Bonjour tout le monde ! Je reviens de vacances avec ce nouveau chapitre de « je veux mon café ». Je sais que certains attendaient avec impatience la conversation entre Lanie et Beckett et je m'excuse d'avoir tant tardé à vous l'offrir. J'espère que l'attente aura valu la peine.
Merci de continuer à lire cette fic et n'oubliez pas de faire un petit crochet par « Par procuration », même si vous n'aimez pas les AU, je pense que celle-ci ne devrait pas vous déstabiliser outre-mesure. Donnez-lui donc une chance.
Merci à tous ceux et celles qui ont pris du temps pour laisser un commentaire. Je tâche autant que faire se peut de les prendre en compte et d'en apprendre les conseils. Merci.
Allez, assez de babillages. Bonne lecture !
Elle lui tapota la joue comme on le ferait à un enfant choyé. Cela lui arracha un petit rire amusé et ses yeux se plissèrent encore plus, le rajeunissant extraordinairement. Pas étonnant que le mur de Kate se soit écroulé, songea-t-elle.
-Bien, beau gosse, je file interroger votre petite copine.
JE VEUX MON CAFE
DIX-NEUF
Le taxi s'arrêta devant le bâtiment sobre qu'abritait l'appartement de Kate Beckett. Dans l'habitacle, on s'échangea des mots polis et la jeune métisse se sentit assez euphorique pour donner un bon pourboire au chauffeur. Elle était de bonne humeur. En fait, elle était tout simplement heureuse car elle se rendait compte de que son amie avait enfin réussi à passer outre ses démons et accepter ce qui depuis longtemps lui était destiné. Il fallait aussi avouer que l'homme en question avait eu toute la patience du monde et n'avait pas baissé les bras. C'était indubitable qu'au-delà de leurs différences, Kate et Castle étaient faits l'un pour l'autre et que ces dissonances dans leurs caractères n'étaient là que pour souligner leur complémentarité.
Elle s'arrêta devant l'ascenseur dont le petit voyant s'était mis à clignoter indiquant qu'il était déjà parti. Des bruits de pas firent une halte juste derrière elle et Lanie n'eut pas besoin de se retourner pour savoir de qui s'agissait-il.
-Tu as fait vite, dit Kate tout en posant les sacs au sol.
-Ton petit copain est une proie facile, il a tout avoué. Je n'ai même pas eu besoin de lui appliquer mes techniques les plus retorses.
-Il a beaucoup d'imagination, il s'est sûrement fait une idée précise de ce qui l'attendait s'il ne crachait pas le morceau.
-C'est un type intelligent.
-Ne lui dis pas, j'aurai du mal à le faire atterrir.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit et le vieux voisin du cinquième en sortit, déambulateur en main et sourire de dentier postiche au visage. Kate lui rendit son sourire mais Lanie ne s'interrompit pas pour autant d'en rajouter une couche.
-À mon avis, quand il s'agit de toi, il préfère rester au septième ciel.
-Lanie ! S'exclama Kate en jetant un coup d'œil vers le vieil homme qui par chance était sourd comme un pot.
-Ne te la joue pas petite vierge sans défense. C'est bien ton soutien-gorge que j'ai trouvé dans la poubelle à moitié cramé.
Kate ne put s'empêcher de sentir le feu lui monter aux joues alors qu'elle tendait à son amie deux des sacs qui l'encombraient. La porte de l'ascenseur se ferma et Lanie goûta à son premier triomphe.
-Tu dois vraiment me raconter comment ton soutif à fini comme ça.
-C'est une longue histoire.
-J'ai tout mon temps.
-Javier ne doit pas venir te rendre visite ce soir ?
Lanie encaissa. Kate n'était pas Castle, elle devait faire preuve de plus de maîtrise et de détermination. Beckett n'hésiterait pas à jouer toutes ses cartes pour la détourner de son objectif.
-Ce n'est pas de moi que nous parlons. Mais de toi et de Monsieur l'écrivain.
-As-tu pensé que c'est peut-être privé ?
-Voyons Kate, ce qu'il y a entre lui et toi est du domaine publique depuis le premier jour.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit et Kate en sortit comme un courant d'air. Lanie reprit les deux sacs et la suivit aussi vite qu'elle le put. Après tout, elle n'avait pas des jambes interminables comme celles de son amie.
-Au début il n'y avait rien entre lui et moi, signala Kate en sortant les clefs de sa poche.
