LES LOUVES DU NORD

Hello mes p'tits chous ! Dernier chapitre avant Noël !

Nymueh : c'est sûr qu'on a tous besoin d'une pause de temps en temps, surtout quand on a les cours à côté... Oui c'est vrai que j'apporte pas toujours beaucoup d'éléments très nouveaux par rapport à l'histoire d'origine, après j'avais plus pour objectif de vraiment intégrer mes OCs dans l'histoire plus que d'en créer une nouvelle. On comprendra le rapprochement Alyandra/Boromir dans ce chapitre, tu verras. Et non pas de discussion avec Galadriel parce qu'à part Elladan, Elrohir, et Legolas certains jours, j'aime pas beaucoup les elfes... ça doit être mon côté nain qui ressort ^^ waaaah sympa les stands de chocolat chaud ! Merci pour le pain d'épices ;) Bisous et bonnes fêtes

Bonne lecture !


Tome 2 : La communauté de l'Anneau

Chapitre 9 – L'Argonath

14 février 3019, Caras Galadhon

Caras Galadhon était en liesse. Pour les elfes, ce n'était qu'une fête de la nature aujourd'hui, mais pour Alyandra et Ashana, élevées avec certaines des traditions terriennes de leur mère et de leur tante, aujourd'hui, c'était la Saint-Valentin, le jour des amoureux.

Leur mère leur avait raconté l'histoire de ce fameux Valentin, un prêtre chrétien de la Rome antique. Apparemment un empereur légèrement psychorigide avait interdit à ses soldats de se marier, mais ce prêtre, Valentin, avait marié en secret un grand nombre de soldats. La légende voulait qu'il ait fait ça au nom de l'amour, d'où son statut de protecteur des amoureux. L'empereur l'avait fait décapiter lorsqu'il avait découvert cela.

Quoiqu'il en soit, Ashana avait préparé un cadeau pour Aragorn, et Alyandra s'était forcée à choisir quelque chose pour Boromir, puisqu'elle ne pouvait rien offrir à Legolas sans se faire prendre. La matinée était consacrée à des jeux de guerre pour couronner le « Prince de la Nuit ». Les filles observèrent avec intérêt les compétitions, jusqu'à l'épreuve finale, qui déterminerait qui de Haldir, Aragorn ou Legolas, allait être sacré Prince de la Nuit. Il s'agissait de tir à l'arc, et sans grosse surprise, Legolas remporta cette dernière épreuve.

De « jeunes » elfes déposèrent une couronne de branches sur ses cheveux avant de le pousser à choisir sa princesse pour le bal. Alyandra crut que son cœur allait cesser de battre quand il commença à avancer vers elle. « Non, non, non, je suis déjà fiancée ! » répétait-elle dans sa tête comme s'il pouvait l'entendre.

-Seigneur Boromir, me permettez-vous de vous emprunter votre ravissante fiancée pour le bal de ce soir ? Je vous avoue beaucoup apprécier de danser avec elle.

-Faites, grinça l'homme du Gondor en le fusillant du regard.

Legolas déposa donc une couronne de fleurs dans les cheveux d'Alyandra avant de lui tourner le dos et de rejoindre Aragorn.

Alyandra quitta rapidement les lieux de la fête, et alla chercher le cadeau qu'elle avait pour Boromir, une petite flasque de vin de Lothlòrien, et une petite dague. Elle lui donna rendez-vous après déjeuner et l'attendit là où il s'était confessé à Aragorn le soir de leur arrivée.

-Ma Dame ? l'appela-t-il en arrivant. Vous vouliez me voir ?

-Oui, je… commença-t-elle en se levant précipitamment. Nous n'avons pas passé beaucoup de temps ensemble dernièrement et je pensais y remédier un peu. Et aussi, c'est la Saint Valentin aujourd'hui, et la tradition de ma mère veut que nous échangions des cadeaux, alors je vous ai acheté un petit quelque chose.

Elle lui tendit les deux objets sans plus de cérémonies, et il les prit avec un air surpris.

-La Saint Valentin ? Oui, je me souviens que vous m'aviez parlé de cette tradition… Je suis navré, je ne savais pas que c'était aujourd'hui, sinon je vous aurais acheté quelque chose.

