Ah le sud, un petit courant d'air, le farniente, les vacances, la plage, mon ordi et Castle... Hum, ce serait bien sans les moustiques, sans le rhume qu'à provoqué ma surexposition audit courant d'air, sans le sable que l'on trouve dans l'appart même trois jours plus tard dans les endroits les plus incongrus et les gamins qui squattent la maison -fait trop chaud pour aller jouer- et les copains des gamins. Quand on a trois enfants ça peut virer très vite en colonie de vacances. Pas moyen d'écrire une fic avec un tel rating au milieu de toute cette marmaille. D'autant que je finis par jouer avec eux... Bref, je me planque pour pouvoir écrire et je me marre toute seule dans mon coin. Je réitère mes remerciements à tous ceux et celles qui m'ont laissé des commentaires, c'est très important pour moi de savoir que mes efforts ne sont pas stériles et que je ne suis pas la seule à me marrer avec cette histoire, cela me rassure en ce qui concerne ma santé mentale. Disclaimer: Andrew Marlowe ne veut pas me refiler Castle, ce qui me remplit d'amertume et de désespoir, alors je lui emprunte ses personnages et son univers et je prépare tout ça à ma sauce. J'espère que cela comblera votre appétit. Bon, je suppose que vous attendez la suite? Alors, allons-y!...

Sur ce, Lanie sortit avec sa démarche décidée et un léger sourire satisfait. Or, elle ne savait pas qu'en quittant le loft, ne serais-ce que quelques minutes, elle risquait de manquer à la promesse qu'elle avait fait à Castle. Alexis mit le sandwich, la bouteille de Gatorade et quelques gâteries sur un plateau afin de les apporter à son père qui visiblement en avait bien besoin.

Espo la regarda traverser le salon. Il fallait avouer qu'il avait fait du bon boulot. Après tout, élever un enfant en tant que père célibataire n'avait pas dû être une tâche toujours facile. Lorsqu'une main vint se poser sur son épaule, le latino sursauta.

-La prochaine fois qu'on jouera à Halo on se liguera contre lui et il va mordre la poussière...

SIX

-Comment te sens-tu ? Demanda doucement Kate qui était revenue s'asseoir sur le lit après s'être habillée le mieux possible.

-Je ne parviens pas à y mettre des mots. C'est une sensation complexe, répondit Rick ignorant la douleur qu'il ressentait et se focalisant uniquement sur ce qui venait de se concrétiser entre eux.

-L'écrivain est à court de mots...

-Il y a des choses que l'on ne peut décrire, on doit se contenter de les éprouver tant les sensations sont fortes, elles dépassent tout ce que l'on puisse dire.

Il s'était exprimé calmement, avec ce timbre de voix qui semblait transpercer Kate jusqu'à atteindre son âme. Elle regarda ce visage qu'elle connaissait parfaitement et un sourire étira ses lèvres rosées. Elle parcourut ce nez droit et légèrement épaté qui semblait lui donner un air félin lorsque la lumière était faible et les ombres jouaient sur son visage. Elle suivit avec son index la courbure de sa bouche, ces lèvres pleines et étonnamment douces qu'elle avait tant envie d'embrasser et continua jusqu'à son menton virile où le poil rude lui provoqua de légers chatouillements. Ainsi, il semblait que les presque quatre années qui s'étaient écoulées depuis leur rencontre se soient évaporées et elle se surprit à se souvenir de quelques envies soudaines qu'elle avait éprouvé jadis, des envies quasiment irrépressibles de pouvoir coller sa joue contre la sienne et de sentir à la fois la rudesse et le satin qui semblaient se partager son visage séduisant.

-A quoi penses-tu ? Demanda-t-il gardant les yeux fermés et profitant de cette légère caresse qu'elle lui prodiguait.

-Je contemplais...

-Tu me contemplais... coupa-t-il avec un petit sourire tordu. Ce même sourire qui la faisait craquer et qui lui donnait un air taquin totalement irrésistible.

-Le grand Rick Castle est de retour, dit-elle faussement agacée.

-Il m'arrive souvent de te contempler, murmura-t-il regagnant ce ton qui la faisait vibrer et laissant tomber la plaisanterie. J'aurais pu te décrire les yeux fermés dès le premier jour. Conter tes yeux marrons qui flirtent avec le vert lorsque la lumière s'y reflète, ces pommettes hautes qui mettent en exergue ta bouche sensuelle et ton nez parfait, les boucles soyeuses qui encadrent ton magnifique visage. Mais je serais incapable de décrire ce que le simple fait de plonger mes yeux dans les tiens éveille en moi. Je le pourrais, mais ce serait affreusement insuffisant... Je suis un homme de lettres et pourtant les mots me manquent.

