LES LOUVES DU NORD

Hello mes p'tits chous ! On arrive au dernier chapitre du Tome 3 qui reprenait "Les Deux Tours". Bien évidemment va suivre le Tome 4, qui correspond à "Le Retour du Roi", seulement pas la semaine prochaine, mais celle d'après ! J'ai des weekends très occupés en ce moment...

Capucine : Hey ! effectivement ta co Internet n'a pas l'air sympathique, mais pas de soucis. Ravie que les précédents chapitres t'aient plu, bisous.

Nymueh : Oui, Maëlia avec Eomer sur fond de haine Ashana/Eowyn, on a hâte de voir les réunions de famille ! Oui bah les engueulades comiques, on aime tous ça ^^ ouiiiii, de l'épique entrecoupé de répliques de Gimli, j'ai adoré écrire ça ! Eloigne ce nutella de moi ! Vade retro satanas ! Mais sinon, cupcakes à la myrtille et thé à l'orange, bisous

Bonne lecture !


Tome 3 : Les Deux Tours

Chapitre 8 – Après la bataille

4 mars 3019, Gouffre de Helm

Après un frugal repas où Maëlia raconta sa captivité, son temps avec Théodred puis sa rencontre avec Eomer, où les filles racontèrent les aventures de la communauté et la mort de Boromir, où Eomer raconta comment il avait été banni et avait rencontré Maëlia, et où Eowyn tentait de faire les yeux doux à Aragorn sous le regard furieux d'Ashana, ils se mirent en route vers l'Isengard, juste avant que le soleil n'atteigne midi.

Ils avaient déjà renvoyé le gros des troupes et le peuple à Edoras, et seuls les « commandants » se rendirent à Isengard. Cela incluait Gandalf sur Gripoil, Aragorn sur Harod, Legolas et Gimli sur Hasufel, Alyandra sur Amira, Ashana sur Maharib, Maëlia sur Layaqhar, Théoden sur Nivacrin et Eomer sur Baringr. Ils faisaient route à travers Fangorn actuellement.

-Le courroux de Sauron sera terrible, prévint Gandalf. Son châtiment, immédiat. La Bataille du Gouffre de Helm est terminée. Celle pour la Terre du Milieu ne fait que commencer. Tous nos espoirs sont désormais liés à deux jeunes hobbits, quelque part dans les régions désertes.

-Et bah y'a pas à dire, tu sais motiver les troupes, papy… grommela Maëlia. Il est toujours comme ça ?

-Toujours, soupira Ashana avec affection. On s'y habitue.

-Comment faites-vous ? demanda alors Théoden.

-Faire quoi ? demandèrent en même temps les deux jeunes femmes.

-Pour être toujours aussi… désinvoltes. Pour partir à la guerre comme si c'était un jeu, pour être aussi provocantes. Comme si vous n'en aviez rien à faire, expliqua Théoden avec les sourcils froncés.

Maëlia échangea un bref regard avec ses cousines, et haussa les épaules avec un fin sourire.

-Vous venez de le dire, lui répondit-elle.

-Je vous demande pardon ?

-Je vous pardonne, répliqua-t-elle dans un rire. Non, plus sérieusement, vous l'avez dit vous-même. Comme si nous n'en avions rien à faire.

-Alors vous ne vous souciez pas de cette guerre et du danger ? s'exclama Théoden avec de la colère, de l'exaspération et de l'étonnement dans la voix.

-Bien sûr que si ! rugit Maëlia en se tournant vers lui, furieuse qu'il ait pu penser ça. Si je n'en avais rien à faire de cette guerre, vous croyez vraiment que je serais là ? A me battre pour un peuple qui n'est pas le mien, aux côtés d'étrangers ?

-Ce que ma cousine veut dire, intervint Alyandra avec plus de calme et de diplomatie. C'est que vous ne vous intéressez pas à la bonne partie de la phrase. Ce n'est pas le « rien à faire » qui est important.

-Je ne comprends pas, fit Eomer en talonnant son cheval pour se mettre à la même hauteur que Maëlia.

-Nous faisons semblant. Comme si nous n'en avions rien à faire, répéta la blonde. Nous sommes des princesses, nous avons été élevées à la cour du royaume nain d'Erebor. Dans ce genre de milieu, tout n'est que question d'apparence et de l'impression que vous donnez. Faire semblant est donc une technique à rapidement assimiler quand vous évoluez là-bas.

