LES LOUVES DU NORD

Hello mes p'tits chous ! Pour une fois je suis à l'heure ^^

Lumatie : eh oui, pas facile pour alyandra et legolas dans cette situation !

Bonne lecture.


Tome 2 : La communauté de l'Anneau

Chapitre 3 – Le Conseil de Rivendell

25 octobre 3018, chambre d'Alyandra à Rivendell

Alyandra se réveilla tranquillement, sentant le torse musclé de Legolas contre son dos, et son souffle chaud dans son cou. Elle se leva en silence, laissant l'elfe dormir encore un peu. Elle enfila une robe de chambre en soie et ouvrit la fenêtre, profitant de l'air qui embaumait. Deux bras puissants vinrent enserrer sa taille, la faisant frissonner.

-Les hellébores fleuriront dans moins de deux mois, sourit Alyandra en admirant le jardin parfaitement entretenu.

-La plus belle fleur de l'hiver, acquiesça Legolas. Pourquoi es-tu réveillée si tôt ? Le soleil se lève à peine. Reviens donc te coucher avec moi.

Alyandra allait répondre positivement quand des coups furent frappés à sa porte. Elle fronça les sourcils, qui pouvait bien vouloir la déranger si tôt ? Sûrement pas Ashana, sa petite sœur était une vraie marmotte. Elle ressera les pans de son peignoir et entrouvrit la porte.

-Seigneur Boromir ! s'étonna-t-elle, les yeux grands ouverts sous la panique. Mais que faites-vous ici ?

Aussitôt Legolas plongea sous le lit en silence, ne voulant rien risquer.

-Je m'excuse de venir vous déranger si tôt ma chère. Vous ai-je réveillée ?

-Je viens de me lever, répondit-elle machinalement en resserrant encore son peignoir. Qu'est-ce qui vous amène ?

-Je venais voir si vous voudriez venir marcher avec moi ? Profiter du calme du matin, avant d'aller prendre le petit-déjeuner ?

-B-bien sûr, bredouilla-t-elle. Attendez-moi ici, je m'habille et je viens.

Elle ferma la porte et se dépêcha de trouver une robe dans son armoire alors que Legolas apparaissait de sous le lit et s'habillait également.

-Que fait-il ici si tôt ? grommela-t-il en elfique.

-Tu l'as entendu, chuchota Alyandra pour être sûre que l'humain ne les entendait pas. Ce n'est tout de même pas ma faute ! Bon, je vais l'emmener vers la bibliothèque puis vers le marché, tu pourras sortir sans être vu.

Il l'aida à lacer sa robe par-dessus sa chemise, et l'embrassa rapidement. Il se cacha derrière la porte alors qu'elle sortait, et la regarda partir au bras d'un autre homme avec un pincement au cœur. Elle était belle, dans la lumière douce de l'aube. Sa chemise blanche aux manches larges découvrait ses épaules, et la robe bleu clair brodée faisait ressortir la pâleur de son teint, comparable à celui des elfes.

Alors que le soleil se levait et baignait la cité elfique dans une lumière dorée, le Seigneur Elrond convoqua ses invités dans un conseil secret et extraordinaire. Tous étaient assis en demi-cercle face au maître des lieux. Alyandra et Ashana s'étaient assises entre les elfes de Mirkwood et les nains des Monts de Fer pour éviter une confrontation inutile.

Elles-mêmes avaient été élevées dans le respect des elfes par leur père qui avait enterré la hache de guerre avec Thranduil, mais leur mère vouait toujours une haine profonde aux êtres qui les avaient enfermés dans les cachots du royaume des forêts des dizaines d'années plus tôt, surtout envers Legolas qu'elle ne pouvait pas voir en peinture.

-Étrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin de répondre à la menace du Mordor, commença Elrond. La Terre du Milieu est au bord de la destruction. Nul ne peut y échapper. Vous vous unirez ou vous serez vaincus. Chaque race est liée à ce destin, à ce sort commun. Montrez-leur l'Anneau, Frodo.

Le Hobbit qui avait été amené par Arwen s'avança et plaça un anneau d'or sur le petit pilier de pierre au centre de leur hémicycle.

-Alors c'est vrai, souffla Boromir.

Alyandra et Ashana froncèrent les sourcils, voyant tout le monde fixer l'Anneau étrangement comme s'ils entendaient quelque chose, alors qu'elles ne voyaient qu'une simple bague ordinaire. Gandalf les regarda alors en plissant les yeux, et hocha doucement la tête.