Ses yeux étaient à présent braqués sur les siens et Kate se pencha pour l'embrasser, ne pouvant plus lui résister. Elle posa ses lèvres sur les siennes, doucement, dans un baiser tendre, amoureux. Mais elle finit par s'écarter, au ralenti, réticente.

-Je ne peux pas...

Rick la regarda, confus, gagné par l'inquiétude.

-Qu'est-ce que... parvint-il à articuler avant que Kate ne pose deux doigts sur sa bouche.

-Je ne peux pas continuer parce que je ne pourrais plus m'arrêter.

Castle leva les sourcils et le sourire regagna son visage. Il prit la main qui l'empêchait de parler et l'embrassa.

-J'aimerais être sur une île déserte...

-Avec la chance qu'on a aujourd'hui, une noix de coco pourrait tomber et t'assommer...

Castle considéra le commentaire et finit par acquiescer.

-Ne t'inquiète pas, on trouvera le moyen d'avoir une nuit à nous, ajouta-t-elle.

-Je n'en aurai jamais assez d'une nuit. Une semaine ce sera encore juste.

-Prétentieux...

-Et moi qui croyais que ces deux fois t'avaient suffi pour saisir l'étendue de mes capacités.

-Peut-être faudra-t-il plus de travaux pratiques pour que je comprenne...

-Allumeuse, lâcha-t-il la prenant par la taille et la faisant basculer sur le lit. Il se plaça à trois quarts sur elle et s'apprêtait à l'embrasser lorsqu'un mouvement soudain de la poignée de la porte les surprit. Par chance, l'importun dut s'y prendre à plusieurs fois pour ouvrir. Il devait être chargé. Castle fit tomber Kate sur le côté du lit et s'empressa de la couvrir. La jeune femme n'eut même pas le temps de cligner des yeux qu'elle se retrouva à moitié étouffée sous la couverture. L'écrivain referma les siens, faisant semblant de dormir.

-Papa, papa... murmura Alexis doucement pour ne pas le brusquer.

Il ouvrit un œil tout en prenant soin de paraître le plus comateux possible.

-Excuse-moi de te réveiller.

-Tu es toute excusée ma chérie.

Elle posa le plateau à côté de lui, sur le lit et elle s'assit à son tour.

-Papa, tes habitudes alimentaires craignent...

-Euh...

-Même les gars s'en inquiètent, souligna-t-elle en omettant le fait que c'était aussi un sujet de moquerie.

-Je sais que j'ai pris un peu de poids mais de là à s'en inquiéter...

-Tu manges quand tu t'en souviens et quand tu le fais tu avales n'importe quoi. Pizza, fast-food, tacos, chili con carne et j'en passe. Tes intestins doivent être des armes de destruction massive en devenir.

Kate plaqua une main contre sa bouche. Elle était bien la fille de son père.

-Lanie insiste pour que tu manges, il paraît que tu es au bord de l'hypoglycémie.

-Où est Lanie d'ailleurs ? S'interrogea l'écrivain.

-Je suis là, je suis là ! La métisse arrivait, toute essoufflée. Se rendant compte qu'elle avait fait une erreur, elle était retournée au loft le plus vite possible, sa mallette en main pour ne pas paraître suspecte. Discrètement elle donna un coup d'œil autour de la chambre et se rassura d'avantage. Non qu'elle ait été très anxieuse en voyant Alexis agissant tout à fait normalement mais chez les Castle on ne savait jamais. Avec les gènes que la rouquine se coltinait...

-Bon, jeune fille, tu devrais sortir car si tu restes auprès de ton père il risque d'importuner mes pauvres oreilles à se plaindre et à gémir comme une diva malheureuse. Ce pauvre chou est tellement délicat et en plus il aime à se donner en spectacle...

-Il a hérité ça de grand-mère. C'est inscrit dans la séquence ADN des Rodgers.

-Et comment ça se fait que tu n'en souffres pas ?

-C'est un gène récessif chez moi. Papa a déjà usé tout son potentiel.

-Vous savez que je suis là et que mes oreilles se portent assez bien, tout comme mon cerveau d'ailleurs ?

-Qu'est-ce que je disais, il veut toujours se rendre intéressant, railla Lanie.

-Et pourtant c'est bien vous qui parlez le plus, répliqua Castle faussement vexé.

