LES LOUVES DU NORD
Hello mes p'tits chous ! Je me sens d'humeur généreuse alors deux chapitres ce weekend :)
Audiiie : je suis ravie que l'histoire te plaise ! Alors, pour ne rien spoiler, je ne réponds pas aux suppositions, désolée. Il faudra attendre la suite pour découvrir qui finit avec qui.
Anga27 : ah bah si on part sur Kit Harrington pour incarner Kaelan, forcément on est toutes accro ! Pour ce qui est de le voir souvent, tu risques d'être déçue j'en ai peur... Désolée ! ^^"
Bonne lecture et bonne fin de weekend !
Tome 1 : Du petit bourgeon à la floraison
Chapitre 5 – L'expédition
22 octobre 3006, forêt de Mirkwood
Aragorn invita Maëlia à s'approcher. En trois grands pas elle fut devant eux, évaluant du regard l'elfe qui lui faisait face. Elle lui tendit la main.
-Maëlia, se présenta-t-elle.
-Legolas, répondit-il en lui serrant la main. Aragorn m'a dit que vous aviez besoin de traverser la forêt vers les Ered Mithrin ?
-C'est exact. Et le plus vite possible.
-Alors suivez-moi, nous avons une longue marche qui nous attend. Mon cheval est un peu plus loin.
Maëlia hocha la tête et allait rejoindre sa monture mais se prit les pieds dans une racine et tombe face contre terre avec un petit cri.
-Maëlia ! s'exclama Aragorn en se précipitant vers elle. Maëlia, tu vas bien ? Maëlia !
Il souleva doucement ses épaules et la retourna sur le dos.
-Hé, Maëlia, ça va ? demanda-t-il. Tu t'es fait mal ?
-Non, ça va, dit-elle en se dégageant de sa poigne. J'ai trébuché, c'est tout. Je vais bien.
Aragorn l'aida à se relever et la lâcha. Elle voulut faire un pas mais retomba avec un cri de douleur. Aragorn réussit à la rattraper avant qu'elle ne tombe et l'aida à s'asseoir.
-Tu es blessée à la cheville, constata Legolas en s'accroupissant à côté d'eux. Je peux ?
Maëlia hocha la tête en serrant les dents alors qu'il saisissait délicatement sa cheville enflée.
-Ce n'est pas cassé, c'est seulement une foulure. Tu as un cheval ?
-Un double-poney, oui.
-Alors tu vas devoir rester sagement assise dessus pendant les prochains jours, et n'en descendre qu'à la pause du soir. Et de ce qu'Aragorn m'a dit sur toi, ça risque d'être difficile, mais tu n'as pas le choix. C'est ça, ou briser ta cheville et risquer de boiter définitivement.
-J'ai compris, grommela Maëlia. Je me suis brisé la jambe quand j'étais plus jeune, je connais la chanson.
Legolas lui fit un petit sourire et d'un seul mouvement fluide, la souleva de terre comme une jeune mariée. Il la plaça sur la selle d'Éclair, sursautant quand la boule de poils noire qu'il avait pris pour une couverture releva la tête et montra les dents.
-Du calme ma belle, sourit Maëlia en la caressant derrière les oreilles. C'est un ami, évite de lui manger les orteils.
-Tant qu'il n'essaye pas de me transformer en descente de lit.
Maëlia éclata de rire, rendant Legolas encore plus confus.
-Elle, c'est Layaqhar. Oui c'est une louve, et oui c'est mon amie. Elle n'obéit qu'à moi. Enfin non, elle n'obéit à personne, mais parfois elle m'écoute.
-Intéressant, fit l'elfe avec l'air peu rassuré.
Aragorn réprima son rire et prit les rênes de son étalon, ouvrant la marche.
31 octobre 3006, partie Nord de Mirkwood
-Je peux marcher ? grommela Maëlia.
-Non, répondit Layaqhar.
-Hors de question, répondit Legolas.
-Même pas en rêve, répondit Aragorn.
-Je veux marcher ! répliqua-t-elle avec frustration. Ma cheville n'est plus enflée et je n'ai pas mal !
-Elle ne s'arrête jamais hein ? demanda Legolas à Aragorn.
-Jamais. Je suis presque tenté de la laisser se briser la cheville définitivement, au moins elle aura une vraie raison de se plaindre.
-Les garçons, je vous entends !
-Garçons ? répéta Aragorn. J'ai soixante-quinze ans, Legolas en a…
-… deux milles neuf cents vingt. Mais on va se contenter de dire que je suis l'aîné.
