LES LOUVES DU NORD

Bonne année mes p'tits chous !

Nymueh : contente que le chapitre précédent t'aie autant plu ! Oui, j'étais pas entièrement satisfaite de l'enchaînement des deux conversations de Boromir, avec Aragorn puis avec Alyandra, mais comme je voulais absolument garder le "je vous aurais suivi, mon capitaine, mon frère, mon roi", c'était compliqué de lier tout ça ensemble. Je vois ce que tu veux dire par rapport aux OC qui perdent en intérêt s'ils changent pas l'histoire, après dans l'écriture de cette fic je suis toujours tiraillée entre mes OC et de l'autre côté l'histoire de Tolkien qui est tellement géniale que je veux pas trop la massacrer... Merci pour les bisous et les oreillers ! Et je te promets que les filles ne restent pas aussi "passives" tout au long de l'histoire.

Lalwende12 : Merci beaucoup. J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes.

Comme promis avant les vacances, on retourne voir Maëlia qui nous avait bien manqué... Bonne lecture !

P.S. : si vous avez youtube à portée de main, cherchez la chanson "Irish Lullaby" parce qu'elle est plus tard dans le chapitre.


Tome 3 : Les Deux Tours

Chapitre 1 – I'll sing you a lullaby

25 février 3019, Gués de l'Isen

Maëlia étouffa un bâillement. Ils campaient aux Gués de l'Isen depuis deux jours, rassemblant leurs forces avant de partir le lendemain pour attaquer de front une petite armée d'Uruk-Haï. Croquant dans une pomme, elle repensa aux derniers événements.

Après sa dispute avec Théodred au Gouffre de Helm, elle avait failli partir, mais ne sachant pas vraiment où aller, elle s'était décidée à rester. Elle avait déménagé hors de la chambre qui lui avait été assignée et s'était arrangée avec des soldats pour avoir une tente parmi les leurs. Elle mangeait et s'entraînait avec eux tous les jours, évitant au maximum le prince. Il avait fini par promettre une récompense à celui qui lui amènerait Maëlia dans ses appartements. Ça avait été une belle bagarre, et surtout une immense erreur de la part de Théodred. D'abord la jeune femme s'était évidemment bien défendue, mais bientôt, maîtrisée par une bonne douzaine de soldats déjà couverts de marques de coups, des images de sa captivité se superposèrent à la réalité et elle commença à hurler et pleurer. Layaqhar, qui avait jusque-là regardé la scène d'un œil plutôt amusé, avait immédiatement bondi et avait montré les crocs face aux soldats, les faisant reculer.

-Ça suffit ! avait tonné Théodred en les rejoignant. Je vous avais demandé de l'amener, pas de la brutaliser ! Retournez à vos postes !

Il s'était approché de la jeune femme, l'avait soulevé contre lui et l'avait emmené jusque dans la chambre qu'elle était supposée occuper. Il l'avait déposée sur le lit et avait fait l'inventaire de ses blessures, heureusement ce n'était que quelques hématomes qui guériraient très vite. Maëlia avait voulu le repousser mais il avait résisté. Elle avait fini par le laisser faire, sachant qu'il pouvait être aussi têtu qu'elle. Puis il s'était excusé, la prenant de court. Elle était restée immobile, les yeux rivés sur le plafond. Après ses excuses, il lui avait alors confié quelque chose qu'elle aurait voulu ne jamais entendre. « Je crois bien que je commence à éprouver de l'amour pour toi. ». Elle avait brusquement planté ses yeux dans les siens, avec les sourcils relevés dans une moue à la fois surprise et dubitative.

-Eh bien… avait-elle commencé en cherchant ses mots. Je ne m'attendais pas à ça. Je ne voudrais pas te blesser, mais si je peux te donner un conseil, en me basant sur l'expérience de mes cousines qui ont toutes les deux trouvé les hommes de leurs vies, si tu es à ce point incertain de tes sentiments, c'est que ce n'est pas le grand amour.

Il avait hoché la tête avec l'air concentré et était sorti de la pièce. Les jours suivants avaient été étranges, entre eux, mais rapidement toute tension avait été refoulée à cause des préparatifs de l'expédition que Théodred voulait mener contre les orcs.

