Coucou à tous ! Nous y voilà ! Je suis TRES impatiente de savoir ce que vous allez en penser, dites-le moi surtout ! Une suite bien longue aujourd'hui, histoire de confronter Oliver à ses démons. Et pour ceux qui se le demandent, on aura des moments Olicity par la suite, impossible de ne pas en mettre lol.

Enjoy !

Oliver dut s'y reprendre à plusieurs fois pour émerger du brouillard qui rendait bien lourdes ses pauvres paupières agressées par la lumière vive d'un projecteur. Il ne mit pas longtemps à reconnaître la silhouette de la jeune femme qui se tenait en face de lui, ni pour remarquer qu'elle tenait un large couteau à la main. Elle attendit qu'il finisse d'émerger pour se mettre à parler.

_ Eh bien, nous voilà parés pour une petite conversation, lança-t-elle sans bouger. Qui que tu sois, tu comprendras sans doute mon manque de confiance…

Il ne répondit pas, s'étonnant simplement qu'elle s'adresse à lui de cette façon. Solidement attaché à une chaise bien robuste, il n'avait aucune latitude de mouvement, hormis une légère possibilité de rotation du poignet.

_ Franchement, poursuivit-elle d'un ton évident. Pour qui me prenais-tu ? Parce que, depuis le temps que je suis là, tu as bien dû être informé de qui je suis. Et tu pensais vraiment avoir une chance de me faire gober que tu es celui que j'ai côtoyé en Sibérie ? Soyons sérieux et accordons-moi un semblant d'intelligence, d'accord ?

Oliver avait encore la tête qui tournait un peu, c'est pour ça qu'il était un encore un peu lent à la compréhension, mais les effets s'atténuaient très vite.

_ Alors c'est pour ça qu'on m'a ordonné de tuer Olovian ? Pour que tu puisses prendre sa place ici… Il faut avouer que la ressemblance est saisissante, le chirurgien a fait du bon boulot sur toi.

Cette fois, il tiqua suffisamment pour répondre. C'est alors qu'il réalisa qu'il était bâillonné.

_ Je me suis longuement demandée comment toute cette histoire avait bien pu commencer et puis, d'un coup, tout est devenu limpide. Surtout, arrête-moi si je me trompe. La Bratva était en affaire avec Mr Queen père, dont elle s'est débarrassée, avant de recruter le fils, le vrai, celui que j'ai rencontré il y a trois ans.

Oliver était sidéré. Elle parlait de lui comme s'il s'était physiquement agi de deux personnes distinctes.

_ Mais vous avez découvert je ne sais trop comment qu'il n'était pas vraiment loyal, ou qu'il voulait partir, ou peu importe ! Alors, on m'a ordonnée de l'exécuter. Ensuite, tu n'as plus eu qu'à le remplacer en concoctant une sordide histoire de naufrage de bateau et d'île déserte en Chine pour combler les vides. Après quelques temps d'adaptation, tu as repris en main les affaires de Queen Consolidated et personne n'a rien eu à en redire, pas même cette chère Isabelle Rochev que la Bratva a placée en support j'imagine.

« Isabelle ? Membre de la Bratva ? Non, c'est pas parce qu'elle est russe qu'elle fait partie de la mafia ! C'est ridicule ! ».

_ Une bonne affaire, vraiment, cette entreprise est plus que rentable et elle doit offrir d'immenses possibilités de blanchiment d'argent, non ? conclut la jeune femme avant de s'approcher, lame à la main. Et maintenant, si je te détache, c'est le moment où tu vas affirmer que tu es Olovian, le seul et unique. Que tu as dû me mentir pour quelques raisons, sûrement même pour ma protection. Tu n'as jamais voulu me faire le moindre mal. Tu vas pousser jusqu'à prétendre que tu m'aimais ? Ca serait malhabile… Je pense que tout le monde savait qu'Olovian et moi n'avions qu'une relation sans importance.

Oliver la regardait d'un air consterné. Déjà parce qu'elle s'était construit un mensonge complexe et profond et qu'il se demandait comment il allait la convaincre de son erreur. Ensuite… Ensuite parce qu'il lisait une telle rage dans ses yeux qu'il prit conscience de la douleur qu'elle ressentait, rien qu'en se retrouvant dans la même pièce que lui. L'image de ce qu'ils avaient partagés était encore vivace dans son regard, dissimulée derrière le reste.

