Chers lecteurs, je vous remercie pour vos commentaires, ils sont très encourageants et du coup cela me donne envie d'écrire. N'hésitez pas à me faire des propositions sur ce que vous aimeriez y voir puisque je ne sais absolument pas où je vais avec cette histoire, elle se construit au fur et à mesure, au gré des idées qui se bousculent dans ma tête. Du coup, il faut les attendre et parfois elles se font désirer!
Disclaimer: Castle n'est pas à moi -dommage, je n'aurais pas attendu quatre ans moi...- il appartient à Andrew Marlowe à qui nous devons la reconnaissance éternelle pour avoir sorti de son chapeau de tels personnages.
Et maintenant, la suite...
Kate hésitait. C'était Lanie après tout. Elle pourrait tout simplement se manifester car si son amie pensait que Rick était retourné à ses anciens travers de playboy elle risquait de l'étriper. La métisse était d'une fidélité à toute épreuve et si elle considérait que Castle l'avait trahie, elle allait lui crever les yeux en son nom.
-Ne me dites pas qu'elle est encore là... murmura Lanie en s'approchant de Castle. -Qui? -La propriétaire du string, voyons! Ou peut-être que vous êtes du genre fétichiste... Castle resta interdit. Dans le placard, Kate collait l'oreille à la porte pour tenter d'entendre quelque chose. -Elle est encore là! Lanie se redressa et fit un tour de la pièce du regard.
Castle déglutit lorsque son regard resta braqué sur la porte du placard. A l'intérieur Kate se faisait toute petite. Oserait Lanie ouvrir la porte ? Si elle le faisait, elle était dans de beaux draps, sans string et avec une chemise sans boutons qui ne cacherait pas grand-chose.
CINQ
Castle bondit et vint se placer devant la porte de l'armoire. Il se plaqua contre elle les bras écartés, une moue de douleur zébrant son visage avenant. Il transpirait à grosses goûtes et pourtant il était sous l'emprise de sueurs froides. Lui faisant face, Lanie le fixait, les mains sur les hanches et le regard défiant.
-Vous ne pouvez pas... dit Castle qui finit par perdre le fil, transpercé par le feu qui irradiait de Lanie.
Lanie le regardait sans savoir que faire. Elle aimait bien asticoter l'écrivain, depuis son premier jour au poste qu'elle s'amusait à ses dépends, gentiment. Mais avait-elle le droit d'aller aussi loin ? Avait-elle le droit de fouiller dans sa vie privée de la sorte ? Une pointe d'aigreur naquit au fond de son estomac. Elle avait cru que tout s'arrangeait entre lui et Kate. Elle croyait même qu'ils s'en sortaient très bien depuis quelques jours et que tôt ou tard l'un proposerait à l'autre ce à quoi ils aspiraient depuis si longtemps. Elle pensait que le moment était venu pour qu'ils saisissent leur chance et voilà que cet idiot reprenait ses vieilles habitudes, celles qu'elle avait cru qu'il avait abandonnées depuis belle lurette.
-Et Kate dans tout ça ? Ne put s'empêcher-t-elle de dire avec amertume.
-Kate ? Rick secoua la tête. Que pouvait-il répondre ?
-Hier vous vous tutoyiez et souriez à vous en faire une entorse des zygomatiques et aujourd'hui vous allez voir ailleurs ?
-Euh...Je...
-Castle, vous la dévoriez des yeux !
Rick leva les sourcils et ouvrit la bouche, mais cette fois-ci rien n'en sortit. Il avait l'impression d'être un poisson qui fait des bulles, des bulles inutiles et inaudibles.
-J'avais l'impression d'être dans un sauna tellement la température avait grimpé à votre arrivée !
-Il ne faut pas exagérer...
-Castle, vous êtes une paire d'abrutis !
-Hé !
-Ah non, ne me faites pas le numéro de l'orgueil blessé ! Avec la tension sexuelle qui circule entre vous deux on pourrait éclairer tout New York pendant un mois ! Le problème c'est que Kate a la trouille d'aller de l'avant et vous avez la trouille de trop lui en demander et de la faire reculer. Il faudrait que vous arrêtiez de danser parce que j'en ai le tournis!
-Je...
-Il faudrait juste la pousser un peu... Coincez-la quelque part, qu'elle ne puisse pas fuir, et faites-lui du rentre dedans. Embrassez-la histoire de qu'elle sache ce qu'elle rate !