-Oui, enfin nous, très chère, sommes des hommes. Enfin un homme et un elfe, mais adultes. Alors que toi, tu es encore une enfant.
Maëlia tourna brusquement son visage vers lui avec un regard furieux. Aragorn fronça les sourcils et s'éloigna d'elle d'un pas, sentant la tempête arriver. Legolas se retint de rire et avança pour éviter la colère de la blonde.
-Maëlia, attends, ce n'est pas ce que je voulais dire. C'était une plaisanterie.
-T'es vraiment énervant, tu le sais, ça ? le coupa-t-elle. Parce que le seul moyen que j'ai de vous prouver que je ne suis pas une enfant, c'est en n'enfonçant pas mon poing dans ta tête comme si je martelais de l'acier, et en laissant cela glisser sur moi comme une lame de papier sur une cotte en maille de mithril.
Aragorn se détendit un peu.
-Par contre, Layaqhar n'a que trois mois, c'est encore une enfant, alors si elle te croque on ne pourra pas lui en vouloir, ajouta-t-elle avec un sourire carnassier.
-Non, Layaqhar ne peut pas faire ça parce que depuis que tu es éclopée, c'est moi qui vais chasser son dîner. Alors si elle me croque, plus de viande, et elle partagera les rations de légumes de Legolas.
-Navrée de te lâcher mais il gagne.
-Hey, et la solidarité alors ? s'exclama la blonde.
-Merci, boule de poils, sourit Aragorn qui avait compris. En parlant de ça, je vais aller chasser. A plus tard.
Il enfourcha son cheval et partit devant. Legolas tenait la bride de sa propre monture d'une main, et celle d'Éclair de l'autre.
-Tu sais, ça ne va rien changer de découvrir si effectivement tu descends de cette peuplade ou non, dit-il après un moment de silence.
-Je sais. Mais j'aimerais vraiment connaître la vérité sur mes origines. Et puis, je découvrirai peut-être quelque chose d'intéressant sur ces liaisons. Et j'avais besoin de prendre un peu de distance avec… tout le reste.
-Je viendrai avec vous, en Forodwaith. Il faut avouer que je suis très curieux d'en apprendre plus sur les Celtes, mais aussi j'ai déjà parcouru les routes avec Aragorn, et j'ai envie de voyager encore. Moi non plus je ne suis pas prêt à rentrer chez moi.
-Depuis combien de temps es-tu parti ?
-Soixante-cinq ans, il me semble. Mais je suis revenu dans Mirkwood depuis longtemps, seulement je n'ai jamais remis les pieds au palais.
-Je ne peux que respecter ta décision. Mais après ce voyage, je rentrerai à la maison. Mon petit frère me manque terriblement… Et mes cousines ont besoin de moi. Et je suis une des Princesses héritières, enfin peut-être plus, mais j'ai un devoir, et je ne compte pas vraiment abandonner. Je suis un peu perdue et j'ai besoin de rassembler les morceaux du puzzle pour savoir qui je suis, mais s'il y a bien une chose que je sais, c'est que ce n'est pas moi d'abandonner. Jamais.
-Et je serai là pour te rappeler de ne jamais abandonner, sourit l'elfe en posant sa main sur celle de la jeune fille. Si on s'arrêtait ? La nuit tombe, Aragorn ne devrait pas tarder à revenir avec du gibier. Et on pourrait peut-être essayer de te faire marcher quelques pas ?
Le sourire qui illumina le visage de Maëlia était si attendrissant qu'il en était contagieux. Il attacha les chevaux à une branche basse, et saisit d'abord délicatement Layaqhar pour la déposer sur le sol. La louve appréciait beaucoup l'elfe, étonnement. Il posa ensuite ses mains sur la taille de Maëlia et la souleva comme si elle ne pesait rien avant de la faire descendre en douceur devant lui. Elle appuyait de toutes ses forces sur ses épaules pour ne pas mettre de poids sur ses jambes pour l'instant.
-Respire, je ne vais pas te laisser tomber, sauf si tu me marches sur les pieds, plaisanta-t-il.
-C'est bon, je crois que je peux essayer de faire un pas.
Elle posa sa cheville droite par terre, et bougea avec hésitation son pied blessé. Elle grimaça légèrement au premier pas, mais en s'appuyant sur Legolas, elle réussit à faire une dizaine de pas sans problèmes.