-Non, ce n'est rien, ce n'est pas grave. Asseyons-nous un moment.

Ils s'assirent côte-à-côte et parlèrent un moment. De son côté, Ashana avait attendu Aragorn dans sa tente, avec la ceinture qu'elle lui avait achetée, et un flacon de liqueur de mûres qui venait de Dale. Lorsqu'il entra dans la tente quelques minutes plus tard, il fut très surpris de la trouver là.

-Ashana ? Il y a un problème ?

Elle se leva et déposa un baiser léger sur ses lèvres. Il sourit à travers l'échange avant de la regarder dans les yeux.

-Tu voulais me dire quelque chose ? la pressa-t-il doucement.

-Je ne suis pas douée pour ça, grogna-t-elle finalement. Joyeuse Saint Valentin. Et tiens, je t'ai amené des cadeaux.

Elle lui tendit la ceinture et la fiole en rougissant. Aragorn sourit et prit les objets avant de les poser sur un guéridon.

-Merci, ça me fait très plaisir. En fait, moi aussi j'ai un cadeau pour toi, mais j'espérais avoir le temps de me faire beau avant…

-Tu es toujours beau, sourit Ashana dont les yeux s'étaient agrandis de curiosité quand il avait mentionné un cadeau.

Il la poussa gentiment pour qu'elle s'asseye sur le bord du lit, et il posa un genou à terre devant elle alors qu'il sortait une petite boîte de bois des plis de sa chemise. Ashana fronça les sourcils. Une boîte ? Pourquoi voudrait-il lui offrir une boîte ? Puis il ouvrit la boîte et saisit ce qu'il y avait à l'intérieur avant de lui présenter.

-Votre Altesse, Princesse Ashana Katniss Merida d'Erebor, commença-t-il avec un petit sourire. Me ferez-vous l'honneur et le plaisir de devenir ma femme, dès que cette quête sera achevée ?

Ashana était figé sur place par le choc et l'émotion. La bague qu'il tenait était superbe, un double anneau d'or incrusté de petits diamants, au centre duquel brillait un gros rubis ovale.

-Oui, murmura-t-elle inaudiblement. Oui ! reprit-elle plus haut alors qu'un sourire incrédule se dessinait sur son visage. Oui, mille fois oui !

Il lui passa la bague au doigt et se releva alors qu'elle se jetait dans ses bras, pleurant presque de bonheur.

-Mais depuis combien de temps tu as ça avec toi ?

-En fait, j'ai la boîte sur moi depuis… près de six ans. J'ai acheté la bague à Erebor quelques mois après notre rencontre.

-Six ans ?! Ça fait six ans que tu attends pour me demander en mariage ? s'écria Ashana.

Aragorn la fit taire en l'embrassant passionnément. Lorsqu'il la relâcha, Ashana défit son collier, celui forgé par son oncle, et le passa au cou d'Aragorn avant de le glisser sous sa chemise.

De son côté, Alyandra avait été plus ou moins enlevée à Boromir par des elfes pour la préparer, puisqu'elle était la Princesse de la Nuit ce soir. Apparemment la tenue allait avec le titre, et Alyandra se retrouva rapidement changée, coiffée et maquillée. Lorsqu'elle eut le droit de se regarder dans un miroir, elle hoqueta de surprise. Cette robe était si différente de celles qu'elle portait d'habitude…

Blanche, bleu clair et argent, elle allait du coup au sol en dénudant les épaules. La jupe était faite de multiples voiles qui gonflaient au gré du vent et de ses mouvements, et le corset était fermement serré dans le dos par un laçage. Le épaules et le haut du dos étaient recouverts de complexes et délicats entrelacs de files d'argent décorés de saphirs clairs. Ses cheveux avaient été tressés et relevés.

-Mais laissez-moi passer ! cria une voix aigüe à l'extérieur de la tente. Laissez-moi passer ou j'appelle ma louve !

Finalement Ashana déboula dans la tente en grommelant, et s'arrêta en voyant sa sœur.