-Je ne vais tout de même pas lui sauter dessus ! S'exclama-t-il, faussement outré.
Kate tentait de retenir son rire. C'était bien ce qu'elle avait fait pourtant...
-C'est bien plus que ça... lâcha-t-il, plus sereinement. Ce n'est pas juste un désir inassouvi.
-Je sais. C'est bien plus profond, j'en mettrais ma main à couper. Et c'est pareil pour elle, croyez-moi.
Castle leva la vue, se sentant libéré d'un poids qu'il n'avait pas perçu jusqu'à présent. Quelque part, en son for intérieur, il avait toujours eu ce doute, peut-être non justifié, à propos des sentiments que Kate éprouvait pour lui. Il savait que ce n'était qu'un effet produit par ses relations faillies. On aimait le Rick Castle de la page six, on aimait l'auteur tendance et beau gosse, l'homme riche et sûr de lui. Il y avait, c'est certain, des résidus de cette image publique dans sa vraie personnalité -après tout, il avait forcé le trait dans certains aspects de son caractère- mais c'était une infime part de ce qu'il était vraiment. L'authentique Rick, ce petit Richard Rodgers qui avait grandi, peu de gents avaient eu l'opportunité de le connaître. Avec Kate il pouvait s'abandonner à être lui-même et être lui-même signifiait être moins confiant.
De l'autre côté, Beckett posa la main sur la porte, comme si par ce simple geste elle pouvait atteindre l'homme qui était resté muet. Elle eut l'envie soudaine et irrépressible de l'embrasser, de briser ce silence synonyme de doute qui s'était installé en lui soufflant les mots qu'il voulait entendre, ces mêmes mots qu'il avait prononcés un an plus tôt et qu'elle disait avoir oubliés. Ses yeux s'embuèrent légèrement, elle lui devait la vérité et elle se jura de panser ses plaies, celles provoquées en lui par son mensonge, avec tout l'amour qu'elle éprouvait pour cet homme tout à tour merveilleux, exaspérant et attendrissant. Nul besoin à présent de nier, nul besoin de se mentir, elle l'aimait et elle partait dans une aventure inédite qui l'effrayait et la ravissait en même temps.
-Alors pourquoi ? La voix de Lanie résonna de nouveau dans la pièce et obligea Castle à sortir de ses pensées.
-Pourquoi, quoi ?
-Voyons Castle, arrêtez de faire celui qui ne comprend pas ! Elle n'a jamais été si près et vous baissez les bras maintenant ?
-Non, bien sûr que non !
-Vous me décevez, je croyais que vous l'aimiez...
-Mais...
-Elle a fait tant de chemin pour en arriver là où elle est...
-Je sais.
-Vous le savez. Alors vous êtes aveugle ou stupide.
Castle secouait la tête, autant pour déloger un bourdonnement insistant qui s'était installé dans ses oreilles que pour refouler la frustration qui grandissait en lui.
-Peut-être que vous êtes tout simplement un beau salaud.
Castle sentit la porte du placard bouger quelque peu. Kate n'aimait pas la tournure que les choses prenaient, elle tentait de se libérer et le signifiait à Rick avec une légère pression. Elle n'allait pas laisser sa meilleure amie s'en prendre injustement à Rick. L'écrivain se planta plus fermement sur ses jambes et gémit lorsqu'il sentit comme un à un chaque petit morceau de verre venait meurtrir plus profondément son pied, perçant la peau et entamant les chairs. Il blêmit sous la douleur atroce qui parcourut sa jambe et la nausée lui monta à la gorge. Pour l'amour du ciel, se fustigea-t-il, ce ne sont que quelques morceaux de verre ! L'expression de Lanie changea soudainement, l'aigreur se mua en inquiétude. Castle n'avait pas l'air très en forme. Elle s'en voulut de l'avoir bousculé ainsi, il semblait mal encaisser l'interrogatoire.
-Castle, vous vous sentez bien ?
Kate se figea, de nouveau aux aguets. Que se passait-il ?
-Je ne sais pas trop, répondit Castle, secouant la tête de nouveau.
Le bourdonnement s'intensifia, sa vue se troubla et il se sentit tanguer. Un deuxième élancement de douleur lui parcourut toute la jambe et le vertige prit une ampleur inquiétante. Lanie comprit qu'il était sur le point de tourner de l'œil et le saisit par le torse. La jeune femme l'accompagna les quelques pas qu'il fallut pour rejoindre le lit -l'homme était lourd, il avait une sacrée carrure- et Rick s'y laissa choir.
