Melody-witch: Nope, c'était pas la dernière. Là c'est la dernière. Bonne lecture.
Chapitre 22.
La Dernière Épreuve.
Se doutant qu'il approchait de la fin de sa quête, Sébastian suivit la Déesse avec plus d'assurance qu'avant.
Ils aboutirent dans une pièce un peu plus petite que l'arène et contrairement aux autres salles que Sébastian avait vu, celle-ci était faite de pierre rouge, les murs, comme le plancher, le plafond, les quelques colonnes qui la soutenaient, même les meubles. La couleur des lieux donnait une atmosphère sinistre. Elle était éclairée par de hauts bougeoirs en cuivre et au centre de la pièce, il y avait une grande table de pierre noire, deux chaises à hauts dossiers rembourrées de velours rouges et un jeu d'échec en marbre rouge et noir. Mais au lieu que ce soit des figurines classiques moyenâgeuses, elles avaient la formes de créatures divines et démoniaques.
- C'est ici que se déroulera ta dernière épreuve, petit démon, dit Alexiel.
- Je vois…je dois vous battre lors d'une partie d'échec.
- Exactement.
- Et qu'arrivera-t-il si je perds, ou si je gagne?
De dos, Alexiel eut eu un sourire malsain, mais elle l'estompa pour un sourire gamin en se retourna vers Sébastian.
- Eh bien…si tu gagnes, tu auras accompli l'impossible pour le commun des êtres vivants…mais si tu perds…je préfère ne pas te le dire.
Sébastian se dit qu'elle devait lui cacher quelque chose. Toutefois, s'il y avait une chose dont il était fier, c'était ses connaissances en matière d'échec. Il les devait à sa chère épouse qui était une grande stratège. Il se rappelait encore leurs soirées d'échec, dans le salon, assis devant la cheminée, une bonne tasse de thé à la main. Le plus souvent, c'était Angelika qui l'emportait, mais les nombreuses joutes qu'il avait eues avec elle avaient amélioré ses compétences.
- Très bien, Dame Alexiel…Jouons.
Cette dernière esquissa un sourire et prit place devant les pièces rouges (Ou blanches.) représentant Dieu et elle-même en Roi et Reine, des Pégases comme Cavaliers, les Archanges Uriel et Raphaël comme Fous, les Archanges Gabriel et Michaël comme Tours et des chérubins comme pions.
Sébastian la rejoignit devant les pièces noires reproduisant Satan et Lilith en Roi et Reine, des helhests* en Cavaliers, les démons Bélial et Pan en Fous, les démons Samaël et Beelzebuth en Tours et des diablotins en pions.
- Les blancs commencent toujours, souligna Sébastian. Honneur aux dames.
- Que tu es galant, répliqua Alexiel en avançant un chérubin de deux cases par la pensée.
Sébastian utilisa alors la tactique du miroir et avança le diablotin d'en face de deux cases. Il comprit que le jeu ne se jouait pas avec les mains, mais par télékinésie. Les coups se succédèrent rapidement et Sébastian prit un premier pion à Alexiel. Mais il eut un choc en voyant son Samaël se faire prendre par un cavalier. Et pas qu'un peu. Le Pégase d'Alexiel avait rué de coups de sabots sa Tour.
Jamais Sébastian n'avait enduré une partie d'échec si longue et dure. Alexiel était une formidable joueuse. Il tâchait de lui prendre autant de pièces qu'elle lui en volait. Il devait pour ça user de toutes les techniques de son répertoire. Si bien qu'environ à mi-chemin de la fin, ils avaient perdu le tiers de leurs pièces.
La partie devint tout d'un coup illogique pour Sébastian. Au moment où il était en train de se faire prendre un autre pion, il remarqua quelque chose d'étrange. La pièce d'Alexiel, avant de bouger, avait comme été brouillée. Le même phénomène se reproduit deux ou trois fois. Il ne saisit l'importance du fait que quand son Roi Satan fut en danger.
Il n'en revenait pas! Pas étonnant qu'il soit en si mauvaise posture maintenant! Il sentit la colère affluer dans son corps. Comment avait-elle pu?!
Sous le coup de la rage, il se releva vivement et brusquement, il éjecta la table de pierre à l'autre bout de la salle où elle se fracassa. Les fragiles pièces d'échec obtinrent le même sort et finir en mille morceaux. Durant tout ce temps, Alexiel n'avait pas émis le moindre son, le moindre geste. Elle était demeurée parfaitement calme, les jambes croisées et les mains posées sur les appuie-bras de son fauteuil. Elle garda le petit sourire espiègle de tout à l'heure, regardant Sébastian prendre lentement sa forme démoniaque. Celle-là même qu'il avait endossée lors de son premier combat avec Vincent. Des plumes noires se formèrent sur ses membres et sur son dos, des ailes, des griffes et des canines pointues lui poussèrent et ses yeux s'étaient dilatés.
- J'arrive pas à y croire!, s'écria-t-il. Vous vous êtes fichu de moi durant tout ce temps-là!
- …
- Pourquoi vous avez fait ça?! Si vous avez lu en moi quand je suis entré, pourquoi m'avoir fait perdre mon temps?!
Alexiel garda le silence et son sourire innocent. Perdant patience, Sébastian poussa un rugissement. Son aura noire en corbeau émergea de son corps et sans crier gare, il se rua sur la Grande Immortelle. Celle-ci se laissa faire et elle fut clouée contre le mur. Souriante, elle plongea son regard dans celui incandescent de Sébastian.
- Tous ces caprices, toute cette perte de temps!...Ne vous rendez-vous pas compte que pendant que je suis ici, des centaines de milliers d'innocents meurent à cause de la tyrannie du comte Phantomhive?!
Alexiel ferma les yeux un instant, pour les rouvrir noir.
- Réfléchis un peu à qui tu t'adresses, petit démon.
Il y eut soudainement une décharge électrique et Sébastian fut projeté contre le mur. Celui-ci s'enfonça en lui-même par le choc. Il fut si puissant que le jeune démon en cracha un peu de sang. Alexiel flotta à présent vers lui, une aura menaçante inhalant d'elle. Ses pupilles étaient dilatées comme celles des chats.
- Souviens-toi, Sébastian Michaelis…je pourrais te tuer en une fraction de seconde.
Le susnommé se dégagea du mur, fit rouler ses muscles pour les dérouiller et toisa férocement Alexiel.
- Essayez seulement…
* Helhests: Un Helhest ou Helhestr («cheval des enfers» ou «cheval de la déesse des enfers») est, dans le folklore du Danemark et du Schleswig, un cheval à trois jambes associé au royaume des morts, Hel, ainsi qu'à la déesse scandinave de ce royaume, qui porte également le nom de Hel. Ce cheval mentionné par Jacob Grimm dans son étude de la mythologie teutonne l'est ensuite durant tout le XIXe siècle où, selon la croyance populaire, le Helhest, cheval fantôme monté par la Mort, annonçait la maladie, les accidents et surtout les décès. Il pouvait aussi s'agir du fantôme d'un cheval enterré vivant sous les cimetières suivant une ancienne tradition, afin qu'il revienne guider les morts comme psychopompe. La légende veut que toute personne qui voie le Helhest soit sur le point de «fermer les yeux et de s'en aller», c'est-à-dire de mourir. La vision du cheval ou le simple fait d'entendre ses pas s'avèrent mortels, le son des pas du Helhest sur ses trois jambes étant clairement identifiable.
