Salut tout le monde! Tout d'abord un grand merci à ceux et celles qui fidèles me laissent un commentaire et m'encouragent. Merci infiniment.
Je sais que mes chapitres sont plutôt courts en ce moment mais je jongle entre trois fanfictions et il m'est difficile parfois de me mettre dans le ton nécessaire pour développer mon style d'écriture ce qui fait que j'efface, puis recommence. Il y a la reprise du boulot aussi ce qui ne me permet pas d'écrire autant que je le voudrais.
Enfin, je vous demande tout simplement un peu de patience. Si cette fanfic vous plaît et que mon style d'écriture vous convient, n'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil à mon nouveau texte que je fais apparaître en même temps que celui-ci. La fanfic s'appelle «Par procuration», j'espère qu'elle sera à votre goût.
Disclaimer: La série Castle et ses personnages appartiennent à A. Marlowe. Je ne fais que les emprunter. Allez, bonne lecture!
DOUZE
Le douzième commençait à s'éveiller tout doucement. L'équipe réduite de nuit avait abandonné les lieux, contents de que leurs collègues arrivent pour apporter la justice aux victimes new-yorkaises. Ryan et Espo étaient toujours parmi les premiers à fouler cette grande pièce aux multiples bureaux. Ils étaient suivis de peu par Beckett puis par Castle qui parfois se faisait désirer. Avec le temps, les deux complices avaient appris à redouter les caprices de l'écrivain pour les matinées un peu trop grasses car l'humeur de leur boss ne se relâchait suffisamment que lorsqu'elle bénéficiait de sa dose de caféine matinale. Ce n'était apparemment pas de la caféine anodine, elle avait quelque chose de bien plus excitant, elle venait dans le bon réceptacle, le réceptacle que les gars croyaient l'idéal pour Kate: Richard Castle. Or, ce matin, il n'y avait ni Kate Beckett, ni Richard Castle, ni café.
-Pour Castle je peux comprendre... dit soudainement Ryan, qui savait ce que signifiait le regard braqué de son coéquipier sur la porte inerte de l'ascenseur.
-Il y a anguille sous roche, répliqua, péremptoire, Espo.
La porte du bureau de Gates s'ouvrit. Elle venait tout juste d'arriver que son téléphone sonnait déjà. Kevin s'était dit alors que la vie d'un capitaine de police n'était pas de tout repos. Le jeune Irlandais avait suivi la Capitaine d'un regard distrait. Dans un premier temps, elle avait eu l'air décontenancée, puis étonnée et finalement elle avait regagné son calme arborant néanmoins un air résigné. Qui que ce fut qui avait appelé, il avait fini par avoir trois quarts de la victoire. Avec Iron Gates la victoire ne pouvait jamais être totale. Elle s'avança donc, de sa démarche déterminée qui était en soi une arme de dissuasion massive très efficace et s'arrêta face au duo de détectives.
-Ryan, Esposito, vous devrez vous occuper des affaires qui vont se présenter dans les deux prochaines semaines sans avoir recours aux lumières de Beckett.
Elle apprécia l'air ahuri des deux confrères et continua:
-Et pour ce que j'ai cru comprendre dans cette histoire d'alchimie rébarbative et incompréhensible qui la lie à Castle, vous aurez à vous passer de votre mascotte aussi.
Javier jeta un coup d'œil fugace à Kevin. Cela le rendait nerveux quand Gates donnait son avis sur la relation qui liait Maman et Papa. Quant à l'Irlandais, il s'était tellement habitué à l'écrivain que son cerveau ne faisait plus la distinction consultant-policier. Puis on se marrait moins sans Castle dans les environs.
-Bien... Beckett vous a cependant laissé un peu de travail pour que vous ne vous ennuyiez pas trop, dit-elle en lançant son pouce par dessus son épaule vers le bureau de Beckett où un tas de paperasse attendait à ce qu'on veuille bien y jeter un œil et que l'on la finisse.
Un air de profond désespoir tomba sur les visages des deux détectives avec une rapidité et un synchronisme déconcertants. Gates secoua la tête en voyant cet effet miroir et fila vers son bureau.
-Je te disais bien qu'il y avait anguille sous roche, lâcha Espo en serrant les dents.
-Ouais...
-Je pense qu'ils sont ensemble, continua Espo.
