Salut tout le monde! Je tiens en premier lieu à m'excuser pour cet énorme délai entre deux chapitres mais j'espère que si vous lirez ma prochaine fic vous penserez que cela en valait la peine. Certains parmi vous me demandent si je pense continuer « motus et bouche cousue ». Ma réponse est un grand oui. Je n'aimais pas la fin que je lui avais cherché et donc j'ai dû repenser une dénouement qui soit crédible et avec les rebondissements nécessaires pour une série comme Castle. Alors, pour ceux et celles qui attendent une suite, patience, elle arrive; pour ceux et celles qui n'auraient pas lu les dix chapitres dors et déjà postés, n'hésitez pas à le faire, je pense pouvoir dire qu'elle est plutôt amusante et plus articulée comme un vrai épisode de la série. Merci encore à mes lecteurs assidus et fidèles ainsi qu'à mes commentateurs avisés. Vos encouragements, propositions et conseils font que jour après jour je me sente plus à l'aise dans cette complexe tâche qu'est l'écriture. Allez, maintenant la suite...
Castle apprécia la retraite de deux ennemis de son champ de bataille. Mais en y songeant bien, le plus redoutable était encore en place.
-Alors, que faisais-tu pour ne pas répondre au téléphone et fracasser au passage ma belle lampe?
ONZE
-J'écrivais.
-Tu "écrivais"...
Rick regarda sa mère avec l'espoir que cela en reste là. En ce qui concernait les interrogatoires, elle pouvait être tout aussi tenace que Beckett.
-Richard, pour l'amour du ciel, il faudrait vraiment qu'un jour tu viennes prendre des cours d'art dramatique. Mon pauvre chéri, tu ne sais pas mentir.
-Non, mère, j'écrivais, je peux te l'assurer, répliqua-t-il d'un ton qu'il voulait assuré.
-Soit, dit Martha en ouvrant et levant les bras ostensiblement. L'omission est aussi un mensonge.
Richard se disposait à contrecarrer son argument mais l'actrice posa un doigt sur les lèvres de son fils le faisant taire.
-On ne brise pas une lampe en écrivant. Sans parler du fait que ladite lampe est plus dans le chemin de ta chambre que de ton bureau. Sans compter que tu devais être bien occupé à faire je ne veux pas savoir quoi pour ne pas entendre une véritable petite armée toquer à la porte.
Martha retira enfin son doigt manucuré à la perfection pour administrer un geste maternel sur la joue de son unique fils.
-Mère...
-Je comprends.
Castle était confus. Qu'est-ce que sa mère comprenait? Parce que lui, il n'y comprenait plus rien.
-Je comprends qu'une certaine personne puisse te faire perdre le sens des réalités lorsque enfin elle réussit à dépasser ses craintes mais ne laisse pas ta fille en dehors de ta vie pour autant.
Les yeux bleus de Rick cherchèrent la rouquine. Il se sentait coupable. La jeune femme parlait à Espo près de ce qui restait de la porte d'entrée, usait de son charme enfantin pour faire accepter un petit sac avec des pancakes au policier Malgré son âge et son caractère volontaire, Alexis resterait toujours son enfant et il l'aiderait autant qu'il pourrait car il avait besoin de se sentir utile pour elle.
-Comment as-tu su? Demanda-t-il en baissant encore plus le ton.
-Je n'ai eu qu'à te regarder. Une mère sent ce genre de choses. C'est écrit sur ton visage. Je te l'ai dit, tu n'es pas doué pour mentir. Pas lorsqu'il s'agit de ta moitié.
Rick sourit, résigné et étrangement soulagé, en pensant au nombre de fois où sa mère avait réussi à lui tirer les vers du nez lorsque cet étrange lien qui l'unissait à Kate se voyait altéré ou coupé. Il éprouvait même du plaisir et du réconfort à en discuter avec elle et il ne rechignait plus à la mettre dans la confidence. Il était peut-être temps de lui faire confiance une fois de plus.
-D'ailleurs, j'aurais quelque chose à te demander...
-Bye les Castle! Et pas de folies avec cette patte folle! Hurla Javier un pied dans le couloir, l'autre dans l'appartement.
