LES LOUVES DU NORD

Hello mes p'tits chous ! Je suis tellement contente des super réactions et reviews auxquelles j'ai eu droit pour le dernier chapitre, ça fait vraiment plaisir !

Lalwende12 : merci beaucoup pour ton enthousiasme et ton soutien, j'apprécie vraiment. La chanson a été un choix très dur mais visiblement payant. J'espère que la suite te plaira toujours autant, bisous !

Nymueh : pose tout de suite la cuillère et le mug avec lesquels tu comptais m'attaquer ! pas taper ! Je sais qu'on aimait tous Théodred (je m'étais attachée à lui de fou) et qu'on est tous déçus qu'il meure, maiiiiiiis j'avais pas la place de le caser dans la suite, une histoire de coupe budgétaire, que vouslez-vous c'est la crise ! et je m'égare. OUIIIII Bottero ! c'est de là que vient la référence, bien sûr. C'est mon auteur préféré. Y'aura d'autres références par la suite, tu verras. Ravie que tu aies aimé le chapitre en tout cas. Juste, c'est quoi le délire avec Amelia, Boromir et Faramir ? J'ai pas tout compris... Et sinon oui tu as raison par rapport à la réécriture d'oeuvres originales, après j'ai pris le parti de respecter autant que possible le canon dans cette fic, c'est pas toujours le cas.

Eanna Eponiel : haha t'inquiète on accepte les retardataires ici, y'a aucune discrimination. Beaucoup de suppositions, certaines pas loin de la vérité... mais je n'en dis pas plus ! Drole de hasard en effet pour la chanson. Je ne connais pas les groupes dont tu as parlé, je crois que je vais aller faire un tour sur youtube cet aprem... t'inquiète pour le pavé, aau contraire ca me fait plaisir que des gens prennent le temps de laisser leur avis comme ça, ce que je ne fais jamais *se cache derrière ses cours de philo* lis quand tu veux, review quand tu veux, ici c'est open bar, happy hour permanente ! et j'adore la façon délirante avec laquelle tu as écrit ta review, c'est génial.

Capucine (guest) : eh bien merci, ravie que le chapitre t'ai plu. bien sûr que je lis tes reviews, je n'oublie personne enfin je crois. j'espère que tu retrouveras ton mot de passe. Bisous

Sur ce, bonne lecture !


Tome 3 : Les Deux Tours

Chapitre 2 – La Traque

28 février 3019, quelque part sur les frontières du Rohan

Aragorn menait leur petit groupe rapidement à travers les rochers. Alyandra dormait à moitié sur le dos d'Amira depuis quelques heures, épuisée pas leur périple et encore sous le choc de la mort de Boromir. Legolas et Gimli suivaient au pas de course, et Ashana fermait la marche sur Maharib, mettant un point d'honneur à ne pas se plaindre de la faim ou de la fatigue.

Le rôdeur était actuellement au sol, l'oreille collée à la roche, attentif au moindre signe.

-Ils ont forcé l'allure, maugréa-t-il en se relevant. Ils ont dû flairer notre présence. Vite !

-Allez, Gimli ! encouragea Legolas au nain qui commençait à se trainer derrière lui.

-Trois jours et trois nuits de poursuite, grommela ce dernier. Sans manger, ni se reposer. Et aucun signe de notre gibier alors que peut bien raconter un rocher ?

-Les louves les ont flairés aussi, répliqua Ashana. Ils ne sont plus très loin, dans une vingtaine d'heures tout au plus nous les aurons rattrapés.

Elle força l'allure et fit signe à son fiancé qu'elle partait en éclaireuse pour repérer leurs traces. Maharib se laissa aller avec joie à une pointe de vitesse malgré la fatigue, et Ashana l'arrêta un peu plus loin, ayant vu quelque chose de brillant dans le sol. Les herbes boueuses avaient été piétinées ici, par une troupe importante. Mais lorsqu'elle se pencha et ramassa l'objet, elle grimaça. C'était une petite broche verte en forme de feuille, la même que celle qui retenait la cape elfique sur ses épaules. Ce devait être celle de Merry ou de Pippin. Son cœur se serra à la pensée des deux hobbits, et elle attendit ses compagnons.

-Ashana, que se passe-t-il ? demanda Aragorn en la rejoignant.

Elle lui lança la broche pour toute réponse, lui pointant du pied l'endroit où elle l'avait trouvée.

-Non sans raison tombent les feuilles de la Lòrien, souffla-t-il.

-Ils sont peut-être en vie, ajouta Legolas avec espoir.

-Et ils ont moins d'un jour d'avance, continuons ! ordonna leur leader.

-Plus vite, Gimli ! encouragea l'elfe. Nous gagnons du terrain !