Même si elle avait plusieurs fois exprimé son opinion sur le sujet relativement clairement et brutalement, Maëlia les avait suivis, et à présent prenait son tour de garde comme les autres, dans leur petit campement. Elle finit sa pomme et allait jeter le trognon au loin quand un tout jeune soldat vint la voir. Elle riait toujours intérieurement quand les plus jeunes venaient la voir, car ils perdaient toujours leurs moyens en s'adressant à elle.

-Dame Maëlia ! Dame Maëlia ! appela-t-il.

-Tu devrais respirer, soldat, plaisanta-t-elle. Qu'y-a-t-il ?

-Ma Dame, le Prince vous demande dans sa tente dans le plus bref délai. Une question de vie ou de mort, a-t-il dit. Je soupçonne que cela a à voir avec notre attaque, dans quatre jours.

Maëlia ne put se retenir de glousser en secouant la tête.

-Garde tes soupçons pour toi, petit, et conduis-moi à la tente de ton prince, lui dit-elle. Je me chargerai du reste.

Il en rougit jusqu'à la racine des cheveux et lui fit signe de le suivre. Maëlia entra sans s'annoncer dans la tente de Théodred et se laissa tomber dans une chaise.

-Si tu as prévu de passer en revue ce fichu plan d'attaque avec moi, sers-moi d'abord du vin, grommela-t-elle en passant une main lasse sur son visage.

Théodred ne s'en étonna même pas et remplit une coupe de vin avant de la placer dans la main de la jeune femme.

-Essaie de ne pas te saouler tout de suite, lui glissa-t-il à l'oreille. J'ai à parler sérieusement avec toi.

-Dois-je déposer ma cape et mes armes pour cette discussion ? plaisanta-t-elle. Ou puis-je rester habillée ?

-Je m'en voudrais de te dénuder de tes plus beaux atours, répliqua le prince sur le même ton. Layaqhar n'est pas avec toi ?

-Elle est quelque part dans le camp. Je prenais mon tour de garde, en fait.

-Bien, bien. Je ne risque pas de me faire croquer alors.

-Tu sais bien que Layaqhar ne te ferait aucun mal. Maintenant, montre-moi ces plans et réexplique-moi encore une fois à quel point ta stratégie est fabuleuse.

-Je ne t'ai pas faite venir pour te parler de plans et de batailles.

Théodred cessa de se balader dans la tente et s'arrêta derrière elle alors qu'elle sirotait son vin.

-Après la bataille, nous rentrerons directement à Edoras. Rentreras-tu avec moi ?

Maëlia nota l'emploi du « moi », et pas du « nous » qui renvoyait à l'ensemble de l'armée.

-Mes projets ne sont pas encore bien arrêtés mais mon destin peut sûrement faire le détour pour voir le château d'or de Méduseld, sourit-elle. Pourquoi cette question ?

-J'ai bien écouté ton conseil, et je me suis laissé du temps pour y voir plus clair. Maintenant j'en suis certain.

-J'en suis ravie, mais je le serai encore plus lorsque tu me diras de quoi tu es certain.

-Je suis tombé amoureux de toi. Je veux que tu viennes à Méduseld avec moi afin que je puisse t'offrir un présent de fiançailles digne de toi. Je te demande de m'accorder ta main en mariage.

Théodred conclut sa petite tirade en posant ses mains sur les épaules de Maëlia qui en frissonna, ni de dégoût ni de plaisir. Elle vida sa coupe d'une traite et la posa brusquement sur la table en sautant sur ses pieds, se tournant vers son ami.

-Théodred, je… Je ne sais pas quoi dire. Je suis très flattée…

-Maëlia !

Elle fronça les sourcils mais ignora Layaqhar.

-Flattée, reprit-elle. Et grandement honorée par ta demande…

-Maëlia ! Qui t'as remplacée à ton poste pour monter la garde ?

-Qui m'a remplacée à mon poste ? répéta Maëlia sans comprendre. Mon poste de garde !

-Pardon ? répéta Théodred qui ne comprenait plus.

-ON NOUS ATTAQUE ! cria un soldat au-dehors.

-Les orcs ! s'exclama Théodred.

-On avance notre attaque alors ? plaisanta la jeune femme sur un ton mortellement sérieux.

Elle sortit son épée et prit son bouclier.

-Cette discussion n'est pas finie ! lui lança Théodred en prenant ses armes.

-Là j'ai peur d'être un peu occupée ! Mais on se retrouve en enfer pour la terminer !

