Je vois que comme pour moi, cette histoire a un peu perdu de son intérêt à vos yeux et avant qu'elle ne s'essouffle complètement, j'y mets donc un point final. Je vous offre ici le dernier chapitre et l'épilogue dans un 2 en 1, comme le shampoing, en espérant qu'elle vous laissera un goût de propre et un souvenir plus ou moins brillant. Et comme je ne serais rien sans vous, voici mes plus amples et effusifs remerciements à :
Rafy, Emi, Hachiko-Tan, Marionpc84, Castlefan, Rhane, Flo974, Alienore777, Laepi, SeriesAddict76, Kate, Audrey 1986, Marjolaine, Cissou75, Gribouille 1948, Madoka, BB-CB123, Camlapro, Eniram, Titicab, Caskett, DrWeaver, LafandeCastle, Lille 76, ThaleX, Natouile, Sully1, Oriane, Thigui, Sandtoul, Chris65, Castiel-SPN156-Dean, T Kershaw, Pandora60, IFON91, Isabel87, Lacritique, Hzmariel, Quam, Inconnue, Polichinelle SGC, CarysIsis, Fuck'Yeah-21, Manooon, SophyCA, Gsr45, virg05, Lizzyana85, Maeva, Hibou, Raphy42, Niila, Schmette. Je suis désolée de ne pas pouvoir vous laisser un petit commentaire à tous et à toutes mais sachez que votre avis et vos conseils m'ont toujours été agréables, encourageants et constructifs.
Faites péter les commentaires quand vous en aurez fini avec la fic, j'aimerais savoir ce que vous avez aimé dedans et ce que vous auriez changé. Je sais que je me répète, mais c'est gràce à vous et à vos retours que je continue d'avancer. Je ne vous demande absolument pas une dissertation ou un commentaire de texte, juste quelques mots. Alors, n'hésitez pas, un petit mot, un petit souhait, un petit quelque chose qui vous chiffonne, dites-moi-le.
JE VEUX MON CAFE
VINGT-ET-UN
Deux semaines plus tard...
Les derniers quinze jours étaient passés comme un courant d'air, un courant d'air plaisant, palpitant, entre brise nouvelle, réparatrice, et tornade exaltante et enivrante. Leurs vies avaient pris un tournant inédit et les deux s'accordaient à penser -le temps n'était pas encore aux déclarations tonitruantes sur l'oreiller- que cet état de grâce finirait bien un jour mais qu'il ne se terminerait pas, i muterait pour devenir quelques chose d'autre, quelque chose de plus calme, de plus maîtrisé mais de tout aussi solide. Leur bulle résistait pour l'instant et ils comptaient bien en profiter, savourer ces instants privilégiés, se laisser porter par ce large éventail de sensations inouïes, autant qu'ils le pourraient.
-Tu crois que l'ambiance sera, comment dire... bizarre ? Se demanda Castle soudain, la question lui brûlant la langue depuis qu'ils avaient quitté le loft.
-Je pense qu'il faudra un temps d'adaptation. Ryan et Espo nous auront sans cesse à l'?il au début mais ils se fatigueront tôt ou tard.
-Les connaissant, ce sera plus tard que tôt, soupira Castle qui aurait nettement préféré rester au lit un peu plus comme ils avaient pris l'habitude de le faire dernièrement.
Rick ouvrit la porte pour Kate et celle-ci passa, le frôlant, ce qui n'étonna personne. Cela ils le faisaient bien avant, avant que leur relation se concrétise. Il régnait dans le hall la même agitation coutumière et Castle ne put éviter d'éprouver une sensation de confort. À présent, cet endroit faisait tout aussi partie de son univers que le loft ou l'appartement de Kate et la certitude naquit en lui de que rien n'avait vraiment changé mais cependant son existence s'était considérablement améliorée. Certes, il continuerait de travailler auprès de Kate, de l'épauler dans cette dure tâche qui est de donner justice aux victimes, mais il pourrait continuer de lui apporter tout son soutien -et son amour, il avait parfois encore du mal à le réaliser- une fois la journée finie. Ils étaient à présent partenaires dans leur vie professionnelle et privée, ils avaient atteint une nouvelle plénitude dans leurs existences et, si le doute s'insinuait encore à certains moments de solitude de savoir si ce n'était pas trop, s'ils n'auraient pas assez de recul, ils étaient à présent assez mûrs pour comprendre que l'un ou l'autre puissent avoir envie de créer la distance nécessaire pour encaisser. Ils reviendraient, invariablement, l'un vers l'autre, ils étaient confiants.
