Melody-witch: Je voudrais te remercier pour tes encouragements. C'est rassurant. Dans ce cas, je vais doublement faire de mon mieux pour écrire. Bonne lecture.
Chapitre 16.
Périple et Vision.
Samuel relâcha sa main et tourna les yeux vers le jeune démon qui fixait l'horizon, l'œil sec, lui faisant dos.
- Que comptes-tu faire maintenant?
- Faire ce pourquoi on nous a forgé ces armes, répondit Sébastian en serrant le sac de toile ne contenant plus que ses effet personnels. (L'armure d'Angelika et son arme étaient restées dans le mémorial.) Je vais me rendre chez la Grande Immortelle et lui réclamer le pouvoir.
- Alors c'est vrai…tu comptes bien affronter mon oncle et en découdre une fois pour toute.
Sébastian resta muet.
- Ne penses pas que je n'approuve pas ton choix…Moi aussi je souhaite venger sa mort, mais crois-tu que tu seras assez fort pour le battre?
Sébastian ne répondit toujours pas.
- Oncle Vincent est devenu incroyablement puissant. Sans compter qu'il a maintenant des dizaines de vampires sous ses ordres. Cela sera peut-être trop pour toi seul, même avec les pouvoirs que pourrait t'accorder la Source. Tu es vraiment sûr de vouloir y aller, malgré les risques?
Silence.
- Mais réponds à la fin!, s'écria Samuel en lui secouant une épaule. Tu veux risquer ta vie en sachant que tu n'aurais qu'une chance sur mille de l'emporter! Tu tiens donc si peu à la vie?!...
- ET ALORS?!, rugit Sébastian en claquant la main du vampire pour lui faire face. Qu'est-ce qu'une vie quand on vient de perdre la femme de sa vie pour la seconde fois?!...Si on peut appeler ça une vie. Ne comprends-tu pas que j'en aie rien à faire si je vis ou si je meurs aujourd'hui?!...J'ai tout perdu…ma femme, ma fille, ma mère, ma belle-mère, mes aïeuls, mes amis…tout. Plus rien ne me rattache à cette terre si ce n'est le désir de tuer le comte.
Sébastian fronça les sourcils et passa le sac par-dessus son épaule.
- Si tu veux contribuer d'une quelconque manière que ce soit, libre à toi, mais moi j'ai à faire.
Et sans un mot de plus, Sébastian partit en courant vers le nord-ouest. Samuel le regarda aller, la mine grave.
- …Puisses-tu réussir là où nous avons tous échouer…Sébastian Michaelis.
. . .
Ainsi débuta le périple le plus hasardeux qu'entreprit l'hybride Sébastian Michaelis. Il survécu aisément grâce à ses provisions, les cours d'eau douces et les nombreuse cachettes qu'il trouvait sur sa route.
Il parvint rapidement au port de Wexford. De là, encore une fois, il «emprunta» un bateau, car sérieusement, il n'avait vraiment pas envie d'attendre le prochain navire pour l'Île d'Ellesmere.
Sur son tout petit bateau à vapeur, Sébastian traversa l'Océan Atlantique, franchit la Mer du Labrador, parcourut le Détroit de Davis et passa la Baie de Baffin pour finalement arriver à l'Île d'Ellesmere.
Durant le temps qu'avait duré le voyage en bateau, Sébastian s'était familiarisé avec sa nouvelle armure et s'était entraîné à l'épée. Il ne voulait pas que son nouvel équipement le gêne durant le combat final.
Une nuit, alors que la lune et les étoile brillaient de mille feux dans le ciel d'un noir d'encre, Sébastian dormait paisiblement sur le pont de son bateau, emmitouflé dans son manteau de fourrure de loup gris et plusieurs couvertures de laine chauffantes. Le froid du nord commençait à se faire ressentir.
Le jeune démon somnolait quand soudain, tout devint blanc, très blanc. Sébastian se retrouva à flotter à quelques centimètres d'une surface liquide d'un rouge vif. Il regarda tout autour de lui, mais ne croyait voir que du brouillard. Tout à coup, une voix douce et chaleureuse se fit entendre. Sébastian l'aurait reconnu entre des milliards.
- Sébastian…Sébastian…
Le susnommé se retourna vivement dans la direction de la voix et ce qu'il vit lui fit monter les larmes aux yeux et ses genoux se mirent à trembler.
- Angelika…
Effectivement, Angelika se tenait devant lui, elle aussi lévitant au-dessus de la mare rouge. Elle était vêtue d'une robe semblant faite de voiles d'un bleu très pâle, ses cheveux et ses jupes voletaient au vent et elle tenait dans ses bras leur petite Raven, dormant calmement. Son sourire et son regard vert et doux lui firent chaud au cœur. Souriant, il s'élança vers elle pour la serrer dans ses bras, mais à son grand malheur, ses membres la traversèrent comme de la brume. Angelika lui lança un regard désolé.
- Je regrette Sébastian, mais ici, nous ne pouvons nous toucher. Nous pouvons uniquement nous parler.
Sébastian laissa retomber ses bras sur ses flancs et baissa les yeux de déception.
- Pourquoi…pourquoi a-t-il fallu que tu meurs encore?...Pourquoi n'est-ce pas moi qui suis mort? Réponds-moi, mon amour.
- Je suis navrée, mon chéri, mais c'est ainsi que le destin choisi de faire les choses.
- Alors pourquoi es-tu là?
- Pour te dire certaines choses importantes. Des choses qui te seront utiles pour la suite de ton voyage.
Sébastian sécha ses larmes et repris un visage sérieux, près à l'écouter. Angelika lui sourit et s'agenouilla comme une japonaise. Son mari s'assit en indien.
- Bien, alors quand tu auras accosté, commença Angelika, cherches un glacier flottant troué. Son sommet doit comporter une espèce de pilier foré par deux fois. Sur ce pilier, il y aura les Gardiens du Passage. Ils te donneront les instructions afin que tu puisses choisir la bonne porte. Alexiel est rusée, elle n'a pas établie sa demeure sans se protéger un minimum.
Sébastian, silencieux, hocha la tête pour montrer qu'il avait compris. Angelika poursuivit donc.
- Quand tu seras à l'intérieur, fais très attention, des loups et des ours des glaces gardent l'endroit. Tu ne devras sous aucun prétexte montrer ta peur ou tenter quoique ce soit contre eux. Ils tirent leur force des craintes des autres. Prends garde aussi à Alexiel, elle te réservera sûrement un accueil quelque peu…bizarre. Sois sur tes gardes à tout moment. Une fois en face d'elle, plaide ta cause le plus solennellement possible.
- J'ai compris. Je te remercie.
Angelika lui sourit et se releva. Sébastian en fit de même.
- Il est temps pour moi de partir.
- Te reverrai-je?
- Plus tard.
Et tout à coup, Sébastian ouvrit les yeux tandis que son bateau touchait terre.