-Vous en avez trop fait Castle ? Lanie avait du mal à ne pas lui envoyer des piques.
-Ha, ha, ha, lâcha-t-il en se prenant la tête entre les mains comme si cela pouvait l'empêcher de tourner.
-Il n'a rien mangé depuis hier midi et il a juste avalé un peu de café... froid.
Lanie se retourna vers le son de la voix qu'elle connaissait tant. Elle resta bouche-bée pendant qu'elle suivait une Kate Beckett vêtue uniquement avec une chemise de son... son quoi d'ailleurs ?
-Kate...
-Ferme la bouche Lanie, tu vas gober des mouches.
-C'était toi ?
-Non, je me cachais dans le placard de Rick juste pour essayer ses chemises.
-Vous n'auriez pas pu le dire tout de suite ? S'adressa-t-elle à Castle qui s'était quelque peu redressé.
-Il aurait fallu que je puisse en placer une !
-Lanie, laisse-le tranquille, tu ne vas pas me l'estropier dès notre premier jour.
Kate vint s'asseoir sur le lit, auprès de Castle, lui intimant de se recoucher. Elle passa une main fraîche sur son front, écartant les quelques cheveux qui s'y étaient collés et il ferma les yeux, apaisé.
-Hey, c'est pas le moment de tomber dans les pommes, dit-elle tendrement.
-J'ai un peu trop tiré sur la corde... répondit-il les yeux toujours clos et un léger sourire sur les lèvres.
Lanie se reprit rapidement de sa surprise et le professionnalisme la regagna. Elle pinça le bras de Castle, qui rouvrit les yeux interloqué.
-Aïe, tortionnaire !
-La peau met du temps à revenir, vous êtes légèrement déshydraté...
A cet instant même le ventre de Castle se mit à grogner.
-Et au bord de l'hypoglycémie. Elle soupira en secouant la tête. Qu'est-ce que je vais faire de vous deux ? Je vais aller chercher de quoi le réhydrater et un petit en-cas pour lui redonner des forces. Après, je m'occuperai de son pied.
-Non, pitié, laissez-moi tomber dans les pommes avant de vous attaquer à mon pied, gémit Castle. Je ne veux pas être conscient lorsque vous sortirez votre attirail de boucher.
-Castle, on ne peut pas vivre d'amour et de café froid, raisonna la métisse en omettant le commentaire de l'écrivain.
-Je m'en contenterais, contra-t-il sans quitter Kate des yeux. Automatiquement, les iris marron et verts de la jeune femme les rejoignirent et ne les quittèrent plus.
La métisse soupira une fois de plus. Pas étonnant que ces deux n'aient rien entendu, on aurait dit qu'une fois leurs regards accrochés, ils changeaient de dimension. Elle claqua des doigts et leur connexion se perdit.
-Vous êtes très mignons tous les deux mais si jamais Alexis rentrait elle risquerait d'être moins indulgente. Elle se retourna et allait sortir de la pièce lorsqu'elle se ravisa.
-Ah, oui, Castle a quelque chose qui t'appartient...
Kate vira au rouge et le sourire de Rick s'élargit. Elle le frappa doucement sur la poitrine mais Castle ne la regardait plus, son attention s'était reportée sur Lanie.
-Lanie...
-Je sais, je m'occupe de maintenir Alexis à distance.
-Merci, dit-il sincèrement.
La porte s'ouvrit et Lanie disparut.
-Il paraît que tu as quelque chose qui m'appartient...
-Hum. Il faudra que tu payes une rançon pour ça... dit Rick sensuellement.
-Ah, oui ? Est-elle très élevée ? Répliqua Kate sous le même ton.
-Rien que tu ne puisses m'offrir, rassure-toi.
-Dois-je payer de ma personne ? Ajouta-t-elle, s'approchant de Castle, toujours couché.
-Quelque peu mais tu peux profiter de la mienne...
-Sauras-tu l'apprécier à sa juste valeur ?
-Je le fais déjà...