-Cet anneau est un don, continua Boromir en se levant. Un don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir ? Depuis longtemps mon père, l'Intendant du Gondor, a tenu à distance les forces du Mordor. C'est grâce au sang de notre peuple que vos terres sont encore en sécurité ! Donnez au Gondor l'arme de notre ennemi, et laissez-nous l'utiliser contre lui !

-On ne peut le contrôler, lâcha Aragorn. Aucun d'entre nous ne le peut. L'Anneau unique ne répond qu'à Sauron, il n'a pas d'autre maître.

-Et qu'est-ce qu'un rôdeur connaît à ces choses-là ? rétorqua Boromir.

Ashana serra les poings de colère, et Alyandra était à deux doigts de frapper son fiancé. Legolas bondit hors de sa chaise.

-Ce n'est pas un simple rôdeur. C'est Aragorn, fils d'Arathorn. Vous lui devez serment d'allégeance.

Boromir écarquilla les yeux mais se reprit très vite, tournant son regard vers l'homme.

-Aragorn ? répéta-t-il. Le descendant d'Isildur…

-Et l'héritier du trône du Gondor, insista Legolas.

Plusieurs regard surpris se posèrent sur Aragorn, excepté celui des princesses d'Erebor qui était au courant depuis longtemps. Aragorn demanda à Legolas de se rasseoir en elfique. Boromir regarda longuement l'elfe blond.

-Le Gondor n'a pas de roi, dit-il finalement. Il n'en a pas besoin, ajouta-t-il en regardant Aragorn dans les yeux.

-Aragorn a raison, intervint alors Gandalf. Nous ne pouvons l'utiliser.

-Vous n'avez pas le choix, fit Elrond. L'Anneau doit être détruit.

-Qu'attendons-nous pour le faire ? s'exclama Gimli.

Il se leva et saisit fermement sa hache avant de l'abattre sur le bijou. Sa hache se brisa et le choc fit chuter le nain roux en arrière.

-L'Anneau ne peut être détruit Gimli, fils de Gloïn, par aucun moyen en notre possession. L'Anneau a été forgé dans les flammes de la Montagne du Destin, il n'y a que là qu'il puisse être détruit. Il faut l'emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeter dans l'abîme flamboyant d'où il est apparu autrefois. L'un de vous doit le faire.

-On n'entre pas si facilement en Mordor, rétorqua Boromir. Ses portes noires ne sont pas gardées que par des orcs, en ces lieux il y a un mal qui ne dort jamais, et le grand Œil est toujours attentif. C'est une terre dévastée et stérile, recouverte de braises et de cendres et de poussière, l'air que l'on y respire n'est que vapeur empoisonnée. Même dix mille hommes n'en viendraient pas à bout. C'est une folie, conclut-il en secouant la tête.

-N'avez-vous pas entendu ce que le Seigneur Elrond a dit ? s'exclama Legolas en se levant une fois de plus. L'Anneau doit être détruit !

Alyandra secoua la tête de découragement en voyant l'animosité entre son amant et son fiancé augmenter.

-Et je suppose, grommela Gimli envers Legolas, que vous croyez être celui qui doit le faire ?

-Si nous échouons qu'arrivera-t-il ? reprit Boromir. Que se passera-t-il quand Sauron récupérera son Anneau ?!

-J'aime mieux mourir plutôt que de voir cet Anneau dans les mains d'un elfe ! tonna Gimli en se levant. Oui, nul ne peut se fier à un elfe.

Alyandra et Ashana bondirent sur leurs pieds comme les autres, se joignant aux cris. L'aînée en profita pour coller une bonne taloche à Gimli pour toutes les piques lancées aux elfes, et fusillait Boromir du regard. Gandalf ne tarda pas à rejoindre la mêlée de cris et d'insultes.

-Je vais le faire ! intervint Frodo, mettant fin à la bagarre qui menaçait d'éclater. Je vais porter l'Anneau en Mordor. Bien que je ne connaisse pas le moyen.

-Je vais vous aider à porter ce fardeau, Frodo Baggins, aussi longtemps que vous aurez à le porter, dit Gandalf en venant se ranger aux côtés du Semi-homme.

-Si par ma vie ou ma mort, je peux vous protéger, je le ferai, annonça Aragorn.

Il posa un genou en terre face à Frodo.

-Mon épée est vôtre.

-Et mon arc est vôtre, ajouta Legolas en rejoignant son vieil ami.

-Et ma hache ! intervint Gimli en les rejoignant.

Legolas leva les yeux au ciel, ce qui ne passa pas inaperçu.

-Vous avez notre destin à tous entre les mains, petit homme, dit Boromir en s'avançant à son tour. Et si telle est la volonté du conseil, le Gondor se joindra à vous.