-Tu penses qu'ils ont enfin dépassé le cap du "nous ne sommes que de bons amis", mima Kevin loin de paraître étonné.
-Et l'autre aussi, tu sais, le cap "c'est compliqué", ajouta Javier en lançant en l'air des guillemets imaginaires.
-Et comment tu le sais?
-L'instinct mon pote, l'instinct de flic et mon sixième sens d'ex-militaire.
-Ben, moi j'ai plus que des suppositions, dit Ryan en faisant résolument face à son coéquipier.
-Ah, oui? Siffla entre ses dents Espo.
-Tout à fait, continua l'irlandais, le menton levé et les mains sur la taille.
-Alors, crache le morceau, mon pote.
Kevin jeta un coup d'œil autour d'eux et baissa la voix le plus possible pour que Javier soit le seul à l'entendre.
-Tu te souviens la fois où Castle et Beckett étaient restés enfermés à se geler les miches?
-Ouais...
Javier ne savait pas où son coéquipier voulait en venir.
-Eh, bien, comme ce jour-là, ni l'un ni l'autre ne répondaient pas alors j'ai demandé à mon pote de bien vouloir retrouver le portable de Beckett au cas où ils seraient en danger.
-Nooon! S'exclama Espo, sans aucune retenue.
Les quelques collègues arrivés entre-temps, levèrent la tête pour les fixer. Kevin lança un regard noir au Latino qui se fit tout petit.
-Désolé.
-Comme je disais, il a réussi à tracer le portable de Kate... le signal venait de chez Castle.
-Oh, les enflures! Ne put s'empêcher de dire un peu trop fort Espo.
Une fois de plus, les têtes se redressèrent.
-Ils ont oublié le glaçage pour mon beignet! Se rattrapa Javier en levant son donut faussement exaspéré. Tu as assuré mon pote, ajouta-t-il en lui donnant une claque amicale sur l'épaule.
-Ouais, j'ai mes bons moments, répliqua Kevin en enlevant tant bien que mal le gras que son ami avait laissé sur sa chemise.
-Mais pourquoi ils ne l'ont pas dit? Franchement, tout le monde s'y attendait que tôt ou tard ils finiraient dans le même lit.
-Ils ont déjà fini dans le même lit...
-Oui, peut-être, mais cette fois-ci je parie que le seul tigre dans l'histoire était Castle.
Les deux se mirent à rire frénétiquement et une fois de plus ils éveillèrent la curiosité ou l'exaspération des autres policiers de la salle. Gates ouvrit sa porte à la volée et tout le monde resta glacé d'effroi.
-Si vous avez fini de vous amuser, il y a de la paperasse à faire! Vociféra-t-elle à l'encontre de Ryan et Espo.
Les deux policiers s'assirent aussitôt mus par la même panique.
-Ils vont me le payer, maugréa Espo dans sa barbe.
-12-
-Mère, tu pourrais toquer à la porte!
-Oh, mon trésor, tu m'en vois sincèrement navrée, s'excusa-t-elle d'une voix douce.
-Tu n'en penses pas un mot, siffla-t-il légèrement exaspéré par toutes ces interruptions.
-Non, tu as raison, répliqua-t-elle, sans gène. Bonjour Kate.
-Bonjour Martha, réussit à articuler la jeune femme qui avait caché son visage dans le creux du cou de son compagnon.
-Voyons ma chère, ne vous mortifiez pas de la sorte, vous n'êtes plus deux adolescents pris en flag.
-Non, mère, nous sommes deux adultes pris en flag.
-Soit, je voulais juste te dire que j'ai demandé à Ralph de nous dégoter quelqu'un qui pourrait s'occuper de notre porte le plus rapidement possible.
-Merci mère.
-Je t'en prie, tout le plaisir est pour moi, dit-elle en partant de nouveau vers le salon. Or, elle n'avait pas mis les deux pieds en dehors de la chambre qu'elle revenait déjà. Le petit déjeuner va refroidir, vous feriez bien de venir manger tant qu'il est encore chaud et n'oublie pas tes médicaments, ajouta-t-elle pour son fils. Bien que je ne doute pas que la meilleure des médecines soit dans tes bras.
Kate sentit son visage rougir.
-Je suis heureuse de vous voir Kate.
-Moi aussi Martha.
-Et Alexis? Demanda Castle avec une certaine appréhension.
