CaptainSwanForEver3: Je tiens à te remercier pour tes commentaires. Moi qui pensais que mes histoires n'intéressaient personne. que tout le monde préférait le classique Ciel/Sébastian. Ça me soulage d'un grand poids. J'espère que la suite te plaira. Bonne lecture.
Chapitre 15.
Samuel de Midford.
Sébastian considéra pendant un moment l'ex-fiancé de son épouse, n'étant pas sûr s'il devait partir ou rester. Samuel ne dit rien et se contenta de jeter par terre son chapeau. Il prit ensuite un petit sac de toile et s'agenouilla près d'Angelika sous la lueur d'une chandelle.
- Qu'est-ce…que vous comptez faire?, lui demanda Sébastian tout en s'asseyant pour retirer la flèche qui lui perforait la cuisse.
- À ton avis? Je vais tenter de la soigner, idiot, répondit le marquis hargneusement.
Sébastian s'abstint de tout commentaires et nettoya sa plaie avec un peu d'eau de son outre, qu'il banda par la suite d'un morceau de coton prit dans son sac de voyage.
Samuel lui jeta un regard. Il n'ajouta rien et très doucement, déchira la chemise d'Angelika avec un couteau. Après quoi, d'un coup sec, il retira la flèche de son épaule. La jeune vampire en lâcha un cri de douleur.
- Puis-je me rendre utile?, demanda Sébastian.
Samuel arrêta ses gestes une seconde avant de reprendre ses soins. Sébastian leva les yeux au ciel en soupirant, et dit.
- Écoutez, je sais parfaitement que vous ne m'aimez pas, mais sachez qu'Angelika est très importante pour moi. Je donnerais ma vie pour la sienne. S'il y a quelque chose que je puisse faire pour elle…
- De l'eau, l'interrompit le jeune vampire d'un ton sac en lui tendant une bassine. Va chercher de l'eau fraîche à la rivière.
Sébastian lui prit la bassine et sans un mot, s'en alla. Il revint 10 minutes plus tard avec de l'eau froide. Pendant ce temps, Samuel avait bandé la blessure et veillait sur sa cousine.
Après avoir posé l'eau près d'elle, Sébastian s'assit à ses côtés et lui prit la main. Elle dormait profondément, quoique sa respiration fût irrégulière. Raven était couchée à côtés d'elle, le corps enveloppé de bandelettes.
- Je ne suis pas médecin, dit Samuel en déposant une compresse d'eau froide sur son front. Je ne puis lui apporter que des soins médiocres.
- Marquis…pourquoi nous avez-vous sauvé?, demanda Sébastian.
Samuel poussa un soupir à la question, mais répondit.
- Angelika m'a peut-être quitté pour un autre. Elle m'a peut-être brisé le cœur, mais elle n'en demeure pas moins ma cousine et une personne que je chéris de tout mon être. Quand à toi et à votre fille…tout simplement parce que je sais qu'Angelika n'y aurait pas survécu si je vous aurais abandonné.
- Je comprends…Mais comment avez-vous su que nous étions en danger?
- C'est un truc de vampires. On sait quand un être cher est dans le beau drap.
Sébastian hocha la tête, mais ne dit plus rien d'autre.
. . .
Trois jours passèrent sans que l'état d'Angelika ou de Raven ne s'améliore. Au contraire, l'enfant avait de plus en plus de mal à respirer, la fièvre la faisait suffoquer et elle n'arrivait pas à s'alimenter correctement. Tout comme sa mère, mais en bien pire. La peau de la jeune vampire, d'ordinaire blanche de lait, était maintenant grisâtre et poisseuse de sueur. Elle avait maigri et était prise souvent de tremblements. Les deux nobles ne savaient plus que faire.
Un matin, alors qu'ils étaient partis chercher de l'eau et du bois, ils lâchèrent leurs trouvailles sur le sol en revenant à l'abri. Angelika et Raven ne bougeaient plus du tout. La jeune vampire avait même l'œil vitreux.
- Oh non!...ANGELIKA! RAVEN!, s'écria Sébastian.
Il laissa Samuel en plan et courut vers sa famille. Il se pencha sur son enfant et vérifia sa respiration et son pouls…rien. Paniqué, il fit le même examen pour sa femme…rien non plus…
Ses yeux s'agrandirent et on put y lire tout son désespoir. Son désespoir d'avoir de nouveau perdu celle qu'il aimait, le désespoir de voir partir son unique enfant et le désespoir de constater l'absence de pitié et de sentiments de la part de Vincent.
Au comble de sa peine, le jeune démon sentit les larmes acides lui couler sur les joues et il poussa un hurlement à fendre l'âme. Samuel s'approcha à son tour et se laissa tomber près des deux mortes. Il se mit aussi à pleurer et serra les mains d'Angelika contre son visage.
Tout à coup, sous l'impulsion de la tristesse, Samuel empoigna sa rapière et la dirigea vers son cœur. Sébastian, le voyant vouloir se donner la mort, se jeta sur lui et l'empêcha de se tuer.
- Mais vous êtes malade!, s'écria-t-il. À quoi ça vous avancerait de vous tuer?!
Samuel ne l'écouta pas et força sur son bras pour percer sa poitrine. Cependant, Sébastian était bien plus fort physiquement et il parvint à la lui arracher des mains. Son impuissance ne fit que décupler les pleurs de Samuel.
Sébastian aurait voulu dire quelque chose pour le consoler, mais lui-même était au prise avec sa propre douleur. Tous deux ne purent rien faire d'autre pendant les heures suivantes que se vider de leur eau en pleurant la jeune vampire et son enfant.
Finalement, le jeune démon essuya ses larmes et dit d'une voix enrouée.
- Je ne veux pas qu'on les brûle. Je veux qu'on leur fasse une sépulture à l'intérieur de cet abri.
Samuel, la gorge trop serrée, ne put qu'hocher la tête. Donc, durant les 24 heures suivant, le démon et le vampire s'attelèrent à laver les corps, balayer l'intérieur du refuge, ramasser des fleurs et décorer l'endroit.
Ils installèrent les corps sur des lits de mousse et de fleurs blanches. Ils les avaient revêtus de blancs et une fois la tâche finie, ils scellèrent l'entrée avec des troncs d'arbres taillés, des pierres et de la boue durcie.
N'étant pas croyant, ils se contentèrent d'effleurer le refuge avant de tourner les talons.