-Et à force de faire semblant, ajouta Ashana, ça vous colle à la peau. La provocation, la désinvolture, et même le courage… C'est une question de caractère, bien sûr, mais plus on force ces traits, plus ils viendront naturellement. C'est aussi une façon de se protéger. Vous comprenez, ou ce que je dis n'a aucun sens ?

-Je crois que je comprends, fit Eomer en hochant la tête. Mais alors, lorsque vous menacez de couper la langue de ma sœur, c'est forcé ?

-Non, ça c'est la vérité, s'esclaffa Alyandra. Tant qu'elle nous manquera de respect, surtout à ma sœur, ma dague sera prête à trancher sa langue. Mais je n'ai rien contre vous, ne vous inquiétez pas.

-Quel rassurement, fit Eomer en levant les yeux au ciel.

-Moi par contre, intervint Maëlia, je pourrais bien vous couper la langue si vous continuez à me prendre pour une poupée de porcelaine !

Les trois filles se mirent à rire alors qu'Eomer se tassait visiblement sur sa selle.

-C'est bon de vous retrouver, dit alors Maëlia avec douceur.

Les filles se tournèrent vers elle et lui sourirent.

-Ça fait plaisir de te voir vivante, acquiesça Ashana.

-J'ai tellement de choses à vous raconter, ajouta Maëlia.

-Attends, parce que se faire enlever par des sauvages, sauver par un prince, survivre à une bataille, puis une deuxième, et finalement venir sauver nos fesses, ce n'est pas tout ? rit Alyandra.

-Il y a certaines choses que je ne peux pas raconter à tout le monde, marmonna Maëlia en coulant un regard en biais à Eomer.

-D'accord, comprit Ashana. Oh, et moi je dois te raconter comment Aragorn m'a demandé ma main !

-Et on a fait une découverte très intéressante sur nos pouvoirs, ajouta Alyandra.

Ce faisant, les louves avaient ralenties pour se trouver tout à la fin du groupe, loin des oreilles indiscrètes – sauf celles de Legolas, mais l'elfe savait qu'il n'avait pas intérêt à rapporter cette discussion aux autres.

-Vous d'abord, sourit Maëlia. Ashana, raconte-moi comment Aragorn s'est passé la corde au cou.

-Hey ! s'écria Ashana avec indignation. C'est de mon futur mari dont tu parles alors j'aimerais un peu plus de respect. Et ce n'était rien de très extraordinaire, j'ai juste dit ça pour que les autres croient qu'on discute de trucs de filles. En fait, on était à Caras Galadhon, juste avant le bal de je-ne-sais-plus-quoi, je l'attendais dans sa tente avec des cadeaux de Saint-Valentin et…

-Dans sa tente ? répéta Maëlia d'un air amusé. C'était ça, ton cadeau de Saint-Valentin ?

-N-non ! protesta immédiatement la plus jeune en devenant aussi rouge qu'une tomate bien mûre. Non, nous n'avons pas… Enfin je n'ai jamais…

Maëlia et Alyandra éclatèrent de rire et Ashana leva les yeux au ciel.

-D'accord, d'accord, donc tu étais dans sa tente, et ensuite ?

-Je lui ai donné ses cadeaux, il m'a fait asseoir sur le lit, a mis un genou en terre et m'a demandé de l'épouser dès que la guerre est finie.

-Ah bon ? Pas de feux d'artifices grandioses, de déclarations grandiloquentes, de foule en joie ?

-Non, il a fait ça en toute simplicité et ça me va très bien, répondit Ashana.

-Je suis contente pour toi, sourit l'aînée. Et cette découverte ?

-Tu savais qu'Ashana avait un tatouage ? demanda Alyandra.

-Bien sûr, c'est moi qui l'ai emmenée pour le faire, sourit Maëlia en haussant les épaules. Je m'en étais fait faire un sur la hanche la semaine d'avant.

-De mieux en mieux… grommela Alyandra. Ton tatouage, que représente-t-il ?

-Mon blason. Tenez, regardez ça.

Elle se releva à moitié de sa position assise et défit le lacet sur la hanche droite de son pantalon, qu'elle tira un peu, découvrant un petit dessin à l'encre noire. Elle remit son pantalon correctement et se rassit.

-Ah, je ne sais pas si ça marche avec ça alors, marmonna Alyandra. Quoiqu'il en soit, nous étions dans Fangorn, avant de retrouver Gandalf, et Ashana a décidé de prouver à Gimli que la forêt n'était pas hostile. Elle a posé sa main sur un arbre et a laissé la magie faire le reste. Et son tatouage de fleur sur le mollet s'est illuminé. Lorsqu'on a un tatouage en rapport avec la forme de magie que l'on utilise, le tatouage s'illumine, et je suis prête à parier que cela a une incidence sur la puissance de notre magie à ce moment.