-Elle se prépare à partir. Laisse-lui un peu de temps, elle finira par approuver, vous verrez, dit-elle pour apaiser les doutes du nouveau couple.
Castle et Beckett sourirent à cette femme qui semblait tellement insouciante et écervelée, poussée par une passion du dramatique qui se reflétait autant dans son apparence que dans son caractère. Or, elle pouvait s'avérer une femme avisée et de bon conseil tout comme une observatrice redoutable.
-Je vous laisse, mais ne tardez pas trop.
-N'oublie pas de toquer la prochaine fois.
Elle fit un signe de la main pour montrer son accord et disparut en fermant la porte derrière elle.
-Te sens-tu capable de faire face à ma famille?
-Je pense que oui, répondit-elle en lui saisissant les mains et en y administrant une petite pression.
-D'accord, dit-il en se penchant pour l'embrasser, rien qu'un léger frôlement, sur les lèvres.
Elle se leva, sans toujours lâcher les mains de l'écrivain et l'aida à en faire de même. Il se trouva propulsé en face d'elle, près d'elle, si proche qu'il la saisit à la taille et sentit la chaleur de son corps venir s'ajouter à la sienne. Il l'embrassa, cette fois-ci avec plus d'insistance, puis la prit dans ses bras tout en calant son menton sur la tête de Kate. C'était amusant comment sa taille diminuait à présent qu'elle ne portait pas ses bottines aux talons vertigineux. Il appréciait de pouvoir l'envelopper ainsi, il goûtait au plaisir de se sentir capable de la protéger grâce à sa corpulence, c'était un sentiment enivrant.
-Je resterais toute la journée comme ça... dit-elle tout bas.
Castle la serra davantage et sentit son cœur déborder. Qui aurait cru que Kate Beckett était femme à aimer être câlinée? Cela tombait bien, il pouvait se comporter comme la meilleure des couettes, chaude, enveloppante et commode. Il sourit en pensant que pendant deux semaines il aurait tout le temps pour le lui démontrer jusqu'à ce que son estomac émit un grognement qui fit rire la jeune femme.
-Je crains que toi tu ne puisses pas tenir toute la journée.
-Désolé... répliqua-t-il avec une grimace.
-Non, j'ai faim moi aussi mais mon estomac est moins loquace que le tien.
Il s'écarta légèrement tout en veillant à ne pas poser son pied au sol. Il déposa un baiser sur le front et sourit, un sourire tendre et plein de légèreté. Kate aimait le voir ainsi, elle aimait voir ce sourire qu'elle découvrait à présent, il le rendait encore plus beau, encore plus attendrissant.
-12-
Alexis descendait tranquillement les escaliers. La rouquine était montée dans sa chambre pour se préparer pour la journée de cours qui l'attendait. Une journée longue qui le serait encore d'avantage au vu du manque de sommeil dont elle souffrait. Elle tenta de soupirer mais l'air ne parvint pas à quitter complètement ses poumons. En sortant de ses pensées les voix de son père, de sa grand-mère et de Kate franchirent sa conscience. Elle s'arrêta, prit quelques secondes pour assimiler l'image qui s'offrait à elle. Sa grand-mère était assise face à Kate et à son père dont la main était posée sur le genou de sa coéquipière. D'ailleurs, étais-ce la meilleure façon de l'appeler à présent? Kate le regardait, souriante, répliquer à une des taquineries de Martha. Cela avait l'air tellement normal, tellement naturel. Alexis revint plus de deux ans en arrière et dut s'avouer que cette connexion existait déjà lorsque Beckett avait passé quelques jours au loft en attendant de trouver un nouvel appartement à sa convenance. A ce moment là, elle avait eu tout le loisir de remarquer ce lien indéfinissable qui unissait son père à Kate, c'était un lien fort mais confus auquel elle n'avait pas pu donner une nature exacte. En ce moment même elle le pouvait, ce lien s'était apparemment renforcé encore plus et était tout simplement fragrant. Le cœur fit une embardée dans sa poitrine et son estomac se contracta. Ses émotions lui jouaient des tours, elle était confuse et ne savait plus que ressentir, encore moins quoi penser. Elle était heureuse pour son père mais elle ne pouvait s'empêcher de se méfier de Kate. Elle ne doutait nullement des sentiments qu'elle ressentait pour son père mais de sa réaction si jamais elle était prise de panique et fuyait leur relation. Beckett était fragile émotionnellement et son père pouvait se montrer trop impulsif en certaines occasions bien qu'il eut démontré avoir une patience à toute épreuve dès qu'il s'agissait de Kate. Mais à présent que tout s'était concrétisé et qu'il exultait, pourrait-il se contenir?