-Alors ça, je ne m'y attendais pas, souffla-t-elle. Tu es très belle, mais c'est…

-Différent, je sais, répondit Alyandra. Je me sens bizarre aussi. Mais bon, nous devons respecter la tradition de nos hôtes, et apparemment c'est la tenue traditionnelle de la Princesse de la Nuit. Et toi, tu es magnifique dans ta robe.

Ashana tourna sur elle-même en haussant les épaules. Elle portait une simple robe blanche avec des empiècement de velours bleu clair sur les côtés, aux manches longues et traînantes, avec un croisement de fils d'argent sur l'estomac.

-Au moins moi je peux respirer, rit-elle en remarquant le corset de sa sœur. Et au fait…

-QU'EST-CE QUE C'EST QUE ÇA ?! hurla Alyandra en saisissant la main gauche de sa sœur.

-Ah, ça… rit sa sœur nerveusement. Aragorn vient de me demander en mariage, et j'ai dit oui ?

Alyandra plissa les yeux en regardant sa sœur.

-Jolie bague, apprécia-t-elle. Mais il va m'entendre !

-Aly, non !

Trop tard, Alyandra sortit de la tente à grands pas, une dague à la main. En réalité, elle était ravie pour sa sœur et Aragorn, mais il aurait dû respecter la tradition, et cela lui donnait l'excuse parfaite pour passer un peu ses nerfs.

-ARAGORN ! rugit-elle quand elle le repéra près de la fontaine.

Ce dernier pâlit et voulut s'enfuir mais elle l'attrapa par le collet et le plaqua contre un arbre en tenant fermement la dague sur sa jugulaire. Il n'osa même pas déglutir.

-Oui ? Tu es ravissante Alyandra, cette robe te va à ravir, et…

-Silence ! Enfin, merci. Mais comment as-tu osé demander la main de ma sœur sans demander l'autorisation avant ? C'est la tradition !

-Je n'ai pas ton autorisation ? s'étonna Aragorn.

Alyandra eut un petit mouvement de recul.

-Si, évidemment.

-Alors où est le problème ? insista Aragorn avec un petit sourire.

-Tu es trop malin pour ton bien, grommela Alyandra en le relâchant. A charge de revanche. Il faut que j'écrive à mes parents maintenant.

Aragorn la regarda partir en retenant son rire alors que sa désormais fiancée le rejoignait. Elle lui sourit et il lui présenta galamment son bras pour l'escorter jusqu'à la clairière où le bal devait avoir lieu, tandis que dans sa tente, Alyandra écrivait à Erebor pour les informer qu'elles étaient bien portantes et qu'Ashana était désormais fiancée. Elle n'écrivit rien d'autre, de peur que sa lettre puisse être interceptée par l'ennemi.

Le bal fut somptueux, et même si cela la mettait assez mal-à-l'aise, Alyandra profita du fait d'être la Princesse de la Nuit pour passer plus de temps avec Legolas. Elle savait que ce triangle amoureux les fatiguait tous les deux, et qu'elle ne pourrait pas éternellement retarder ce mariage arrangé, ni cacher son amant.

Après le bal, sous prétexte d'aller rendre les tenues traditionnelles, Legolas s'éclipsa avec sa belle sur une petite île isolée dans la rivière non loin. Il lui fit l'amour sur le rivage, savourant chaque seconde où elle était toute à lui. Ils passèrent de longues minutes allongés, dans les bras l'un de l'autre sans parler, jusqu'à ce que Legolas sorte une petite boîte de sa tunique. De là il sortit un petit hellébore blanc qu'il glissa dans les boucles emmêlées de son amante.

-Joyeuse Saint-Valentin, murmura-t-il en essayant de cacher sa tristesse.

-Joyeuse Saint-Valentin, répondit-elle sur le même ton.

Ils savaient tous les deux qu'elle ne pouvait rien lui offrir, rien de matériel du moins.

