Désolée pour cet ééénorme délai, mais le quotidien m'a rattrapée et je n'ai pu écrire depuis plus de deux mois. Rien de potable du moins...
Disclaimer: Rien n'est à moi sauf les âneries que j'invente et les personnages qui n'apparaissent pas dans la série. C'est mieux que rien.
Bonne lecture mes chers lecteurs et pensez aux commentaires, ils sont toujours utiles quand ils sont encourageants et constructifs. Merci!
TROIS
C'était incroyable. Elle était incroyable, il se sentait incroyable et ils étaient incroyables ensemble. Malgré que cette première fois était passionnée, presque animale, ils se sentaient bien dans cet élan irrépressible. Ils avaient faim l'un de l'autre, leurs corps ne se dessoudaient plus, leurs sueurs se mêlaient, leurs haleines se fondaient, leurs peaux brûlaient mais ils en voulaient davantage. Son cerveau n'était qu'un amalgame diffus d'images de Kate, de mots dépareillés et de sensations intenses. Richard Castle avait perdu pied sous le contact torride de sa partenaire et il s'abandonnait volontiers à cette frénésie qui ne semblait pouvoir s'arrêter. Jamais il n'avait atteint le point culminant et continué. C'était comme si tous les deux disposaient d'une énergie infinie qui les maintenait dans une passion débordante. Plus rien n'existait. Rien d'autre que son corps attaché au sien, leurs mouvements synchronisés, cette bouche sensuelle qui explorait sa peau, ce dos et ce bassin qui s'arque-voûtaient pour épouser ses formes et s'abandonner au plaisir. Ils étaient en extase. Depuis combien de temps, il ne saurait le dire et il n'en avait cure, ils avaient tant de frustrations à exorciser...
-3-
Si des voyeurs avaient assisté à la scène ils auraient vu deux corps frémissants sur un lit complètement défait. Des grognements, des soupirs, des murmures parfois, des halètements, des gémissements de plaisir seraient parvenus jusqu'à leurs oreilles. Ils auraient entendu aussi le claquement continu de la tête de lit venir frapper des coups réguliers sur le mur de la chambre. En tendant un peu plus l'oreille, ils auraient capté la légère sonnerie d'un portable quelques minutes plus tôt. Et surtout, ils se seraient aperçus de la vaine tentative de glisser la clef dans la serrure de la porte d'entrée. Vaine, car la clef de Richard se trouvait toujours sur la porte donc empêchait toute autre clef d'ouvrir. Puis on toqua. Tout doucement d'abord. Après tout, il était tard.
Il pouvait dormir.
Écrire, peut-être ?
Prendre une douche même.
Ralph, concerné, était monté avec les filles. Il avait commencé à s'inquiéter vraiment après avoir regardé les images vidéo de l'entrée de l'immeuble. Monsieur Castle n'était pas sorti de son appartement. Il s'inquiétait aussi de Mademoiselle Alexis. Il la connaissait depuis qu'elle était haute comme trois pommes, que lui arriverait-il si son père n'était plus à ses côtés ? Le concierge secoua la tête, il était trop défaitiste.
Alexis regarda Page. Celle-ci haussa les épaules. L'imagination fertile de la rouquine, héritée de son père, continua à lui donner des raisons pour lesquelles il n'ouvrait pas sa porte. Mais comme son illustre paternel, son esprit s'envolait facilement et elle finissait par dériver vers les plus noirs augures.
Il avait fini le fondant au chocolat de Martha et ne pouvait plus bouger des toilettes...
Il s'était électrocuté avec la manette de son ancienne PlayStation 2 qu'il ressortait parfois. Transpiration et fil électrique élimé ne font pas bon ménage.
Il était peut-être tombé des escaliers et perdu connaissance ?
Il s'était fait assommer par un voleur pris en flag ?
Une groupie l'avait pris en otage et s'en servait d'objet sexuel.
Un tueur vindicatif l'avait peut-être attaché sur une chaise et bâillonné ?
Il avait eu une crise cardiaque en regardant The Walking Dead ou en apprenant que son couple préféré dans Danse avec les stars avait été éliminé...
L'adrénaline lui monta à la tête et elle tapa de plus belle, jusqu'à ce que les mains lui firent mal. Elle ne s'arrêta que lorsque la porte de l'ascenseur s'ouvrit. Javier en sortit, le pas décidé.
-Yo, les filles! Papa Castle ne répond toujours pas?
-Non, Espo. Je ne sais plus quoi faire.
Le latino eut le cœur brisé en entendant la désespérance dans la voix d'Alexis. A vrai dire, il s'inquiétait lui aussi.