-Les longues distances m'épuisent. Nous les nains, nous sommes des sprinteurs ! Redoutables sur les courtes distances !

Ils s'arrêtèrent un peu plus loin, alors qu'une lande s'étendait à perte de vue devant eux.

-Le Rohan, annonça Aragorn. Pays des Seigneurs des chevaux. Quelque chose d'étrange est à l'œuvre ici… Une force maléfique donne des ailes à ses créatures et se dresse contre nous.

Legolas était parti devant pour jouer les éclaireurs.

-Legolas ! l'appela Aragorn. Que voient vos yeux d'elfe ?

-Leurs traces dévient au nord-est. Ils conduisent les hobbits en Isengard !

-Saruman… siffla Aragorn entre ses dents.

-Aly ? appela Ashana qui n'écoutait plus les autres. Aly, est-ce que ça va ?

Sa sœur ne montra même pas qu'elle l'avait entendue, continuant à dodeliner de la tête.

-Amira, laisse-moi la voir s'il-te-plaît, demanda la plus jeune.

La louve plia les pattes pour qu'Ashana puisse atteindre sa sœur. La plus jeune prit la main d'Alyandra pour la secouer un peu, mais sa sœur lui tomba carrément dessus, trop enfoncée dans un sommeil délirant.

-Aly !

L'homme, l'elfe et le nain la rejoignirent, inquiets.

-Elle a de la fièvre, fit Aragorn en posant le dos de sa main sur le front brûlant de la princesse.

-On doit se dépêcher si on veut atteindre les Uruk à temps, grommela Gimli. Mais elle ne peut pas voyager ainsi.

Ashana fusilla son – très lointain – cousin du regard.

-Et qu'est-ce que tu proposes ? De l'abandonner ici alors qu'on part à la chasse ? cracha-t-elle.

Le nain recula prestement face à l'agressivité de la jeune femme.

-Faisons une pause pour la nuit, décida Aragorn. Elle va bientôt tomber, et s'ils ne nous sentent plus sur leurs traces ils s'arrêteront aussi. On pourra les rattraper demain.

Ashana hocha la tête et fit signe aux louves d'aller patrouiller les alentours pour vérifier que le lieu était sûr.

-Ash, passe-moi de l'eau s'il-te-plaît, demanda Aragorn. La plus fraîche possible.

-Si c'est pour mettre sur son front, prend plutôt la cotte de maille qui est dans mon sac, répondit cette dernière. Le métal est froid. Nous avons besoin d'économiser l'eau. Et de toute façon je ne vais pas la porter maintenant.

Aragorn plaça l'habit de métal plié comme il le pouvait sur le front de la jeune femme alors que Legolas inspectait les quelques blessures qu'elle avait reçu à leur dernière bataille pour vérifier qu'elles cicatrisaient toutes correctement sans s'infecter. Gimli s'assit à l'écart et entreprit de dévorer un morceau de lembas pour se rassasier.

29 février 3019, quelque part en Rohan près de Fangorn

Ils avaient passé la nuit à cet endroit, à veiller à tour de rôle sur le camp sommaire et le sommeil d'Alyandra. A l'aube, Legolas réveilla tout le monde, et Alyandra qui avait l'air en meilleure forme, et ils repartirent en chasse. En milieu d'après-midi, ils se trouvaient sur un petit col quand Aragorn les pressa pour qu'ils se cachent entre les rochers sur le côté. A peine étaient-ils hors de vue qu'une immense troupe de cavaliers armés passa à cet endroit. Aragorn se redressa, et suivi de ses compagnons – à l'exception des louves qui restèrent cachées pour ne pas effrayer les chevaux et les hommes inutilement – il se mit à découvert.

-Cavaliers du Rohan ! cria-t-il. Quelles nouvelles des hommes de la marche ?

L'eored fit demi-tour pour s'approcher d'eux et rapidement ils se retrouvèrent au centre d'un cercle de chevaux et d'hommes, les lances pointées sur eux.

-Que font un elfe, un homme, un nain et deux femmes dans le Riddermark ? interrogea celui qui devait être le chef en s'avançant. Répondez !

-Donnez-moi votre nom, dresseur de chevaux, répliqua Gimli. Je vous donnerai le mien.

L'homme ne sembla pas apprécier cette réponse et mit pied à terre, allant se camper devant Gimli, le toisant de toute sa hauteur.

-Je vous couperai volontiers la tête, nain, cracha-t-il. Si elle sortait un peu plus du sol.

-Essaye pour voir ! s'exclamèrent en même temps Alyandra et Ashana, leurs lames apparaissant dans leurs poings serrés comme par magie alors qu'elles prenaient des poses défensives.

-Vous seriez mort au moindre geste ! fit en même temps Legolas en bandant son arc vers l'humain.