-Bon, c'est guéri, sourit-elle. Mais je vais devoir y aller doucement dans les prochains jours. C'est tellement frustrant, si je ne m'entraîne pas très bientôt je risque de régresser et mes réflexes vont rouiller !
-Qui a dit qu'on devait se déplacer dans un combat ? répondit Legolas.
-Tu en connais beaucoup, des adversaires qui restent gentiment immobiles alors que tu t'apprêtes à les découper en petits cubes ? répliqua-t-elle en secouant la tête.
-Tu pourrais au moins travailler tes réflexes, rétorqua l'elfe. Et qu'est-ce que tu connais des combats ?
-Je suis générale d'armée depuis mes quatorze ans, j'entraîne nos meilleures recrues depuis trois ans pour former le régiment spécial le plus efficace qui soit, je suis la meilleure guerrière d'Erebor et de Dale depuis plus de quatre ans, et je dirige les opérations des éclaireurs depuis deux ans. J'ai tué mon premier orc à onze ans alors que j'étais seulement partie en balade avec ma famille, et j'en ai décimé un nombre extrêmement élevé depuis. Je n'ai peut-être pas participé à la fameuse Bataille des Cinq Armées, mais si demain une telle guerre éclatait, tu peux être sûr que je serai en première ligne face à ces horreurs sur pattes.
Elle avait tout débité d'un souffle et se laissa tomber contre un arbre en soupirant.
-Je l'ignorai, répondit simplement Legolas. Félicitations, c'est très impressionnant pour quelqu'un d'aussi jeune.
-Merci, répondit-elle en frissonnant.
Il s'approcha d'elle et l'enveloppa dans sa cape avant de se détourner et de faire un feu.
12 novembre 3006, quelque part au nord des Ered Mithrin
-On y voit que dalle avec ce brouillard à la con ! pestait Maëlia. Layaqhar, ça va ?
-Je vais bien, je ne suis pas en sucre. Mais il fait frisquet par ici.
-D'après les écrits, il nous faudra entre une et trois semaines pour trouver la cité des Celtes, si on la trouve. Elle devrait être par ici, indiqua la blonde en pointant son index sur la carte.
-Très bien, on devrait aller un peu plus à l'est alors, lâcha Aragorn.
-Je peux tenir debout des jours sans ciller, intervint Legolas. Mais on vient de tenir une allure démentielle pendant plus de dix jours pour traverser ces fichues montagnes, et vos métabolismes respectifs vont finir par lâcher d'épuisement. Alors on va s'arrêter et dormir une bonne nuit, et demain on part à la chasse à la cité perdue.
-Excellente idée, bâilla la plus jeune. Mes courbatures me font souffrir le martyre.
-Je prends le premier tour de garde, décida Aragorn. Allez dormir.
Il descendit de monture et commença à faire un feu pendant que Legolas aidait Maëlia et Layaqhar à mettre pied – ou patte – à terre. La blonde s'enroula dans sa couverture et se roula en boule près du feu, sa louve lovée contre elle. Legolas s'allongea de l'autre côté, et Aragorn s'assit avec son épée à portée de main, une pipe pleine de Vieux Toby à la main.
26 novembre 3006, ruines de la cité des Celtes
-Je n'arrive pas à y croire, murmura Maëlia alors qu'ils passaient au pas dans une rue pavée déserte.
Tout était en pierre autour d'eux, et des gravures illisibles ornaient les dalles et les murs. De la mousse verdâtre avait envahi les ruines et la route, et une atmosphère mystique régnait dans la ville fantôme.
-On l'a trouvée, sourit Legolas. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?
-On cherche une bibliothèque, ou un hôtel de ville, un palais, quelque chose où nous serions susceptibles de trouver des livres, ou une quelconque information, répondit Maëlia.
-Bien, on a qu'à se séparer, et on se retrouve ici dans deux heures ? proposa Aragorn.
-Non.
La réponse de Maëlia les surprit tous les trois. L'homme, l'elfe et la louve tournèrent la tête vers elle. Elle avait les yeux plissés, et sa main agrippait la poignée d'un de ses poignards à s'en faire blanchir les phalanges.
-J'ai un mauvais pressentiment, ajouta-t-elle après quelques secondes. Mieux vaut rester tous ensemble.
Legolas sortit son arc et encocha aussitôt une flèche, tandis qu'Aragorn sortait son épée.
-Layaqhar ? Tu sens quelque chose ? demanda Maëlia à voix basse.
-Laisse-moi me concentrer.