Et avec ça elle sortit de la tente à toute vitesse, prête à charger, alors que Layaqhar la rejoignait. Elle agrippa la fourrure de sa louve et l'enfourcha en pleine course, poussant un terrible rugissement en guise de cri de guerre alors que les orcs arrivaient.

La bataille fut terrible, atroce, un véritable carnage. Les Rohirrims, sous les encouragements de Maëlia qui avait pris leur tête dans la pagaille, réussirent à repousser les orcs jusqu'aux Gués, puisque leur camp était dans la forêt environnante. Malgré cela, ils furent massacrés comme des bêtes à l'abattoir. Ils se battirent comme des lions toute la nuit, leur nombre diminuant sans cesse face aux Uruk-Haï. Maëlia commençait à entrevoir l'issue de la bataille, et supplia sa louve de s'en aller prévenir quelqu'un, n'importe qui, avant qu'elle-même ne se fasse tuer, les condamnant toutes les deux. Layaqhar avait refusé évidemment, et les deux s'étaient battues jusqu'à ce que Maëlia ouvre en deux le dernier orc debout.

Elle se laissa tomber à genoux, essoufflée, épuisée, éreintée. Elle leva ses yeux fatigués vers le ciel, l'aube l'entourait. Elle vit Layaqhar arriver à quelques mètres, visiblement saine et sauve. Elle poussa un soupir de soulagement, et se releva. Elle essuya soigneusement son épée et sa dague, ramassa son bouclier et l'accrocha dans son dos. Puis elle fronça les sourcils. Tout était silencieux autour d'elle. Trop silencieux.

Elle fit un tour complet sur elle-même, couvrant sa bouche de ses mains alors que les larmes lui montaient aux yeux. Personne d'autre qu'elle n'était debout. Il n'y avait que des corps, partout, à perte de vue. Elle baissa les yeux face à l'horreur du spectacle qui s'offrait à elle. Son regard se posa sur Connan, un de ses amis parmi les soldats. Il lui avait si souvent parlé de son tout jeune fils Connor et de sa femme Sannah, qui attendaient son retour à Edoras. Elle s'accroupit près de lui, et lui ferma les yeux en signe de respect. Elle remarqua sa dague qui appartenait déjà à son père d'après ce qu'il lui avait dit, et son collier. Elle les récupéra et se jura d'aller à Edoras pour les rendre à sa famille. Alors qu'elle les glissait dans un repli de sa chemise sous sa cuirasse, Layaqhar l'appela. Elle se précipita vers elle, et se laissa tomber près du cadavre que sa louve avait trouvé.

-Théodred !

Les larmes commençaient à s'accumuler dans ses yeux. Elle le saisit par les épaules et cala sa tête sur ses genoux.

-Oh, Théodred… souffla-t-elle alors que les larmes dévalaient librement sur ses joues. Je suis tellement désolée…

Théodred se mit alors à tousser, ses paupières s'agitant.

-Théodred !

-Désolée… de quoi ? Tu refuses ma demande en mariage, c'est ça ? Je dois avouer que je m'en doutais un peu…

Une quinte de toux violente lui coupa la parole.

-En même temps, épouser un cadavre, je te comprends, rit-il en toussant encore.

-Tais-toi, sourit-elle au milieu de ses pleurs. Ne dis rien, je vais m'occuper de toi. Je vais te soigner, je vais te ramener à Edoras. Tu verras, bientôt, nous passerons les portes de Méduseld côte à côte, victorieux malgré la tristesse d'avoir perdu nos compagnons d'armes. Puis nous retournerons au Gouffre de Helm pour admirer à nouveau les cavernes scintillantes ensemble. Tu verras.

Elle avait dit tout ça en hoquetant et en sanglotant, la gorge serrée.

-Tu mens, sourit Théodred – même si son sourire ressemblait davantage à une grimace. Tu mens, mais ce n'est pas grave… Je ne t'en veux pas de me mentir, parce que je sais pourquoi tu le fais, et que je t'aime.

-Shh, tais-toi, répéta-t-elle en essuyant ses larmes. Garde tes forces. Je vais prendre soin de toi, comme toi tu as pris soin de moi quand tu m'as trouvée, et même après. Je vais te soigner, ne bouge pas.