-Je vous laisse. Papa, sois courageux.

-Merci ma chérie, je le serai face à la descendante du docteur Mengele ici présente.

Alexis sortit et Castle se redressa rapidement sur ses coudes.

-Vous aviez promis de la tenir à l'écart !

La couverture à côté de Castle se souleva soudainement ce qui manqua de provoquer une crise cardiaque chez Lanie.

-Tu étais là tout ce temps ?

Kate acquiesça. Elle était toute décoiffée et Castle lui sourit, elle était adorable.

-Lanie, s'il vous plaît, finissons-en, exhorta-t-il. Il ne pensait qu'au temps qu'il pourrait passer auprès de Kate une fois que tout le monde serait parti et Alexis au lit.

-Bien, retournez-vous. Kate, passe-moi quelques oreillers.

Lanie souleva le pied de l'écrivain et plaça les coussins en dessous pour avoir une vue complète de la plante du pied. Castle lâcha un grognement de douleur et Kate lui prit la main pour l'encourager.

-On va essayer autre chose... Lanie enleva les oreillers tout en tenant délicatement le pied de Castle et s'assit sur le bout du lit. Elle commença d'extraire quelques morceaux assez facilement pendant que l'écrivain plongeait la tête dans son coussin pour contenir ses gémissements de douleur. Kate tentait de l'apaiser en caressant ses cheveux et en lui tenant la main mais il avait une poigne de fer et il broyait sa main à chaque fois que la pince entrait en action.

Lanie fit la moue. Le pied saignait de plus en plus et quelques morceaux de verre s'étaient inséré profondément. Elle ne pourrait rien faire sans une anesthésie locale ou le pauvre souffrirait le martyre.

-Je suis désolée Castle. Il va falloir filer aux urgences, c'est pire que ce que je croyais.

L'écrivain soupira.

-Quelle nuit...

-6-

Il avait été décidé que Lanie et Alexis accompagneraient Castle aux urgences. Jenny et Ryan partiraient chez eux, la jeune mariée travaillait le lendemain et il se faisait tard. L'irlandais attendait cependant des nouvelles. Le fait d'amener Castle à l'hôpital ouvrait des perspectives de fuite pour Kate mais elles s'avérèrent vaines lorsque Espo mentionna la porte fracassée. Ralph et son collègue faisaient bien leur travail -il n'y avait pas le moindre doute là-dessus- mais il fallait bien que quelqu'un reste pour garder le loft. Le latino se porta immédiatement volontaire, se léchant les babines en anticipation: à lui la XBOX de Castle et toute sa collection de Halo.

Kate était restée assise sur le lit après le départ de Castle qui l'avait regardée la mort dans l'âme alors qu'il avançait tant bien que mal en boitillant aidé par Lanie. Elle s'était levée pour l'embrasser une dernière fois pour l'encourager et elle avait l'impression de que sa saveur était encore sur ses lèvres. Malgré que les hôpitaux la révulsaient -elle avait eu assez de mauvaises expériences pour le restant de son existence- elle aurait voulu l'accompagner. Ce n'était rien, bien sûr, mais il était toujours là pour elle. Kate détestait ne pas pouvoir en faire autant. Bref, elle était coincée là, jusque quand, elle n'en savait rien. Elle soupira et décida de se coucher, Espo ne se permettrait pas de venir dans la chambre sans y être invité. Rick mettrait un certain temps à revenir, elle pouvait bien se reposer un peu, juste une petite heure. La jeune femme soupira d'aise au milieu des coussins et des draps. L'odeur de Castle y était omniprésente et s'y était mélangée un léger soupçon de cerise. C'était une fragrance harmonieuse, digne symbole de ce qui était à présent une certitude pour elle: ils étaient parfaitement en symbiose, absolument complémentaires.