Enfin, il était consterné parce qu'il comprit qu'elle mentait en prétendant qu'il n'avait été qu'une passade. Ce n'était donc pas difficile de comprendre qu'elle l'avait aimé, elle aussi. Il se sentait plus misérable que jamais d'avoir brisé sa confiance et se demanda comment il pourrait, un jour, se regarder en face.

En face de lui, la silhouette agitée continuait sa tirade en imaginant tout ce qu'il pourrait lui dire pour la convaincre.

_ Et, surtout, tu vas affirmer que je me trompe sur toute la ligne… Tu vas même me sortir quelques détails que l'organisation aura glané au gré d'une surveillance secrète pour appuyer ton propos. Des détails que seul lui et moi sommes censés connaître…

Oliver était parfaitement impuissant devant le discours délirant de la jeune femme. C'est alors qu'une idée lui vint et il la mit à exécution en remerciant le ciel de lui avoir laissé une infime échappatoire.

_ Ensuite, je suis censée te tomber dans les bras et te faire suffisamment confiance pour te détacher. Et là, tu pourras tranquillement te débarrasser de moi. Eh bien désolée, Oliver ou qui que tu sois, mais je ne suis pas aussi stupide que tu sembles le penser. Tu aurais dû fuir dès que tu as su que j'étais dans les parages.

Oliver tenta de s'exprimer mais le bâillon l'en empêchait toujours. La supplier du regard de le laisser parler ne donna guère plus de résultats.

_ Ne te fatigues pas, j'ai déjà imaginé tous les mensonges que tu pourrais débiter. Alors je vais m'en tenir aux preuves. Tu vois cet ordinateur, là-bas ? Il est en train d'analyser l'échantillon de sang que je t'ai pris. Dans quelques minutes, il va le comparer à l'ADN des cheveux de Théa. Tu sais ? La sœur officielle d'Oliver Queen ! Ca montrera bien que tu es un imposteur, parce qu'ils n'ont pas pu la remplacer elle aussi.

Alice était très nerveuse tandis qu'un léger doute la saisit. En fait, elle piétinait sur place sans le quitter des yeux, mais sans oser totalement affronter son regard. Oliver savait qu'elle avait du courage, mais le cran et le sang-froid n'étaient pas ses qualités premières. Elle se laissait vite submergée les rares fois où elle l'avait accompagné sur le terrain. Cela la rendait dangereuse.

Tout cette histoire n'avait pas le moindre sens et le jeune homme se demandait comment elle pouvait y croire ne serait-ce qu'une seconde ! Mais c'était bien là tout le fond du problème : elle y croyait. Et il n'était pas certain de la façon qu'elle aurait de réagir quand elle comprendrait qu'elle s'était trompée sur toute la ligne…

_ Oh et puis pourquoi attendre ? Il y a des moyens bien plus rapides pour découvrir la vérité !

Oliver était trop entravé pour réagir quand il la vit avancer vers lui, couteau à la main.

« Elle ne va pas me torturer en me laissant bâillonné ! songea-t-il, un instant paniqué. Je ne pourrais même pas répondre ! »

L'instant d'après, le poignet de la jeune femme décrivait de larges et rapides mouvements de lame, et l'homme fut surpris de n'éprouver aucune douleur. Si Alice avait bien une qualité dans le maniement du couteau : c'était la précision. Jamais il ne l'avait vue rater son coup.

Devant son air incrédule, elle eut un petit rire cynique.

_ Je ne suis pas aussi monstrueuse que tu le mériterais, dit-elle simplement en écartant les pans de sa veste et les lambeaux de ce qui avait été un tee-shirt. Je veux juste te confronter à la réalité. Histoire que tu ne tentes plus de m'embobiner…

La jeune femme avait beaucoup d'aplomb mais elle perdit peu à peu son sourire en détaillant son torse du regard. Du bout des doigts, elle parcourut la peau en s'attardant sur les parties où elle avait été lacérée par le passé. L'effleurement était doux mais ferme et particulièrement troublant. La Alice qui se tenait en face de lui était à la fois bien différente et pourtant parfaitement identique à celle qu'il avait connue. Et qu'il n'avait jamais pensée revoir.