16 février 3019, Caras Galadhon

La compagnie s'était rangée en ligne pour que les elfes leur fassent leurs adieux et leur remettent des présents. Des capes elfiques leur furent donnés avec ces paroles : « Avant ce jour, aucun étranger n'avait revêtu l'habit de notre peuple. Puissent ces capes vous protéger totalement des yeux hostiles ». Ils avaient chargé des paquets de lembas aussi, pour le plus grand déplaisir des jeunes femmes. Heureusement pour leurs louves, un dérivé de lembas protéiné avait été fait spécialement pour elles, et il restait des boulettes à Ashana et Alyandra. Une belle dague courbée avait été offerte à Aragorn par Celeborn. Legolas reçu un arc des Galadhrims, le meilleur type d'arc au monde – même si les quatre héritiers d'Erebor n'admettraient jamais ce fait et continueraient à croire que Kili leur avait fabriqué les meilleurs arcs du monde. Merry et Pippin eurent droit à des dagues aussi, plus petites et plus adaptées à leur gabarit. Sam reçut une corde elfique. Gimli osa demander à Galadriel un de ses cheveux. Alyandra et Ashana étaient les dernières sur la ligne, et se virent offrir chacune une épingle à cheveux en acier elfique, décorée d'améthystes pour Alyandra et de rubis pour Ashana. C'étaient en fait de longues baguettes qu'il leur suffisait d'entortiller dans leurs cheveux pour les faire tenir, mais en dernier recours, ce pouvaient être des armes de jet ou de corps à corps mortelles.

Ils montèrent dans leurs pirogues et commencèrent la longue descente du fleuve Anduin vers les chutes de Rauros.

25 février 3019, quelque part sur l'Anduin

Ashana n'en pouvait plus. Ils étaient dans ces maudites pirogues depuis près de dix jours, et même si elle ne vomissait pas, elle avait le mal de mer depuis leur départ ! Même la liqueur de menthe ne l'aidait pas !

-Les nains ne sont pas faits pour aller sur l'eau ! grommelait-elle au moins dix fois par jour.

-Mais vous êtes une humaine, Dame Ashana, s'étonnait Pippin.

-Je suis une naine ! rugissait-elle en direction du hobbit. Je suis grande pour ma race, c'est tout.

Mais la plupart du temps le silence régnait sur leur petit groupe, et ils étaient tendus, à l'affut de leurs ennemis. A l'intérieur du groupe aussi la tension augmentait. Alyandra et Ashana remarquaient bien les regards lourds que Boromir lançait à Aragorn, et parfois à Legolas. Le passage de l'Argonath redonna le sourire à tous, car il marquait bientôt la fin de leur périple fluvial, et l'arrivée aux chutes de Rauros. Ils se dépêchèrent d'atteindre la rive ouest et débarquèrent. Ils montèrent le camp, et chacun s'installa alors que Gimli lançait le feu.

-Nous traverserons le lac à la tombée de la nuit, annonça Aragorn. Nous cacherons les bateaux et continuerons à pieds. Nous atteindrons le Mordor par le nord.

-Ah oui ? répliqua Gimli. Il nous suffira simplement de trouver notre chemin à travers Emyn Muil, un labyrinthe infranchissable fait de rochers coupants comme des rasoirs, et après cela, ce sera encore mieux ! Une région de marécages gluants et puants à perte de vue.

-Oui, c'est notre route, répondit calmement le rôdeur. Je vous suggère de prendre du repos afin de recouvrer vos forces, maître Nain.

-Recouvrer mes… ?! s'offusqua Gimli. On n'a pas besoin de retrouver nos forces, nous les nains. N'oubliez pas ça, jeunes hobbits !

Pour une fois, les filles et les louves ne s'ajoutèrent pas au débat puisqu'elles s'étaient pelotonnées toutes les quatre dans un coin et ronflaient allègrement.

-Où est Frodo ? s'étonna alors Merry.

-Je vais à sa recherche, décida Aragorn. Il a dû s'aventurer trop loin en ramassant du bois. Réveillez-les, ajouta-t-il en désignant sa fiancée et sa future belle-sœur. Il est dangereux de s'assoupir ainsi en territoire hostile.

Il disparut à travers les bois alors que Legolas secouait gentiment les belles endormies, réveillant leurs louves par la même occasion.

-Frodo manque à l'appel. Boromir aussi. Aragorn est parti les chercher, les informa-t-il.