-Tu crois que si on se tatoue des runes… ? demanda Maëlia.

-C'est à essayer. Des runes, ou des symboles comme une flamme, un éclair, une goutte d'eau…

Maëlia gratta nerveusement le bandage sur sa main droite.

-Tu es blessée ? demanda Ashana. Ton bandage a l'air propre, qu'est-ce que tu as à la main ?

-Quelque chose que je dois vous avouer, souffla Maëlia en baissant la tête. Le soir où le Prince Théodred m'a sauvée puis intégrée à son eored… J'étais dans un tel état… Pendant ces jours j'étais tellement fatiguée et blessée que je ne pouvais même pas appeler Layaqhar. Elle m'a retrouvée en même temps que le Prince Théodred. Et je risquais de ne jamais me remettre de mes blessures, même avec les soins d'un simple médecin humain. J'ai supplié Layaqhar de tracer la rune sur ma main.

-La rune ? répéta Ashana. Tu ne parles quand même pas de… la rune de résurrection ?

Sa voix n'avait été plus qu'un souffle à la fin.

-Non, bien sûr que non, répondit Maëlia en secouant la tête alors qu'elle retirait son bandage. L'autre.

-La rune de la dernière guérison ?! s'écria Alyandra avec de grands yeux effarés.

Maëlia leur montra sa main où les traits rouges tranchaient sur la peau blanche.

-Mais alors… si tu as une blessure à la guerre…

-Vous avez intérêt à vite me trouver un bon médecin, compléta Maëlia. C'était ça, ou ne jamais guérir de…

-De quoi ? demanda immédiatement Alyandra.

Maëlia retira sa cape, sa cuirasse, et le dos de sa chemise, découvrant l'horrible motifs de lignes rose pâle enchevêtrées.

-Des coups de fouets. Pendant vingt-deux jours.

Les deux plus jeunes plaquèrent leurs mains sur leurs bouches avec un air horrifié.

-Dis-moi qu'il reste au moins un seul de ces chiens vivants, que je l'étripe moi-même à mains nues, gronda Ashana.

-Non, Théodred les a tous tués avec ses hommes. Mais la rune n'est pas tout. Je dois vous raconter ce qu'il s'est passé il y a peine quelques jours. Le soir juste avant la première bataille des Gués de l'Isen. Je montais la garde, et Théodred m'a fait appeler dans sa tente. J'y suis allée, et… il m'a demandé de rentrer à Edoras avec lui, pour qu'il puisse, je cite, m'offrir un cadeau de fiançailles digne de moi. Il voulait m'épouser. J'étais tellement surprise, j'ai un peu paniqué… Mais j'allais dire oui. Avant que vous ne me jugiez, non je n'étais pas amoureuse de lui, mais c'était une de mes seules chances d'avoir une famille un jour, en étant heureuse. J'allais dire oui… Et les orcs ont attaqués à ce moment exact. J'avais abandonné mon poste de garde, ils nous ont surpris dans la nuit. Ça a été un massacre. Aucun survivant. Théodred est mort le dernier, dans mes bras, à l'aube.

Maëlia ferma les yeux, laissant les larmes couler.

-Eomer et ses hommes sont arrivés au moment où il rendait son dernier souffle. J'ai fui sur Layaqhar avant qu'ils ne puissent s'approcher, leur laissant le soin de ramener le corps de Théodred. Je suis contente de savoir qu'il a eu des funérailles dignes de lui d'ailleurs… Enfin, quelques jours après, je suis retournée aux Gués avec l'intention de massacrer tous les orcs sur cette terre. J'y ai trouvé Eomer et son eored en difficulté. Je ne pouvais pas laisser un deuxième massacre arriver, j'ai foncé dans le tas en utilisant la magie, nous avons réussi à battre en retraite, puis j'ai fait route avec eux, et la suite vous la connaissez.

Un silence enveloppa les trois jeunes femmes et les trois louves.

-Tu n'es pas responsable de la mort de Théodred, dit doucement Alyandra.

-Bien sûr que si ! explosa Maëlia. J'ai abandonné mon poste ! J'aurai dû monter la garde ! J'aurais vu les orcs arriver, et…

-Et vous auriez quand même été submergés, la coupa Alyandra. S'il y a bien une chose que j'ai compris depuis que nous sommes parties de chez nous, c'est que lorsque les Valars ont décidé de vous arracher quelqu'un, il n'y a aucun moyen de l'éviter.