Aussitôt trois têtes se tournèrent vers le latino lui intimant le silence.
-Shhh!
-Désolé, lâcha-t-il rien qu'en bougeant les lèvres, l'air d'un enfant pris la main dans le sac.
Martha, Alexis et Rick lui adressèrent un signe de la main et il disparut. Durant quelques secondes on n'entendit que le bruit de pas et la porte de l'ascenseur s'ouvrir puis se refermer. Castle soupira, il n'y tenait plus. C'était insensé, il ne pouvait tout bonnement pas laisser Kate enfermée dans sa chambre. Comment pouvait-on commencer une relation qu'il espérait stable et tout à fait sérieuse de la sorte? Il se leva sous le regard inquisiteur de deux des trois femmes de sa vie. Non, il ne pouvait pas les exclure, Kate ne pouvait pas faire vie à part.
-je reviens.
-Mais mon ange...
-Papa, tu ne devrais pas marcher.
-Je vais bien. J'en ai pas pour longtemps.
-11-
Le temps pressait et la décision avait du mal à se former dans son esprit. L'envie la tenaillait et une soudaine volonté de se montrer pour en finir devenait de plus en plus présente. Esposito était parti mais la présence de Martha supposait un nouveau frein à sa détermination. Rick le prendrait-il bien si elle faisait son apparition maintenant sans lui demander son avis? La jeune femme ne le pensait pas. L'appréhension était du côté d'Alexis, elle savait que son aval était le plus important et le plus compliqué à obtenir mais à présent qu'elle en avait discuté avec la principale intéressée le plus difficile était derrière eux. Martha lui avait été toujours favorable, même lorsqu'elle ne le méritait pas vraiment ou du moins elle avait assez de talent pour lui cacher son aversion. Un coup d'œil à la montre de son père lui dit qu'elle devait trouver une issue pour quitter le loft si elle voulait rejoindre son équipe au travail. Kate eut un pincement au cœur lorsque l'image de la chaise vide près de son bureau se matérialisa dans sa tête. Ryan et Espo étaient ses équipiers, de très bons équipiers qui de plus est, mais celui qui était son ombre, son pied d'appui, son complémentaire se trouvait ici et y resterait pendant une semaine. Une semaine... Jadis, elle aurait soufflé d'aise rien qu'en y pensant. A présent, cela la chagrinait de ne pas pouvoir l'avoir à ses côtés. Elle n'aimait pas s'avouer ses faiblesses, elle n'aimait pas les montrer, elle n'aimait pas y succomber mais aujourd'hui elle n'en avait cure. Se rappelant soudainement à sa conscience, le poids du portable au fond d'une des poches de son trench finit par la conforter dans sa décision. D'un geste rapide elle le sortit et appuya sur la ligne directe de son supérieur hiérarchique. Elle pourrait peut-être faire le rapprochement -si les garçons faisaient courir le bruit de la mésaventure de Castle- mais cela resterait une supposition. Leur comportement, à leur retour au poste, devrait être sinon exemplaire, du moins normal pour ne pas éveiller les soupçons de Gates.
-Gates.
La voix du Capitaine interrompit ses pensées. Kate s'obligea à se focaliser sur sa demande et à utiliser le ton le plus neutre possible.
-Bonjour Monsieur, c'est le Lieutenant Beckett.
-Que puis-je faire pour vous Lieutenant?
Kate se félicita de sa décision, elle semblait de bonne humeur ce matin, ce qui était assez rare pour le signaler.
-Je sais que c'est peut-être une requête quelque peu soudaine mais...
-Votre écrivain déteint un peu trop sur vous Beckett, arrêtez de tourner autour du pot. Je ne suis pas d'humeur pour la rhétorique.
Elle s'était peut-être trompée finalement...
-Je voudrais prendre quelques uns de mes congés.
-Maintenant?
-Je n'ai pas d'affaire en cours et j'avoue que je sature un peu.
-Avec le coéquipier que vous avez, ça ne m'étonne qu'à moitié. Bien, malgré tout je suppose que nous tirerons quelque chose de bon de votre absence. J'ose espérer que vous garderez votre ombre avec vous et que nous gagnerons ainsi un peu de sérieux au Poste. De combien de jours avez-vous besoin?