Aussitôt elles sautèrent sur leurs pieds et saisirent leurs lames, délaissant leurs arcs. Alyandra échangea un long regard avec son amant, qui finit par hocher la tête.

-Gimli ! Viens ! grommela Ashana.

Ils partirent tous dans la forêt, sachant les orcs proches. Alors que de son côté, Aragorn allait s'attaquer seul à toute l'armée pour donner au Hobbit une chance de s'échapper, il fut rejoint par un éclair blanc et un éclair beige, masses puissantes de muscles et de fourrure aux crocs meurtriers et ravageurs. Les filles sur leurs dos, Amira et Maharib foncèrent aux côtés d'Aragorn pour un combat sanglant.

Legolas et Gimli les rejoignirent, et ils se couvrirent les uns les autres pour battre progressivement en retraite et couvrir la fuite de Frodo. Le combat était sans pitié, violent et sans relâche. Un bruit attira leur attention.

-Le cor du Gondor, souffla Legolas.

-Boromir, comprit Aragorn.

Alyandra pâlit et acheva l'orc d'un coup de dague circulaire. Elle siffla et sauta sur Amira qui passa en courant près d'elle, lui intimant silencieusement de trouver son fiancé.

-Alyandra ! l'appelèrent les autres.

Mais elle n'écouta personne. Boromir était seul et en danger, elle devait lui porter secours. Quand sa louve lui signifia qu'elle sentait du sang humain, elle crut que son cœur cessait de battre. Elle n'était pas amoureuse de Boromir et ne l'avait jamais été, mais elle se devait d'être honnête avec elle-même : elle l'appréciait beaucoup en fait. Il avait toujours été bon avec elle et avait fait tant d'efforts pour qu'elle l'aime… Elle savait que si elle n'était pas tombée amoureuse de Legolas avant, elle aurait donné une réelle chance à l'homme du Gondor.

Lorsqu'elle entendit distinctement les râles de Boromir, elle sauta sans hésiter du dos de sa louve et se laissa rouler sur les feuilles pour amortir le choc. Amira et elle commencèrent à se frayer un passage vers l'homme qui était à genou sur le sol, trois flèches plantées dans le torse. Beaucoup d'orcs les entouraient aussi redoublèrent-elles d'efforts dans leur but d'exterminer leurs ennemis, mais il en arrivait toujours plus. Finalement elles arrivèrent à bout de leurs opposants et Amira s'élança vers le dernier, le chef, seul désormais, qui pointait sa flèche vers l'homme pour l'achever. C'est à ce moment qu'Aragorn arriva, taclant sauvagement l'orc et le faisant rouler plus loin. Alyandra se précipita donc vers Boromir et le traîna à l'écart comme elle put pour le protéger. Elle pleurait abondamment, sachant que rien de moins qu'un miracle ne pourrait sauver son fiancé. Il avait perdu connaissance et elle le voyait encore respirer, mais pour combien de temps ?

Elle ne prêta aucune attention au combat épique et sans merci qui opposa Aragorn au chef des Uruk-Haï, ne relevant la tête que lorsqu'Aragorn se jeta à genoux près d'elle.

-Non…

Boromir ouvrit les yeux, agité.

-Ils ont enlevés les petits !

-Restez tranquille, conseilla Aragorn.

-Frodo, continua néanmoins Boromir. Où est Frodo ?

-Je l'ai laissé s'en aller.

-Alors vous avez fait ce que je n'ai pas pu faire. L'anneau, j'ai essayé de le lui prendre.

-Sachez qu'à présent l'anneau est hors d'atteinte, le rassura Aragorn.

-Pardonnez-moi. Je n'avais pas réalisé. A cause de moi vous avez tous échoué.

-Non, Boromir. Vous avez combattu bravement. Votre honneur est sauf.

-C'en est fini, souffla le Gondorien. Le monde des hommes va s'effondrer. Tout ne sera que ténèbres. Et ma Cité sera détruite.

-J'ignore quelles sont les forces qu'il me reste, dit Aragorn avec force. Mais je vous jure que jamais je ne laisserai prendre la Cité Blanche. Ni notre peuple échouer.