-À d'autres. J'ai vu comment il te dévorait des yeux et comment tu le cherchais. Vous avez commencé votre petite danse dès la première minute.
-Tu exagères. Il était tout simplement agaçant, égocentrique et pédant. Vraiment insupportable, lâcha Kate d'affilé comme si elle se l'était répété plus de mille fois.
-Et absolument craquant.
-Si tu le dis.
Kate posa les sacs sur le plan de travail de sa cuisine américaine et Lanie en fit autant. La jeune métisse lui passait fruits et légumes et Beckett les stockait dans son frigo qui criait famine.
-Tu sais, Kate, si je n'avais pas capté qu'il y avait une étincelle entre vous deux, je n'aurais pas hésité à lui faire du charme, commenta Lanie en engloutissant une fraise. Hum, alléchant...
Kate la regarda, interloquée, ne sachant pas si elle parlait de Castle ou du fruit.
-Vraiment ? Finit par articuler Kate.
-Absolument. Beau gosse, riche, drôle, intelligent. Même sa façon d'être insupportable était séduisante.
-Tu exagères...
-Hé, c'est toi qui dis ça ? Qui est-ce qui couche avec lui ?
-Il a beaucoup changé.
-Toi aussi. Mais il reste essentiellement le même.
-Je ne sais pas... Kate lava une carotte et la croqua avec envie. Pas sûr de que cela aurait marché trois ans plus tôt.
-Aha ! Tu avoues tout de même qu'il te plaisait il y a bien longtemps.
-J'étais attirée par lui, ce n'est pas la même chose.
-Parce que maintenant il ne t'attire plus ? En conclut Lanie en se faisant la sotte.
-Ne fais pas l'idiote, lâcha Kate tout en la visant avec sa carotte. Tu as des moyens tordus pour m'obliger à dire ce que je ne suis pas encore prête à admettre.
-Je n'ai pas besoin de l'entendre, ma belle, ça fait longtemps que tes yeux le disent haut et fort.
Kate se tourna vers le frigo, voulant cacher la rougeur qui gagnait son visage. Lanie sourit, attendrie par la réaction de son amie. Elle semblait avoir retrouvé un peu d'insouciance et cela lui allait tellement bien. Avec ses joues roses et son sourire spontané, elle paraissait plus vivante que jamais.
-Je suis heureuse pour toi, vraiment.
Kate tourna légèrement la tête sans savoir que dire. Elle était visiblement encore mal-à-l'aise d'aborder le sujet sur cet angle là. Parler de sexe, en rigolant, était bien moins difficile. Se dévoiler complètement en ce qui concernait ses sentiments les plus profonds supposait un effort qu'elle ne se sentait pas encore de faire. Dans son for intérieur, elle les connaissait, les ressentait comme une certitude, elle pouvait désormais mettre un nom sur ce que Castle lui inspirait mais, peut-être étais-ce un soupçon d'égoïsme, Kate Beckett voulait les garder pour elle toute seule et s'épanouir dans l'amplitude qu'ils avaient atteint.
En voyant que son amie se renfermait, Lanie opta une fois de plus pour un sujet plus frivole.
-Vu comment vous êtes toujours synchro, je pense qu'au lit c'est plus que satisfaisant.
-Lanie, je ne vais pas discuter de ça avec toi, fit Kate simulant l'ennui. Est-ce qu'une salade te convient ?
-Une salade ? Ma jolie, tu viens de passer une nuit et une journée torrides et tu ne penses qu'à une salade pour refaire le plein d'énergie ? Castle ne serait donc pas si doué au lit ?
-Ne t'inquiète donc pas pour ça, dit Kate avec un petit sourire.
Lanie savourait déjà sa victoire lorsque Kate ajouta :
-Il m'a bien nourrie à midi. Tu devrais le savoir, puisque Espo t'a fait son rapport.
On ne vend pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, pensa Lanie. Elle avait crié victoire trop tôt. Mais la métisse ne se démonta pas.
-Allez, est-ce que c'était bien, super, sublime, énergique, magnifique ?
-Explosif.
Lanie leva les sourcils et posa les mains sur ses hanches. C'était un comportement qui n'était pas fait pour rassurer Kate.
-Maintenant tu as piqué ma curiosité, faudra m'en dire plus.
-Explosif, c'est assez pour illustrer ma réponse.
-Non, non, non, répliqua-t-elle en balançant son doigt de gauche à droite. Je veux des détails, des détails.
