Chapitre 10.
Départ.
Comme toute réponse, Sébastian referma le rouleau, le remit à sa mère et dit.
- Oui.
- Bien, dit Armand. Nous avons entretemps préparé vos nécessaires de voyages. Venez.
Et les deux Anciens emmenèrent Angelika et Sébastian à la table qu'ils avaient quitté plus tôt pour leur faire part de leur itinéraire.
Solenne étala une grande carte du monde et avec une canne, elle pointa le Royaume-Uni.
- Écoutez bien…Vous partirez pour le Port de Glasgow en train et de là, un bateau de marchandise vous conduira jusqu'à l'île d'Ellesmere. Quand vous serez arrivés, ce sera à vous de vous rendre de l'autre côté de l'île afin d'atteindre son repaire qui se trouve à la frontière Arctique-canadienne. Tout le voyage devrait vous prendre en tout et partout presque un mois…Avez-vous des questions?
- Oui, moi j'en aie une, dit Rachel.
Les douze autres personnes se tournèrent vers elle, l'écoutant.
- Avez-vous prévu une petite laine pour eux? Je ne voudrais pas qu'ils attrapent froid. (Maman-poule)
À l'entendre, Angelika se laissa tomber la tête sur la table.
- Maman!
- Bin quoi, c'est vrai.
- Peut-on revenir à des choses plus importantes?, demanda Astrid.
Rachel baissa la tête, penaude, signe que oui.
- Bien…alors, votre bateau partira dans deux jours. Cela vous laisse le temps de bien vous reposer. Ce sera tout.
. . .
Le soir venu, dans la chambre du jeune couple.
- Ahh…Astrid…n'avait-elle…AH!...pas dit de…hhmm…de nous reposer?, demanda difficilement Angelika alors que Sébastian lui donnait de bons coups de butoirs.
- Mais ma chérie…ah…qui sait quand nous pourrons avoir…de nouveau des moments d'intimités
Il lui fit un sourire et l'embrassa affectueusement dans le dos. La jeune vampire en eut des frissons. Elle pensa alors à sa vie. Sa mère adorée, son enfant chérie…son démon bienaimé. Que ferait-elle s'ils venaient à se faire tuer par Vincent? Elle serait sûrement triste de la mort de sa mère et de sa fille, mais…Sébastian. Elle ne supporterait pas de le perdre. Elle l'aimait trop. Elle songea qu'elle se serait bien jetée dans un bûcher la tête la première pour ne pas souffrir de sa disparition.
Angelika saisi alors le bras de son époux et le noua autour d'elle comme pour s'assurer de sa présence. Sébastian remarqua son trouble. Sans se retirer, il les fit pivoter sur le côté pour qu'ils se fassent face et il se rapprocha d'elle jusqu'à coller son front contre le sien.
- Qu'est-ce qui ne va pas?...Dis-moi.
- J'ai…j'ai peur.
Et Angelika serra encore plus fort la main de Sébastian tout en versant une larme. Celle-ci roula sur sa joue avant de se perdre dans la peau du jeune démon.
- J'ai peur de te perdre…Toi, Raven, mère…J'ai peur de tout perdre.
Sébastian baissa les yeux et serra sa femme contre sa poitrine, passant ses longs doigts dans sa chevelure.
- Ne t'inquiète pas. Quoi qu'il arrive je te protègerai. J'ai juré dès que je suis arrivé dans ce manoir de toujours te protéger, quel que soit le danger. Même s'il s'agit de ton père.
- Sébastian…
- Tu es ce que j'ai de plus précieux au monde, chuchota-t-il en lui caressa le visage. Jamais je ne laisserai ton père te faire du mal, à toi ou à notre famille.
Les larmes d'Angelika redoublèrent. Comme elle aimait Sébastian. Elle le serra et le fit se coucher sur le dos. Elle se retrouva alors couchée à plat ventre sur lui, son membre toujours fiché en elle.
- Tu ne peux imaginer comme je t'aime, Sébastian. Je me félicite de t'avoir donné à manger il y a tant d'années. Sinon, jamais je n'aurais trouvé mari si formidable.
Angelika se pencha sur lui et l'embrassa passionnément. La langue de la jeune vampire s'enroulant sur la sienne raviva la libido de Sébastian qui se remis à bouger du bassin. Angelika gémit dans la bouche du démon. Et sans le vouloir, sous les coups de plus en plus forts, elle le griffa sur la poitrine.
Ses hanches occupées, Sébastian excita davantage Angelika en pressant doucement sa poitrine ronde.
À un moment donné, ayant besoin de souffle, elle se sépara et poussa un profond soupir.
- Oh…Sébastian…
Puis, sans crier gare, Sébastian se retira, prit Angelika dans ses bras comme une princesse et la plaça face à la grande bow-window de sa chambre. On pouvait voir par elle la pleine lune, ronde et, blanche et lumineuse. Sébastian se remit en elle et colla son torse sur son dos, son menton sur son épaule. Par cette même fenêtre, ils pouvaient percevoir leurs reflets.
- Regarde, mon ange, dit-il dans un murmure. Regarde nous…ensemble. Même dans la mort, nous serons toujours ensemble.
- Sébastian…oh, Sébastian.
Celui-ci l'embrassa sur l'épaule et reprit ses vas-et-viens. À chaque coup, il s'enfonçait toujours plus profondément. Après plusieurs heurts contre l'utérus de sa femme, Sébastian se libéra en elle. Ils sentirent tous les deux une intense chaleur. Ils finirent par s'effondrer sur le tapis de fourrure en sueur.
- Jamais…jamais je ne te quitterai, dit Sébastian entre deux souffles. Je te le promets…Et toi, promets-tu?
- Je te le jure, mon amour.
Et ils s'endormirent, le visage à peine à quelques millimètres de l'autre.
. . .
Deux jours plus tard, Rachel et Gaëlle accompagnèrent leurs enfants à la sortie de la ville pour le départ. Raven était restée au manoir avec son grand-père.
Tous deux étaient équipés de gros sacs à dos contenant: deux manteaux chauds, deux couvertures, des provisions vampiriques et humaines, une lampe à l'huile, une carte de l'Île d' Ellesmere, deux pistolets, une tente, deux gourdes d'eau et une boîte d'allumettes. Pour ne pas paraître trop aristos, ils avaient revêtus des vêtements du peuple. Soit une chemise de coton, un pantalon de toile, des bottes de cuir et une veste de laine. (Pas la plus raffinée).
- Surtout faîtes attention à vous, dit Gaëlle. Quand vous aurez rejoint le bateau, allez dans la cale. N'oubliez pas de nourrir Morgan. Vous pourrez lui donner de la viande crue. Il adore ça.
- D'accord, dit Sébastian…Rachel...?
La pauvre vampire reniflait. Finalement, elle laissa tout déborder et serra sa fille dans ses bras. Le relâchement de Rachel fit faire la même chose à Gaëlle à son fils.
- Maman…arrête ça, geignit Sébastian. C'est embarrassant.
- On n'y peut rien…nos bébés nous quittent!, pleura bruyamment la démone.
Les deux mères-poules ne purent en ajouter encore car Big Ben sonna.
- On vous aime! À bientôt!, cria Sébastian en entraînant Angelika vers la sortie.
La dernière vision du jeune couple fut leurs mères agitant la main.
