Salut tout le monde! Voici un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Je sais qu'il est court et je suppose que d'ici à dimanche je pourrai en poster un autre, donc patience.

Merci encore à tous pour vos commentaires et pour ceux qui m'ont écrit pour me demander si j'avais l'intention de continuer «Motus et bouche cousue» je vous dis: OUI. Je l'ai laissée de côté parce que je n'aimais pas le dénouement que j'avais prévu donc il a fallu que je réorganise tout pour rendre l'enquête cohérente. Je la reprendrai dès Septembre, promis.

Allez, bonne lecture à tous et n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez. Merci!

Disclaimer: Merci A. Marlowe de nous prêter les personnages qu'il a inventé. A partir de là, j'en fais ce que je veux.

NEUF

La douleur l'avait réveillé mais il ne voulait pas bouger, absolument pas, il en était hors de question même si les élancements dans son pied lui arrachaient des larmes rebelles. Kate dormait, son rythme cardiaque était lent, apaisant, douce médecine pour ses sens. Sa respiration était compassée, elle surgissait de ses narines et de sa bouche comme un léger nuage qui faisait frétiller la peau à la base de son cou. Les cheveux de la jeune femme venaient chatouiller le bas de sa mâchoire, la décrispant avec ce subtile frôlement. Leurs mains sur sa poitrine ne s'étaient dessoudées, sa grande main enserrant celle plus petite de sa partenaire. Une chaleur agréable avait envahi le côté en contact avec son corps qui venait se nicher de façon étonnement parfaite. Non, il n'avait pas l'intention de bouger. Pour rien au monde il risquerait cette sensation de plénitude qui l'habitait en ce moment même.

Cela eut un effet miraculeux. Rick Castle ferma les yeux pour s'abandonner à toutes ces sensations qui naissaient en lui au simple contact de cette femme qu'il chérissait. Peu à peu la torpeur le regagna et sa conscience s'émoussa jusqu'à choir dans la vaste étendue d'un sommeil sans rêves. Qui avait besoin de fantasmes ou d'images suscitées par son inconscient lorsque l'objet de ceux-ci se tenait là, à ses côtés?

Une légère lumière filtrait par les fenêtres. D'instinct, Kate pensa que le soleil se levait mais lorsque les souvenirs et les sensations revinrent pour la saisir dans la réalité qui était la sienne, elle comprit que c'étaient les lumières de la ville, des rayons ténus qui s'infiltraient dans la chambre de l'homme qu'elle tenait dans ses bras. La chaleur grandit en elle, point de luxure dans ce fait, mais du contentement. Elle leva la tête légèrement pour pouvoir l'observer et un sourire qu'elle n'aurait pu ni aurait voulu contrôler vint étirer ses lèvres. Que lui avait donc fait cet homme pour qu'elle sente en ce moment son cœur imploser? Leur soirée avait été rude, certes, mais elle avait eu le mérite de mettre les choses à plat et à présent elle pouvait s'abandonner à cette relation naissante avec la conscience tranquille. Elle était en paix avec lui sinon pas tout à fait avec elle-même. Il faudrait pour cela un peu plus de temps et un peu plus de sincérité avec leur entourage mais en cet instant précis, son monde tournait autour de lui, exclusivement.

Elle décida de fermer les yeux après avoir déposé un baiser, presque un frôlement de ses lèvres sur son cou. Il réagit dans son sommeil en se calant d'avantage contre elle, serrant un peu plus sa main contre son torse et laissant échapper un soupir satisfait. Elle eut peur de l'avoir réveillé, il avait besoin de repos, mais bientôt sa respiration se fit régulière et elle sut que ses gestes avaient été tout à fait inconscients. Alors, elle décida qu'elle prolongerait un peu plus ce moment délicieux. Le matin arriverait bien assez tôt et avec lui les questions laissées sans réponse la veille. Pour l'instant, elle voulait se faire oublier blottie tout contre lui.

-9-

Le réveil indiquait six heures et demie. Du bruit l'avait réveillée. Des bruits étouffés. Vraisemblablement quelqu'un tâchait de bouger sans importuner mais les sens d'Alexis étaient déjà en éveil à cette heure-ci. Elle se leva, silencieusement, et descendit tout doucement les escaliers. Esposito était debout et farfouillait dans le frigo. Alexis sourit, au moins il se sentait à l'aise dans le loft. En entendant les pas sur l'escalier, Espo referma le frigo et esquissa un sourire embarrassé.

-Je cherchais quelque chose à me mettre sous la dent. J'ai un estomac très pointilleux en ce qui concerne l'heure des repas.

-Ne t'excuse pas, fais comme chez toi.

Javier rouvrit le frigo, rassuré, et en sortit une brique de jus d'orange. Alexis s'activa et lui présenta un verre pour qu'il puisse se le servir. Elle actionna la machine à café, sachant que tous les amis de son père étaient des caféïnomanes notoires et farfouilla dans le placard à la recherche de tout ce qu'elle pourrait offrir pour le petit déjeuner à un solide policier aguerri comme Espo.

-Crois-tu qu'elle est partie? Demanda-t-elle, tout bas, sans pouvoir s'en empêcher. C'était une question que lui brûlait la langue et qu'elle ne pouvait plus contenir.

-Nah. Mon super radar d'agent de l'ordre sur-entraîné n'aurait eu la moindre difficulté à capter des mouvements douteux. Il s'approcha d'Alexis avec le ton d'un confident conspirateur.

-J'ai bien envie d'aller jeter un petit coup d'œil...

-Et s'ils sont...

-Non, t'inquiète pas pour ça. Ton père doit être dans les vapes et il ne peut rien faire avec son pied.

-Tu crois?

