Melody-witch: Et ouais. Ça s'arrête jamais.
Chapitre 30.
Nouvelle Menace.
Le lendemain matin, Angelika et Sébastian se réveillèrent d'excellente humeur et offrirent un bon petit-déjeuner à leurs domestiques la veille.
Pendant le repas, Sébastian songea soudainement à quelque chose. Il héla son épouse.
- Oui Sébastian?
- J'y pensais...Ton père...
À sa mention, Angelika tenta de refreiner ses larmes.
- ...Bien qu'ayant un peu mal tourné, il était tout de même un des vassaux de la Reine, non?
- Oui...et alors?
- Eh bien...je me disais que puisqu'il est...mort, on devrait aller en référer à sa Majesté de vi voix.
La jeune femme reposa ses couverts dans son assiette et réfléchit pendant un instant. Ce que disait Sébastian n'était pas sot. Elle trouvait même l'idée sensée. Étant été un vassal de sa Majesté, il est dans l'ordre des choses d'aller lui faire part de sa mort.
- Tu as raison, mon chéri. Nous lui devons ça (Enfin...). Je vais aller lui écrire une lettre afin de lui réclamer une audience.
Chose dite, chose faite. Elle termina son petit-déjeuner et se rendit dans son cabinet de travail. Pendant ce temps, Sébastian donna ses instructions aux domestiques et s'occupa de sa fille durant l'avant-midi. L'après-midi venu, la petite famille partit faire une promenade à cheval sur l'immense terrain du domaine.
Ils passaient un excellent moment ensemble sans ce douter qu'en même temps, loin de là, une vieille connaissance d'Alexiel et du Très-Haut les observait, concoctant un plan malveillant.
Cette connaissance s'appelle Armageddon. Mais dans les livres historiques et de légendes, on le connaissait plutôt sous le nom de Satan, de Lucifer, du Malin ou du Diable. Depuis son exil du Ciel, il parcourt la Terre et les Enfers comme un ermite, attendant son heure. Son heure où il pourrait enfin prendre sa revanche. Le moment où il pourrait ridiculiser la création de celle qui fut un jour la femme qu'il aimait le plus au monde. La Grande Déesse Alexiel Rosenberg elle-même.
Alors qu'il était encore un des archanges de Dieu, lui, les autres archanges et Dieu reçurent la visite d'une délégation d'anges accompagnant la beauté mère. Enveloppée d'un halo doré, elle se présenta devant Dieu et s'inclina humblement devant lui. Elle s'appelait Alexiel Rosenberg. Lucifer en tomba immédiatement éperdument amoureux. Cependant, elle était promise au Créateur. Il dû donc serrer les dents et la laisser épouse le Grand Maître. Il lui garda une incommensurable rancune.
Durant les quelques siècles suivants, alors que Dieu commença son œuvre de Création, Lucifer se rapprocha d'Alexiel. Ils devinrent rapidement très proches. Alexiel le considérait comme une espèce de petit frère ou de fils, mais l'archange voulait plus. Un jour, il aborda Alexiel et lui fit des avances. Elle lui résista, mais Lucifer persista. Ils finirent par ce faire prendre par Michael qui alla tout raconter à Dieu à son retour de la Genèse. Celui-ci était dans une telle rage que son orage de colère dura quarante jours et quarante nuits (Arche de Noé). À la fin, il convia Lucifer et le chassa du Paradis.
Ce dernier était dans une telle fureur contre Alexiel qui n'avait pas dit un mot en sa faveur. Une fois que ses ailes devinrent noires comme la nuit, il lança un sort sur la Déesse. Une part de ses ténèbres lui fut transférée. Ce qui déclencha les débuts du vice sur Terre: la naissance du premier vampire par le meurtre d'Abel, les premiers démons, les premiers Shinigamis, etc. Lucifer ne put connaitre meilleure satisfaction que le bannissement d'Alexiel.
Il passa ensuite le XVII et le XVIIIème siècle à parcourir la Terre déguisé en voyageur sur son cheval, à guetter son heure. Il la vit approcher en apercevant le carrosse du comte et de la comtesse Phantomhive prendre la direction du Palais de Buckingham pour leur rencontre avec la Reine par un doux matin.
