Merci pour les commentaires !
Voici deux suites !
_ Tu es sûre que tu ne veux pas me dire ce qui ne va pas ? Je pourrais peut-être t'aider, tu sais ?
Sarah gratifia sa sœur d'un sourire triste. C'était bien la meilleure !
_ Ca te fera du bien d'en parler… Alors quoi ? Ca s'est mal passé au Verdant ce soir ? Quelqu'un t'a cherché des crosses ?
Laurel avait la fâcheuse tendance à toujours la voir telle qu'elle était avant de disparaître. C'était comme si elle ne voulait pas savoir qu'elle était parfaitement capable de mettre en charpie quiconque lui « chercherait des crosses ». En un sens, c'était touchant. En un autre, c'était agaçant !
_ Non.
_ C'est… Oliver alors ? lança Laurel tout en redoutant la réponse.
Elle faisait de gros efforts pour accepter la situation mais elle n'était pas encore prête pour se retrouver en leurs présences à tous les deux. Néanmoins, elle prenait sur elle pour aider sa petite sœur… Si toutefois celle-ci daignait aligner plus de deux mots à la fois !
_ Ecoutes, tu peux m'en parler, si tu veux. Ca ne me dérange vraiment pas.
_ Tu mens toujours aussi mal, observa sa frangine avec philosophie.
_ Je fais ce que je peux !
Son indignation lui valut un autre sourire, sincère celui-là, puis un câlin. Preuve s'il le fallait que Sarah n'allait pas bien. Laurel voulut redoubler d'efforts mais elle comprit que c'était inutile. A défaut de mieux, elle alla chercher de la glace dans le freezer et deux grosses cuillères. Ensuite, elle se cala contre sa petite sœur sur le canapé et regarda avec elle un championnat de poker.
Elle se souvint rapidement qu'elle détestait ça…
Oliver n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Son esprit s'était déconnecté par instants mais on ne pouvait pas vraiment dire qu'il s'était reposé. Ankylosé, il profita des premiers rayons de soleil pour se lever et bouger un peu ses épaules endolories sans faire de bruit. Quand il s'étira, la blessure de son flanc le fit grimacer mais il ne s'en soucia pas. Il avait connu bien pire douleur et, pour le moment, c'était le cadet de ses soucis. Un jour, sans doute, son corps réclamerait le prix de tout ce qu'il lui imposait. Mais ce jour n'était pas encore venu. Il n'en avait pas le temps.
Felicity s'était endormie contre la table de la chambre dans un équilibre si précaire que s'en aurait presque été comique. Nul doute qu'elle serait encore plus ankylosée que lui au réveil, voir même qu'elle aurait un torticolis. Il lui en serait redevable pour un massage… Si seulement il avait su masser ! Alice avait bien tenté de le lui apprendre mais elle avait fini par renoncer. Ses mains à elle étaient magiques quant les siennes étaient trop fortes et malhabiles. Felicity aurait eu besoin de leurs soins appliqués…
Depuis une bonne heure à présent, cette dernière s'était mise à ronfler joyeusement et, à présent, un léger filet de bave s'écoulait de sa bouche. Oliver ne put contenir un sourire triste ni quelques battements émus de son cœur. Felicity avait été la seule à le comprendre la nuit dernière. Sans elle, il n'aurait pas su, pas pu s'en sortir. Et même en cet instant, sa seule présence l'assurait d'un élément familier et positif. S'il avait pu se le permettre, il lui aurait dit combien elle comptait pour lui, mais s'aurait été une erreur. Ils étaient déjà bien trop proches, tous le savaient…
Oliver soupira puis s'adonna à la contemplation de la ville qui était sienne depuis sa naissance, cherchant du réconfort dans les silhouettes familières des buildings. Mais c'était l'absence criante d'une partie d'entre eux qui le frappa et il songea malgré lui au tremblement de terre. Du tremblement de terre, son esprit chemina vers Malcolm Merlyn, puis vers son fils. Le visage de Tommy agonisant dans ses bras passa devant ses yeux qu'il détourna aussitôt.
Il resta interdit de croiser ceux d'Alice qui était réveillée.
_ Alice, murmura-t-il sans oser approcher ni croire le soulagement qui affluait dans ses veines. Comment te sens-tu ?
La jeune femme hésita puis elle avala sa salive plusieurs fois. Oliver comprit que sa gorge la brûlait après l'intubation et il lui servit un verre d'eau. Elle le prit sans détacher son regard de lui, incertaine. Toute animosité semblait avoir disparu pourtant. Elle but à grandes gorgées puis lui rendit le verre. Il n'osait croire à la chance, simple mais extrême, de la savoir sauvée.
_ Merci…
Il avait le dos tourné pour ranger le verre mais il entendit clairement ce mot. Fermant les yeux, il remercia le ciel de la grâce qu'elle lui faisait. Puis il se retourna doucement, ne sachant trop que dire. Elle finit par le prendre en pitié et lui sourire.
_ Comment tu vas ? demanda-t-elle.