-Vous êtes sûr de qu'il n'est pas sorti? Demanda-t-il se tournant vers Ralph.
-Non, monsieur Castle n'est pas sorti. J'ai vérifié les enregistrements et je me suis arrêté à chaque homme qui a franchi la porte que ce soit dans un sans comme dans l'autre.
-Alors il est là dedans...
-3-
-Auch... Castle tomba rudement sur le sol, juste à côté de son grand lit qui apparemment ne pouvait pas contenir l'étendue de leur ardeur. Le bruit mat fut étouffé par la couverture et les draps qui avaient déserté la couche bien plus tôt. Kate le suivit pour se mettre à califourchon sur lui, le regard malicieux, bien décidée à en découdre encore, même sur le sol. Leurs ébats, moins intenses, avaient continué comme un jeu et Rick accueillit la bouche de Kate avec un rire contagieux. La jeune femme sourit et finit par s'écarter. Rick la regarda un instant. Elle lui rendit l'attention, se concentrant sur ce visage rayonnant. Il avait l'air tellement heureux. Et elle se sentait heureuse aussi, plus qu'elle ne l'avait été depuis très longtemps. Les sentiments qui bouillonnaient en elle la confortaient dans sa décision. C'était bien ce bonheur qu'elle avait envie d'inspirer dans ces yeux bleus qu'elle aimait tant. Ces yeux qui la caressaient en ce moment même, ces yeux qui la chérissaient et l'adoraient. Ce regard éveillait une multitude de sensations en Kate Beckett. Elle aurait eu envie de lui dire qu'elle l'aimait, qu'elle l'aimait depuis longtemps déjà, qu'elle n'avait jamais rien ressenti de la sorte. Mais il était encore trop tôt, trop tôt pour elle. Elle n'était pas douée pour exprimer ses sentiments et ne voulait pas le faire maintenant même si elle en avait tant envie en regardant ce visage qu'elle avait appris à déchiffrer. Rick Castle était doué avec les mots mais il n'en avait pas besoin pour faire passer le message, clair et précis, qui transparaissait dans ces magnifiques iris bleus. Là aussi, leurs pensées étaient parfaitement synchronisées. Le sourire tendre de Rick s'élargit en voyant tout ce que Kate tentait de contenir L'écrivain se redressa, écourta la distance entre les deux bouches avec un baiser délicat. Cela calma l'ardeur de la jeune femme, appréciant ce changement de rythme, appréciant ce Castle aimant, affectionné, apaisant. Elle avait été surprise du Castle déchaîné et virile, cela épousait parfaitement sa propre dynamique, mais elle était tout aussi éprise de cet homme qui se déployait tous les jours en attentions, en petits riens qui illuminaient ses journées. Elle le retrouvait à présent, dans ses mains caressantes, dans ses lèvres soyeuses aux mouvements lents et voluptueux.
-3-
Le téléphone d'Espo vibra dans la poche arrière de son jean.
-Oui Chica. Non, toujours rien.
Alexis écoutait d'une oreille distraite les échanges entre Javier et Lanie. Que tout le monde s'inquiète de la sorte ne la réconfortait guère. Cela voulait dire que son appréhension était tout à fait justifiée.
-Oui, je sais qu'il s'est enrobé quelque peu. Ça veut pas dire que son taux de cholestérol crève le plafond.
Lanie pariait apparemment pour un problème cardiovasculaire. Toute l'attention de la rouquine se polarisa alors sur la porte qui la narguait et qui ne voulait pas s'ouvrir. Il fallait faire quelque chose et vite.
-Non, je n'ai pas pu l'avoir non plus. Je suppose qu'elle ne veut pas être dérangée. Comme elle n'est pas d'astreinte... Oui, c'est une idée.
Javier se tourna vers Alexis.
-Lanie propose que tu envoies un message à Kate. Elle ne veut peut-être pas discuter au téléphone mais de lire un message ne lui coûte rien.
Alexis ressortit son portable et commença à tapoter sur son clavier tactile. Pas moyen d'avoir des nouvelles de papa. Rappelez-moi si vous le pouvez. Merci. A. Castle.
-Lanie dit qu'elle va passer chez Kate.
-Je ne sais pas si c'est nécessaire, répliqua Alexis. Papa est à la maison mais de toute évidence il est dans l'impossibilité de répondre. Il voudrait mieux qu'elle vienne ici. On ne sait jamais... La voix de la jeune femme se brisa.
C'en était trop pour lui. Javier Esposito n'était pas homme à tergiverser. Si la petite pensait que son père était peut être en danger, il fallait abattre la porte sans plus tarder puis appeler Lanie. Alexis avait raison, La légiste pouvait être plus utile ici que chez Kate. Il recomposa le numéro de Lanie.