-Notre peuple, répéta Boromir. Notre peuple…

Aragorn lui mit son épée dans la main pour qu'il puisse la ramener sur sa poitrine. Legolas, Gimli, Ashana et Maharib arrivèrent et se figèrent à quelques mètres de la scène, sous le choc. Amira se rangea près d'eux.

-Je vous aurais suivi mon frère, mon capitaine, mon roi, lâcha Boromir.

Aragorn laissa couler ses larmes face à la mort imminente et les paroles lourdes de sens de son compagnon.

-Repose en paix… fils du Gondor, souffla Aragorn inaudiblement.

-Al-Aly… souffla Boromir.

-Je suis là, répondit-elle doucement alors qu'Aragorn lui laissait sa place et rejoignait les autres.

-Pourquoi pleurez-vous ? Seriez-vous triste ? Dites-moi quelle en est la cause et je m'en occuperai personnellement, lui dit-il.

Elle sourit à travers ses larmes. Il lui avait dit ces mots il y a des années, alors qu'il l'avait surprise à pleurer sur son balcon.

-Mon plus grand honneur sur cette terre aura été celui d'avoir pu me tenir à vos côtés, belle Dame. Je sais que vous rêviez à un véritable mariage d'amour et que votre cœur ne m'a jamais appartenu, mais je ne vous en veux pas. Promettez-moi seulement deux choses.

-Tout ce que vous voudrez, dit-elle à travers ses sanglots.

-Ne laissez jamais quiconque vous enfermer dans une cage comme l'a été celle de nos fiançailles.

-Jamais, promit-elle avec force. En votre souvenir.

-Et ne rendez pas ce pauvre elfe plus malheureux. Laissez-le vous rendre heureuse, murmura-t-il avec un fin sourire.

Elle releva vers lui un regard coupable.

-Je vous pardonne, la rassura-t-il. Mais promettez-moi.

Elle hocha vivement la tête et il rendit alors son dernier soupir, serein. Elle se laissa tomber sur son torse désormais immobile en pleurant toutes les larmes de son corps, criant presque sa peine. Les louves tendirent leurs museaux vers le ciel et laissèrent échapper un long hurlement pour saluer dignement son départ. Legolas dut s'approcher et détacher Alyandra du corps sans vie de Boromir, la soulevant dans ses bras alors qu'elle se débattait violemment, aveuglée par la douleur.

Aragorn, Gimli et Ashana s'occupèrent de déposer Boromir avec ses armes, à l'exception du bouclier qu'Alyandra garda, dans une pirogue, et laissèrent l'embarcation flotter jusqu'aux chutes et se jeter dans le vide.

-Dépêchez-vous ! pressa Legolas en poussant une pirogue vers le fleuve. Frodo et Sam vont atteindre la rive orientale.

Mais Aragorn ne bougea pas.

-Vous n'avez pas l'intention de les suivre, comprit l'elfe.

-Le destin de Frodo n'est plus entre nos mains.

-Alors tout aura été fait en vain, lâcha Gimli. La Communauté a failli.

Aragorn s'approcha d'eux et posa une main sur l'épaule de Gimli, l'autre sur l'épaule de Legolas. Les filles et les louves s'approchèrent.

-Pas si nous restons loyaux les uns envers les autres. Nous n'abandonnerons pas Merry et Pippin à une mort atroce. Pas tant qu'il nous restera des forces. Débarrassons-nous de tout ce qui n'est pas nécessaire. Voyageons léger. Allons chasser de l'orc.

Gimli et Legolas échangèrent un regard.

-Oui ! s'enthousiasma le nain.

-Je tuerai de mes mains tous ces chiens jusqu'au dernier s'il le faut, annonça sombrement Alyandra alors qu'elle enfourchait Amira.

Ashana sauta sur Maharib et suivit sa sœur, fermant la marche de leur troupe.


Je pleure... Boromir le héros. Beaucoup d'images pour ce chapitre sont disponibles sur ma page facebook /ananaspowerfanfictions. Passez tous de bonnes fêtes, mangez bien, buvez avec modération et amusez-vous bien. Je vous embrasse tous très fort, on se revoit en janvier !