Après quelques signes de tête et des salutations plus ou moins brèves, ils entrèrent dans l'ascenseur. Kate se tourna vers son compagnon, visiblement perdu dans ses pensées. Les premiers jours de leur relation, elle s'était étonnée de ces silences qui le gagnaient parfois, elle qui connaissait ce Castle toujours prompt à donner son avis, à inventer des théories plus farfelues les unes que les autres, parfois délétère, voire bouillant, souvent ouvrant la bouche quand il devait au contraire la garder fermée. Elle avait découvert en lui un être songeur, attentif aux besoins de silence, parfois secret et sombre, peu enclin à la parole pourtant appréciant sa seule et unique compagnie. Elle se souvint alors d'une après-midi où aucune parole avait été échangée, tous deux simplement sur le canapé, lui avec ses pensées, elle calée contre son torse avec son livre. Et ce silence qu'ils avaient partagé n'avait été en rien déchirant ou inquiétant, pas le moins du monde incommodant, car ils partageaient la chaleur de leur présence. Ils avaient atteint l'équilibre dans leur espace personnel, à présent il faudrait ajouter cette inconnue à leur équilibre professionnel si durement obtenu. Mais Kate était confiante, leurs sentiments étaient déjà là depuis longtemps, pourquoi est-ce que leurs rapports au travail changeraient-ils ?
La jeune femme brisa la transe de l'écrivain en prenant sa main et celui-ci se tourna vers elle, une interrogation dans le regard. Elle s'approcha et tira légèrement sur le col de sa chemise pour l'amener à elle. Ils partagèrent un léger baiser et un sourire entendu puis prirent de nouveau leurs distances juste avant que les portes de l'ascenseur s'ouvrent.
Comme d'habitude, personne ne se tourna. Les va-et-vient étaient incessants et on finirait par souffrir de torticolis chronique si l'on prenait la peine de tourner la tête à chaque fois que les portes coulissaient. Kate et Castle s'avancèrent donc, chacun un gobelet de café en main, à peu de distance l'un de l'autre. Comme d'habitude. Ryan et Espo levèrent la tête juste quand Castle remit sa chaise à sa place habituelle. Elle avait été légèrement éloignée du bureau de Kate et cela l'ennuyait apparemment ce qui provoqua un roulement d'yeux chez sa coéquipière qui allumait déjà son PC. Kevin et Javier s'approchèrent enfin pour les saluer mais la voix de Gates retentit soudain et les plaisanteries qu'ils avaient tourné maintes fois dans leurs têtes s'évaporèrent instantanément.
-Monsieur Castle ? J'aimerais vous parler.
Rick qui allait enfin s'asseoir, arrêta son geste et partagea un regard paniqué avec ses trois collègues. On l'appelait à l'abattoir et une myriade de possibilités surgit en quelques millisecondes dans les méandres de son cerveau effaré. Que Gates n'appelle pas Kate le rassura enfin, cela ne pouvait alors que le concerner se dit-il, mais son exaltation ne s'évanouit pas pour autant, après tout c'était bien de Iron Gates qu'il s'agissait. Elle pouvait lui arracher la tête avec les dents ou lui trouer la peau rien qu'en le regardant. De nouveau paniqué, il tenta un regard de biais vers Kate qui ne lui rendit qu'un coup d'?il confus. Ryan et Espo ne paraissaient en savoir davantage mais leur expression était autre. Tandis que Kevin lui dédiait un air navré et compatissant, Espo affichait le sempiternel « qu'est-ce que t'as fait encore ? ». L'écrivain s'avança alors, ne voulant exacerber le courroux du monstre d'un mètre soixante qui occupait le bureau non loin de là. Ses jambes étaient encore plus réticentes que son esprit à se mouvoir et il vit toutes les têtes se tourner vers lui comme s'il avait « t'es cuit » tatoué sur le front, d'aucuns curieux, d'autres le plaignant. Il avait l'impression d'être un gladiateur qui allait mourir sur l'arène victime d'un monstre à deux têtes. Son dernier regard avant de pousser la porte du bureau fut pour Kate qui lui décocha un léger sourire encourageant. Il voulut lui rendre mais sa torsion des lèvres s'apparenta plus à un rictus et déglutit, sa pomme d'Adam se coinçant quelque part au beau milieu de sa gorge serrée.
-Monsieur Castle, veuillez vous asseoir, dit Victoria Gates en enlevant ses lunettes et braquant son regard d'acier sur l'écrivain.