-Oye, Chica. Changement de plans. Alexis te demande de venir au cas où son père aurait besoin d'assistance médicale.
Assistance médicale. Cette fois-ci le sang d'Alexis tourna complètement. Elle recommença à tambouriner, fortement, ignorant la porte du voisin qui s'ouvrait. Monsieur Schimberg sortit, visiblement de mauvaise humeur. Il jeta un coup d'œil à sa montre à 5000 dollars et les rides entre ses deux sourcils grisonnants se creusèrent. Pieds nus, il s'approcha du groupe sans bruit.
-Qu'est-ce qu'il se passe ici? Espo fit un bond, alerté par la voix de Monsieur Schimberg.
Alexis continuait à frapper à la porte comme si elle était la coupable de sa détresse.
-Papa! Papa! Ouvre!
-Mais c'est quoi tout ce raffut? Espo sortit la plaque et la montra au voisin qui était visiblement de plus en plus excédé par le vacarme ambiant. Il était en robe de chambre. Le pauvre type avait dû être dérangé pendant son sommeil.
-NYPD, répliqua Espo avec son autorité habituelle. Nous pensons que Monsieur Castle peut avoir des soucis.
-Monsieur Castle a souvent des ennuis... et il en est souvent la cause.
Espo lança au voisin un regard glacial au plus pur style Beckett. Le voisin recula mais ne rentra pas chez lui. Javier s'approcha d'Alexis et la prit par le bras, doucement, lui signifiant que cela ne servait à rien.
-On va passer au plan B, dit-il.
-Plan B? demandèrent Alexis, Page et Ralph à l'unisson.
-Je vais abattre la porte.
-3-
Ils étaient retournés sur le lit. Le sol c'était bien, mais le matelas était bien plus moelleux pour cette sorte de quiétude lascive qui commençait à les envahir. Leurs corps se touchaient, leurs membres s'entremêlaient. Leurs mains paressaient, caressantes, continuaient d'explorer à l'aveugle, épousant les courbes, câlinant les angles, se promenant dans les cheveux, s'arrêtant dans les zones où la peau douce et sensible semblait les appeler. De temps en temps, un soupir de bien-être s'échappait de l'un ou de l'autre. S'ensuivait alors un resserrement des membres comme si chacun voulait donner plus de soi pour intensifier le sentiment, donner un peu plus de plénitude à leur état d'esprit. Ils étaient dans une bulle. Ils se suffisaient et rien d'autre n'importait, rien d'autre n'existait au-delà de cette chambre à la porte fermée sur le monde extérieur.
-3-
Javier prit de l'élan. Devait-il y aller à coups de pied ou à coups d'épaule? La porte avait l'air drôlement costaude et il risquait d'y gagner des séances de kiné s'il l'impactait avec l'épaule. Il opta donc par le coup de pied. Le Latino se plaça devant la porte, les autres se demandant à quoi il jouait à prendre de l'élan puis à refaire le chemin inverse. Finalement, Javier était tout aussi stressé qu'Alexis. Il aimait Castle comme un frère. Un frère qu'on aurait choisi. Puis, avec qui allait-il jouer à Halo si Castle n'était plus là?
Alexis regarda Javier se placer devant la porte, toute une pléiade d'émotions se succédant sur son beau visage brun, puis hausser la jambe, armer son pied et frapper rudement sur la porte massive. Elle n'avait pas bougé. Toujours déterminé, il leva la jambe une deuxième fois et frappa. La trace de sa chaussure s'imprima sur le revêtement mais la porte ne s'ouvrit pas. Il allait asséner un troisième coup que l'ascenseur s'ouvrit de nouveau. Ryan en sortit accompagné de Jenny. La jeune mariée vînt tout se suite se placer de l'autre côté d'Alexis. La rouquine était cernée par l'affection de son amie et de l'épouse de Ryan et cela la réconforta. Sans dire un mot, Ryan alla rejoindre son coéquipier et entreprit d'abattre la porte avec lui.
-3-
Castle et Beckett se séparèrent, alertés. La porte de la chambre avait beau être fermée, le bruit était tel qu'ils l'avaient entendu. Ils se redressèrent, frénétiques, enfilèrent aussi vite qu'ils le purent leurs sous-vêtements. Castle ouvrit un tiroir pour en extraire un t-shirt et un short propres. Il se rhabilla en marchant vers le salon dans une trajectoire hasardeuse, qui le fit se prendre les pieds avec une des étagères et atterrir sur les genoux.