En effet, la veille, deux jours après qu'Angelika eut envoyé la lettre à sa Majesté, ils avaient reçu une réponse, les conviant le 14 août à 15h. Elle et son diable de mari s'étaient mis sur leur 31 pour la rencontre. La jeune vampire avait revêtu un ensemble ivoire à jupe à volants et à veste en velours sous une chemise à jabot bordeaux avec un ruban de la même couleur, une capeline et un chapeau assortis. Sébastian avait pour son compte endossé un costume noir en velours sur chemise et foulard blanc. Une petite broche en or représentant les armoiries de la famille ornait son foulard. Un haut-de-forme et un long manteau complétaient son ensemble.
La carriole allait à bonne allure. Dans moins de 10 minutes, ils arriveraient au Palais.
Une fois dans la grande cour, des valais vinrent leur ouvrir la porte et les conduisirent dans le cabinet de la Reine.
- Nous n'allons pas la voir dans la salle du trône?, demanda Sébastian.
- Son Altesse tient les Phantomhive en haute estime, répondit le majordome à verre fumé répondant au prénom de John. Elle tient donc à vous recevoir dans l'intimité.
Sébastian n'ajouta rien et ils aboutirent dans un grand bureau deux fois plus grand que celui du manoir richement décoré d'or, avec des lustres de cristal, des tableaux, des statues et des meubles de grande valeur. John les invita s'assoir sur un canapé hautement rembourré en attendant l'arrivée de la Reine.
Celle-ci ne tarda pas à faire son apparition quelques minutes plus tard. Dès qu'elle pénétra dans la pièce, le couple de noble quittèrent le divan pour s'agenouiller devant elle.
- Je vous en prie, mes enfants, relevez-vous, dit-elle d'une voix douce en s'asseyant dans un grand fauteuil, reposant ses jambes fatiguées. Je vous souhaite le bienvenue, comte et comtesse de Phantomhive. J'ai cru comprendre dans votre lettre que vous souhaitiez me dire quelque chose d'important.
- En effet, votre Majesté, dit Sébastian. D'abord, pour vous annoncer avec nos plus sincères regrets la mort toute récente de Messire le comte de Phantomhive, Vincent Phantomhive.
À l'annonce du décès, les yeux de Victoria se remplirent de larmes. Elle s'empressa de les effacer avec un mouchoir en dentelle brodé de ses initiales.
- Oh, j'en suis navrée pour vous. Et toutes mes sympathies pour vous, Angelika. J'aimais beaucoup votre père. Il était loyal et courageux. Comment est-il mort, je vous prie?
Angelika et Sébastian échangèrent un regard. Ils tombèrent d'accord qu'il ne fallait rien dire à propos de l'épisode du Vincent-malade-mental. Finalement, Angelika répondit.
- Nous préférions ne rien vous en dire. Le souvenir de sa fin ne ferait que nous affliger davantage. J'espère que vous n'y voyez pas d'inconvénients, Majesté.
- Je comprends. Je ne souhaite pas rouvrir la plaie...Mais pour parler de quelque chose de plus joyeux, qui est cet enfant que je vois dans vos bras, comtesse?
- Oh! Il s'agit de notre fille. Raven Phantomhive. Elle a presque un an.
- Elle est tout simplement adorable...Je serais heureuse de la bénir, même si vous ne croyez pas en Dieu.
Ne pouvant pas refuser une grâce de la Reine, Angelika se leva et vint présenter son enfant devant Victoria. Cette dernière posa une main sur la tête enveloppée d'une capine de dentelle bleu et la bénie au nom de Dieu.
- Nous vous remercions, votre Altesse, dit Sébastian. Pour votre temps et votre bénédiction. Nous ne vous dérangerons pas plus longtemps.
- Je comprends. Prenez bien soin de vous et donnez-moi de vos nouvelles de temps à autre. Mais sachez que vous et votre famille serrez toujours les bienvenues chez moi.
Sébastian et Angelika s'inclinèrent et se retirèrent pour rentrer chez eux.
Mais à des milles de là, l'étrange homme sur son cheval noir afficha un sourire de satisfaction. Il avait trouvé les instruments de sa vengeance.