-Je voudrais prendre deux semaines.
-Deux semaines! S'exclama Gates.
-J'ai vraiment besoin de repos et de changer d'air.
A ce moment là la porte s'ouvrit et Kate fit un bond. Le stress allait la tuer. Elle se détendit en apercevant Castle et lui intima le silence. Rick ferma la porte et s'avança de sa démarche hasardeuse pour venir s'asseoir auprès d'elle. Il haussa les sourcils dans une question muette et Kate dessina le nom de Gates avec ses lèvres. Elle enclencha le haut-parleur pour que l'écrivain puisse l'entendre.
-Bien Lieutenant. Je ne vous garantis pas deux semaines entières. Je vous propose une semaine de vacances et une deuxième dans laquelle vous serez d'astreinte. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous appellerai que si un cas compliqué se présente.
-D'accord. Merci Monsieur.
-Ne me remerciez pas. Revenez sereine et en pleine forme, nous avons besoin de que nos lieutenants soient dans des conditions optimales pour rendre justice aux victimes et à leurs familles.
-Oui, Capitaine, répondit solennellement la jeune femme tout en se retenant de remarquer à sa supérieure que, à présent, c'était elle qui usait de rhétorique.
-Ah, oui, essayez de perdre Castle en chemin, je trouve qu'il constitue une distraction bien trop encombrante pour vous et pour tout le poste en général.
Rick roula des yeux, exaspéré. Mais qu'avait-il fait à cette femme pour qu'elle le haïsse à ce point? Gates raccrocha abruptement et Kate se tourna vers son compagnon qui arborait un air penaud tout à fait adorable.
-Tu ne vas pas m'abandonner au bord de la route, n'est-ce pas?
-Pas pour l'instant, j'ai d'autres plans pour toi et moi.
La jeune femme se tourna, empoignant Castle par le col de son peignoir.
-Ah, oui?
-Nous avons deux semaines.
Castle resta bouche-bée.
-Deux semaines? Mais comm...
Il ne put finir parce que Kate posa ses lèvres sur les siennes, doucement, juste un léger contact.
-J'avais des congés à prendre.
-Tu...
Kate le coupa une deuxième fois, plus insistante. Castle se laissa emporter, fit glisser sa langue dans la bouche de Kate, la ramena encore plus près en posant une main derrière sa nuque. Un gémissement lui échappa lorsque la langue de Kate vint se mêler à la sienne dans une voluptueuse et enivrante danse. Elle prit alors l'initiative et l'obligea à se coucher en se plaçant sur les genoux de Rick. IL se laissa aller contre le lit, faisant fi du tiraillement douloureux de son extrémité, et ses mains vinrent se poser sur les courbes solides des fessiers de Kate.
-Je vais prendre soin de toi, murmura-t-elle dans sa bouche. Pendant deux semaines, continua-t-elle sans perdre le contact avec ces lèvres qu'elle avait appris à désirer. De bien de façons...
Castle l'agrippa plus fortement et leurs bassins entrèrent en contact. L'électricité se répandit dans leurs corps, le sang irrigua les points sensibles de leurs anatomies et là Castle sut qu'il fallait mettre un frein s'ils ne voulaient courir le risque d'être pris dans une position compromettante.
-Kate... supplia-t-il.
-Rick, gémit-elle.
Sa bouche abandonna les lèvres de l'auteur et sa langue dessina une traînée humide jusqu'à son menton qu'elle mordilla puis continua sa dérive en s'attardant sur la jugulaire. Rick ferma les yeux se demandant si elle avait l'intention de le vider de son sang. Elle serait tellement sexy en vampire... Mais il eut un éclair de lucidité. Sa mère et sa fille étaient à quelques mètres d'eux, dans le salon.
-Kate...tenta-t-il une nouvelle fois.
Elle leva la tête pour le fixer. Ses yeux étaient noirs, pleins de désir et d'un soupçon d'impatience.
-Ma fille pourrait rentrer à n'importe quel moment.
-Elle sait...
Castle eut un sursaut et son pied vint heurter le sol. Il étouffa un juron en se mordant le poing alors que ses yeux se remplissaient de larmes.