Les pointes des lances se rapprochèrent dangereusement des trois et Aragorn leur fit signe de baisser leurs armes.

-Je suis Aragorn, fils d'Arathorn, annonça-t-il calmement. Voici Gimli, fils de Gloïn, et Legolas, du royaume sylvestre. Et ces jeunes femmes sont…

-Princesse Laïla de Dale, fille du Roi Bain et de la Reine Loria, mentit froidement Alyandra. Et ma sœur cadette, la Princesse Lina de Dale.

Le titre sembla impressionner l'homme, pour le plus grand plaisir des jeunes femmes.

-Nous sommes des amis du Rohan, et de Théoden, votre Roi, poursuivit Aragorn.

-Théoden ne reconnaît plus ses amis de ses ennemis, lâcha alors l'homme en retirant son casque. Pas même les siens. Saruman a empoisonné l'esprit du Roi et a revendiqué la suzeraineté de ces terres. Mes cavaliers sont loyaux au Rohan, et pour cela, nous avons été bannis ! Le magicien blanc est rusé. Il va et vient à ce que l'on dit, vieillard enveloppé d'un manteau à capuchon, et ses espions se faufilent partout à travers nos filets.

-Nous ne sommes pas des espions, répondit Aragorn. Nous pourchassons un groupe d'Uruk-Haï en direction de l'ouest. Ils ont emmené captif deux de nos amis.

-Les Uruk ont été détruits, annonça l'homme. Nous les avons massacrés pendant la nuit.

-Mais il y avait deux hobbits ! protesta Gimli. Avez-vous vu deux hobbits avec eux ?!

-Ils seraient petits, des enfants à vos yeux, ajouta Aragorn.

-Il n'y a pas de survivants. Nous avons empilé les carcasses et les avons brûlées.

-Morts ? fit Gimli sans comprendre.

-Je suis désolé, répondit l'homme en hochant la tête.

Il siffla.

-Hasufel, Harod ! appela-t-il alors que deux chevaux s'avançaient. Puissent ces chevaux vous apporter meilleure fortune qu'à leurs premiers maîtres. Adieu.

Il enfourcha sa monture.

-Cherchez vos amis, mais n'ayez pas trop d'espoir. C'est peine perdue sur ces terres. Vers le nord !

L'eored partit au galop sur son ordre sans plus se préoccuper d'eux.

-Et nous ? grommela Ashana. Nous, on n'a pas droit à des chevaux ? Parce que deux chevaux pour cinq c'est serré quand même !

-Vous avez les louves, répondit Legolas.

-Je sais, mais l'humain ne pouvait pas savoir ça ! Société misogyne patriarcale à la con !

Alyandra leva les yeux au ciel, sachant fort bien que sa sœur était un cas désespéré de féminisme. Elle siffla plutôt, demandant ainsi aux louves de les rejoindre. Chacun enfourcha sa monture, personne n'écouta les grognements de Gimli quand il comprit qu'il aurait à partager Hasufel avec Legolas, et ils partirent au galop vers la fumée qui s'élevait au loin. Ils mirent au final près de trois heures à atteindre le lieu du massacre, ou plutôt le tas calciné qu'il en restait.

Gimli sauta immédiatement à terre et se mit à fouiller dans les cendres et les os durcis un quelconque signe des hobbits. Les louves levèrent leurs museaux vers le ciel et poussèrent un long hurlement, comme elles l'avaient fait pour Boromir quelques jours plus tôt. Alyandra et Ashana se tenaient droites, dans les bras l'une de l'autre pour se réconforter. Legolas murmurait des prières en elfique.

-C'est une de leurs ceintures, lâcha finalement Gimli en tenant un bout de cuir calciné.

Aragorn poussa un impressionnant et effrayant cri de frustration vers le ciel en envoyer voler un casque d'un coup de pied rageur, avant de se laisser tomber à genoux, secoué de brefs sanglots.

-On les a abandonnés… murmura Gimli.

Aragorn se pencha alors vers le sol, faisant preuve de ses dons de chasseur.

-Un hobbit était allongé ici. Et l'autre, là.

Il se tourna vers les louves et tendit la main vers Maharib. Ashana s'approcha avec son amie, pour faire le lien entre la prédatrice et son fiancé. Aidé par le flair de l'animal et ses compétences, Aragorn commença à établir le cours des événements en suivant les traces.

-Ils ont rampé. Leurs mains étaient ligotées. Leurs liens ont été coupés. Ils ont couru par ici. Ils étaient suivis. Les traces s'éloignent du combat… et vont vers la forêt de Fangorn.

-Fangorn ? répéta Gimli d'une voix blanche. Quelle folie les a conduits là ?

Il aurait préféré affronter seul et à mains nues toute la troupe d'Uruk-Haï plutôt que de mettre les pieds dans cette forêt.