Ses cheveux balayèrent le visage de Rick dont les yeux bleus s'obscurcirent comme la nuit. Sans la quitter du regard, il glissa une main au milieu des mèches soyeuses pour caresser sa joue. Il se releva quelque peu, avalant la distance qui séparait leurs lèvres et le feu se déchaîna une fois de plus. Il gémit et Kate pesa de tout son poids, plaquant Rick sur l'oreiller et pénétrant sa bouche avec la langue. Rick y répondit et bientôt elles commencèrent une danse sensuelle qui les électrisa. Sentant le désir prendre de nouveau possession de leurs corps et leurs esprits, Kate fit de tout son possible pour se calmer et, de commun accord, le baiser s'adoucit, se faisant languissant et mourut dans un regain de la raison. Ils auraient tout le temps pour laisser libre cours à ce feu intérieur qui les consommait. Pour l'instant, il fallait penser à une solution à cette situation cocasse dans laquelle ils s'étaient fourrés.
-5-
-Alors ? Demanda Alexis dès qu'elle aperçut Lanie.
-Il est quelque peu déshydraté et au bord de l'hypoglycémie. Tu as une boisson énergisante ?
-Oui, il doit nous rester quelques bouteilles de Gatorade.
-Parfait. Il faudrait aussi lui préparer un sandwich ou voir s'il y a des restes. Apparemment il n'a rien avalé depuis hier midi.
-Ce n'est pas étonnant, commenta Alexis alors qu'elle s'affairait déjà dans la cuisine. Il a tendance à oublier qu'il y a un monde en dehors de ses romans lorsqu'il est pris par l'inspiration. D'habitude, je suis là donc je lui rappelle que pour vivre il faut se nourrir et boire, mais là...
-Pourtant il commence à avoir des réserves, se moqua Ryan.
-Ouaip. Il a adopté le régime flic à cent pour cent. Pizza cinq jours sur sept, compléta Espo.
-Sauf qu'il n'a pas compris qu'en complément il y a quelques heures de gymnase par semaine...
-Pas comme nous, mon pote!
Ryan et Espo se tapèrent dans les mains sous le regard réprobateur de Jenny, Page et Lanie.
-Quoi ? Demandèrent-ils à l'unisson.
-Rick peut être un poil enveloppé en ce moment mais il a un charme fou, rétorqua Jenny.
Kevin n'en crut pas ses oreilles.
-Il a la classe. C'est un beau gosse, corrobora Lanie, défiant Javier du regard qui gonfla la poitrine.
-Et séduisant. Si j'avais dix ans de plus... conclut Page.
Ryan, Espo et le voisin -qui s'incrustait alors que Ralph était retourné vaquer à ses occupations- semblaient scandalisés.
-C'est énervant, dit Ryan.
-Non, il est énervant, rectifia Espo.
-Veuillez m'excuser, le travail m'appelle, annonça Monsieur Schimberg qui n'avait qu'une envie : filer loin de cette bande d'énergumènes. Il eut un dernier regard pour la jeune rouquine qui finissait de préparer un sandwich pour son père. Bon courage demoiselle, dit-il à Alexis.
-Merci Monsieur Schimberg.
Avec un père comme le tien et des amis comme les siens, tu en auras bien besoin, songea-t-il avant de se frayer un chemin parmi les restes difformes de la porte d'entrée.
-Décidément, un jour j'oublierai ma tête ! Se plaignit Lanie qui venait de se rendre compte qu'elle n'avait pas pris son sac. J'ai laissé mon sac dans la voiture... Elle fit les yeux doux à Espo qui l'ignora, encore vexé de qu'elle lui préfère l'écrivain. Bon, je constate que le seul gentleman présent ici se trouve dans l'incapacité de faire un geste utile pour une dame.
-Capable, je le suis. C'est la volonté qui n'y est pas, asséna Espo avec virulence.
-Qui te dit que je parlais de toi ?
Javier la jaugea , les bras croisés et les sourcils froncés.
-Je parlais d'incapacité physique, mon chou.
Sur ce, Lanie sortit avec sa démarche décidée et un léger sourire satisfait. Or, elle ne savait pas qu'en quittant le loft, ne serais-ce que quelques minutes, elle risquait de manquer à la promesse qu'elle avait fait à Castle. Alexis mit le sandwich, la bouteille de Gatorade et quelques gâteries sur un plateau afin de les apporter à son père qui visiblement en avait bien besoin.
Espo la regarda traverser le salon. Il fallait avouer qu'il avait fait du bon boulot. Après tout, élever un enfant en tant que père célibataire n'avait pas dû être une tâche toujours facile. Lorsqu'une main vint se poser sur son épaule, le latino sursauta.
-La prochaine fois qu'on jouera à Halo on se liguera contre lui et il va mordre la poussière...
Des commentaires? Allez, dites-moi ce que vous en pensez s'il vous plaît!