Elle prit délicatement sa tête pour le reposer sur le sol, le temps d'aller chercher ses affaires au camp pour tenter de panser ses blessures, mais Théodred réussit à relever le bras et ressera sa main sur l'avant-bras de Maëlia pour l'en empêcher.

-Non, ne me laisse pas, dit-il rapidement, l'air effrayé.

-D'accord, je ne bouge pas, lui répondit-elle immédiatement alors qu'elle replaçait sa tête sur ses genoux. Ne t'en fais pas, je ne bouge pas. Je reste avec toi.

Cela sembla le calmer et il expira tranquillement.

-Maëlia ? dit-il après un petit temps de silence.

-Je suis là.

-Tu veux bien…

Une quinte de toux plus violente que les précédentes le coupa, et il recracha un peu de sang cette fois.

-Tu veux bien chanter ? S'il-te-plait ?

Il avait murmuré, presque inaudiblement, mais elle l'avait entendu, et hocha la tête. Elle lui prit la main et ils serrèrent tous les deux, s'accrochant l'un à l'autre comme à la corde qui les retiendrait au-dessus d'un ravin. Maëlia commença à fredonner doucement une mélodie, se rappelant d'un vieux texte lu dans le grimoire celte. Bientôt les mots sortirent de sa bouche, d'une voix claire et pure, douce et calme, apaisante et pourtant si lourde d'émotions.

Lay down your head and I'll sing you a lullaby

Pose ta tête et je te chanterai une berceuse

Back to the years of loo li lai lay

De retour aux années loo li lai lay

And I'll sing you to sleep and I'll sing you tomorrow

Et je chanterai pour t'endormir et je chanterai demain

Bless you with love for the road that you go

Te bénir d'amour pour la route que tu prends

May you sail fair to the far fields of fortune

Puisses-tu bien naviguer jusqu'aux lointains champs du destin

With diamonds and pearls at your head and your feet

Avec des diamants et des perles sur ta tête et à tes pieds

And may you need never to banish misfortune

Et puisses-tu ne jamais avoir besoin de bannir le mauvais sort

May you find kindness in all that you meet

Puisses-tu trouver la gentillesse en tous les gens que tu rencontres

May there always be angels to watch over you

Puisse-t-il y avoir toujours des anges pour veiller sur toi

To guide you each step of the way

Pour te guider à chaque pas du chemin

To guard you and keep you safe from all harm

Te garder en sécurité et te protéger de tout mal

Loo li loo li lai lay

(elle fredonne une mélodie douce)

May you bring love and may you bring happiness

Puisses-tu apporter l'amour et puisses-tu apporter le bonheur

Be loved in return to the end of your days

Être aimé en retour jusqu'à la fin de tes jours

Now fall off to sleep I'm not meaning to keep you

Maintenant endors-toi je n'ai pas l'intention de te retenir

I'll just sit for a while and sing loo li lai lay

Je resterai juste assise un moment et chanterai loo li lai lay

May there always be angels to watch over you

Puisse-t-il y avoir toujours des anges pour veiller sur toi

To guide you each step of the way

Pour te guider à chaque pas du chemin

To guard you and keep you safe from all harm

Te garder en sécurité et te protéger de tout mal

Loo li loo li lai lay loo li loo li lai lay

(elle fredonne la fin de la mélodie)

Elle avait fermé les yeux sans cesser de chanter au milieu de la chanson, alors que Théodred avait déjà fermé les siens pour mieux l'écouter. Lorsqu'elle les rouvrit à la fin, elle savait déjà que la main large et calleuse ne serrait plus la sienne, elle savait déjà que la poitrine large et musclée ne se soulevait plus au rythme lent d'une respiration. Elle savait déjà que son dernier soupir avait franchi ses lèvres désormais froides. Elle savait qu'il était mort.

Même jour (26 février 3019), Gués de l'Isen

Eomer, fils d'Eomund, Troisième Maréchal de la Marche, galopait avec ses hommes depuis des jours. Ils ne s'étaient pas arrêtés la nuit dernière, car Eomer savait son cousin, le prince Théodred, en grand danger. Dès qu'il avait entendu des rumeurs sur les mouvements des troupes de Théodred à l'ouest, il avait rassemblé son eored et ils s'étaient précipités, priant les Valars pour arriver à temps. Il savait que de très larges groupes d'orcs se déplaçaient autour des Gués, et que même avec une eored, Théodred risquait d'être dépassé.