-Que veux-tu dire ? demanda Maëlia en essuyant rageusement ses larmes.

-Boromir. Il était à Rivendell, il est parti avec nous. Et il a été tué par des orcs peu après notre passage de l'Argonath, en tentant de protéger deux autres de nos compagnons, Merry et Pippin, deux hobbits. Il est mort dans mes bras alors que les orcs emportaient nos amis. Et tu sais ce qu'il m'a dit juste avant de mourir ?

Maëlia secoua la tête.

- « Mon plus grand honneur sur cette terre aura été celui d'avoir pu me tenir à vos côtés, belle Dame. Je sais que vous rêviez à un véritable mariage d'amour et que votre cœur ne m'a jamais appartenu, mais je ne vous en veux pas. Promettez-moi seulement deux choses. Ne laissez jamais quiconque vous enfermer dans une cage comme l'a été celle de nos fiançailles. Et ne rendez pas ce pauvre elfe plus malheureux. Laissez-le vous rendre heureuse. Je vous pardonne ». Tels ont été ses mots. Je lui ai promis. Il savait que je le trompais depuis longtemps, et pourtant il continuait à se tenir à mes côtés !

Un léger silence passe avant que Maëlia ne reprenne la parole.

-Théodred aussi m'a dit des mots que je n'oublierai jamais avant de…

-Qu'a-t-il dit ? demanda Ashana.

-Je lui ai dit que j'étais désolée, et il m'a répondu « Désolée… de quoi ? Tu refuses ma demande en mariage, c'est ça ? Je dois avouer que je m'en doutais un peu… En même temps, épouser un cadavre, je te comprends ». Alors je lui ai dit de se taire, que j'allais le soigner, que nous irions à Edoras victorieux, que nous irions admirer à nouveau les cavernes du Gouffre de Helm… Et il m'a répondu en souriant. « Tu mens. Tu mens, mais ce n'est pas grave… Je ne t'en veux pas de me mentir, parce que je sais pourquoi tu le fais, et que je t'aime ». Et après il m'a demandé de chanter pour lui. Alors j'ai chanté, au lieu d'aller chercher mes affaires pour le soigner ! Et il est mort en souriant, dans mes bras, pendant que je chantais.

-Paix à son âme, murmura Alyandra.

-Excuse-moi de demander, fit doucement Ashana. Mais que lui as-tu chanté ?

-La berceuse des Celtes.

Les filles déglutirent. Maëlia était passé par tellement de malheurs avant ce jour…

-Mais ce n'est pas le pire, fit alors Maëlia avec un rire vide.

Ashana et Alyandra échangèrent un regard paniqué. Qu'est-ce qui pouvait bien être pire que tout ça ?

-Alyandra, qu'est-ce que tu as ressenti, la première fois que tu as vu Legolas ?

-J'ai eu chaud dans la poitrine. J'avais l'impression de plonger dans le vide. J'avais les doigts qui tremblaient un peu et j'ai ressenti tellement de choses en même temps que j'ai cru que j'allais défaillir, répondit naturellement Alyandra.

-Et toi Ashana, quand tu as vu Aragorn ?

-J'ai eu chaud, et la sensation de plongeon. J'ai eu très peur aussi, et je me suis enfuie, rit la plus jeune. Mais pourquoi tu nous demandes ça ? Je croyais que Théodred n'était pas ton Unique.

-Ce n'est pas de lui que je parle, soupira Maëlia en regardant vers l'avant de la colonne.

-Théoden ? grimaça Ashana. Ça ne peut pas être Gimli, ni Gandalf…

-Eomer ?! s'exclama Alyandra en comprenant.

L'humain se retourna.

-Vous m'avez appelé, Princesse Alyandra ?

-Euh… paniqua cette dernière. Oui, je… je me posais des questions sur les traditions du Rohan.

Elle talonna Amira pour s'approcher d'Eomer, faisant signe aux autres que cette discussion n'était pas finie.

-Toi aussi, tu as fui en voyant Eomer pour la première fois ? chuchota Ashana avec un immense sourire.

-Tais-toi, la rembarra Maëlia en lui donnant un coup de poing joueur dans l'épaule.


Conclusion du Tome 3. N'hésitez vraiment pas à laisser des reviews, même si c'est une critique, tant que c'est constructif j'accepte tout ! Sur ce, je vous souhaite un bon weekend, et portez vous bien.