-Heu, je préfère rester debout si cela ne vous... répliqua-t-il en bafouillant.
Le Capitaine le fixa de son regard implacable et Castle comprit qu'il n'était pas prudent de contrer les souhaits de la dame.
-Bien, continua-t-elle une fois l'écrivain installé sur le fauteuil lui faisant face. Comment va votre pied ? Demanda-t-elle en rangeant au millimètre près la pile de papiers posés sur son bureau.
La question prit Castle par surprise et il baissa les yeux vers l'objet de la question comme si ses orteils pouvaient lui communiquer l'information.
-Assez bien. Ça tire un peu par moments, mais... assez bien.
-Je m'en réjouis, fit-elle sans changer son expression d'un pouce.
-Merci...
-Monsieur Castle, votre présence en ces lieux m'a été imposée. Victoria s'arrêta pour braquer de nouveau ses iris de feu sur les pupilles dilatées par la peur de l'écrivain afin de jauger ses réactions. Il transpirait à grosses goûtes et visiblement il s'attendait au pire. Cependant, je me vois forcée d'avouer que vous vous êtes montré utile à certains moments.
Castle ouvrit la bouche, cherchant une réplique à ce qui pouvait s'apparenter à un compliment, mais rien ne lui vint. Peut-être que son cerveau était bien trop occupé à lui faire regagner son souffle.
-Vous ne semblez pas être une gêne pour Beckett, malgré que je pense que parfois vous supposez une distraction.
Castle leva un sourcil, il ne parvenait pas à saisir la nuance entre gêne et distraction, la frontière était plutôt mince. Où voulait-elle en venir ?
-Je sais que Beckett est diligente, professionnelle et responsable. Vous, par contre, vous êtes incorrigible, extravagant et insupportable. Enfin, bref, il faut croire qu'il est vrai que les contraires s'attirent...
L'air quitta les poumons de Rick avec un hoquet soudain.
-Quoi, vous me prenez pour une idiote ? N'ayez donc pas cet air ahuri Monsieur Castle. J'ai bien vu dès la première fois que vous vous êtes tenus ici, l'un à côté de l'autre, à défendre votre présence dans ce Poste, que tôt ou tard ça finirait comme ça. D'ailleurs, si je dois être franche, j'ai cru qu'il y avait quelque chose entre vous deux déjà à ce moment-là. Apparemment je m'étais trompée... de quelques mois.
Castle était si surpris que la seule réaction qu'il eut fut de cligner des yeux à plusieurs reprises.
-Pas d'écarts, pas d'effusions, pas de démonstrations. Profil bas, Monsieur Castle, profil bas. Enfin, si vous en êtes capable. Ce que vous faites en dehors du boulot, c'est votre affaire mais je ne voudrais pas que la carrière du Lieutenant Beckett soit bridée par votre impulsivité et votre irresponsabilité. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
-Oui, dit-il, s'autorisant enfin à parler.
-Vous pouvez disposer, lâcha-t-elle enfin en remettant ses lunettes avec la ferme intention de se replonger dans sa paperasse.
Castle se leva comme s'il était monté sur ressorts et se disposa à quitter le bureau, léger, soulagé et souriant.
-Monsieur Castle ?
Rick se tourna, se disant que c'était peut-être trop beau et l'angoisse s'insinua de nouveau au creux de son estomac.
-N'ayez donc pas l'air aussi heureux. J'ai une réputation à tenir.
EPILOGUE
Elle avait décidé de s'arrêter en route, de flâner quelque peu pour gagner du temps. Ses pas avaient fini par l'amener jusqu'à leur cafétéria préférée et elle avait décidé que le moment de rentrer était arrivé. C'est ainsi, que Kate, désormais Castle, poussa la porte du loft en fin d'après-midi, deux gobelets de café dans la main et un sourire quelque peu nerveux flottant sur son beau visage. Le grand salon était vide, tout comme la cuisine. Sous la porte du bureau filtrait une légère lueur. Elle sourit, songeant au savon que Gina avait dû lui passer pour qu'il s'enferme dès son retour. Richard Castle était un pro de la procrastination. Non pas qu'il n'aimât pas son métier, bien au contraire, mais il pouvait passer des semaines sans écrire, faisant mûrir dans sa tête les arcs narratifs, puis se cherchant des excuses pour ne pas les mettre sur papier. Malgré son expérience et son succès, il était peu sûr de son art, et il attendait toujours la dernière minute pour enfin développer ses textes de peur qu'ils ne soient plus du goût de ses lecteurs. Résultat, il passait alors de longues heures frénétiques devant l'ordinateur à déverser ce qu'il n'avait pas eu ni l'envie ni le courage d'écrire, sous la contrainte et les menaces constantes de son ex-femme. Rick Castle était comme ça et elle l'aimait ainsi.