Alyandra et Ashana n'eurent même pas besoin d'échanger un regard pour rejoindre le groupe d'un même pas, leurs louves se levant avant de se tenir à côté d'elles.

-Il ne sera pas dit qu'Erebor est resté de marbre face à cette menace, lâcha Alyandra en inclinant la tête face à Frodo.

-Joli jeu de mots, sourit sa sœur.

-Merci, rit Alyandra avant de reprendre. Nous vous accompagnerons.

-C'est hors de question ! protestèrent en même temps Boromir, Legolas et Aragorn.

Les deux hommes et l'elfe échangèrent un regard surpris, alors que les deux sœurs haussaient les sourcils.

-Ce n'est pas une promenade d'agrément, fit Boromir. Nous ne pouvons emmener des femmes avec nous ! Vous êtes des princesses d'Erebor, votre place n'est pas sur les routes, au milieu du danger.

Ashana et Alyandra serrèrent leurs poings sous la colère dans le même geste, et même Legolas et Aragorn regardaient Boromir comme s'il venait de profaner la pire des bêtises.

-Je me fiche de ce que chacun d'entre vous dira et je n'ai demandé la permission à personne, prévint Ashana. Je viens, et Maharib vient avec moi.

Sa louve vint lécher la main de Frodo, qui sourit face au puissant animal.

-Princesse Alyandra, vous n'y pensez pas ! tenta Boromir.

Amira se tint droite devant lui, le dépassant d'une bonne vingtaine de centimètres de toute sa hauteur, et montra les crocs en grognant.

-Si vous tenez tant que ça à m'en empêcher, sourit Alyandra, voyez ça avec mon garde du corps.

Legolas retint son sourire, mais Gimli ne s'embarrassa pas de convenances et éclata de rire face à la soudaine pâleur de l'homme du Gondor. Boromir déglutit, et finit par hocher silencieusement la tête.

-Hey ! fit une voix en sortant des fourrés. Monsieur Frodo n'ira nulle part sans moi !

Un hobbit joufflu aux boucles rousses venait d'apparaître aux côtés de Frodo.

-Non en effet, il n'est guère possible de vous séparer, lâcha Elrond. Et cela même lorsqu'il est convoqué à un conseil secret et vous non.

-Ah ! Nous venons aussi !

Deux autres hobbits, un blond et un châtain, apparurent de derrière des colonnes avant de se précipiter vers leurs congénères.

-Faudrait nous renvoyer chez nous attachés dans un sac pour nous en empêcher, fit le blond.

-Quoiqu'il en soit, ajouta le brun, vous avez besoin de gens intelligents pour ce genre de… mission ? quête ? chose ?

-Alors ça te met hors course, Pippin, répliqua le blond.

-Onze compagnons, intervint Elrond.

-Treize, le coupa Ashana. Maharib et Amira comptent aussi, croyez-moi.

-Treize, reprit Elrond avec un fin sourire. Qu'il en soit ainsi. Vous formerez la communauté de l'Anneau.

-Chouette. Où est-ce qu'on va ? fit Pippin.

Ashana et Alyandra échangèrent le même regard blasé. Par Mahal, ce voyage allait être long…

Le lendemain matin, Alyandra allait écrire à leur père pour lui annoncer leur décision de se joindre à la quête, et également lui dire au revoir, parce que contrairement à sa jeune sœur, elle savait fort bien qu'ils risquaient tous d'y laisser la vie. Mais à peine avait-elle fini de tailler sa plume qu'Aragorn fit irruption dans sa chambre, essoufflé.

-Le Seigneur Elrond demande à te voir, tout de suite, dit-il entre deux inspirations. Ashana est déjà là-bas, Legolas aussi.

-Que se passe-t-il ? s'inquiéta la jeune femme.

-Je ne sais pas, il t'attend pour le dire.

Elle se leva précipitamment et ramassa ses jupes à deux mains pour courir à la suite de son ami. Ils rejoignirent rapidement le Seigneur Elrond, et son air grave et sombre ne rassura pas le moins du monde la princesse. Elle se tint aux côtés de sa sœur, leurs louves de chaque côté, Legolas et Aragorn derrière elles.

-Il serait peut-être préférable que vous sortiez, dit doucement Elrond à ces derniers.

-Non, dit Alyandra. Quoi que ce soit, ils peuvent l'entendre, j'en suis certaine.

L'elfe brun hocha la tête, avant de déplier le parchemin qu'il avait à la main, et de le tendre à Alyandra.

-C'est une lettre d'Oncle Kili, remarqua-t-elle en fronçant les sourcils.

Elle parcourut rapidement la lettre, son teint devenant de plus en plus pâle au fil des lignes.

-Qu-quand est arrivée cette lettre ? demanda-t-elle alors que ses mains se mettaient à trembler.