La louve tourna le museau à droite et à gauche, humant l'air, avant de grogner en retroussant ses babines, montrant des crocs brillants et blancs comme la neige.
-Quelque chose approche. Ils sont huit, non, neuf. A droite.
Maëlia indiqua la droite du menton, et montra neuf doigts à ses compagnons. Legolas encocha une deuxième flèche en silence et banda son arc. Maëlia relâcha son coutelas et prit également son arc, encochant une flèche en scrutant le brouillard. Aragorn raffermit sa prise sur son épée. Maëlia descendit souplement de cheval sans relâcher la tension dans la corde de son arc, et laissa Layaqhar planter ses griffes dans ses vêtements pour atteindre le sol à son tour. Aragorn l'imita, mais Legolas préféra rester sur sa monture.
La tension autour d'eux devenait si intense et si lourde, on aurait pu la couper à l'épée. Neuf silhouettes humanoïdes se découpèrent dans la brume, et leurs armes étaient largement visibles dans leurs mains. Maëlia était tendue comme un ressort, tous les sens aux aguets, prête à bondir à la moindre menace.
-Des orcs, marmonna Aragorn en se mettant en pose de combat.
-Saloperies, jura Maëlia entre ses dents. Trois chacun ! ajouta-t-elle en se précipitant sur leurs ennemis.
-Maëlia attend ! s'écria Aragorn mais elle était déjà à quelques mètres à peine de leurs opposants.
Les flèches de Legolas volèrent et en abattirent trois très rapidement. Maëlia en avait déjà transpercé un d'une flèche, et avait lancé son arc plus loin alors qu'elle sortait son épée. Elle trancha nettement le ventre du deuxième et sortit une deuxième épée alors qu'elle lui enfonçait la lame dans le cœur. Elle posa ses mains sur l'épaule de l'orc qui s'écroulait et fit passer ses jambes par-dessus sa tête dans une pirouette, se baissa et tourna sur son genou plié pour éviter une attaque, et remonta ses lames dans un double-croisé mortel alors qu'elle se relevait, décapitant l'orc. La tête du monstre resta sur le 'X' que formaient ses épées, et elle la laissa tomber avec une grimace de dégoût. Elle se tourna, et vit Aragorn, entouré de deux cadavres, prêt à s'attaquer au dernier. Elle soupira et lança son coutelas d'un geste sûr et puissant, fichant la lame dans le crâne de la bête.
-On avait dit trois par personne ! protesta Aragorn.
-Désolée le vieux, mais tu prenais un peu trop de temps à te débarrasser des tiens, dit-elle en haussant les épaules d'un air détaché.
Elle essuya ses lames sur les cadavres et les rangea. Layaqhar vint lui lécher la main.
-Ça va ma belle ? demanda la blonde en la grattant derrière les oreilles.
-Impeccable. La prochaine fois, tu penseras à m'en laisser un.
-Non, tu n'es pas encore assez forte. Et c'est risqué pour nous deux, rappelle-toi, si l'une de nous est blessée…
-Je sais, c'est moi qui te l'ai dit.
Legolas passa près d'elles pour récupérer ses flèches, et lui tendit celle qu'elle avait tiré.
-Merci, répondit-elle.
-Tu te bats comme si c'était un jeu, comme si tu étais dans un spectacle, lâcha Aragorn plus loin. Tu prends toujours tout à la légère comme ça ?
-Seulement ce qui est drôle, répliqua-t-elle du tac au tac.
-Une embuscade par des orcs ça n'a rien de drôle, maugréa-t-il.
-Je sais, dit-elle. Et je sais aussi pourquoi tu dis ça. Et crois-moi je déteste ces enflures au moins autant que toi. Mais neuf orcs isolés comme ça, face à trois combattants aguerris et une louve, je t'assure qu'on ne courait aucun risque. Maintenant, si on brûlait ces pourritures et qu'on passait à autre chose ? Comme trouver un livre ?
Aragorn grinça des dents mais ne dit rien, Legolas lui tapota gentiment l'épaule avant de prendre la bride de son cheval et d'avancer entre les ruines. Maëlia grimpa souplement sur la selle d'Éclair, laissant Layaqhar marcher à ses côtés alors qu'elle suivait l'elfe.
Ce sera tout pour ce weekend, n'hésitez pas à laisser une review si ça vous a plu, et même si ça ne vous a pas plus d'ailleurs, et dites-moi ce que vous en pensez ! Je vous envoie des cookies mentaux et je vous dis à bientôt pour la suite de l'aventure de Maëlia !