-Alexis! S'exclama Castle en apercevant enfin sa fille. Viens donc prendre ton petit-déjeuner.
Elle sourit timidement et continua de descendre l'escalier. Elle déposa sa besace sur le canapé et s'installa près de sa grand-mère. Kate la regarda avec un petit sourire embarrassé, visiblement elle n'était pas la seule à ne pas être encore à l'aise dans cette situation.
Castle tentait d'impliquer chacune des femmes dans la conversation et du coup le petit-déjeuner se déroula sans encombres. Alexis parla des cours qu'elle prévoyait de choisir à son entrée à l'Université et Kate l'écoutait avec attention, se remémorant ses propres doutes et souhaits à la même époque. Elle découvrit ainsi qu'elle et la fille de Rick avaient de nombreux points communs en ce qui concernait leurs centres d'intérêts. Elle espérait tout simplement qu'un jour elle pourrait discuter simplement avec Alexis de ceux-ci et de bien d'autres choses sans que la méfiance qu'elle éprouvait à son égard vienne tronquer ces moments privilégiés.
-Bon, je vais devoir y aller, dit Alexis en se levant.
Elle sentit les regards se braquer sur elle, insistants. Elle décida de faire comme si de rien n'était et se comporta comme à son habitude. Elle embrassa sa grand-mère puis son père qui lui tendit la joue avec un sourire et s'arrêta devant Kate, indécise. La rouquine ne voulait pas forcément envoyer des signaux trompeurs à Kate en l'embrassant mais elle ne voulait pas être trop brusque non plus. Beckett comprit son malaise et se leva. Elle songea que jadis, Alexis faisait toujours le premier pas et la serrait dans ses bras. Elle se souvint alors de cette sensation agréable qu'elle éprouvait lorsqu'elle sentait les bras de la rouquine l'encercler. Kate n'avait plus l'habitude de ce genre de manifestation d'affection. Elle opta donc pour répéter le geste, cette fois-ci à sa propre initiative. Alexis se laissa faire, quelque peu raide au début mais Kate ne s'en formalisa pas. Elle était consciente de qu'elle ne regagnerait la confiance de la jeune femme qu'au prix d'un grand effort. Ses yeux rencontrèrent ceux de Castle, brillants, pétillants, quelque peu humides peut-être, fiers certainement. Elle se dit alors que l'effort en valait la peine.
-Va tranquille, je prendrai soin de ton père, dit-elle à Alexis dans un ton rassurant.
La jeune fille s'écarta et lui dédia un sourire timide et peu assuré. Malgré tout on pouvait y lire un léger soupçon de gratitude qui donna du baume au cœur à Beckett.
-Bien, dit Alexis se saisissant de sa besace. Elle voulut prendre ses clés mais elle réalisa que c'était inutile puisqu'il n'y avait plus de porte d'entrée à franchir. Je serai là vers dix-huit heures trente, spécifia-t-elle en signe d'avertissement à peine déguisé. Elle ne voulait pas rentrer à la maison et trouver son père en une position compromettante.
Ses longs cheveux roux balayant son dos à la cadence de ses pas résolus, elle quitta l'appartement sans se retourner. Finalement, se dit-elle en appuyant sur le bouton de l'ascenseur, rien ne lui permettait de jalouser Kate. Si elle apportait un certain bonheur à son père, il manquait dans la vie de Richard Castle une présence qui puisse combler le trou qu'avait laissé l'affection qu'il avait placé dans d'autres femmes qui ne le méritaient pas. Kate Beckett était peut-être une femme compliquée mais elle n'avait jamais vu son père aimer une autre femme comme il semblait l'aimer elle. Kate semblait également vouloir progresser et devenir meilleure pour lui. Finalement, peut-être pouvait-elle accorder plus de crédit à cette relation naissante. Qu'elle finisse par exploser ou par réussir, seulement le temps le dirait.
Alors, qu'en pensez-vous?