-Ce matin, par corbeau, répondit simplement Elrond. Je suis désolé.

Il se retira sans un mot de plus. Alyandra se laissa tomber à genoux en pleurant, et alors que Legolas se précipitait vers elle, Aragorn ramassa le parchemin.

-Elle a été écrite il y a plus de deux semaines, dit-il. « Mes chère nièces, Erebor connaît à nouveau un jour funeste. Je ne vous surprendrai sûrement pas en vous apprenant que Maëlia s'est enfuie seule sur Layaqhar dans la nuit du 7 au 8 septembre pour vous rejoindre. D'après les traces, elle n'a pas coupé à travers Mirkwood, mais s'est aventurée plus au sud. Elle a voyagé de nuit, et a très rapidement gagné le Rohan, où il semble qu'elle ait été attaquée par un groupe de sauvages alors qu'elle allait franchir la trouée du Rohan. Les traces ne laissent aucun doute, elle a été faite prisonnière et sûrement amenée dans un camp dont nous ne connaissons pas la localisation. Nous avons reçu un message nous confirmant sa captivité par un de leurs messagers qui est toujours dans nos cachots, mais il est muet et refuse de nous en apprendre plus. Layaqhar reste introuvable. Je suis navré d'avoir à vous l'apprendre ainsi. Nous espérons que vous vous portez bien. Transmettez nos amitiés au Seigneur Elrond et à ses fils, ainsi qu'à tous nos amis. Avec affection et tristesse, Prince Kili d'Erebor ».

-Non… souffla Ashana en couvrant sa bouche de ses mains, les yeux agrandis d'horreur.

Son corps se mit à trembler comme une feuille morte sous le vent d'hiver, et Aragorn réussit à la rattraper avant qu'elle ne s'écroule à son tour. Alyandra prit sa sœur dans ses bras et la berça comme si c'était encore une enfant, attendant que leurs pleurs à toutes les deux se calment avant de parler.

-Ash, tout n'est pas perdu, murmura-t-elle les yeux dans le vague.

-Elle est retenue prisonnière par les sauvages qui pillent cette région depuis des décennies ! Layaqhar a disparu, et personne ne sait comment sauver notre cousine ! Alors dis-moi, dear sister, pourquoi tout n'est pas perdu ?

Alyandra recula sous la violence des propos de sa sœur qui était au bord de la crise d'hystérie.

-Parce que c'est Maëlia, dirent en même temps Aragorn et Legolas.

-Ce n'est pas une simple femme, ni même une simple guerrière, continua Aragorn. C'est une des princesses d'Erebor, une des trois louves du Nord, et la meilleure combattante de la Terre du Milieu. Elle est plus titrée que les plus grands généraux d'armée de toute l'Histoire. Elle et Layaqhar pourraient mettre à genoux le Mordor à elles toutes seules.

-Et pourtant elle s'est faite emprisonnée par une bande de braillards ! répliqua Ashana.

-Rappelle-toi, la pressa Alyandra en la prenant par les épaules pour la forcer à la regarder dans les yeux. Rappelle-toi de cette fameuse embuscade. Remember what we call the Ambush of the Runes ? [Tu te souviens de ce que nous avons appelé l'Embuscade des Runes ?]

-We vowed never to speak about it again ! s'horrifia la plus jeune. We are all still ashamed of what happened ! It wasn't a battle, it was a massacre ! [Nous avons fait le serment de ne plus jamais en parler ! Nous avons tous encore honte de ce qui est arrivé ! Ce n'était pas une bataille, mais un massacre !]

-I know, but you do remember what she did ? Those flames ! She can free herself with it, if only she would have the will to do so. [Je sais, mais tu te souviens de ce qu'elle a fait ? Ces flammes ! Elle peut se libérer grâce à elle, si seulement elle avait la volonté de le faire.]

-She never will and you know it ! She can't control it, and even if she had the power to summon those flames again, she would never burn a whole camp of men ! Savages or not, she would never accomplish such a slaughter by her own will. [Elle ne le fera jamais et tu le sais bien ! Elle ne peut pas le contrôler, et même si elle avait le pouvoir d'invoquer ces flammes à nouveau, elle ne brûlerait jamais tout un camp d'hommes ! Sauvages ou pas, elle n'accomplirait jamais un tel massacre par sa propre volonté.]

Alyandra resta silencieuse face aux arguments de sa sœur, parce qu'elle savait que cette dernière avait raison. Maëlia était seule désormais, et ne pouvait se libérer elle-même.


Bientôt la quête ! Et que va-t-il arriver à Maëlia ? Vous pouvez tenter de deviner par review ^^