Kate se retira précipitamment.
-Est-ce que ça va? Demanda-t-elle soucieuse alors que Rick se redressait en faisant la grimace.
-Comment? Demanda-t-il ignorant l'air concerné de la jeune femme.
-Elle est venue dans la chambre et je n'ai pas pu me planquer.
-Tu étais...
-J'étais décente.
-Mais, quand? Lâcha Castle confus.
-Tu étais avec Espo.
-Ils m'ont eu! Se plaignit-il.
-Non, Javier n'y était pour rien.
-Et comment a-t-elle réagi? Demanda-t-il avec appréhension.
-Alexis ne semblait pas très étonnée. Nous avons discuté. Elle m'a mise en garde.
-Je vois...
Castle laissa le silence s'installer afin de digérer la nouvelle.
-Ma mère sait aussi.
C'était le tour de Kate de se sentir gagnée par la confusion.
-Elle a compris rien qu'en me regardant... répondit-il devant l'air ahuri de sa compagne.
-Alors, ce n'est plus la peine de se cacher?
-Non, je pense que nous pourrions tout simplement attendre que l'affaire se tasse. Alexis a cours ce matin donc elle ne va plus tarder à partir.
-Et pour Martha?
-Mère comprendra que tu ne veuilles pas sortir de la chambre. Elle a vécu des situations bien plus perturbantes, crois-moi.
-Je n'aime pas ça.
-Je sais. Mon non plus.
Castle lui prit la main, s'amusa pendant quelques secondes avec les doigts de Kate, contemplant comment ils se pliaient et se dépliaient, complètement abandonnés à sa volonté.
-Veux-tu prendre ton petit déjeuner? Proposa-t-il soudain.
-Maintenant?
-Tu dois être affamée. Je suis un hôte épouvantable.
Kate secoua la tête tout en souriant. Ses dents étaient d'un blanc éblouissant. Castle se demanda comment faisait-elle sans pouvoir se les brosser. L'écrivain s'étonna face à la pensée incongrue qui était venue à son esprit. Ces mêmes doigts qu'il avait lâchés quelques secondes plus tôt caressèrent sa joue ce qui l'extirpa de ses réflexions vaines.
-A quoi bon rester ici, dans l'ombre? Ou veux-tu me cacher aux tréfonds de ta chambre pour toujours? Aurais-tu honte de moi, Monsieur Castle?
-Quoi? Non! Bien sûr que non! Se disculpa Rick, alarmé.
-Alors pourquoi tant d'hésitation? S'enquit-elle, taquine, se tournant complètement vers Rick, le fixant de ses grands yeux noisette.
Castle afficha un sourire malicieux et vrilla ses prunelles aux siennes avec plus d'intensité encore. Il approcha son visage et vint frotter son nez à celui de la jeune femme.
-Il y a une seule et unique raison à tout ce mystère.
-Et quelle est cette raison?
-Je veux t'avoir pour moi, rien que pour moi.
-Je ne te savais pas égoïste à ce point là.
-Je te veux mienne.
-Te donneras-tu à moi?
L'air s'était considérablement réchauffé, de nouveau l'électricité se répandait autour d'eux et leur bulle s'était reformée. Il y avait une force d'attraction effarante qui les reliait, une force qui effaçait toute conscience au-delà de eux-mêmes. C'était une force exclusive, une force qu'ils subissaient depuis longtemps déjà mais qui semblait s'être considérablement agrandie depuis leurs premiers ébats. La chair appelait la chair et un feu inassouvi semblait les consommer. C'était tout simplement enivrant...
-Je t'ai toujours appartenu.
Castle avala l'espace qui les séparait, vint dévorer ces lèvres accueillantes avec un sursaut de désir brûlant. Avec ses grandes mains, il cerna le visage de sa compagne et intensifia le baiser encore plus. Kate en oublia ses doutes, Castle en omit sa douleur. Tous deux en perdirent le sens de la réalité.
La porte s'ouvrit et tous deux étaient tellement absorbés par leur haleines mêlées que Martha dut se racler la gorge à deux reprises avant qu'ils ne se délient, hors d'haleine et mortifiés.
Alors, qu'en pensez-vous?