C'était si incongru qu'il s'entendit rire, mais vraiment cette fois. Ensuite, il revint s'asseoir à son chevet, incapable de la quitter des yeux. Ses mains avancèrent pour prendre la sienne mais elles s'arrêtèrent à quelques centimètres, hésitant toujours.
_ C'est sans importance, dit-il très ému. Et toi ? Comment te sens tu ?
Elle alla pour se redresser mais renonça au vu de la douleur que son mouvement produisit. Elle respira difficilement pendant quelques instants puis revint à lui. Oliver était plus tendu que jamais.
_ J'ai connu mieux, mais il semblerait que ça ira, murmura-t-elle, rassurante.
Elle le regardait toujours et il se sentit flancher.
_ Oh Alice, je suis tellement désolé ! Je…
Il ne trouvait plus ses mots. Elle sourit et avança un peu sa main pour l'encourager à la prendre. Il ne se fit pas prier.
_ C'est moi qui t'ait tiré dessus, rappela-t-elle sur un ton tout à fait normal, comme s'ils échangeaient des banalités. Ce serait plutôt à moi de m'excuser.
_ Tu avais tous les droits de m'en vouloir, coupa-t-il.
Elle baissa les yeux et se crispa. Il redouta la suite mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle souffla, dans un murmure inquiet ?
_ Et toi, tu dois me prendre pour une folle…
Il comprit qu'elle avait peur que ce soit le cas et pressa plus fort ses doigts contre les siens.
_ Pas du tout, assura-t-il en se redressant pour croiser son regard. Je comprends que tu aies été confuse… Toute cette histoire n'a ni queue ni tête. Si tu savais comme je m'en veux, Alice…
Elle lui sourit tristement et répondit d'un ton parfaitement détaché.
_ Je crois que je le vois. Ca fait quatre fois que tu t'excuses, observa-t-elle.
Il ne chercha pas à comprendre comment elle avait compté et continua sur sa lancée.
_ Ca ne sera jamais assez.
Elle le regarda un moment puis détourna les yeux avant de lui demander, toujours avec le même détachement. On aurait presque dit une amnésique tant la situation semblait lui être distante, sauf qu'elle se souvenait de lui et de leur passé. Elle semblait simplement avoir oublié de le haïr et occulté toute la douleur qui se tenait entre eux deux, comme le profond des fossé.
Il redouta des dommages à cause de la blessure, peut-être une atteinte au cerveau ? Après tout, il avait lu dans le dossier que son poumon avait été touché. L'oxygène lui aurait-il manqué ? Se pouvait-il que le traumatisme de leur passé lui ait causé une sorte de choc ? Il avait tant de fois cru perdre son esprit au gré des évènements et des drames et il réalisa que, sans elle, sans cette femme dont il serrait la main et qu'il avait trahi plus que nulle, sans Alice, il n'aurait jamais retrouvé le chemin vers lui-même. Il se serait perdu et n'aurait jamais eu l'opportunité de corriger ses erreurs et celles de son père.
Trop absorbé par son angoisse, Oliver ne songea ni à la fatigue ni aux médicaments.
_ Tu me présentes ton amie ?
Oliver mit quelques instants à comprendre. En fait, il fallut qu'il entende Felicity s'excuser de les interrompre pour se souvenir de sa présence. Ses yeux passant de l'une à l'autre, il s'exécuta en se raclant la gorge.
_ Oui… Hum. Felicity, voici Alice. Alice, voici Felicity. C'est une très bonne amie à moi.
Alice sourit poliment et fixa la blonde qui ne savait plus où se mettre.
_ Enchantée, murmura platement cette dernière. Et merci de m'avoir sauvé la vie, l'autre jour, sur les docks. Heureusement que vous visez bien au couteau, parce qu'il est passé juste à côté de mes yeux...
Alice fouilla sa mémoire un moment pour se souvint. Elle conserva son sourire avenant.
_ Avec plaisir, dit-elle. Ces types n'avaient pas l'air très fréquentables.
Felicity chercha quelques instants puis trouva une excuse pour s'éclipser. C'était sans doute mieux ainsi.
_ Bon, je crois que la cafétéria sera ouverte maintenant qu'il fait jour… Je vais aller me cherche un bon café. Vous voulez quelque chose ? Un café ? Des chocolats ? Un ours en peluche ?
« UN OURS EN PELUCHE ? Nan mais t'es pas bien ma fille ! ».
Alice eut un hoquet de rire puis elle s'agrippa les côtes.
_ Non merci, répondit-elle en se retenant de rire à nouveau.
Felicity sortit sous le regard noir d'Oliver et se fustigea toute seule comme une grande à peine eut-elle fermé la porte. Elle décida qu'un café ne suffirait pas et qu'il lui en faudrait au moins deux pour stimuler suffisamment son cerveau et ne plus dire des bêtises pareilles. C'est alors qu'elle sentit une pointe d'humidité sur sa joue. Elle essuya machinalement avant de réaliser qu'il s'agissait de bave.
« Oh non ! Faites que je n'ai pas ronflé devant Oliver… ».
