Coucou à tous ! Désolée pour l'attente, j'ai eu des soucis à régler IRL. Voici donc la suite, j'espère que ça vous plaira !

Lorsqu'il arriva sur place, l'ambulancier Connor Smith mit plusieurs minutes à trouver ceux qu'il cherchait. Il s'étonna vaguement d'entendre crisser les pneus de la voiture qui avait détalé devant eux mais prit comme un bon signe le départ des probables agresseurs. Cela signifiait qu'il ne courrait pas de danger immédiat.

En temps normal, il avait pour consigne d'attendre dans l'ambulance que la police arrive pour les protéger mais son instinct prit le dessus et le poussa à pénétrer dans le hangar branlant. Il ignora complètement les protestations de son collègue Anderson qu'il ne portait pas franchement dans son cœur. Quand il posa enfin les yeux sur les deux silhouettes au centre, il eut un instant de doute puis il se reprit. Le devoir avant tout.

_ Par ici ! cria l'homme. On lui a tiré dessus. J'ai réussi à contrôler l'hémorragie mais son état est instable ! Je pense que le poumon est touché !

Connor courut pour les rejoindre et s'agenouilla auprès de la blessée. De par sa simple posture, il comprit que l'homme avait des notions de secourisme. Et le souffle de la blessée confirmait l'hypothèse d'un pneumothorax. La jeune femme était littéralement en train de s'asphyxier.

_ Maintenez la pression, il ne faut pas que l'air pénètre par la plaie ça l'agrandirait, dit-il. Ca fait combien de temps ?

_ Une quinzaine de minutes, répondit Diggle.

_ Est-ce qu'elle a perdu connaissance ?

_ Pas vraiment, mais elle est a-réactive depuis un petit moment.

Alice avait en effet les yeux ouverts mais immobiles. Ils fixaient le vide droit devant elle. Un battement de paupières prouva à Connor qu'elle n'était pas morte, mais il préféra ne pas perdre plus de temps.

_ Elle est en état de choc, annonça Connor tandis qu'Anderson apportait la planche. Il faut se dépêcher. J'ai un pneumo à droite, une perte de plus d'un litre de sang et une saturation plus que limite !

Posant une perfusion, il entreprit de compenser les pertes sanguines par une solution saline. Il posa un masque à oxygène qu'il ouvrit à fond et hésita un moment à décompresser mais le poumon ne s'était pas totalement affaissé. Sous ses mains, la jeune femme continuait de fixer le vide en versant quelques ultimes larmes. Son état était très précaire.

_ Vous savez comment elle s'appelle ?

_ Non, improvisa Diggle. Je passais dans les environs et j'ai entendu les coups de feu. Je n'en sais pas plus.

_ D'accord, répondit Connor. Restez ici, la police va arriver d'une minute à l'autre.

_ La patrouille a été détournée par mes soins, murmura la voix de Felicity dans son oreillette. Tu as dix minutes pour déguerpir.

Diggle lui fut gré d'avoir devancé ses pensées et de lui offrir une échappatoire. Poupée de chiffons, Alice se laissa transporter sans manifester la moindre réaction. Le regard tendu, John regarda disparaître l'ambulance avant de se tourner pour reprendre sa voiture. Il avisa deux motos à la place.

_ Ils sont gentils, mais je ne suis pas encore capable de piloter deux de ces engins en même temps…

N'hésitant qu'un instant, il opta pour l'engin le plus cylindré des deux.

Sarah aurait probablement besoin de s'acheter une nouvelle moto parce que John doutait qu'il la retrouve au matin dans un quartier comme celui-ci. Si tant est que la police ne la saisisse pas.

« Il ne faut pas laisser d'indices » songea-t-il.

C'est alors qu'il se souvint d'un ordinateur à l'intérieur du bâtiment. Il s'empressa de le récupérer et le glissa dans la sacoche de la moto d'Oliver, soulagé qu'il s'agisse d'un de ces tout petits ordinateurs. Diggle en était persuadé : il trouverait des éléments intéressants dedans, avec l'aide de Felicity. Alice ne pourrait rien leur dissimuler…

A contre cœur, John ouvrit le réservoir d'essence de la moto de Sarah et y glissa un bout de carton trouvé juste à côté. Il alluma l'autre extrémité avant de déguerpir. Dans son oreille, la voix tendue de Felicity lui demanda si la jeune femme allait s'en sortir. John sentit la culpabilité pointer. Ce n'était pas la première fois qu'il blessait quelqu'un, mais d'ordinaire les méchants n'avaient pas l'air aussi perdu et aussi misérable qu'Alice lorsqu'il avait croisé pour la première fois son regard. Il pensait avoir vu le summum de douleur chez Oliver dans les premiers temps de son retour, il n'en était plus certain à présent.

_ Ca sera déjà un miracle si elle passe la nuit, lança-t-il entre ses dents serrées. Il faut préparer Oliver à cette éventualité…