-Ça va? Demanda Kate à voix basse.
-Oui, oui, répondit-il. Ses yeux se perdirent dans la contemplation du corps magnifique de la jeune femme.
-Rick!
-Oui, oui, je sais.
Ils continuèrent, au trot, sur la pointe des pieds tout en collectant en toute hâte les vêtements éparpillés. Il y en avait vraiment partout. Rick s'immobilisa, crispant la mâchoire pour réprimer un cri de douleur. Dans la précipitation il n'avait pas vu les débris de verre sur le sol. Il mit une main sur la bouche, pour s'empêcher de crier.
-Quoi? Demanda Beckett ne bougeant que les lèvres.
-C'était la lampe de ma mère, répondit Castle en chuchotant.
Un nouveau coup retentit, bien plus fort cette fois-ci et la porte bougea. Castle avança vers Beckett, le plus vite possible, boitillant, et lui posa tous les vêtements sur les bras. Elle s'éclipsa mais au lieu de partir tout de suite s'habiller, elle se cacha derrière la porte entre-baillée du bureau de Castle, son arme de service au poing. La réalisation de qu'elle était presque nue tenant son glock la fit sourire. Était-elle l'inspiration de Nikki Heat ou les rôles avaient fini par s'inverser?
L'auteur alla vers la cuisine pour se saisir d'un couteau. Si on cherchait à enfoncer la porte, ce n'était pas forcément une visite de courtoisie. Il finit par aller se planquer avec Kate et attendit. La porte émit un craquement sinistre qui se répercuta dans tout le loft mais ne finit pas par céder.
-Foutue porte! S'exclama Espo, excédé.
-Encore un coup et c'en sera fini. La voix de Ryan filtra à travers l'entrée.
-Papa? Papa!
Castle et Beckett se regardèrent, éberlués. Mais qu'est-ce qui se passait?
-Vite, va dans la douche!
-Quoi? -Va donc prendre une douche.
-Mais...
-Dis-leur que tu étais sous la douche et que tu n'as rien entendu. Kate le saisit par les épaules et l'encouragea dans la direction qu'il devait prendre. L'homme avait l'esprit vif mais dans certaines situations il était un peu long à la détente. Kate regarda la traînée sanguinolente que les pieds de Castle avaient laissé et se mordit la lèvre. Il allait falloir lui enlever les morceaux de verre incrustés à coups de pince à épiler. Pauvre Rick, il devait avoir un mal de chien.
-Oh, mon Dieu!
La voix paniquée d'Alexis la fit sursauter. La jeune femme venait de voir la lampe brisée et le sang sur le sol. Il y avait aussi le canapé déplacé. Quand Rick avait percuté le canapé du salon les coussins avaient glissé au sol et le gobelet de café avait lui aussi fait un plongeon. Dans l'appartement de Rick, où tout était toujours à sa place, le moindre désordre se voyait comme le nez au milieu de la figure. Kate se tourna en toute hâte, sans savoir où se cacher. Son regard se porta sur le placard. Non, jamais de la vie elle ne se cacherait dans un placard, ça faisait trop mauvais genre à son goût. Le bruit de l'eau lui indiqua que Castle avait fini par émerger et comprendre ce qu'elle lui avait dit.
-Castle!
L'image d'Espo tenant son arme et sécurisant la zone se forma dans son esprit. Elle finit par décider qu'elle devait disparaître de la vue, d'autant qu'elle était toujours quasiment nue, et alla se réfugier dans la salle de bains où Castle se trouvait. En entendant la porte s'ouvrir il fit un bond monumental et se raccrocha de justesse au rideau de la douche pour se stabiliser.
-Bon Dieu, Kate, tu as failli me flanquer une crise cardiaque!
-Shut, dit-elle le rejoignant sous l'eau chaude. Va, sors et rhabille-toi. Ta fille vient de voir le sang sur le sol et est en train de paniquer.
-Oh, non, Alexis...
Castle s'empressa d'enfiler son boxer et son short et ouvrit légèrement la porte. Rien à l'horizon. Il ferma la salle de bains derrière lui et entreprit de mettre son t-shirt.
-Papa!
-Je suis là!
-Castle, tout va bien? La voix de Javier tonna soudainement, a quelques mètres de lui.
