Melody-witch: Merci de tes encouragements. Ça redonne espoir. Dans ce cas, je vais essayer de poster un chapitre au moins chaque jour. Bonne lecture.

Chapitre 18.

Rêve.

Pendant ce temps, en Angleterre.

Vincent occupait maintenant le manoir Phantomhive depuis plus d'une semaine et il commençait à s'ennuyer sévère. Dès le moment où il avait perdu la trace de son «beau-fils», il ratissait la Grande-Bretagne pour le retrouver.

Tandis que les quelques vampires encore en vie sous ses ordres parcourait le pays, Vincent se laissa aller au sommeil pour la première fois en plusieurs mois.

Vincent se trouvait dans son manoir, mais pas à l'endroit où il s'était assoupi. Il était debout dans son bureau, habillé d'une simple chemise et d'un pantalon à plis. En face de lui, il y avait un autre lui. Celui-ci semblait moins fatigué, mois usé, moins habité par la haine. Ce Vincent-là était assis derrière son bureau et travaillait sur de nouveaux produits pour la compagnie Phantom.

Soudainement, des coups tintèrent à la porte du bureau. Le Vincent plus jeune releva la tête et dit «Entrez.».

La porte s'ouvrit une fillette d'à peine trois ans entra pour s'élancer vers le vampire. Ce dernier écarta les bras et la recueilli contre lui. Le Vincent plus vieux regarda la scène avec un pincement au cœur. Depuis combien de temps n'avait-il tenu sa fille comme ça? Ils avaient l'air si heureux. L'enfant riait et serrait le cou de son père de ses petits bras. Le père berçait l'enfant en lui chuchotant une comptine tout en lui caressant les cheveux.

Puis, d'un coup, les alentours s'embrumèrent pour faire la place à une autre scène. Cette fois-ci, Vincent était dans le parc du domaine. Une faible neige tombait du ciel et Vincent vit alors son autre lui et Rachel sortir dehors, les manteaux sur le dos. Chacun tenait une des mains de la petite Angelika alors que celle-ci avait les yeux bandés. Elle ne semblait pas avoir plus de 7 ans. Vincent devina que ça devait être son anniversaire aujourd'hui.

Les deux parents s'arrêtèrent à quelques pas de l'écurie. De là, l'autre Vincent laissa Rachel et Angelika et y entra, pour en ressortir avec une jolie pouliche de 2 ans toute blanche au museau plus foncé, un ruban de soie bleu noué dans sa crinière.

- Joyeux anniversaire, Angelika, dit Rachel tout en lui retirant le bandeau.

Vincent se souvenait très bien de ce jour. Ce 14 décembre 1882 où il avait offert son premier cheval à Angelika. Il se rappelait parfaitement de sa réaction.

- Oh mon dieu, s'exclama la fillette en approchant la pouliche pour lui caresser le museau. Elle est superbe. Je l'adore! Merci mère, merci père.

Et ce fut à ce moment que le jardiner Colin sortit de l'écurie avec une petite selle d'amazone et l'installa sur le bébé cheval par-dessus un tapis de selle bleu et argent. Toute excitée, Angelika sauta en selle et partit au petit trot. La pouliche galopait doucement en décrivant des cercles autour de Vincent et de Rachel. La fillette riait aux éclats et s'amusait parfois à lui faire accélérer l'allure.

Finalement, elle s'arrêta et se tourna vers ses parents.

- J'ai trouvé comme je vais l'appeler…Lady. Elle se nommera Lady. J'en prendrai le plus grand soin. Merci encore.

Le décor changea encore. Vincent se trouva dans le salon, assis près du feu, une coupe de sang dans la main. Le croissant de lune brillait dans le ciel de la nuit. De petits coups retentirent à la porte. Vincent donna la permission à l'autre personne d'entrer. Angelika lui obéit. Maintenant, c'était une jeune adolescente de 14 ans. Elle portait une longue robe victorienne bourgogne à dentelles noirs aux manches voletantes, un tour-de-cou des mêmes tissus que la robe et un ruban bourgogne retenait quelques mèches de ses tempes à l'arrière de sa tête. Elle avança vers son père, tenant un livre contre sa poitrine. Elle s'inclina et dit.

- Vous semblez fatigué ces temps-ci, père. Tout va bien?

- Si, si. Je suis juste un peu inquiet pour cette chère Emma.

Angelika baissa les yeux humblement, puis dit.

- Me permettriez-vous de vous faire la lecture? Peut-être que ça vous calmera.

Le Vincent plus jeune jeta un regard vers sa fille. Il finit par sourire et tapota le fauteuil rembourré près de lui. La jeune vampire lui rendit son sourire et vint s'installer. Là elle ouvrit le livre qu'elle avait emporté: Carmilla, de Joseph Sheridan le Fanu.

Vincent se ressouvenait des bons moments où il pouvait passer des heures à écouter la douce voix d'Angelika lui lire des chefs d'œuvres littéraires.

Le paysage se mua de nouveau. Vincent vit son autre lui se diriger vers son bureau. Cependant, quelqu'un y était déjà parvenu avant lui. Sa fille, âgée de 17 ans, attendait à l'entrée de son cabinet de travail. Elle tenait un carnet à croquis. Quand elle aperçut son père, elle se redressa et lui fit a révérence.

- Je vous attendais, père.

- J'avais remarqué. Y a-t-il un sujet que tu souhaiterais m'entretenir?

- Oui père.

- Dans ce cas, allons discuter dans mon bureau. Nous y serons plus à l'aise que dans le corridor.

Il ouvrit la porte et invité Angelika à entrer, ce qu'elle fit et alla s'assoir, le visage neutre. Vincent prit place dans son fauteuil et dévisagea sa fille droit dans les yeux. Il le constatait. Plus Angelika vieillissait, pus elle devenait sérieuse. Elle ne souriait que rarement et ses rires semblaient s'être tuent.

- De quoi voulais-tu me parler?, demanda Vincent.

- Voilà…je ne prendrai pas la succession des entreprises Phantom.

Vincent haussa les sourcils et écarquilla les yeux. Angelika ne manifesta aucune émotion. Elle demeurait aussi impassible qu'avant, les mains posées sur ses genoux.

- Et pourquoi donc? Il me semble qu'en tant qu'unique héritière de la famille, c'est ton droit.

- Certes, mais je n'aie aucun goût pour de telles choses. Vous êtes encore jeune, père. Sans compter que le temps ne pourra jamais vous manquer. Il se trouve que j'ai d'autres projets.

- Et quels sont-ils, je te prie?

Pour toute réponse, Angelika lui tendit le carnet. Vincent le prit et le feuilleta pendant quelques minutes. Angelika restait silencieuse et patiente, attendant sagement la réponse de son père.

- Tu souhaites donc te lancer dans les beaux-arts?

- Cela pose-t-il problème?

Vincent reposa le carnet refermé sur le bureau et croisa les mains devant son visage. Il resta muet durant une ou deux minutes. Il finit par dire.

- Bien, qu'il en soit ainsi. Fait comme tu veux. Tu peux prendre une des chambres inoccupées du troisième pour atelier.

Angelika esquissa un sourire, se leva et s'inclina devant Vincent.

- Je vous remercie, père.

Puis tout à coup, Vincent se réveilla là où il s'était endormi. Une mince couche de sueur lui collait la frange au front. Il l'essuya d'un revers de main, puis fronça les sourcils sous son avant-bras. Ses crocs, tellement qu'il serrait les dents, firent éclater sa lèvre inférieure.

- Que le monde est compliqué…