-J'en suis sûr.

Tous les deux se redressèrent et pointèrent leurs regards sur la porte de la chambre. Après un court instant de réflexion, ils se levèrent de concert et franchirent les quelques mètres qui les séparaient de ladite porte. Javier chercha une approbation muette dans le regard de la jeune femme et se lança. Sa main se raidit sur le pommeau de la porte, cherchant à faire le moins de bruit possible. La porte s'ouvrit avec un bruit quasiment inaudible et le policier regarda par le mince espace ouvert. Castle était le seul occupant de son lit, leur donnait le dos et semblait dormir profondément si l'on se fiait au rythme régulier de sa respiration. Esposito fronça les sourcils. Pourtant, il était sûr que personne n'était sorti et ils n'avaient pas fait de bruit. Il commençait à douter sérieusement de ses aptitudes. Était-elle partie sans qu'il s'en aperçoive? Alexis posa une main sur son bras, l'intimant à s'écarter. Comme Javier, elle promena son regard sur le lit mais ne put apercevoir que son père. Elle referma la porte et resta plantée là, dubitative.

Dans la chambre, Castle arborait un air mutin. La douleur l'avait encore réveillé et des bruits étouffés étaient parvenus jusqu'à ses oreilles. La nuit avait porté conseil et il se sentait prêt à tout avouer à sa fille mais Kate voulait visiblement le faire à sa façon, partir avec un certain avantage pour gagner en confiance et il le respectait. Il avait donc brisé son sommeil et elle avait eu le temps d'aller vers la salle de bains. Alexis avait brièvement ouvert la porte et en constatant qu'il dormait, elle était repartie. Mais loin d'être soulagé, il se sentait frustré. Il commençait à trouver pesant ce petit manège pour cacher les récents événements.

Kate tendait l'oreille mais rien ne l'avait mise en alerte. Alexis n'était pas entrée. Elle soupira. Il fallait faire quelque chose car cette obligation de se cacher l'exaspérait de plus en plus. Il n'y avait pas d'autre issue que de parler à Alexis et le plus tôt serait le mieux. Elle ouvrit la porte, déterminée à en parler avec Rick. Il fallait qu'ils se concertent sur la marche à suivre ou leur relation deviendrait un enfer. Ils n'étaient pas partis de si loin pour que leurs sentiments meurent dans le secret le plus absolu. Or, lorsqu'elle se retrouva dans la chambre, Rick n'y était déjà plus.

-9-

Sa présence fit sursauter Alexis et Javier. Rick sourit intérieurement, ils avaient l'air si coupables... Alors que la porte venait de se clore, il avait fait le plus vite possible. Après avoir saisi ses béquilles et été sorti de sa chambre sous le regard médusé de sa fille et du policier qui étaient en plein conciliabule. A présent ils étaient là, la bouche ouverte comme des merlus et les yeux écarquillés. C'était plutôt comique.

-Bonjour! Lâcha-t-il en les dépassant alors qu'ils étaient cloués au sol.

-Bonjour Papa... réussit à bafouiller Alexis.

-Euh, salut Castle. Comment va ton pied? Se reprit-il.

-Il tire, il fait plutôt mal. C'est dommage parce que je dormais comme un loir et quelque chose m'a réveillé. Vous savez, ce genre de bruits importuns que l'on entend tôt le matin dans le silence de la journée qui s'éveille...

Alexis et Espo se regardèrent sans savoir que dire.

-Ces voisins... ajouta Castle. Agaçants et nuisibles. Ils sont franchement sans retenue. Ah que mes rêves étaient doux!

Castle se laissa tomber sur le canapé avec une théâtralité digne de sa mère. Espo avait plié draps et couvertures et avait empilé les deux coussins. Il en saisit un et allait le lancer au sol lorsqu'il resta suspendu dans son geste. Il y avait deux petits objets, là, juste à ses pieds et une image se forma dans sa tête. Il se vit faisant sauter les boutons de la chemise de Kate, excédé par sa maladresse et pressé par son ardeur.

-Papa, tout va bien? S'enquit Alexis tout en s'approchant du canapé.

Lorsque Castle comprit qu'elle venait à lui, il jeta le coussin sur les deux boutons et allongea sa jambe le plus possible. Peut-être qu'Alexis ne ferait pas le rapprochement, mais Espo qui avait vu Kate la veille, qui sait? La couleur des boutons ressortait sur le chemisier et le policier aurait pu les reconnaître.

-Suis-je maladroit... dit-il tout en ramenant le coussin plus près de lui et faisant glisser les deux petits morceaux de plastique avec. Ni vu, ni connu. La main de sa fille se posa sur son épaule et il sursauta involontairement. Il fallait vraiment qu'il se calme ou ils comprendraient qu'il cachait quelque chose... ou plutôt quelqu'un.

-Papa, qu'est-ce que tu es tendu...

-C'est la douleur.

-Je t'amène tes médicaments.

-Merci, dit le romancier avec un sourire. Puis son sourire se changea en grimace. Les médicaments étaient dans sa chambre...

-Alexis, tu devrais lui donner à manger avant. Ce n'est pas bon de prendre des médicaments le ventre vide, intervint Espo, providentiel. Castle remercia Saint Esposito pour son commentaire tout à fait pertinent.

-Sers-lui un bon petit déjeuner. Des médicaments, je m'en occupe, continua Espo avec un sourire carnassier en se dirigeant déjà vers la chambre à coucher.

Alors, qu'en pensez-vous? Espo doit y aller franchement et demander à Beckett de sortir de sa cachette dans la chambre? Doit-il tomber sur elle ou doit-elle rester cachée? Hum, en ce qui me concerne je ne sais pas trop...