Deux suites pour le prix d'une puisque je suis généreuse aujourd'hui !
J'espère que ça vous plaira aussi !
Lorsqu'il ouvrit les yeux, Oliver Queen ne reconnut pas immédiatement ce qui constituait son repère. Il lui fallut quelques battements de paupières pour revenir tout à fait à lui. Se redressant en position assise, il sentit la couverture glisser de son corps et s'étonna d'être presque nu, avant de se souvenir pourquoi. C'est alors qu'il avisa l'unique silhouette en face de lui, qui lui laissait le temps de se reprendre.
Il fut infiniment soulagé qu'il ne s'agisse ni de Sarah, ni de Diggle.
_ Tiens, murmura-t-elle en lui tendant une bouteille contenant de l'eau mélangée à une boisson énergétique. Tu auras besoin de forces si tu vas à l'hôpital.
Il la remercia d'un signe de tête, appréciant qu'elle ne le défie pas sur ses intentions. Il but lentement en sentant les derniers effets des narcotiques quitter son corps. Un coup de chance que les deux produits qu'on lui avait injectés à quelques heures d'intervalles ne soient pas incompatibles sans quoi il aurait pu faire une réaction grave. Sarah y avait-elle songé avant de lui tirer dessus avec une petite arbalète ? Amèrement, il en doutait.
_ Où sont-ils ? demanda-t-il simplement.
_ Diggle était à l'hôpital mais il a dû partir. Une histoire avec Lyla, il n'a pas pu m'en dire plus. Pour Sarah…
_ Peu importe, coupa l'homme en se levant, ignorant volontairement le rouge qui monta aux joues de son assistante.
Dévouée, elle lui tendit un paquet de vêtements propres et intacts. Il les passa lentement et s'étonna du profond silence de sa compagne, d'ordinaire si volubile. C'est pourquoi il se sentit obligé de parler à sa place.
_ Si tu as des questions à me poser, tu peux y aller.
Elle n'hésita qu'une seconde avant de répondre.
_ Non. Je pense que de nous deux c'est plutôt toi qui as besoin de réponses.
Il la regarda longuement tout en enfilant son pantalon. Quand il fut présentable, elle passa son manteau et prit les clefs de sa voiture avant de se diriger vers la sortie. Il ne comprit pas ses intentions et attendit qu'elle se retourne vers lui. Il n'avait pas bougé. Il était un peu trop perdu.
_ Je t'accompagne à l'hôpital, lança-t-elle d'un ton doux et évident. Tu n'as pas à faire ça tout seul.
Elle lui sourit et monta l'escalier. Docilement, il la suivit.
Le trajet se fit dans un silence religieux. Felicity était très concentrée sur la route et trouva une place sitôt arrivés sur le parking. Coupant le moteur, elle le regarda et vit que les mains d'Oliver s'étaient mises à trembler. Sans réfléchir, elle posa la sienne dessus et prit contre les siens les doigts noueux et tendus. Un sourire fut tout ce qu'elle trouva pour le rassurer. Ca ne suffit pas.
_ Parles-moi…
Il eut un profond soupir et leva les yeux au ciel. Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, Oliver était au bord des larmes. Son cœur se fendit mais elle attendit qu'il se lance, consciente que le pousser ne servirait à rien. Plusieurs minutes passèrent puis la voix résonna, faible et hésitante.
_ Je… Ne sais pas ce que je vais lui dire, murmura-t-il avant d'avoir un rire cynique. Si tant est qu'elle ne soit pas…
Il était incapable de le dire, mais elle avait parfaitement compris.
_ Un problème à la fois, dit-elle. Tâchons d'abord de voir comment elle, ensuite on se souciera de ton discours. Je ne pense pas qu'elle sera éveillée de toute façon.
Ca sonnait tellement mal formulé ainsi mais il ne releva pas. Oliver tenta de se reprendre, il libéra ses mains et agrippa la poignée de la portière mais il ne l'ouvrit pas. L'instant d'après, il fondait sur elle pour se réfugier dans ses bras. Felicity ne réagit pas immédiatement mais, quand elle comprit finalement, elle le serra aussi fort qu'elle le pouvait, ce qui ne risquait pas de lui faire mal au vu de la taille ridicule de ses biceps.
Mais c'est le geste qui compte…
Après une durée qu'elle ne saurait déterminer, l'homme finit par s'arracher d'elle et essuya ses yeux. Il se racla plusieurs fois la gorge puis secoua son visage pour achever de se remettre les idées en place. Ensuite, il se tourna vers la portière qu'il enclencha.
_ Merci Felicity, furent ses seuls mots avant de se lever et de sortir.
La blonde resta interdite, le cœur battant à tout rompre.
« J'ai eu un câlin d'Oliver ! J'ai eu un câlin d'Oliver ! » chantonnait une voix dans sa tête qu'elle fit taire sèchement.
Elle se demanda un instant si elle était censée le suivre ou non puis elle décida qu'elle s'en fichait. D'un mouvement ample, elle alla pour se lever après avoir ouvert sa portière. Elle avait juste oublié de détacher sa ceinture et se trouva stupidement toujours assise. Pestant contre elle-même, elle fit les choses correctement et trottina jusqu'à l'entrée de l'hôpital après avoir fermé sa voiture à clef.
