par des attaches de fer et bloqués par un large cadenas.
- Il y a une chose qui me travaille, dit Sébastian une fois complètement descendu. Tu m'as un jour dit que les Anciens du clan Phantomhive avaient tous été tués. Alors pourquoi ta mère a dit qu'il fallait leur demander conseil? Ils sont morts…non?
Angelika s'arrêta net en plein milieu de son pas.
- C'est bien ce que je pensais.
Elle s'adossa au mur en croisant les bras et ferma les yeux.
- Durant mon enfant, peu de temps après notre première rencontre, j'ai demandé à mère pourquoi je n'avais jamais vu mes grands-parents. Ils ne pouvaient être morts étant donné que nous sommes immortels…Elle m'a répondu, sûrement parce que j'étais qu'une enfant à l'époque, qu'ils étaient partis pour un long voyage. Évidemment, je n'étais pas complètement stupide.
- Tu te doutais qu'elle ne te racontait que des histoires que pour préserver ton innocence.
Angelika hocha la tête et poursuivit.
- J'ai donc fait secrètement des recherches sur la génération précédant celle de mon père. Je n'ai presque rien trouvé dans la bibliothèque, ni dans les Archives Nationales en dehors de leurs noms. Armand et Solenne Phantomhive. Et par un pur hasard, un jour alors que j'étais toute petite, j'ai joué la Sonate du vampire Lestat et j'ai découvert cette planque.
Sébastian écoutait tout en faisant tourner ses idées dans sa tête. Il se disait que le livre au centre de la pièce pourrait bien leur en révéler bien plus.
Comme si elle avait lu dans ses pensées, Angelika ajouta.
- Après que j'ai découvert cette pièce quand j'étais enfant, je vins souvent ici pour être seule. Cependant, je n'ai jamais été plus loin que cette antichambre. Je n'en aie jamais parlé à mon père, mais ma mère garda le silence sous ma demande. Mais je n'ai jamais réussi à l'ouvrit…mais maintenant.
Angelika fit un signe de tête et s'approcha du pied d'estale. Sur la couverture mangée aux mites, il y était gravé sur une plaque de métal rouillée:
Le Clan Phantomhive.
Histoire et Décadence.
D'Armand Phantomhive.
Avec infini délicatesse, elle ouvrit les fermoirs du livre. Sébastian vint dans son dos pour lire par-dessus son épaule. Dès l'instant où le livre fut ouvert, une bourrasque fraîche se répandit dans la pièce. Le texte était écris en latin et des enluminures gothiques encadraient toutes les pages.
Ensemble, ils s'assirent contre le mur l'un contre l'autre, se penchèrent dessus et lurent l'histoire de la famille Phantomhive.