-Tu m'as bien dit que tu avais trouvé mon soutien-gorge dans la poubelle.
-À moitié brûlé, c'est exact.
-Que te faut-il de plus pour t'en faire une idée ?
-Est-il puissant ?
-Oui.
-Est-il dominant ?
-Quand il le faut.
-Est-ce qu'il t'a surpris à certains moments ?
-Carrément.
-Est-il du genre à s'endormir tout juste après ou pas ?
-Non. Écoute, Lanie. Tu connais Castle. Tu sais bien qu'il est du genre attentionné avec les gens, impulsif, énergique et joueur. Il reste le même, seulement, comme à son habitude, il est capable de se conduire d'une autre façon que celle à laquelle on s'attend, c'est tout.
-Qu'est-ce qui t'a étonné le plus ? Continua la métisse comme si elle suivait un questionnaire sur un magazine.
-Il a une façon bien à lui d'être viril et affectueux en même temps. Je ne sais pas comment il y parvient mais c'est ainsi.
-Alors, ce que tu me dis c'est que Castle est le partenaire idéal...
-Je ne sais pas si c'est « le partenaire idéal » mais en tout cas, c'est bien mon partenaire idéal. Satisfaite ?
-Pas tout à fait.
-Que veux-tu savoir de plus ? Grimaça Kate tout en passant une assiette de salade à son amie.
-Comment ton soutien-gorge a fini comme ça ? Et ne me parle pas de combustion spontanée.
Kate prit une bonne fourchette de salade et la porta à sa bouche. Elle fixa son amie tout en mâchant en arborant un sourire énigmatique. Lanie comprit alors qu'elle n'en tirerait rien de plus.
-19-
Le changement dans leur relation avait laissé Kate dans un état d'excitation qu'elle ne se connaissait pas. Secrètement, elle se félicitait pour la franchise avec laquelle elle avait abordé les questions de Lanie car de mettre des mots sur ce qu'elle éprouvait l'avait aidée à contrôler l'agitation violente qui était née dès que la barrière physique s'était écroulée. Enfin, contrôlée était un bien grand mot, le plus exact serait de dire qu'elle l'avait tempérée. Mais après le départ de Lanie, le manque se fit sentir immédiatement. Son appartement lui parut froid et trop silencieux. Kate Beckett, femme indépendante qui jalousait sa tranquillité et prônait l'introspection, éprouvait un besoin impérieux de compagnie. Des images et des sensations s'éveillaient en elle à son insu et laissaient un vide qui devenait définitivement douloureux. Rick lui manquait et ce besoin de se tenir près de lui, de sentir sa présence, voire de le toucher, était quelque chose de nouveau, quelque chose de bouleversant qu'elle avait le plus grand mal à gérer. Or, il était inconcevable qu'elle toque à sa porte si tard, même si elle savait qu'il l'accueillerait à bras ouverts. Cela pourrait incommoder sa fille ou sa mère et elle n'avait non plus envie de lui envoyer des signes de dépendance, son amour propre en pâtirait.
Pieds nus, en pyjama et les cheveux encore humides, elle se leva de son canapé où elle avait tenté, sans succès, de dévier ses pensées, voire de les noyer dans la futilité des rediffusions ou des téléréalités. Quelque part, dans un de ses placards, derrière les deux ou trois paquets de gâteaux qu'elle avait acheté, devait se trouver une tablette de chocolat. Elle soupira en extrayant lesdits paquets en se rendant compte de que si elle les avait achetés, c'était bien parce qu'elle avait vu Rick en déguster. Si son besoin de proximité s'insinuait de façon fallacieuse dans son inconscient, que finirait-elle par faire pour se sentir près de lui en son absence ?