Oliver était toujours à l'accueil et il conversait à voix basse avec un infirmier visiblement obtus. La jeune femme se dit qu'il était temps qu'il arrive parce qu'Oliver semblait sur le point de lui arracher la langue pour la lui faire avaler. Elle fila contre lui et lança un regard désespéré à l'infirmier, plus réceptif d'un coup.
_ Alors ? dit-elle d'une voix faussement angoissée, regardant tour à tour les deux hommes.
Oliver était trop agacé pour s'étonner de son manège et elle se demanda comment il parvint à répondre tant ses mâchoires étaient serrées.
_ Il ne veut rien dire.
L'infirmier devait avoir un semblant d'instinct de survie puisqu'il recula sous le ton employé. Felicity ne se démonta pas.
_ Ecoutez, dit-elle en avisant son badge. Larry… Il faut absolument que je sache comment va ma cousine ! On s'est disputées et elle est partie fâchée. Ensuite, on a entendu des coups de feu et les sirènes. Le temps d'arriver sur place et elle était déjà partie. Les policiers nous ont retenu depuis, insistant pour prendre ma déposition puisque le seul témoin s'était enfui. Mais je n'ais rien vu ! Il a fallu que je leur répète encore et encore… Vous devez comprendre mon fiancé, il est aussi nerveux que moi. Je vous en prie Larry, dites-moi qu'elle va bien.
Oliver fut scotché par se prestation, suffisamment pour ne pas relever le fait qu'elle l'avait désigné comme son fiancé. L'infirmier, quant à lui, semblait beaucoup plus enclin à les aider. Il leur demanda un instant pour aller se renseigner. Felicity le regarda partir avant de fixer Oliver.
_ Tu… commença-t-il et il dut s'y reprendre pour continuer. Tu as considérablement progressé sur tes excuses…
Elle rosit de plaisir et lui fit un clin d'œil entendu, sans rien ajouter puisque l'infirmier revenait.
_ Votre cousine a eu beaucoup de chance, dit-il. Elle vient de sortir de chirurgie et ils ont pu extraire la balle et réparer les dégâts. Ah d'ailleurs, agent ?
Un uniforme apparu dans leur champ de vision et Felicity dut se retenir de toutes ses forces de soupirer de soulagement quand son collègue Lance le rejoignit.
_ Voici la balle, annonça l'infirmier en tentant un sac de plastique. Ces personnes sont de la famille de la victime.
_ Vraiment, grinça Lance.
Pendant un instant, les échanges de regards furent intenses entre eux trois.
_ Je vais prendre leur déposition, annonça le collègue de Lance mais il intervint.
_ Non, je vais m'en charger. Rentre au poste et donne ça à la balistique.
Haussant les épaules, l'homme partit sans demander son reste.
_ Vous venez ? lança Quentin d'un ton pincé. Je vous emmène voir votre…
_ Cousine, précisa Felicity.
_ Votre cousine, reprit-il pour la forme.
_ Nous vous suivons, annonça Oliver, indifférent à leur couverture.
Ils se mirent en marche en silence. Une fois arrivés dans le bon service, Felicity profita qu'Oliver entre dans la chambre d'Alice pour prendre Lance à part.
_ Je ne peux pas tout vous expliquer, mais il s'agit d'une affaire impliquant notre ami commun, murmura-t-elle d'un ton entendu.
Pas naïf, le policier lui lança un regard torve.
_ Je ne m'en étais pas douté, miss Smoack, ironisa-t-il. D'où le témoin qui s'est enfui je présume.
_ Exactement, confirma-t-elle avec un sourire.
_ Et Queen ?
Elle hésita puis trouva la formulation la plus laconique qu'elle puisse.
_ Il est impliqué aussi. Il connaît la victime.
_ Ma fille n'était pas mêlée à toutes ces histoires ? Elle va bien ? s'inquiéta Quentin, résolu à ne pas obtenir plus de réponses.
_ Elle n'est pas blessée, répondit Felicity en se disant qu'elle ne devait pas aller bien.
Mais pour d'autres raisons qu'il n'avait pas besoin de savoir.
_ D'accord, soupira-t-il avec lassitude. Prévenez la victime qu'elle est votre cousine, histoire d'être au diapason quand je repasserai demain.
Elle hocha la tête avant qu'il ne s'éloigne. Il avait fait quelques pas quand il se retourna, avec un air indéchiffrable sur le visage.
_ Au fait, félicitations pour vos « fiançailles » avec Queen, targua-t-il.
Rouge, la blondinette s'empressa de rectifier.
_ Ce n'est pas vrai ! C'était juste pour qu'il le laisse venir la voir avec moi !
Lance ne put s'empêcher de sourire, aussi amusé que blasé.
_ J'avais compris, miss Smoack. J'avais compris.
_ Evidemment, murmura-t-elle alors il reprenait son chemin.
Quand il eut disparu au coin du couloir, elle leva les yeux au ciel en se répétant qu'elle était une idiote. Ensuite, elle hésita puis conclut que rester plantée au milieu du service de chirurgie allait attirer plus de questions qu'autre chose. Elle rejoignit donc Oliver dans la chambre. Il était assis aux côtés de la blessée qui dormait profondément. Felicity prit place un peu plus loin, se sentant de trop.
La longue attente commença.