Après un moment, Oliver comprit qu'elle examinait ses cicatrices et s'attendait à ne pas trouver celles qu'elle lui connaissait. Il se détendit. Elle s'agaça.

_ Oui, ben, des cicatrices aussi ça se changent ! Mais je dois avouer que vous avez poussé les choses dans le détail, je ne savais pas la Bratva si méticuleuse…

A dire vrai, songea-t-elle, ça n'était pas vraiment logique. Personne, à sa connaissance, n'avait vu les cicatrices du vrai Olovian avant qu'elle ne le tue. Il était donc inutile de les reproduire… Mais elle ignorait trop de choses pour être convaincue par ce simple état de fait. Elle savait qu'elle ne devait surtout pas baisser sa garde, il en allait de sa vie et de la valeur qu'elle donnait à sa relation avec le véritable Olovian. Elle avait le sentiment de bien lui devoir ça. Après tout, c'était elle qui l'avait tué…

Elle s'approcha jusqu'à frôler le visage de son prisonnier et examina son crâne. Après quelques instants, elle sembla plus frustrée que jamais. Oliver avait cru qu'elle allait l'embrasser et se dit qu'il perdait l'esprit.

_ Je ne vais pas te raser les cheveux, mais je suis sûre que les cicatrices de tes opérations sont là. Il reste forcément des traces.

Elle recula un peu et Oliver tenta à nouveau de communiquer, en vain. Elle n'était pas prête de le laisser faire. Il poursuivit sa tâche de fourmi pour débloquer la situation.

Après quelques pas, Alice revint à la charge. Ses yeux avaient quelque chose de fou une étincelle qu'il ne lui avait jamais vue et qui commençait à sérieusement lui faire peur. Il se demanda ce qu'on avait bien pu lui faire pour qu'elle en arrive là…

_ Les tâches de naissance ! Ca, a priori, on ne peut pas les reproduire !

En deux mouvements de lame, elle lacéra une partie de son pantalon, en haut de sa cuisse gauche. Oliver s'étonna qu'elle ait remarqué et qu'elle se souvienne d'un tel détail de son anatomie mais ne s'en plaignit pas. Si cela pouvait la raisonner avant qu'il ne se retrouve totalement nu ça serait toujours ça de pris. Bien que ce soit le dernier de ses soucis pour le moment…

Poussant son examen, la jeune femme s'agaça plus encore et s'enferma dans le silence avant de reculer. Elle se raccrocha à son dernier recours : le test ADN. Ses yeux allaient et venaient de l'écran à lui. Après des minutes qui semblèrent durer des heures, une alarme les informa que le résultat était disponible.

Alice s'avança nerveusement jusqu'à l'écran et resta tout d'abord immobile. Ensuite, elle tapa fermement sur le clavier, trop accaparée par sa tâche pour remarquer que l'homme derrière elle venait de se délivrer. Elle avait été maladroite de ne pas fouiller sa manche pour y retrouver le couteau avec lequel elle l'avait blessé un peu plus tôt…

Oliver lui laissa le temps de reprendre contenance avant de bouger. Feignant d'être toujours entravé, il la vit se retourner vers lui. Cette fois, c'était une arme à feu qu'elle tenait à la main et qu'elle braquait sur lui. Oliver se dit que jamais il n'aurait cru mourir ainsi. En lui, une colère sourdait devant l'ironie de la situation. Par le passé, elle l'avait tué contre son gré mais, à présent, elle allait le faire par pure erreur ! C'était trop idiot !

Toutefois, Alice ne semblait pas si sûre d'elle que ça. La main qui tenait le pistolet tremblait légèrement et on pouvait lire sur les traits contractés de son visage le combat intérieur que se livraient sa raison et son instinct.

Oliver savait qu'il devait faire quelque chose. En quelques mots, il était certain de pouvoir lui faire entendre raison, mais encore fallait-il qu'elle le laisse faire. Ne pouvant se résoudre à attendre qu'elle craque, il ébaucha un très lent mouvement pour libérer sa bouche. Elle affermit sa prise sur la crosse de l'arme mais aucun coup de feu ne partit. C'était déjà un début. Avec la même lenteur, Oliver se leva et planta ses yeux dans les siens. L'heure était venue pour la vérité d'éclater…