Une tornade rousse entra dans la chambre, bousculant au passage le latino, une expression horrifiée sur le visage en voyant les traces de sang sur le sol, sur les draps et sur la couverture qui jonchaient le sol. Alexis lui sauta au cou, lui coupant la respiration et le faisant reculer et heurter la porte de la salle de bains. Un éclair de douleur lui courut par la jambe droite, de la plante des pieds jusqu'au genou. Magnifique, sa porte d'entrée n'était plus qu'un amalgame de bois, d'isolant et d'acier, le vase de sa mère avait éclaté en mille morceaux -qui eux s'étaient incrustés dans son pied- il y avait des traces de sang partout, Kate était obligée de se cacher dans sa salle de bains et Alexis était arrivée avec des renforts -combien, il n'aurait su le dire- en croyant qu'un malheur s'était abattu sur lui. La situation aurait pu le faire sourire, si c'était arrivé à quelqu'un d'autre.
-Ma chérie, que se passe-t-il?
-Tout ce sang... lança Alexis en s'écartant de son père pour constater l'étendue des dégâts. Tu es blessé?
-Blessé? Les sourcils de Castle se levèrent, sans comprendre. Oh, tu veux dire ça? Il leva le pied, juste pour constater qu'une nouvelle flaque de sang maculait le sol.
-Castle, que s'est-il passé ici? Questionna Ryan, jetant un regard circulaire. Quel bazar!
-Euh, rien. Enfin, rien de grave. J'ai fait tomber la lampe dans le salon et j'y ai mis les pieds sans le vouloir.
-Papa, tu as bu?
-Hein?
-Tu m'as l'air quelque peu distrait et étrangement maladroit...
Une ombre passa sur le visage à présent plus serein d'Alexis. Il arrivait à son père de boire et de tomber dans une sorte de turpitude proche de la dépression. L'été dernier avait été un moment difficile pour lui. Elle ne voulait pas que son père se laisse de nouveau aller de la sorte. Elle ne voulait pas le voir souffrir, surtout quand il semblait aller bien mieux.
-Non, non, je suis, euh, fatigué?
-Tu m'étonnes... lâcha Ryan en regardant Castle puis le lit sans dessus-dessous.
-Quoi? Non! J'ai écrit pendant des heures. Un trip d'écrivain, sans dormir ni vraiment me nourrir.
-C'est pas ce que nous dit ton lit mon pote, ajouta Javier dont les pensées abondaient dans le même sens que celles de son coéquipier.
-Je ne l'ai pas fait depuis quelques jours? L'excuse semblait faible, même à sa propre oreille.
-Qu'est-ce que vous n'avez pas fait depuis quelques jours, Castle? Renchérit Kevin, espiègle.
-Voyons, mon lit, Ryan, mon lit!
-Vous êtes plutôt du genre remuant...
-Très drôle Espo. Je fais des cauchemars. Des cauchemars horribles, très réalistes...
-Peu importe, coupa Alexis. L'essentiel c'est que tu sois sain et sauf. La jeune femme envoya un regard suppliant aux deux policiers et Ryan fit signe à Espo de sortir de la pièce pour leur laisser le temps de s'expliquer sans public mal venu.
-Je suis désolé ma chérie. Je ne voulais pas que tu te fasses de soucis.
-J'ai essayé de t'appeler à plusieurs reprises sans succès. Au début ça sonnait puis je n'ai eu que la messagerie.
-J'ai écrit, des heures durant. Mon portable est resté dans le salon et comme j'étais tellement pris par l'histoire... puis il a dû se décharger... oh, je suis tellement désolé, répliqua difficilement Castle tout en prenant sa fille dans ses bras. Excuse-moi.
-Mais tout ce sang, tout ce désordre...
-Un malheureux concours de circonstances. Rien de plus.
-C'est bien assez. Tu me le dirais si quelque chose n'allait pas, n'est-ce pas?
-Oui. Bien sûr que oui, répondit-il avec un sourire rassurant. Il déposa un baiser sur son front et la regarda dans les yeux, sincère. Je suis désolé, vraiment désolé.
Alexis sourit, enfin rassérénée. Elle embrassa son père sur la joue et se dirigea vers le placard. Le cœur de Castle rata un battement en prenant conscience de qu'il avait pensé demander à Kate de se cacher dans la même penderie où sa fille fouillait à la recherche de... de quoi en fait?
Elle en sortit une robe de chambre, la noire à rayures blanches, et la tendit à son père.
-Je trouve qu'il n'y fait pas franchement chaud ici.
Il voulut la refuser mais il se ravisa malgré le sang qui bouillonnait encore dans ses veines. La couleur lui monta aux joues en comprenant que son état d'excitation était encore assez fort pour que sa température corporelle soit au-dessus de la moyenne.
-Merci, ma chérie. Elle sourit et se dirigea vers la porte de la chambre. Alors qu'elle allait sortir, elle se retourna, les sourcils froncés, interloquée.
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