Elle se rassit, pieds sur le canapé et genoux remontés. Le chocolat était légèrement amer. Un coup d'œil sur l'emballage lui apprit qu'il était à forte teneur en cacao. Dommage, se dit-elle, c'était le genre de chocolat à déguster avec son café. Et là, immanquablement, dès que l'on parlait de café, son esprit se portait vers Rick, encore. Le visage de l'écrivain lui apparut. Elle se l'imagina, un sourire narquois sur les lèvres, se gaussant comme s'il était au courant de son incapacité de songer à autre chose qu'à lui. La tablette de chocolat atterrit sur la table basse juste à côté de son portable et le regard de la jeune femme y resta accroché. Elle l'avait appelé, en catimini, loin des oreilles de Lanie, ayant peur que les médicaments qu'il prendrait après le dîner le pousseraient aussitôt dans les bras de Morphée. Ils s'étaient parlés durant cinq minutes et Rick avait consenti à raccrocher avec l'unique condition de qu'elle lui dise ce qu'elle portait. Comme sa tenue -après tout, Lanie était encore là- n'avait rien d'aguichante, elle lui proposa de lui décrire celle qu'elle porterait la prochaine fois qu'ils se retrouveraient tout seuls pour qu'il fasse de beaux rêves Un frisson d'anticipation parcourut sa colonne vertébrale et elle ne put que constater que son état d'excitation était tel qu'elle n'arriverait pas à fermer l'œil. En soupirant, elle appuya sur l'écran de son Iphone pour jeter un coup d'œil à l'heure. Il indiquait minuit vingt-sept. Soudain, le téléphone s'anima. Elle avait reçu un message.
« Toujours debout ? »
C'était lui. C'était Rick.
« Oui » lui répondit-elle simplement.
« Est-ce que Lanie est toujours là ? »
« Non, elle est partie. »
« Je peux t'appeler ? »
« Bien sûr »
La sonnerie retentit sans attendre.
-Hey ! S'exclama Castle, visiblement heureux de pouvoir lui parler.
-Hey ! Lui retourna Kate.
-Que fais-tu encore debout ?
Penser à toi, me morfondre de ne pas me trouver dans tes bras, fantasmer, songea Kate.
-Je regardais la télé, répondit-elle platement.
-Que se passe-t-il, Détective, vous n'arrivez pas à dormir ? Vos pensées vous en empêchent ?
Kate sourit, il la connaissait tellement bien. Mais elle n'allait pas admettre qu'il était la raison de son insomnie.
-À ce que je peux constater, cher partenaire, je pourrais insinuer la même chose.
-Sauf que moi, je ne te ferais pas l'affront de te mentir ou de noyer le poisson. Je pensais bien à toi. D'ailleurs, j'ai passé les deux dernières heures à écrire la plus torride des scènes entre Nikki et Rook...
-Oh, je vois que tu étais inspiré.
-Je parlerais plutôt d'expérience dans ce cas précis... son ton se fit séducteur et Kate en sentit les répercutions tout au long de son corps.
-Alors, on fait dans le documentaire maintenant ? Railla-t-elle.
-J'ai recueilli bon nombre de matériel ces dernières vingt-quatre heures.
-J'espère que ledit matériel était de bonne qualité.
-Optimale.
-En aurais-tu fini avec tes investigations ?
-Il faut toujours considérer les sujets d'intérêt sous tous les angles possibles... répondit-il et Kate imaginait les pupilles de Rick se dilater sur ses iris bleu nuit. Et en toutes situations, continua-t-il faisant que le sentiment de manque qu'elle ressentait l'envahisse de nouveau plus violemment.
-Faudra-t-il beaucoup d'heures d'étude ? Demanda-t-elle, se mordant la lèvre inférieure.
-Infiniment. On n'expérimente jamais assez. Il faut que le savoir se construise de façon solide, avec assiduité et ferveur.
-Pourrais-tu me lire le résultat de tes recherches ?
-Point de théorie. La meilleure façon d'apprendre passe par la pratique. Beaucoup de pratique.
-Dommage que tu ne sois pas là. On pourrait partager nos expériences dès maintenant.
-Tu parles de collaboration ?
-Oui, une collaboration... très étroite.
-Je vois. Après tout, nous sommes partenaires. C'est mon rôle de venir puiser dans tes connaissances, de pénétrer tout ton savoir-faire pour y ajouter le mien.
-Comme dans un échange de bons procédés ?
-Un va et vient incessant... un échange rythmé et équivalent. Je t'offre mon matériel sans limite de temps et en toute exclusivité. Tu peux t'en servir autant que tu voudras. Est-tu d'accord pour en faire autant ?
-Avec plaisir. Quand est-ce que notre accord commence ?
-Je pense qu'il a déjà commencé... du moins de façon implicite, j'entends.
-Je ressens comme une envie soudaine de m'y remettre. Mais il faudra attendre demain.
-Demain c'est déjà aujourd'hui, dit Castle.
Soudain, on toqua à la porte, pas trop fort mais assez pour qu'elle sursaute.
Alors, qu'en pensez-vous ?
Vous savez comment ça marche, envoyez vos commentaires, j'envoie la suite.
À bientôt, j'espère.