Ils arrivèrent à l'aube sur les lieux d'un massacre. Le sol était jonché de corps, hommes, orcs, et même chevaux, criblés de flèches, ouverts en deux, décapités, embrochés sur des lances... La pluie se mit à tomber, ajoutant un rideau gris et sombre au sinistre tableau.

-Théodred… souffla Eomer. Cherchez le fils du roi ! ordonna-t-il plus fort.

Lui-même sauta à bas de sa monture et commença à marcher parmi les corps, cherchant le visage familier de son aîné. Il arriva bientôt au centre du couloir que formait le gué à cet endroit, et se figea. A seulement quelques mètres de là, une jeune femme était agenouillée, tenant Théodred contre elle. La tête du prince reposait sur ses genoux et ils se tenaient la main. Elle était en train de chanter dans une langue inconnue ce qui ressemblait à une berceuse, comme si elle ne les avait pas remarqués.

Malgré la situation dramatique, Eomer ne put empêcher une léger sourire de s'épanouir sur son visage marqué. Il croyait voir un ange. Elle portait des bottes fourrées lacées, un pantalon de cuir de daim lacé sur les hanches, une épaisse chemise bleue, et pour seule armure, des brassards et une cuirasse de maille et de cuir brun. Une ceinture autour de sa taille maintenant un fourreau sur sa gauche, indiquant qu'elle était droitière. Une épée était rangée dedans. Un bouclier était dans son dos, et il pouvait deviner un bon nombre de dagues cachées dans ses vêtements. Sa peau était d'un blanc laiteux, si pâle qu'il crut réellement à un ange pour quelques secondes. Une crinière sauvage de boucles blondes avait été nattée et nouée sur le dessus du crâne pour dégager son visage, tacheté de sang. Ses yeux étaient cerclés de noir, et ses lèvres fines mais pleines étaient très pâles.

Sa voix était si belle et plaisante à entendre, il se surprit à penser qu'il voudrait l'entendre tous les jours. Finalement elle arrêta de chanter et ouvrit les yeux. Il fut frappé par leur couleur, bleus aux reflets gris, la couleur d'un ciel d'orage en été. Elle se pencha et embrassa le front de son cousin en pleurant. Il comprit qu'il était arrivé trop tard. Elle souleva la tête de Théodred avec précaution et la déposa sur le sol avant de se relever en essuyant ses larmes du dos de la main.

Ses yeux tombèrent alors sur lui et son eored, et s'agrandirent de surprise et de peur.


Maëlia embrassa Théodred sur le front dans un dernier adieu, et reposa sa tête sur le sol. Elle se releva, et remarqua alors les hommes qui la regardaient, quelques mètres plus loin. Elle ne reconnaissait aucun visage, ce n'étaient pas les hommes de l'eored de Théodred. Non, ceux-là étaient morts dans la nuit. Elle remarqua alors le commandant, qui était un pas devant ses hommes.

Il était très grand, et large d'épaules, visiblement musclé. Des longs cheveux blonds dépassaient ses épaules, encadrant un visage aux traits virils et volontaires. Un début de barbe et de moustache ressortait sur sa peau bronzée, et d'ici elle pouvait voir ses yeux verts clairs. Elle se surprit à penser qu'elle aimerait voir ces yeux tous les jours.

Cette pensée, et la présence d'une eored entière et inconnue face à elle, l'effraya grandement. Elle fit un pas en arrière, désarçonnée. Elle siffla, et Layaqhar sortit du couvert des arbres, courant jusqu'à elle. Elle sauta prestement sur le dos de l'animal, et échangea un long regard avec le commandant de l'eored avant de signifier silencieusement à Layaqhar de partir d'ici, aussi vite et aussi loin que possible.


Eomer la vit faire un pas en arrière, et allait marcher lentement jusqu'à elle pour la rassurer, mais sa prochaine action le prit de court. Elle siffla, et un énorme loup noir comme une nuit sans lune sortit de sous les arbres, courant jusqu'à elle. Elle sauta dessus, et le regarda dans les yeux quelques secondes avant de s'enfuir à toute vitesse sur le dos de la louve.

-Par tous les Valars, souffla-t-il encore sous le choc. C'était une des trois Louves du Nord.


Voilà voilà... Qu'en pensez-vous ?