-La nuit va tomber dans moins d'une heure, remarqua Ashana. On ferait mieux de camper ici, reprendre des forces. Et demain à la première heure, on ira récupérer nos deux fugueurs. Ils se sont probablement arrêtés pour la nuit.

Aragorn hocha la tête et fit signe à Gimli de faire un feu pendant qu'il sortait des rations de lembas de son sac et en répartissait des portions pour ses compagnons, n'oubliant pas de préparer aussi des portions pour les louves.

-Où est passée Aly ? s'étonna alors Ashana. Amira ! Où est Aly ?

La louve fit un mouvement paresseux de la tête vers la colline, où la silhouette de sa sœur aînée se découpait à contrejour.

-Je vais la chercher, fit Ashana en se relevant mais Aragorn lui saisit l'avant-bras en secouant la tête.

Il lui désigna Legolas du menton, qui se dirigeait déjà vers Alyandra.

De son côté, la jeune princesse s'était éloignée du groupe presque inconsciemment, ses pensées dérivant vers Boromir. Elle resta un long moment debout, à regarder l'horizon en savourant le vent frais sur sa peau et la caresse du soleil couchant. Elle baissa les yeux sur ses vêtements. Elle avait toujours la cape elfique de la Lòrien, mais après leur descente du fleuve elle s'était changée pour remettre sa tenue de bataille habituelle.

Pantalon lacé noir, bottes fourrées lacées, chemise matelassée, robe violette épaisse fendue sur les côtés, tunique en cotte de maille par-dessus, et corset de cuir. Elle se sentait bien dans ces vêtements-là. Ils représentaient bien ce qu'elle était. Une robe, parce qu'elle était une Princesse, deuxième dans l'ordre de succession du trône du plus grand royaume nain de la Terre du Milieu, Erebor, et qu'elle se devait de faire honneur à son rang. Et son armure, parce qu'elle était une grande guerrière, une des meilleures de la Terre du Milieu, et une des trois Louves du Nord. A ça aussi elle devait y faire honneur.

Honneur, honneur, ce mot tournait en boucle dans ses pensées. En avait-elle seulement un, d'honneur ? Elle s'était fiancée à un homme choisi par ses parents pour sauver Erebor d'une crise économique majeure, mais avait continué sa relation avec l'homme qu'elle aimait tout du long, lui offrant son amour et même son corps. Où était l'honneur là-dedans ? Son devoir voudrait qu'elle se rende immédiatement à Minas Tirith, pour se fiancer au frère cadet de Boromir, Faramir. Sinon le seigneur Denethor pourrait bien annuler son soutien financier à son pays. Et pourtant elle était en Rohan, à pleurer la mort d'un homme dont elle n'avait jamais voulu mais qu'elle avait fini par apprécier avec le temps, après tout il n'était pas si méchant.

Elle sentit un bras s'enrouler devant ses épaules, et un autre autour de sa taille, alors qu'ils la tiraient lentement contre un torse large et musclé.

-A quoi tu penses ? murmura-t-il à son oreille. A lui ?

-Je suis désolée, Amrâlimê… Je suis triste de l'avoir perdu quand même. Il ne méritait pas ça.

-Je sais, je ne te reproche rien. Je le pleure aussi.

-Il m'a dit… Avant de… Il m'a dit…

-Je sais, je l'ai entendu. L'ouïe des elfes, tu sais ?

Elle sourit mais le cœur n'y était pas.

-Je suis là, lui répondit Legolas. Mais je comprends que tu puisses avoir besoin de temps, après ce qui est arrivé. Ce n'est pas tous les jours que ton fiancé te conseille de faire ta vie avec un autre homme alors qu'il est à l'article de la mort. Enfin un elfe.

Elle hocha lentement la tête, et retira sa bague de fiançailles. Elle la glissa sur la chaîne de son collier et remit son collier.

-Ce n'est plus mon fiancé, à la fois malheureusement et heureusement. Je suis triste de sa mort, évidemment, mais je m'en veux de ne pas me sentir coupable.

-Coupable de quoi ?

-De ça.

Elle se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa presque timidement. Elle allait reculer son visage quand Legolas resserra son étreinte et l'embrassa passionnément, pour la première fois depuis longtemps. Il savoura ce baiser, chaque seconde, avant de reprendre son souffle. Il garda son front contre celui de sa bien-aimée.

-Je t'en prie Elen-nil, ne te sens pas coupable d'aimer, souffla-t-il avant de l'embrasser à nouveau.


Tadaaaa... ou pas. On progresse doucement, petit chapitre de transition et de confessions. Les chemins des différents personnages commencent à s'entrecroiser, mais quand vont-ils réellement se rejoindre ? Vous le saurez au prochain chapitre.