Derrière elle, la porte se ferma avec un léger clic et Kate s'avança vers l'îlot de la cuisine pour y déposer les deux gobelets. Elle se débarrassa de sa veste et inspira bruyamment. Les deux gobelets de nouveau en main, Madame Castle se proposait de rejoindre son époux lorsque celui-ci apparut.
-Coucou, dit-il la rejoignant et la serrant dans ses bras, fort.
Kate se laissa aller contre lui sans pouvoir lui rendre son câlin comme elle l'aurait voulu puisque ses mains n'étaient pas libres. Cela ne dérangea pas Rick qui chercha ses lèvres pour l'embrasser doucement et longuement. Apparemment, la réunion avait été rude et il avait besoin d'être réconforté.
-Que t'a donc fait ton ex-femme ?
-Me gronder comme si j'avais cinq ans, maugréa-t-il en faisant la moue.
Kate rit de bon c?ur en voyant son air boudeur, les cheveux en bataille dansant sur son front et l'éclat malicieux luisant dans son regard. Pas étonnant qu'on ait tendance à le traiter comme un enfant.
-Elle veut deux nouveaux chapitres pour la semaine prochaine, continua-t-il, bougon.
-Mon pauvre petit Ricky, lâcha Kate en déposant un baiser sur son nez.
-Pourquoi ais-je l'impression que tes propos suintent l'ironie et la moquerie ?
-Parce que ce doit être vrai. Tu ne devais pas lui rendre trois chapitres cet après-midi?
-Le talent ne se commande pas, marmonna Rick, le sourcil levé.
Kate roula des yeux devant cette excuse qu'il avait l'habitude de ressortir à chaque fois que l'on le pressait à écrire.
-D'ailleurs, j'avais mieux à faire ces derniers temps... ajouta-t-il en la ramenant brusquement à lui. Rick se pencha, l'embrassa et parla dans sa bouche. Nous...devrions repartir...en lune de miel.
-Nous venons de rentrer, grommela Kate alors que les lèvres de Rick s'attaquaient à son cou.
-Elle n'était pas assez longue...fit-il en se séparant légèrement pour se plonger dans son regard.
-Elle a duré un mois ! S'exclama Kate en riant.
-C'est bien ce que je dis, pas assez longue, conclut Rick en saisissant un des gobelets. Puis, profitant qu'il avait libéré une des mains de son épouse, il voulut l'entraîner vers la chambre.
Kate se laissa porter, gagnée par l'envie et les souvenirs de ces trente jours voluptueux. Mais Rick s'arrêta net et Kate faillit lui rentrer dedans.
-Qu'est-ce que c'est que ça ?! S'exclama-t-il, dramatique à souhait.
Il regardait son gobelet avec étonnement et dégoût.
-Tu t'es encore trompé de café, fit Kate en lui échangeant le récipient.
Rick suivit le café de Kate du regard, sans en perdre une miette. Elle le goûta et tenta de réprimer l'insatisfaction que son breuvage lui inspirait.
-Ce n'est pas si mal... mentit-elle, cherchant à s'en convaincre.
-Je reconnais le goût, fit Castle en se souvenant. C'est du décaféiné. Comme celui que tu m'avais apporté...
Lorsque ton enfant avait été kidnappé, continua Kate, dans sa tête.
-Peut-être qu'il n'est pas très bon mais c'est tout ce que je peux boire à présent, dit Kate en se mordant la lèvre et en braquant son regard mordoré sur le bleu de son époux. Il faudra que je m'y habitue, pendant quelques mois... acheva-t-elle, timidement.
Rick ouvrit la bouche et écarquilla les yeux. Pendant un instant, elle craignit qu'il ne le veuille pas, qu'il ne soit pas ravi par l'idée mais un large sourire zébra son visage et ses yeux se plissèrent jusqu'à n'être plus que deux fentes. Il la saisit par la taille et l'écrasa contre lui, la fit tournoyer, exultant, heureux, ému aux larmes.
FIN
Cela avait commencé par un café, il fallait bien que cela se termine ainsi. Merci à tous et à toutes d'avoir pris la peine de lire ces pages et n'oubliez pas, cette fic est finie mais deux autres sont encore en cours d'écriture.
À bientôt !
Logan