-6-

Des cris, des pleurs, des conversations étouffées et des va et vient incessants de patients, de docteurs et d'infirmiers. L'odeur de détergeant, de vomi et de peur mélangée à la transpiration étaient partout. En une autre occasion l'ambiance aurait pu être du pain béni pour un écrivain. Il aurait absorbé toutes les histoires qu'il aurait pu saisir et en aurait déduit bien d'autres. Les urgences d'un hôpital en pleine nuit étaient un concentré de craintes, de malheurs et d'espoirs. Les gents pouvaient se montrer irascibles, déprimés ou même violents. Parfois le soulagement finissait par gagner la salle d'attente quand un enfant que l'on croyait mal en point sortait deux heures plus tard, lorsqu'un simple médicament utilisé sciemment avait produit un effet ciblé. Il s'était retrouvé dans cette situation alors qu'Alexis n'avait que quatre ans. Parent isolé, peu sûr de lui et complètement paniqué face aux convulsions de son enfant, il était arrivé en sueur, les larmes aux yeux et le monde s'écroulant sur lui. Ce petit être, à présent calme dans ses bras, était toute sa vie. Quelques années plus tard c'était Kate qu'il avait accompagné, les mains couvertes de son sang, la peur au ventre et le cœur brisé. Il croyait bien qu'il ne la reverrait plus jamais. Il sentit l'angoisse monter en lui et il se força à sortir de ses noirs souvenirs. Rien de mieux pour cela que de revenir sur les instants vécus avec Kate. Sa mémoire performante d'écrivain se mit en branle et ce fut comme si ses mains retouchaient la peau chaude et suave de ses hanches, comme si ses lèvres se posaient de nouveau sur son cou gracile, comme si son pelvis se frottait de nouveau à son bas ventre palpitant.. Cette fois-ci ce fut une autre sensation qui naquit en lui et il s'obligea à retourner son attention à son environnement immédiat. Les urgences étaient en pleine ébullition et il soupira en regardant la salle d'attente qui ne désemplissait pas. A côté de lui Lanie patientait, regardant autour d'elle et les mains la démangeant. Il savait qu'elle aurait aimé donner un coup de main aux urgentistes en rassurant la portion d'hypocondriaques avec un quelconque placebo et en expédiant les petits bobos qui ne nécessitaient qu'une bonne aspirine et un peu de repos. C'était une femme d'action, une femme de caractère, généreuse et terriblement pragmatique. Son regard se porta sur Alexis qui était partie s'occuper de la paperasse depuis un petit moment. Il pouvait l'apercevoir alors qu'elle parlait à une infirmière avec sa gentillesse et son ton posé habituels. Sa petite fille avait grandi et pour cette fois-ci les rôles s'étaient inversés. Il en était tellement fier...

-Allez, racontez-moi.

-Pardon ?

-Racontez-moi comment vous en êtes arrivés là. Pourquoi maintenant ?

-Lanie, c'est...

-Privé, embarrassant ?

-Exact.

-Vous croyez que je ne l'étais pas d'embarrassée lorsque j'ai vu le string de Kate s'envoler et atterrir sur la lampe de chevet ?

-Moins fort ! S'inquiéta Castle jetant un coup d'œil autour de lui pour s'assurer de que personne ne les écoutait.

Lanie s'approcha de l'écrivain pour que leur conversation reste le plus discrète possible, elle n'en avait pas fini de le cuisiner.

-Vous l'avez invitée chez vous et en avez profité pour lui faire votre numéro?

-Elle s'est invitée. Elle est arrivée faite toute une furie.

-Pourquoi ?

-Elle avait essayé de me joindre toute la journée.

-Et comment vous avez fini par faire...Lanie regarda autour d'elle pour s'assurer de que personne ne les écoutait. Par faire des galipettes ?

-Je me suis trompé de café.

-Quoi ?

-Elle a voulu récupérer son café...

-Vous lui avez rendu son gobelet ?

-Non, j'avais tout bu.

-Ah... Mais je ne vois pas le rapport avec vous savez quoi.

-Elle est venue récupérer son café... sur mes lèvres.

-Nooon, lâcha la métisse, incrédule.

-Je vous assure que oui. Vous auriez dû voir ce regard... Je croyais qu'elle allait me manger tout cru. Elle m'a quasiment violé.

-Pauvre petite victime tout à fait consentante.

-Victime ? Ha ! Nous étions deux dans l'affaire.

-Oui, je pense bien que malgré les apparences vous n'étiez pas le seul à avoir pris votre pied.

-Ha, ha, très drôle. Ce sens de l'humour est inné ou vous le travaillez tous les soirs ?

Elle ne se laissa pas déstabiliser par le sarcasme de l'écrivain et continua dans sa lancée.

-Et alors ?

-Et alors, quoi ?

-Qu'est-ce que vous en pensez ? C'était comme vous l'aviez imaginé ?

-Non, c'était encore mieux que ça...

-Qu'est-ce que c'était encore mieux ? S'enquit Alexis se laissant choir sur la chasse à gauche de son père. Tous deux se raidirent, comprenant qu'ils avaient échappé de justesse à la catastrophe. Apparemment c'était la constante de cette nuit de folie.

Alors, qu'en pensez-vous ? N'oubliez pas de laisser vos commentaires !